Gilles Simon s’oppose à l’égalité des primes de victoire au tennis

Gilles Simon est contre l'égalité des primes de victoire entre les hommes et les femmes au tennis.

Alerte troll sexiste ! Alerte troll sexiste ! Cramponnez-vous à vos ovaires, rangez-vous en file indienne et rejoignez les portes de sortie dans le calme !

Au tennis, les primes de victoire pour les tournois du Grand Chelem (Roland Garros, Wimbledon, l’Open d’Australie et l’US Open) sont les mêmes pour les hommes comme pour les femmes. Un principe qui déplaît fortement à Gilles Simon, joueur de tennis français, comme il l’a expliqué au micro de France Info alors qu’il était interrogé sur sa nomination au conseil de l’ATP :

Galvanisé par sa qualification au tournoi de Wimbledon, c’est fier comme un individu qui se regarde passer dans Confessions Intimes à la télé qu’il a pris la parole à propos de l’égalité des sexes :

« On parle souvent de l’égalité dans les salaires. Je pense que c’est un truc (sic) qui ne marche pas pour le sport ».

Mais Gilles Simon ne s’est pas contenté de bêtement s’opposer à ce principe égalitaire. Car Gilles pense. Gilles réfléchit. Et se justifie en expliquant qu’il est injuste que les femmes gagnent autant que les hommes puisqu’elles passent au moins deux fois moins de temps sur le terrain que leurs collègues couillus. Je rajoute à cela que les femmes ayant une toute petite vessie vont beaucoup plus aux toilettes que les hommes : on devrait en plus leur déduire le salaire des personnes en charge de la propreté des commodités. Vous voyez trop petit, Gilles.

Le choix de cette photo n'a rien à voir avec mon agacement.

Alors certes, c’est un fait, les femmes jouent bien moins longtemps que les hommes car leur victoire se joue en 2 sets gagnants (contre 3 pour les hommes). Mais rappelons tout de même que cette égalité des primes de victoires ne s’applique qu’aux tournois du Grand Chelem et que toutes les autres compétitions imposent un grand écart financier entre les deux sexes.

Voyant que personne ne l’interrompait, il a ajouté que les joueurs de tennis de sexe masculins offraient « un spectacle plus attrayant« , faisant référence au fait que le public aurait plutôt tendance à prendre des billets pour un match de tennis masculin que pour un match de tennis féminin, sous-entendant probablement que les compétitions féminines profiteraient de l’argent rentré dans les caisses grâce aux mâles qui jouent à la sueur de leur front et tapent dans la balle avec autant de force que le fils illégitime de Conan et Steven Seagal.

Mais le pire dans tout ça, c’est que Gilles Simon est loin d’être le seul à penser ainsi. Pour Rue89, Pat Cash, star du tennis dans les années 80, explique qu’il pense lui aussi que les femmes devraient toucher une plus petite prime de victoire que les hommes en Grand Chelem :

« […] je pense toujours qu’elles ne devraient pas gagner autant que les hommes car elles ne font pas le même sport.
Tant que les femmes ne joueront pas de finale en cinq sets, on ne peut pas justifier que la vainqueur d’un Grand Chelem gagne autant que le vainqueur du tournoi masculin. On ne peut pas. Elles devraient être aussi endurantes que les hommes. Pourquoi est-ce qu’on les récompenserait d’être moins en forme et de jouer moins ? Les prix des billets, les sponsors, les affluences aux matches : tout indique que les hommes devraient gagner plus. »

Marion Bartoli, joueuse de tennis française, a tenu à répondre aux propos de Gilles Simon sur France Info. Elle rappelle que la parité des primes n’existe que dans les tournois du Grand Chelem et que les joueuses féminines gagnent globalement beaucoup moins que les hommes. En ce qui concerne le fait que le tennis masculin attirerait plus de public que le tennis féminin, elle précise que seul un tout petit nombre de joueurs mâles ramène les spectateurs en masse :

Des propos bien plus modérés et réalistes.

Continuez comme ça, Gilles, vous avez bien raison : pourquoi se gargariser d’être le seul sport à appliquer la parité femmes/hommes en Grand Chelem et inciter ainsi les autres disciplines à faire de même alors qu’il suffirait de s’abaisser à leur niveau archaïque ? Le féminisme, c’est pour les mauviettes, pas vrai ?

Merci de nous rappeler que le machisme dans le sport n’est pas une légende : vous prouvez ainsi que nous ne nous énervons pas contre un mythe et que le sexisme a de bien beaux jours devant lui.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 26 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Aalia
    Aalia, Le 3 juillet 2012 à 15h59

    Quand on regarde l'athlétisme, on se rend compte qu'un traitement égal, un temps de passage à la télé égal, avec des vies consacrées au sport chez les hommes comme chez les femmes et une certaine constance dans le classement général, ça existe.

    Alors qu'on arrête de nous bassiner avec des soi-disant différences de résistances psychologiques et de temps d'entrainement qui ne pourraient pas être les mêmes, il est clair et net que tout ça vient d'une culture de sous-représentation de la femme, enfoncée à coups dans le cerveau et de façon répétitive depuis la naissance.

    A tel point que quand on veut soulever l'évidence (oui, dire que les femmes méritent moins que les hommes, c'est sexiste) on est des "méchantes féministes qui voient le mal partout".

    Que certains se réveillent et voient le sexisme tel qu'il est vraiment : distillé dans tous les détails de ce genre, plutôt que nous traiter de folle pour ne surtout pas avoir à bousculer ses idées reçues.

Lire l'intégralité des 26 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)