Ces petits gestes sous-estimés du quotidien

Certains gestes qu'ont fait quotidiennement sans en avoir conscience peuvent avoir une influence certaine dans l'esprit des autres. En voici une liste non exhaustive.

Ces petits gestes sous-estimés du quotidien

Dans la vie de tous les jours, on fait plein de trucs sans s’en rendre compte. Comme il s’agit de mouvements totalement inconscients, on ne réalise évidemment pas la portée qu’ils pourraient avoir dans l’esprit des gens qu’on croise à ce moment-là. Et pourtant.

Pourtant, je ressors parfois traumatisée ou légèrement bouleversée de micro-évènements de ce type. Qu’ils répugnent, qu’ils fassent exploser les ovaires ou qu’ils effrayent, ces mouvements sont partout.

J’ai choisi de lister quelques-uns de ces gestes dont l’impact est, à mes yeux, largement sous-estimé.

Après, bon, je dis ça, mais c’est peut-être que je ne suis qu’une grosse parano qui prend tout au pied de la lettre (une expression qui ne signifie rien, puisqu’une lettre n’a pas de pied au bout des jambes puisqu’elle n’a pas de jambes. Cette parenthèse est ridicule).

Cracher sa fumée de cigarettes sur autrui

C’est un truc que tous les fumeurs ont fait au moins une fois, bien souvent malgré eux. On est en groupe, on parle, certains fument leur cigarette en même temps qu’ils discutent et soudain, le drame : la fumée s’échappe de leur bouche et vient s’exploser sur la face de leur pote.

Si le fumeur ne remarque rien (ce qui est bien souvent le cas), il ne pense évidemment pas à s’excuser et l’autre va donc rager dans son coin, peut-être même en l’insultant intérieurement.

Lindsay, elle, n’a pas ce problème : sa fumée est aspirée par son regard pénétrant façon trou noir.

Ça m’arrive régulièrement, des deux côtés de l’addiction à la nicotine. En tant que fumeuse, je ne peux pas me plaindre quand je me retrouve prise au piège de brouillard contrôlé, et pourtant, ça a tendance à me piquer les yeux. Du coup, je n’ose imaginer combien je dois être détestée par mes amis non-clopeurs quand il m’arrive de leur faire le coup du dragon (non, pas celui-ci, l’autre).

Je suis à peu près sûre que de belles et nombreuses histoires d’amitié ont été brisées à cause d’un micro-évènement de ce type. Ne me laissez pas, gens de ma vie. Pitié. Je le ferai plus. Pardon.

Se gratter la tête un peu trop souvent

Comme tout le monde, quand je suis nerveuse, j’ai des tics. L’un des plus récurrents, c’est de me gratter le crâne assez régulièrement, parce que je souffre d’un mal un peu étrange : quand je stresse, j’ai le cuir chevelu qui me démange. J’envie de ce fait particulièrement tous ceux et celles dont les manies d’angoissé-e-s consistent à se passer la main dans les cheveux et prendre un regard lointain. Ça doit être tellement bien, parfois, d’être un peu distingué-e.

En soi, se gratter le crâne n’a rien de bien dramatique tant que j’y vais pas trop fort (et je me sens de toute façon plutôt chanceuse, puisque ce n’est pas une toute autre partie plus intime de mon anatomie qui me chatouille quand je flippe). Le problème, ce sont les réactions des autres.

Que je sois au McDo, dans le bus, dans le métro, dans le train ou dans les toilettes des hommes à partager un urinoir pour montrer comme je suis une fille sans complexes (jamais, donc), il y a toujours ce moment où je repère dans le regard de l’autre l’ombre de la peur qui plane.

La peur, oui. La peur que j’ai la gale, ou des poux, et que ce qui se trouve sur ma tête ne finisse sur la leur en un bond de quelques centimètres.

Comment je sais que c’est précisément ce qu’ils pensent ? Parce que je pense la même chose quand mon voisin de TGV s’acharne sur ses bulbes avec les ongles. Voilà comment. Compassion éternelle.

Rire seule en public

Quand je marche dans la rue, il m’arrive parfois de repenser à un truc qui m’a vraiment fait marrer et d’être prise d’un fou rire. C’est assez humiliant pour moi (les gens me prennent pour une creepy, du genre à assommer des chiots par plaisir en ricanant, du Pierre Bachelet dans mes enceintes), mais ça doit être pire pour ceux qui me croisent.

Au-delà du fait qu’ils doivent sévèrement flipper à se demander si, prise de démence, je ne m’apprêterais pas par hasard à les jeter sur la chaussée alors qu’un camion arrive à toute blinde, je me demande souvent s’ils ne s’imaginent pas que je me moque d’eux. C’est faux. C’est faux parce que je suis pipou.

Du coup j’essaie d’adopter cette expression-là, mais les gens me jettent des cailloux.

Alors ne faisant confiance qu’à mon empathie (je crois TOUJOURS que les inconnus se foutent de moi quand je les vois rire), je tente de réprimer ma poilade comme je peux. Et c’est pire, parce que je deviens rouge comme un bouton de moustique mixé à un poil incarné, que je suffoque parce que je n’ose respirer, et qu’au souvenir de l’évènement drôle auquel je pensais s’ajoute la visualisation de ce à quoi je dois ressembler. Et c’est l’implosion.

Ma conclusion, donc, c’est que plus on retient un fou rire, pire il sera. Si le rire est un pet ? À n’en pas douter.

Resserrer sa cravate

L’autre jour, j’étais tranquillement assise par terre, à faire une pause dans mon travail. J’étais seule et mon cerveau, vide. Je fixais les pavés d’un oeil torve, comme si j’attendais la mort, alors que j’attendais simplement la fin de ma cigarette (ce qui, en quelque sorte, revient un peu au même).

Soudain, un homme est passé devant moi. Un trentenaire plutôt pas du tout mon style. Il portait un costume bien coupé mais pas guindé ainsi qu’une cravate. Le genre de mecs qui n’y va pas avec le dos de la cuillère à soupe quand il s’agit d’aller à un entretien d’embauche, quoi. Le même genre de personnes que j’imagine plier ses fringues avant d’aller les mettre dans la machine à laver.

Et cet homme dont le pas était franc et décidé, qui ne me faisait physiquement ressentir aucune réaction, a soudain resserré son noeud de cravate. Et c’est simple : si j’avais pas été assise, mes genoux n’auraient pu s’empêcher de flancher. C’était BEAU.

Je te jure, ce mouvement, je l’ai vu en slow motion et j’ai eu l’impression de recevoir le vent en plein visage. J’ai entendu des carillons, ma bouche s’est entrouverte et j’ai plissé les yeux. Et puis dès qu’il a rebaissé la main, le monde a repris un rythme normal, mon cerveau s’est remis en marche et je suis retournée finir ma journée comme si de rien n’était.

N’empêche : ce geste, je vote pour que le CSA le signale comme beaucoup trop osé pour être diffusé à la télévision. Le monde n’est pas prêt à garder son sang froid face à un truc aussi anodin qu’olé-olé.

Et toi, quels sont les petits gestes du quotidien qui prennent une ampleur incroyable dans ton esprit ? Ce serait bien que tu viennes le dire dans les commentaires, histoire que j’arrête de répéter mes erreurs et que je puisse me faire plein de copains.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Esther
    Esther, Le 6 septembre 2013 à 21h09

    Perso, les moments où je me sens observée et où j'ai peur que les gens me prennent pour une folle dérangée, c'est le moment où je suis dans le metro avec mon casque sur les oreilles, écoutant une chanson dont je connais les paroles et que j'ai du coup très envie de chanter. Pour pas leur imposer je remue juste les lèvres du coup, mais je dois paraître un peu étrange... :eh:

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