Génération Quoi, la soirée débat

Animafac organise ce soir à Paris une soirée-débat intitulée Le Labo « Génération Quoi ? », au Labo 13 à partir de 19 heures.

Génération Quoi, la soirée débat

Mise à jour du 8 octobre 2013 

Tu es à Paris et tu es libre ce soir ? Rendez-vous à 19 heures au Labo 13 (Bibliothèque François Mitterrand), pour une soirée-débat autour des thèmes du questionnaire de Génération Quoi : emploi, confiance dans le politique et dans l’avenir, rapport au couple, au sexe, etc.

À partir de 20 heures, deux initiatives étudiantes seront présentés :

  • Pote Emploi : favoriser l’accès de tous à l’emploi, avec ou sans diplômes
  • Carrotmob : pour davantage de responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Radio Campus enregistrera une émission en présence de Cécile Van de Velde (sociologue spécialiste de la jeunesse) et d’Anne Hidalgo (candidate à la Mairie de Paris).

Si tu n’as pas encore répondu au questionnaire en ligne, il sera possible de le faire sur place, dans des isoloirs éphémères.

À ce soir, pour les motivé·e·s !  Plus d’informations sur la page Facebook de l’événement.

Article initialement publié le 27 septembre 2013

« Génération…Quoi ? » est un questionnaire en ligne ouvert à tous, qui vise à dresser le portrait des 18-34 ans. Cette enquête est une grande première, compte tenu de l’ampleur qu’elle a prise depuis son lancement en juillet.

Génération … ? est le titre d’une série de trois documentaires qui seront diffusés sur France 2 les 15 et 22 octobre prochains ; une série réalisée par Laetitia Moreau, sur l’initiative de Christophe Nick (déjà connus pour d’autres documentaires d’immersion sur les zones de fracture de la société française : La mise à mort du travailL’expérience interdite…)

Ils ont voulu faire le portrait des 18-34 ans, notre génération, en cassant les clichés qu’on lui attribue trop souvent : fainéants, capricieux, dispersés, les qualificatifs utilisés pour décrire la « génération Y » sont rarement flatteurs.

De la collaboration entre les différentes parties est née l’idée de donner la parole directement aux jeunes, par le biais d’un questionnaire en ligne. Nous vous l’avions partagé lorsqu’il était encore dans sa version beta (avec possibilité d’émettre un feedback sur les questions proposées). Il est désormais accessible dans sa version définitive.

Et le compteur ne s’arrête plus : plus de 96 000 répondant-e-s à ce jour pour plus de 9 millions de réponses. Quand on sait que la moyenne des sondages IFOP-IPSOS se situe autour de 800 – 1000 répondant-e-s pour l’échantillon représentatif, et un nombre de questions faible, on réalise toute l’ampleur acquise par le questionnaire de 143 questions.

Une enquête d’une ampleur inédite

J’ai rencontré Margaux Missika, productrice au sein de la société Upian, qui a coordonné la conception et la réalisation du questionnaire.

Le design très agréable et la fluidité de l’interface est le fruit de leur travail, et certainement un facteur déterminant du succès de ce questionnaire, autrement plus sexy que l’enquête de satisfaction moyenne.

« L’idée d’une grande campagne sur Internet avait déjà utilisée par les Anglais ; notre envie était de réaliser un support qui puisse parler à tout le monde en même temps, mais aussi à toi internaute directement.

Nous avons donc pensé à avoir des restitutions intermédiaires pendant le questionnaire, pour que le répondant puisse tout de suite voir où il se situe dans l’échantillon. Pour que ce soit véritablement interactif.

Il fallait qu’à la sortie du programme global, il y ait déjà des résultats, pour que le répondant puisse déjà se situer dans les réponses. Il y a un véritable enjeu de distribution des contenus web, d’où l’importance de développer des partenariats. Europe 1 et Le Monde sont partenaires médias, mais c’était important d’avoir un partenaire « terrain », en contact direct avec la cible.

Grâce à notre partenariat avec Animafac on a pu obtenir de nombreux résultats dès le lancement de la version beta : On espérait 500- 1000 réponses pour pouvoir valider la version beta, on a eu 3 000 répondants en quelques semaines. »

L’implication des internautes a surpris toute l’équipe. Plus de 3 000 emails de feedback ont été reçus dont certains directement sur l’adresse « contact » d’Upian : en plus d’aller jusqu’au bout des 143 questions (avec un temps moyen de connexion de 18-20 minutes, une durée très importante pour le Web), des internautes prenaient le temps de rédiger un email de critique ou d’encouragement.

Et de fait, l’implication des internautes a permis à l’équipe d’ajuster certains détails.

La prise en compte du feedback : être à l’écoute

« Certaines restitutions intermédiaires, notamment sur les critères inversés (si tu es une femme tu voyais les réponses des hommes) ont pu induire en erreur les répondant-e-s, donc on a gardé uniquement les restitutions intermédiaires sur « mêmes critères ».

On a changé les couleurs de certaines options de réponses. On a eu de nombreux de feedbacks pour signaler que certaines couleurs pouvaient influencer la réponse, cela a été pris en compte.

En revanche, il y a également des feedbacks que nous avons considérés, analysés, mais décidé de ne pas prendre en compte. Le tutoiement par exemple, a été critiqué. Mais le choix du ton a été le fruit d’un long travail et de nombreux ajustements, nous avons décidé de rester sur notre position. »

– Voir Merci et bienvenue : le bilan de la beta

Une capacité de réaction et une interactivité certainement à l’origine du succès de l’opération.

« On avait pensé le questionnaire à partir d’hypothèses caricaturales (et clairement fausses), notamment sur le nombre de questions auxquelles les internautes prendraient le temps de répondre. C’est pourquoi nous avions conçu une première partie d’une trentaine de questions, que nous avons appelée « le cap », avec la possibilité de s’arrêter là.

Les questions sont également distribuées de manière aléatoire au-delà du portrait, avec un tirage aléatoire toutes les 15 minutes. De cette façon, si vous voulez faire le questionnaire à plusieurs (chacun sur son écran), si vous cliquez sur le lien au sein du même quart d’heure, vous avez le même tirage.

On a adapté la rédaction des questions aux réponses données aux questions préalable (celles du « cap ») : selon qu’on ait répondu qu’on était étudiant ou qu’on travaillait par exemple. »

Une aubaine pour les sociologues

L’élaboration de l’interface a demandé un an et demi de travail : la rédaction des questions, la sélection et surtout le ton des question a demandé un travail important, auquel ont contribué des sociologues.

Camille Peugny et Cécile Van de Velde ont notamment participé à l’élaboration du questionnaire. Certaines questions sont identiques ou similaires à des questions posées dans les enquêtes sociologiques des générations précédentes. Les résultats vont ainsi permettre des analyses intéressantes sur l’évolution de la société (et pas uniquement sur le portrait-Polaroid d’une génération à l’instant T).

Plusieurs questions ont ainsi fait hausser les sourcils de nombreux internautes, comme celles-ci :

« En temps de crise, trouverez-vous normal de réserver les emplois en priorité aux hommes ? » — également déclinée avec « aux nationaux », « aux jeunes ».

Je me suis personnellement demandée qui pouvait bien répondre « Oui » à la question sur les hommes, quel pouvait donc être l’intérêt de la poser ? Car cette question a été posée dans des enquêtes antérieures, il sera donc intéressant de mesurer l’évolution des biais de genre. (En passant, on me dit dans l’oreillette que près de 8% des répondants, majoritairement des hommes, ont répondu « Oui ». )

Quelles suites seront données ?

C’est la première fois qu’on donne véritablement la parole aux jeunes, à notre génération, et qu’on l’écoute. La mine d’information commence à peine à être exploitée par les sociologues, qui vont devoir procéder aux réajustements nécessaires pour obtenir des échantillons représentatifs.

À titre d’exemple, suite au partage du questionnaire sur madmoiZelle, on a fait basculer le ratio femmes-hommes à 75-25 (ratio rééquilibré depuis — mais quand même, bien joué les madmoiZelles !). Ce questionnaire présente donc une bibliothèque de données pour la recherche sociologique.

À l’instar du Livre Blanc de la Jeunesse qui avait été remis aux candidats à l’élection présidentielle en avril 2012, le directeur des documentaires de France 2 entend bien utiliser la matière fournie par les 3 documentaires et le questionnaire pour interpeller directement le gouvernement actuel.

La jeunesse a la parole, profitons-en pour nous faire entendre. Le questionnaire est toujours accessible et les premiers résultats sont consultables sur le site.

J’ai entendu dire en conférence de presse qu’il y aurait du champagne si les 100 000 répondants étaient atteints. Alors je compte sur vous pour faire exploser le compteur ! Surtout que « 100 000 », c’est un peu le chiffre de la semaine sur madmoiZelle (on ne s’en lasse pas de cette chanson, n’est-ce pas !)

– Merci à Margaux Missika d’avoir répondu à mes questions

Génération … ? Le questionnaire !

As-tu fait le questionnaire seule ou en groupe ? En famille ? Quels ont été les écarts principaux entre tes réponses et celles de tes amis ? Tes parents ? 

Sources :

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Jules09
    Jules09, Le 3 octobre 2013 à 0h49

    Merci beaucoup @Marie.Charlotte pour la réponse :d ! (d'avoir déchiffré ce que je voulais dire déjà, désolée encore pour le français approximatif, j'étais un peu claquée :shifty:)
    Je comprends mieux la démarche, j'ai hâte de voir le résultat ! Quand j'ai fini le questionnaire, je me suis quand même demandée si un sondage volontaire d'environ 15min allait attirer beaucoup de réponse, et bien apparemment oui vu le nombre de participants :oo:...!

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