J’ai testé pour vous… être gardienne au Louvre

Madenoiselle a été gardienne pendant un été au Louvre. Entre couloirs interminables, visiteurs perdus et langues étrangères, elle a beaucoup à dire sur ce job pas comme les autres !

J’ai testé pour vous… être gardienne au Louvre

Il y a quelques étés, j’ai réussi à obtenir une place de vacataire au Musée du Louvre en tant qu’« agent d’accueil et de surveillance » — communément appelé gardienne de musée. Je vous vois venir avec les clichés sur eux comme celui qui roupille sur sa chaise (même si ça existe en vrai, mais c’est rare). En réalité, c’est un métier éprouvant, en tout cas dans les musées très fréquentés. Voici quelques commandements pour survivre à ce job d’été.

Un sens de l’orientation tu auras

Avant d’obtenir mon job, je n’avais que très rarement mis les pieds au Louvre et ma dernière visite remontait à quelques années. Autant vous dire qu’à mes yeux, c’était un labyrinthe.

Or, en tant qu’agent d’accueil, une de tes missions est de guider les visiteurs, voire de leur fournir un itinéraire précis pour qu’ils puissent faire le combo Joconde – Victoire de Samothrace – Vénus de Milo en un minimum de temps. Au départ, j’ai eu beaucoup de mal à me retrouver (ne serait-ce pour trouver mon poste qui changeait tous les jours) puis j’ai fini par connaître le musée comme ma poche. Les cartes routières n’ont plus aucun secret pour moi !

Dans des bonnes chaussures tu investiras

Je tiens à vous le dire tout de suite : le gardien de musée ne passe pas sa journée sur sa chaise, même si selon l’emplacement, l’activité est plus ou moins intense. Il y a une sacrée différence entre les salles où est exposé le mobilier « Louis XVIII » (le premier visiteur arrive souvent une à deux heures après l’ouverture) et la salle de la Vénus de Milo où l’on voit passer des hordes de touristes toute la journée.

La mission du gardien est aussi la surveillance et il doit donc faire des rondes et souvent hurler de manière hystérique demander gentiment aux visiteurs de ne pas toucher les statues ou de ne pas utiliser leur flash. Pendant le mois et demi de ma vacation, je n’ai pas compté les dizaines de kilomètres par jour.

Un sang-froid à tout égard tu conserveras

Au Louvre, la grande partie du travail est la gestion de la foule. Le diable hasard a fait que j’ai été affectée au Manège dans l’aile Denon, soit la première salle après le contrôle des billets dans l’aile du combo Joconde – Victoire – Vénus, le premier dimanche du mois d’août, qui est la journée la plus fréquentée de l’année.

En fin de matinée, on m’a demandé de gérer les escaliers et l’ascenseur. Normalement on est deux sur le coup, mais cette fois-ci j’étais seule. Pendant une heure, j’ai dû demander aux visiteurs de ne pas utiliser l’ascenseur s’ils n’en avaient pas l’usage impératif (certains se sont mis à boiter alors qu’ils marchaient normalement) ou de changer d’itinéraire pour ne pas créer de bouchons dans les salles. J’ai béni la fin de cette journée !

En tant qu’agent de surveillance, c’est aussi à toi de t’occuper des personnes qui font des malaises en attendant les pompiers ou de calmer les parents/enfants ayant perdu leurs enfants/parents dans le musée. Il faut donc avoir les nerfs solides et ne pas céder au stress.

Le javanais tu apprendras

La maîtrise d’une langue étrangère (l’anglais, surtout) est primordiale pour faire ce job d’été. Les Français sont rares et ce sont surtout les visiteurs étrangers qui posent des questions.

Cependant, certains nous posent des questions dans leur langue maternelle, ne parlant pas l’anglais et encore moins le français. Je me suis ainsi fait pourrir par une petite mémé chinoise car je ne parlais sa langue (je comprenais rien mais les gestes étaient éloquents) et je me suis fait toute petite face à Russe gigantesque sentant la vodka à plein nez qui me demandait si je parlais le russe !

Une culture et un sens de l’imagination tu travailleras

Beaucoup viennent au Louvre car c’est un peu the-place-to-have-been quand on est allé à Paris, mais souvent sans réellement savoir ce qu’il y a à visiter. La Joconde est la plus demandée mais beaucoup ne connaissent pas le nom de son peintre. On m’a ainsi demandé la Joconde de Picasso, de Botticelli et pire… de Leonardo Di Caprio !

D’autres pensent que toutes les œuvres connues dans le monde sont au Louvre (Le Penseur de Rodin, les tableaux de Monet, La Cène de Léonard de Vinci…) et sont très déçus, si ce n’est pas en colère (« Quoi, il faut aller au Musée d’Orsay ? J’ai pas que ça à faire ! »). Enfin, il y a ceux qui ne connaissent ni le nom ni le titre de l’oeuvre : ils miment.

Celle-ci a été demandée à un collègue par mime. Oui. Pour de vrai.

Malgré ces petits désagréments, je considère cette place de gardienne comme le meilleur job d’été du monde et si vous en avez l’opportunité, je ne peux que vous conseiller de tenter le coup !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kawazu
    Kawazu, Le 27 février 2016 à 12h42

    Mirabelle
    Merci d'avoir écrit cet article, vraiment!

    Je suis moi-même vacataire dans les musées de ma ville depuis bientôt deux ans, et il faut avouer que parfois c'est du sport, alors le Louvre j'ose même pas imaginer.
    Enfin un peu de reconnaissance pour les gardiens qui sont souvent considérés comme faisant partie des meubles. D'ailleurs, c'est peut-être pas grand chose mais un simple bonjour ou un sourire sont toujours appréciables (et ça me redonne la patate quand l'ambiance est mortellement morose!)
    Bonjour :)

    Je cherche un job saisonnier dans un des nombreux musées de Paris.
    Donc autant dire que je suis preneuse de tous conseils, pistes, indications pour espérer trouver un poste.
    Toi qui es une habituée, tu peux me guider ? :)

    Merciiiiiii

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