Chronique de la French Girl en voyage #6 – Survivre sans frometon ni saucisson

Dede la Frenchie est, comme son pseudo l’indique, une jeune française qui a décidé de se lancer dans une grande aventure. Suivez son récit tous les lundis !

Chronique de la French Girl en voyage #6 – Survivre sans frometon ni saucisson

Eh oui, c’est un aspect du voyage auquel on ne pense pas toujours. Tu sais que ta famille, tes amis, ton chez-toi vont te manquer, mais tu ne réalises pas que la bouffe française est aussi vitale à ton bien-être.

On peut déjà le ressentir quand on part quelques semaines en vacances, qui plus est dans un pays exotique (d’où tu as de fortes chances de revenir avec la chiasse). Mais quand on part plusieurs mois, ce manque devient vite un véritable supplice.

Parce que oui, nous avons raison de le clamer, la France est le pays de la bonne bouffe, France has the best food in the world. Period. Tellement de recettes et petits plats régionaux qui font la richesse de notre terroir.

S’adapter aux produits locaux…

Selon ton nouveau pays, tu en chieras plus ou moins (au sens propre comme au figuré). Même si tu aimes le riz, tu risques de faire une overdose si tu vas chez les « tinois ». Si tu es végétarienne ou que tu bouffes kasher/hallal, ça risque d’être tendu au Brésil, un pays de vrais carnivores (moi perso je kiffe leur bouffe, surtout les Brazilian balls, on se demande pourquoi). T’as beau kiffer le Mc Do, quand tu pars aux States tu te lasses vite des Jack in the box, Burger King et autres fast food, si bien que même le baconator de chez Wendy’s ne te fait plus rêver. Par contre, tu te fais le petit plaisir d’un bon burger traditionnel, ou des bons restos genre Denny’s ou Red Robin (mention spéciale à ce dernier pour les meilleures frites que j’ai mangées de ma vie !).

Mais bon, même si t’as (et t’aimes) la frite, au bout d’un moment tu veux bouffer autre chose, surtout si tu ne tiens pas à prendre 15 kilos. Et c’est là que ça se complique, surtout si on veut manger équilibré. Les bons légumes non-génétiquement modifiés, c’est le parcours du combattant pour en trouver. Les produits laitiers aussi, c’est juste la misère : tu trouveras difficilement des yaourts et ils seront hors de prix. Quant au lait, ils en ont tellement de sortes que tu sais plus ou donner de la tête. J’ai testé pour vous toutes les marques, alors un conseil : pour avoir ce qui se rapproche le plus du demi-écrémé, choisir le 2% reduced milk.

Et c’est aussi là que tu te rends compte que certaines personnes arrivent à vivre sans fromage et sans charcuterie. Sûrement parce qu’ils n’y ont jamais gouté, je ne vois que ça comme explication. Si tu veux pas acheter un fromage de chèvre à 8$et un rustique à 12$ (ils ont osé), tu peux te rabattre sur leur fromage dégueulasse en brique (american, swiss, cheddar), mais attention : je ne garantis pas les conséquences de cette horreur sur ton métabolisme. Moi, je ne m’en servais que sur les pâtes. Bref en gros c’est tout une partie du repas qu’ils ont pas. Le truc indispensable à mon bien-être entre le plat et le dessert. Le moment qui te ramène à tes instincts primaires grâce à ce bon gros frometon dégoulinant que tu bouffes n’importe comment alors que tu sais très bien que tu vas puer de la gueule toute la journée.

Pour ce qui est de la charcuterie, si t’as de la chance, tu trouveras du jambon blanc pas trop dégueulasse. Mais adieu saucisson, coppa, jambon cru, mortadelle et autres délices de ce genre… Dans un pays ou le bacon est une institution, tu comprends pas comment un tel scandale a pu arriver. En cas de crise, aller visiter le (déprimant et très cher) rayon delicatessen du supermarché le plus proche, ou squatter un resto français, mais encore une fois, hello overprice !

Tout en étant en manque de bonne bouffe

Après 6 mois sans fromage ni charcut’, j’ai craqué et je me suis fait une fondue avec des potes internationaux, en plein mois de juillet, pour leur faire découvrir les merveilles savoyardes. Je suis donc allée dans un magasin spécialisé français, autant dire le Paradis. J’ai failli avoir un orgasme à chaque rayon, et j’ai même été prise d’un spasme en découvrant un mini saucisson dans un frigo. Le cri que j’ai poussé a effrayé les vendeuses, et mon copain brésilien a dû s’excuser pour moi : Sorry, she’s French !

Yes, I’m french, and I know how to eat, fuckers !

Bref, vis ma vie d’addict de la bonne bouffe. Si tu restes de 6 mois à un an, le sevrage est dur mais possible, à condition que tu te fasses une orgie en retournant au pays, d’où la raclette quelques heures après ma sortie de l’aéroport. Un copain français n’a pas pu attendre et s’est arrêté sur une aire d’autoroute pour déguster un saucisson à son arrivée. Si tu restes plus longtemps ou que tu t’expatries complètement, essaye les colis, les magasins spécialisés ou les restaurants (qui feront mal à ton porte-monnaie).

Bref dans tous les cas, BONNE CHANCE SURTOUT.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Madness
    Madness, Le 14 mai 2012 à 19h13

    Greenfairy2a;3165384
    Après, je pense que c'est peut-être exagéré de penser que seuls les français connaissent la bonne bouffe, on n'a pas les mêmes habitudes c'est tout. Ya des pays où clairement, la bouffe c'est pas franchement la panacée, genre l'Angleterre (encore aujourd'hui je ne COMPRENDS PAS comment ils peuvent manger comme ça), ou les USA.... mais par exemple dans les pays d'Asie, je pense que la gastronomie est très riche aussi, mais simplement ce qui nous manque ce sont nos habitudes (genre le pain), et eux aussi doivent penser en venant chez nous "mais comment font-ils pour vivre sans ça !"
    Tellement :cretin:. En fait, "votre" pain c'est le riz (en tout cas en Chine), un repas sans riz et avec des plats locaux n'est pas un vrai repas pour moi. Et vivre sans sauce soja et sans piment est presque impensable pour ma cuisine, donc c'est une question d'habitude comme tu dis :d.
    Et une partie des légumes que je mange est introuvable dans les supermarchés français :sad:, j'ai heureusement la chance de pouvoir faire mes courses dans les supermarchés asiatiques...

    Perso', je me suis "francisée" sur le plan gastronomique :cretin:, donc le fromage et le saucisson me manquent légèrement quand je vais à l'étranger. (Mais quand je passe une semaine sans manger de riz du tout, j'ai comme un manque physique.)

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