« La France s’engage » : petits projets et grandes ambitions pour l’innovation sociale [MÀJ]

Les citoyen•nes français•es ne manquent pas de ressources et d'inspiration pour répondre aux problèmes sociaux. L'État compte soutenir et développer ces projets modestes, à fort potentiel. Explications.

« La France s’engage » : petits projets et grandes ambitions pour l’innovation sociale [MÀJ]

Mise à jour du 3 décembre 2015 — 30 nouveaux projets ont été pré-sélectionnés par le jury, et jusqu’au 4 décembre, c’est aux internautes de voter pour les 3 projets qu’ils préfèrent !

Cette session est sous l’égide de la COP21, et présente donc plusieurs projets labellisés « Environnement », identifiés par un logo COP21. Tu peux aller jeter un oeil aux projets associatifs en cliquant sur l’image ci-dessous !

france-sengage-je-vote

Article initialement publié le 25 juin 2014 — « La France s’engage » est une démarche portée par le Président de la République, qui vise à identifier, mettre en valeur et faciliter le développement d’initiatives socialement innovantes, portées par des citoyens ou des associations.

« La France a plein de projets, plein d’initiative lancées par des individus qui veulent changer », a déclaré François Hollande au micro de France Info. Il ne s’agit pas pour les citoyens de se substituer à l’action publique, mais plutôt pour l’État de favoriser et soutenir ces initiatives, là où elles émergent, et lorsqu’elles font leurs preuves.

Qu’il s’agisse de favoriser la solidarité intergénérationnelle, d’aider à retrouver un emploi ou un logement, de nombreuses initiatives sont développées par la société civile.

Cuisine Mode d’Emploi, l’initiative de Thierry Marx, propose des formations qualifiantes gratuites à des publics en difficulté, mais motivés. 

Des projets innovants, utiles et généralisables

Pour emporter le parrainage de « la France s’engage », les projets devront répondre à trois critères.

  • Que le projet soit innovant

Il s’agit d’identifier des initiatives qui viennent répondre à des problèmes nouveaux, émergents, ou des problèmes auxquels les pouvoirs publics n’ont pas ou pas encore apporté de réponse, ou que cette réponse n’est pas efficace à l’heure actuelle.

Par exemple, le projet Jaccede consiste à répertorier et rendre disponibles des données sur l’accessibilité des lieux publics via un site Internet et une application smartphone. Des contributeurs renseignent les informations d’accessibilité de lieux publics, et les personnes à mobilités réduites peuvent accéder à ces informations via leur téléphone.

Cette initiative ne règle pas le problème de l’accessibilité, mais elle permet d’une part aux personnes à mobilité réduite d’être informées sur le type d’accès disponible, et d’autre part elle sensibilise les commerçants non accessibles, et accompagne les volontaires désireux de faire des aménagements dans ce sens.

  • Que le projet soit utile

Le projet doit répondre à un besoin, proposer une solution à un problème d’ordre social, sans nécessairement avoir la prétention de le résoudre. C’est le cas par exemple de l’association La Cravate Solidaire, membre du réseau d’Animafac : afin de lutter contre les discriminations liées à l’apparence lors des entretiens de recrutement, des costumes sont mis gratuitement à disposition des demandeurs d’emploi, qui bénéficient également de conseil en image et d’une préparation à l’entretien d’embauche.

Ces actions ne permettent pas de lutter contre les causes des discriminations à l’embauche, mais elles peuvent permettre, à leur échelle, d’aider des personnes à retrouver un emploi.

  • Que le projet puisse être à terme, généralisé

L’objectif, à terme, est de permettre aux initiatives qui font leurs preuves d’être étendues au-delà de leur périmètre initial.

Par exemple, citons Énergie Jeunes, une association d’intérêt général d’ores et déjà agréée par le Ministère de l’Éducation nationale, qui accompagne des collégiens pour lutter contre le décrochage scolaire.

Active dans 200 établissements cette année, l’association a pu toucher 35 000 élèves, pour les former à l’auto-discipline. L’objectif est de développer ce programme à tous les établissements scolaires d’éducation prioritaire qui seront demandeurs.

« La France a des atouts, c’est à nous de les faire ressortir »

Afin de soutenir ces initiatives, « la France s’engage » s’accompagne de la mise en place d’un fond d’amorçage de 50 millions d’euros (dont une partie apportée par des entreprises), pour aider au lancement de ces projets, et notamment au changement d’échelle pour les projets déjà déployés localement.

Il ne s’agit pas de subventionner des initiatives à proprement parler, mais de servir de tremplin aux projets dont le modèle économique leur permet déjà de fonctionner et prospérer sans aides. Le fond d’investissement va servir à financer la généralisation de certains projets, le passage à l’échelle supérieure, à condition que le modèle économique du projet garantisse toujours sa viabilité.

Cette démarche s’inscrit dans le « choc de simplification », c’est à dire la volonté d’augmenter l’efficacité et la pertinence de l’action publique tout en réduisant ses coûts : partant du constat que de nombreuses initiatives locales se développent pour faire face à des problèmes sociaux auxquels les pouvoirs publics n’ont pas encore apporté de réponse, l’État entend identifier et soutenir ces initiatives, en commençant par lever les obstacles administratifs, légaux et réglementaires.

Lever les obstacles au développement

Par exemple, le projet de cohabitation intergénérationnelle rencontrait un obstacle réglementaire majeur. L’association Le Pari Solidaire propose de mettre en relation des jeunes avec des seniors vivant seuls, pour une sorte de colocation solidaire : le jeune s’engage à être présent en échange d’une chambre dans le logement.

Or l’activité de cette association a été considérée comme celle d’une agence immobilière, soumise aux contraintes administratives et réglementaires de la gestion immobilière. Il a fallu la délivrer de ces obligations disproportionnées (elle ne génère évidemment pas le chiffre d’affaire d’une agence immobilière).

Faire connaître les initiatives d’innovation sociale avec Make Sense

Encourager le développement de ces initiatives passe également par communiquer le plus largement possible, en permettant aux porteurs de projets de faire connaître leurs initiatives : la plateforme numérique Make Sense recense les projets en cours. Les internautes peuvent répondre aux défis lancés par les initiateurs, et participer à leur niveau au développement de ces projets.

Ce mode de fonctionnement n’est pas sans rappeler celui du mouvement Bleu Blanc Zèbre. Interrogée en conférence de presse, Najat Vallaud-Belkacem nous a répondu que les deux initiatives se sont développées en parallèle, spontanément, ce qui témoigne de la richesse et du potentiel d’innovation provenant de la société civile.

« La France s’engage » vise à fédérer et promouvoir ces initiatives, d’où qu’elles émergent.

Les quinze projets présentés sur le site Internet ne sont que des exemples : il s’agit de projets déjà développés, déjà « repérés » par les pouvoirs publics, ainsi que le souligne la ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports :

« Nous amorçons la France s’engage avec ces quinze projets. Mais il s’agit d’une démarche continue, d’un appel à projets qui se poursuivra pendant toute la durée du quinquennat. »

« Ce sont de petits projets, pour de grandes ambitions » conclut-elle.

Que penses-tu de ces initiatives ? Es-tu impliquée dans des associations qui agissent localement ? 

Pour aller plus loin :

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre au seul commentaire !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Adita
    Adita, Le 25 juin 2014 à 20h08

    C'est une belle opération de communication, y'a plein de jolies phrases :cretin:

Aller sur le forum pour lire le seul commentaire

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)