Bon, je vais essayer de ne pas faire trop long.
"La Banque mondiale (BM) se réunissait comme le FMI en assemblée de printemps ce week-end. La BM, qui réunissait dimanche 13 avril son comité pour le développement,
a appelé les gouvernements des pays membres à intervenir d'urgence pour éviter que la crise alimentaire n'appauvrisse encore davantage quelque 100 millions de personnes dans le monde.
"Sur la base d'une analyse sommaire, nous estimons que le doublement des prix alimentaires au cours des trois dernières années pourrait pousser plus profondément dans la misère 100 millions d'individus vivant dans les pays pauvres", a expliqué le président de l'institution, Robert Zoellick.
L'ensemble des prix alimentaires mondiaux a bondi de 83 % au cours des trois dernières années, selon la Banque mondiale. Elle estime que
la hausse des prix du blé a atteint 181 %. Ces dernières semaines,
la flambée alimentaire a entraîné des manifestations violentes en Egypte, au Cameroun, en Côté d'Ivoire, en Mauritanie, en Ethiopie, à Madagascar, aux Philippines, en Indonésie et en Haïti."
(source Le Monde du 14.04.2008 et du 13.04, valable également pour les citations suivantes)
- Causes de la hausse des prix alimentaires :
Le problème est simple à comprendre : la demande alimentaire est supérieure à l'offre.
"Côté demande, les Asiatiques enrichis mangent plus de viande, ce qui renforce les besoins en végétaux pour l'alimentation animale. L'offre, elle, a été contrainte ces derniers temps par des
accidents climatiques, comme la sécheresse en Australie ou en Turquie. D'où une tension sur les marchés. A quoi s'est ajoutée
la baisse du dollar, monnaie d'échange des matières agricoles, que les producteurs veulent compenser. Et, enfin, une spéculation très puissante. La crise financière joue ici son rôle : les investisseurs ont fui la finance pour chercher "refuge" dans les matières premières, provoquant une furieuse accélération des prix ces dernières semaines."
On s'aperçoit que la crise n'est pas simplement conjoncturelle : certes, la crise des subprimes a aggravé la situation ; certes, les "accidents climatiques" n'ont rien arrangé. Mais le problème de fond reste que l'on ne produit pas assez pour répondre au besoin des populations. La croissance économique et l'augmentation globale du niveau de vie dans des pays comme la Chine entraîne une énorme augmentation de la demande, notamment en biens céréaliers. Augmentation bien supérieure aux gains de productivité de l'agriculture mondiale.
- Des conséquences dramatiques :
"La réflexion onusienne s'appuie notamment sur des données du Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence de l'ONU selon laquelle,
pour chaque augmentation de 1 % du prix des denrées de base, 16 millions de personnes supplémentaires sont plongées dans l'insécurité alimentaire. Cela
"signifie que 1,2 milliard d'êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d'ici à 2025 ; 600 millions de plus que précédemment anticipé", prévient le document. Parmi les pays en première ligne : l'Erythrée, la Sierra Leone, Madagascar, Haïti, la Géorgie, le Burundi ou le Zimbabwe.
[...]
Parmi les défisqui attendent l'ONU et qui ne doivent pas être sous-estimés, figure aussi le
durcissement de crises locales causé par des "émeutes de la faim", comme celles qui ont secoué l'Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l'Indonésie, la Malaisie..."
Beaucoup de citations, je sais, mais j'ai essayé de rester un peu "en retrait", de façon à ne pas vraiment influencer la discussion qui pourrait suivre.
La question qui se pose, maintenant, est celle-ci : que peut-on faire ? (j'ai choisi de ne pas les écrire ici, mais des "pistes" sont évoquées dans les articles du Monde que j'ai utilisés, dispo sur leur site internet).