Ma lecture de la matinée, c'était un petit livre rigolo sur les idioms (expressions anglaises), dont certaines m'ont bien fait rire!
Le livre s'appelle juste "Expressions anglaises".
Donc voila la page 42, mais c'est plus pour rire (ou sourire, ou rester stoïque) que de la "lecture". Mais la page 42 de Voyage au bout de la nuit de Céline est un peu longue!
Mais, mais, mais on voit rien!
Donc c'est écrit (expression/traduction littérale/équivalent français) To be hand in glove / Etre comme la main dans le gant/ Etre comme les deux doigts de la main
To twist someone around your little finger/ Entortiller quelqu'un autour de son petit doigt/ Menez quelqu'un par le bout du nez
To have a finger in every pie/ Avoir un doigt dans chaque tarte/ Mettre son nez partout
La clochette de la porte tinta. Entra un petit homme chauve qui s'esquiva derrière le rideau rouge avant de réapparaître en frac noir et verdâtre dont les basques entravaient sa démarche.
Sans un mot, il posa deux petits verres, l'un en face d'Eduarda, l'autre en face du Colonel Michel mon Amour. Il apporte ensuite un seau à glace, des tranches de citron et du sel,puis une bouteille de vodka, une grande -et comme je l'appris par la suite- totalement "artisanale" mais, à en juger par l'accueil qu'elle reçut, fort appréciée.
Ils parlaient français, même si Michel mon Amour avait un accent particulier : outre sa façon de rouler les "r", le ton de sa voix évoquait le hululement de la chouette et la plainte d'un loup blessé. L'entendre éveillait mon imagination, me transportait vers des paysages d'hivers, enneigés et lointains.Inaccessibles tel un rêve ou un désir. Et de nouveau, je m'échappais vers les livres de contes aux histoires bien plus réelles que la réalité de mon quotidien.
J'apprenais le français à Saint Maur , aussi n'avais je pas trop de mal à les comprendre. En résumé, Michel était très triste, le restaurant périclitait, les clients étaient très rares et par dessus le marché, Serge, le cuisinier, avait rendu son tablier. Dans ces conditions que pouvait-il nous offrir? Il envisageait de mettre la clé sous la porte et de rentrer à Paris, son cher Paris. Même si là-bas tout n'avait pas été si rose. Il commentait la situation avec Eduarda, petit verre de vodka sur petit verre de vodka, trinquant avec elle à l'accomplissement de voeux innombrables. Soudain, Michel se mit à pleurer. Aussitôt Eduarda me couvrit les yeux.
-Ne me couvre pas les yeux, dis-je. Moi aussi cela m'arrive de pleurer et je n'en ai pas honte.
C'est extrait du petit livre Les mots que j'aime de Philippe Delerm, offert à la librairie la dernière fois que j'y suis passée. Je triche un peu pour vous recopier les pages 42 et 43 parce que les pages sont vraiment minuscules, et comme ça vous avez le mot en entier.
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Gourgandine
Il est drôle, celui-ci, d'un comique qui fonctionne d'emblée au second degré. On ne peut l'imaginer que s'échappant des lèvres pincées d'une vieille fille acariâtre et réprobatrice. Le cible visée est une femme recueillant les hommages des mâles, par des voies malhonnêtes, avec un désir de pouvoir ou de finances. "Prostituée" ne serait qu'un constat quasi professionnel, aux sonorités peu évocatrices. Gourgandine est tellement plus méchant! Une gourde qui se dandine, fait jouer ses avantages dans une impudeur lascive. La gourgandine ne saurait être maigre. Riche de croupe, de poitrine, ou seulement de technique consommée pour les mettre en valeur, sa mise en scène reste primaire, presque bestiale.
Mais quoi? La proie à conquérir est d'une bêtise si profonde, d'une puérilité si niaise dans l'appétit sexuel! Car ne nous y trompons pas. C'est bien le premier sexe qui est visé par ce mot ridicule. Il leur suffit de ça, et les voilà tout assoiffés, la langue pendante comme le loup de Tex Avery, victimes émerveillées d'une promesse de débauche à quatre sous - et peut-être un peu plus. Ah! Les hommes ne sont pas grand chose, allez! Leur pensée, leur pouvoir, leurs convictions profondes, leur éthique, fétus que tout cela. Pour mettre à bas tout l'édifice, il suffit d'une gourgandine!
Mon dernier gros gros coup de coeur littéraire, Lonesome Dove de Larry McMurtry :
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Bien évidemment, Newt savait que Lorena était une prostituée. C'était ennuyeux, mais cela n'affectait en rien ses sentiments envers elle. Elle avait été abandonnée à Lonesome Dove par un joueur professionnel qui s'est mis en tête qu'elle lui portait la poisse. Elle habitait au dessus du Dry Bean et tout le monde savait qu'elle recevait toute sorte de visiteurs, mais Newt n'était pas homme à s'en faire pour si peu. Il n'était pas complétement certain de savoir ce que faisait les prostituées, mais il se disait que Lorena était entrée dans la profession par accident, tout comme lui dans la sienne. C'était un pur hasard s'il était devenu cow-boy à la Hat Creek Compagny, et il ne faisait aucun doute que ce même pur hasard avait fait de Lorena une putain.
@Jixels oui je pense que c'est une bonne idée il faudrait la mettre en début de topic...
Moi je vous présente la page 42 de Is Everyone Hanging Out Without me de Mindy Kaling, un livre que je recommande chaudement, c'est très drôle, truffé d'anecdotes plutôt utiles sur le métier de scénariste tv, un côté autobiographique et aussi des petits "essays" sur ce qu'elle rencontre dans la vie. Moi j'ai ADORÉ!
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__________________ I'm gonna get the best and lock it up and swallow the key.
Pour ma part, je vous présente Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde.
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Lord Henry s'installa dans un grand fauteuil de rotin, et l'observa. Les coups et les traits du pinceau sur la toile constituaient le seul bruit qui rompît le silence, sauf lorsque Hallward, de temps à autre, reculait pour regarder d'un peu plus loin son travail. Dans les rayons qui entraient en flots obliques par la porte grande ouverte dansait une poussière dorée. Tout semblait pénétré du lourd parfum des roses.
Au bout d'un quart d'heure environ, Hallward cessa de peindre, regarda longuement Dorian Gray, puis regarda longuement son tableau, mordillant, le sourcil froncé, l'extrémité de l'un de ses énormes pinceaux. "C'est complètement terminé", s'écria-t-il enfin, et, se baissant, il écrivit son nom en longues lettres vermillon dans le coin gauche de la toile.
Lord Henry s'avança et examina le portrait. C'était incontestablement une œuvre d'art admirable, aussi bien qu'un portrait admirablement ressemblant.
"Mon cher ami, je vous félicite très chaleureusement, déclara-t-il. C'est le plus beau portrait de notre temps, M. Gray, venez donc contempler."
Le jeune homme sursauta, comme s'il sortait d'un rêve.
"Est-il vraiment terminé ? murmura-t-il en descendant de l'estrade.
- Complètement, dit le peintre. Et tu as posé superbement aujourd'hui. Je te suis vraiment très reconnaissant."
Lord Henry s'interposa. "Voilà qui m'est entièrement dû. N'est-ce pas, M. Gray?"
Dorian ne répondit rien, mais passa avec nonchalance devant son portrait puis se tourna vers lui. Quand il le vit, il eut un recul, et ses joues s'empourprèrent momentanément de plaisir.
Un de mes livres qui fût à sa découverte plus qu'un livre de chevet, carrément un fétiche: The Virgin Suicides (également un film sublime d'ailleurs).
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Le journal est un document inhabituel sur l'adolescence en ce qu'il dépeint rarement l'émergence d'un ego informe. Les classiques insécurités, lamentations, coups de coeur et rêveries ne sont en évidence nulle part. Au contraire, Cécilia traite ses soeurs et elle-même comme une seule entité. Il est souvent difficile de savoir de quelle soeur elle parle, et de nombreuses phrases étranges évoquent dans l'esprit du lecteur l'image d'une créature mythique à dix jambes et cinq têtes, mangeant des cochonneries au lit, ou supportant la visite de tantes affectueuses. La plus grande partie du journal nous apprit plus comment vivaient les filles que pourquoi elle s'étaient tuées. Nous étions fatigués d'entendre parler de ce qu'elles mangeaient ("Lundi 13 février. Aujourd'hui on a eu de la pizza surgelée... "), ou de ce qu'elles portaient, ou des couleurs qu'elles préféraient. Elles détestaient toutes les céréales. Mary s'était cassé une dent aux barres parallèles et portait une couronne. ("Je vous l'avais dit", déclara Kevin Head en lisant cela.) Et ainsi nous entrâmes dans leurs vies, en vînmes à avoir des souvenirs collectifs de périodes que nous n'avions pas vécues, abritâmes des images personnelles de Lux se penchant par-dessus le bord du bateau pour caresser sa première baleine en disant: "Je ne pensais pas qu'elles sentaient si mauvais", tandis que Therese répondait: "C'est le varech qui pourrit dans leurs fanons." Nous fîmes connaissance avec des ciels que les filles avaient regardés quand elles campaient des années auparavant, et l'ennui d'étés passés à traîner du jardin de devant à celui de derrière et retour, et même une certaine odeur indéfinissable qui s'élevait des toilettes les nuits de pluie, que les filles qualifiaient d''égouttière". Nous savions l'impression que ça faisait de voir un garçon sans chemise, et pourquoi elle avait amené Lux à écrire le nom de Kevin au feutre violet partout sur son classeur à trois anneaux et même sur ses soutiens-gorge et ses culottes, et nous comprenions qu'elle ait été prise de rage le jour où en
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"Les gens, de nos jours, savent le prix de tout et ne connaissent la valeur de rien. "
[Oscar Wilde]
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: I-Love-You (08/04/2012)
Je vous présente donc une partie de la page 42 du "club des incorrigibles optimistes" de J.M Guenassia (il en reste 680 après celle là... :s
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"Avec Nicolas on formait une des meilleures paires au baby-foot. Lui à l'arrière, moi à l'avant. Difficile de nous battre. Quand on voulait jouer tranquille, on allait place de la Contrescarpe. Nos adversaires étaient des étudiants du quartier ou de polytechniciens de l'école voisine, grosses têtes et nuls au baby. On ne se gênait pas pour les chambrer. Certains prenaient mal que des gamins qui avaient 10 ans de moins qu'eux leur mettent des raclées. On faisait comme on voyait faire Samy. On les ridiculisait sans leur accorder d'attention.
-au Suivant
Au début, on exultait. On manifestait notre joie. Après on a savouré en silence. On les ignorait. On fixait le baby, la balle blanche et les petites footballeurs bleus et rouges. Avant d'avoir commencé ils savaient ce qui les attendait et qu'ils ne pourraient nous battre. Le coupe de l'ignorance était pire que le mépris. Pour avoir droit à un regard, il fallait nous mettre en danger, nous mener au score ou arriver à la balle de match."
Alors moi, ce sera un extrait (pas le meilleur ceci dit) de l'excellent "Furie" de Salman Rushdie, auteur des parfaits "versets Sataniques" également.
Spoiler !
Waterford Wadja avait dû connaître le désespoir et parlait, quand il était ivre, de son poste à King's comme d'"une foutue existence, la seule chose que j'aie". Lui qui, à l'aune des critères ordinaires, possédait tant.
Une voiture de sport, une batterie, une maison de famille à Roehampton, un fonds en fidéi-commis, ses entrées chez les Tatler. Solanka, avec un manque de compassion qu'il regretta par la suite, conseilla à Gudule de ne pas se rouler autant dans la fange de l'auto-apitoiement. Gudule se raidit, opina, éclata d'un rire sec - "AH-ah-ah-AH" - et n'aborda plus aucun sujet personnel pendant des années.
La nature des capacités intellectuelles de Gudule demeurait un mystère total aux yeux de ombre de ses collègues : l'énigme Gudule. Il paraissait si souvent sot - un temps on l'appela Nunuche, d'après l'ours immortel de Cervelette, mais ce surnom fut jugé trop cruel même pour des Cambridgiens- et pourtant sa prestation universitaire lui valut de l'avancement. La thèse sur Voltaire qui lui permit de décrocher son doctorat et servit de tremplin à sa gloire future avait tout d'une défense de Pangloss - à la fois de cet optimisme excessif et foctif propre au Leibnitz des débuts et de son ralliement tardif au quiétisme restreint. Cela allait si profondément à l'encontre du courant dystopique, collectiviste, politiquement engagé de l'époque à laquelle il la rédigea qu'elle en devint, aux yeux de Solanka et des autres, profondément dérangeante.
Si vous voulez aller plus loin sur ce livre (et je l'espere), un petit article dessus (avec des extraits plus parlants) ICI .
Voilà la page 42 d'un des recueils de poèmes d'Henri Michaux () :
Spoiler !
Ne peut plus, n'a plus part à rien, quelqu'un.
Quelque chose contraint quelqu'un.
Soleil, ou lune, ou forêts, ou bien troupeaux, foules ou villes, quelqu'un n'aime pas ses compagnons de voyages. N'a pas choisi, ne reconnaît pas, ne goûte pas.
Princesse de marée basse a rendu ses griffes ; n'a plus le courage de comprendre ; n'a plus le cœur à avoir raison.
... Ne résiste plus. Les poutres tremblent et c'est vous. Le ciel est noir et c'est vous. Le verre se casse et c'est vous.
On a perdu le secret des hommes.
Ils jouent la pièce "en étranger". Un page dit "Beh" et un mouton lui présente un plateau. Fatigue ! Fatigue ! Froid partout !
Oh ! Fagots de mes douze ans, où crépitez-vous maintenant ?
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Je suis ma propre expérience. Je suis mon propre chef-d’œuvre.
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: Pavlova (08/05/2012)
Winston se demande de nouveau pour qui il écrivait son journal. Pour l'avenir ? Pour le passé ? Pour un âge qui pourrait n'être qu'imaginaire ? Il avait devant lui la perspective, non de la mort, mais de l'anéantissement. Son journal serait réduit en cendres et lui-même en vapeur. Seule, la Police de la Pensée lirait ce qu'il aurait écrit avant de l'effacer de l'existence et de la mémoire. Comment pourrait-on faire appel au futur alors que pas une trace, pas même un mot anonyme griffoné sur un bout de papier ne pouvait matériellement survivre ?
Le télécran sonna quatorze heures. Winston devait partir dans dix minutes. Il lui fallait être à son travail à quatorze heures trente.
Curieusement, le carillon de l'heure parut lui communiquer un courage nouveau. C'était un fantôme solitaire qui exprimait une vérité que personne n'entendrait jamais. Mais aussi longtemps qu'il l'exprimerait, la continuité, par quelque obscur processus, ne serait pas brisée. Ce n'était pas en se faisant entendre, mais en conservant son équilibre que l'on portait plus loin l'héritage humain. Winston retourna à sa plume et écrivit : Au futur ou au passé, au temps où la pensée est libre, où les hommes sont dissemblables mais ne sont pas solitaires, au temps où la vérité existe, où ce qui est fait ne peut être défait. De l'âge de l'uniformité, de l'âge de la solitude, de l'âge de Big Brother, de l'âge de la double pensée. Salut !
Je suis nouvelle sur le site alors j'espère ne pas tout faire de travers et que les balises spoilers se mettront correctement. C'est un super concept qui m'a poussée à m'inscrire (la page 42), et je commence par le dernier livre qui m'ait marquée, et j'espère bien en mettre plein d'autres!
Page 42, Dénaturé:
Spoiler !
Edouard ne s'attarda pas sur cette question pour ne pas faire naître de soupçons chez la jeune femme.
- Êtes-vous disponible aujourd'hui? j'ai un trou dans mon emploi du temps. Je pourrais vous caser vers quatorze heures si cela vous convient? demanda-t-il sur le ton le plus professionnel qui soit.
- Eh bien, à vrai dire, j'ai rendez-vous chez le coiffeur, avoua-t-elle, navrée.
N'importe qui aurait trouvé futile de préférer son rendez-vous chez le coiffeur, mais pas lui, il comprenait son besoin de privilégier son apparence.
Il eut envie de lui demander si c'était chez le coiffeur qu'elle faisait faire ses boucles ou si celles-ci étaient naturelles. Mais il se retint, la question étant un peu déplacée. Il aurait cependant bien voulu connaître la réponse. Il trouvait ses boucles magnifiques et se sentirait berné si celles-ci n'étaient pas naturelles. Il aurait même été capable d'annuler pour ce motif.
Il ne jurait que par la beauté naturelle, qui pouvait être mise en valeur, mais non transformée.
"Et si elle arrivait avec les cheveux plats lors de la visite", pensa-t-il avec horreur.
Il se ressaisit.
"Non, il ne faut pas se laisser envahir par ce genre de pensées. Déjà, la dernière fois j'ai failli tout faire rater pour des broutilles", se remémora-t-il.
N'entendant plus rien au téléphone mademoiselle Javert s'inquiéta.
- Vous êtes toujours là, monsieur Dussolier? s'enquit-elle.
- Oui, oui, répondit-il d'un ton affable, je réfléchissais. Je vais regarder dans mon agenda si je peux vous caser autre part.
C'était plus long à taper que prévu, la prochaine fois je prendrai une photo.
J'avais toutes les filles les unes après les autres, mais c'était trop simple, un peu écoeurant. Elles faisaient ça presque aussi facilement qu'on se lave les dents, par hygiène. Ils se conduisaient comme une bande de singes, débraillés, gourmands, bruyants et vicieux ; ça faisait mon affaire pour le moment.
Je jouais souvent de la guitare ; rien que cela aurait suffi, même si je n'avais pas été capable de donner la fessée à tous ces garçons-là en même temps, et d'une seule main. Ils m'apprenaient le jitterbug et le jive ; il ne me fallait guère de peine pour y arriver mieux qu'eux. Ce n'était pas leur faute.
Cependant, je pensais de nouveau au gosse, et je dormais mal. J'avais revu Tom deux fois. Il arrivait à tenir. On ne parlait plus de l'histoire là-bas. Les gens laissaient Tom tranquille dans son école, et moi, ils ne m'avaient jamais beaucoup vu. Le père d'Anne Moran avait envoyé sa fille à l'université du comté ; il continuait avec son fils. Tom me demanda si tout marchait bien pour moi, et je lui dis que mon compte en banque s'élevait déjà à cent vingt dollars. Je rognais sur tout, sauf sur l'alcool, et la vente de livres restait bonne.
La conjuration des imbéciles, John Kennedy Toole
Spoiler !
- Vite, un prêtre.
- Je ne crois pas que nous soyons blessés, maman. Mais tu m'as mis l'estomac sans dessus dessous pour les quelques jours à venir.
Ignatius baissa la vitre d'une portière arrière et examina l'aile encastrée dans le mur.
"J'imagine qu'il va nous falloir un nouveau phare de ce côté.
- Qu'est ce qu'on va faire?
- Si je conduisais, je passerais gracieusement la marche arrière et je m'éloignerais discrètement. Tu peux être assurée qu'il va y avoir des poursuites. Les gens qui possèdent cette ruine branlante devaient attendre cette occasion depuis des années et des années. Je ne serais pas étonné d'apprendre qu'ils répandaient chaque soir de la graisse sur la chaussée dans l'espoir du passage d'un automobiliste tel que toi.
Il rota.
"Ma digestion est compromise. Je crois que je suis en train d'enfler!
Mme Reilly fit jouer la boite de vitesses usée et recula centimètre par centimètre. Au fur et à mesure que l'auto s'écartait du mur, on entendait craquer du bois au-dessus. Les craquements se transformèrent en fracas de bois et de métal déchiré. Et le balcon s'abattit par pans entiers, tonnant contre la carrosserie de la voiture avec le bruit sourd des grenades qui explosent. Comme un homme qu'on lapide, la voiture s'immobilisa, blessée, et un gros ornement de fer forgé fit voler en éclats la lunette arrière.
- Chéri, tu vas bien? demanda Mme Reilly, folle d'inquiétude, quand le bombardement fut apparemment terminé.
Ignatius produisit un gargouillis étouffé. Ses yeux bleu et jaune s'étaient mouillés.
- Dis quelque chose, Ignatius, supplia sa mère, se tournant juste à temps pour le voir passer la tête par la fenêtre et vomir le long du flanc cabossé de l'automobile.
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All I can do is be me, whoever that is.
Excellente idée, ces pages 42! Je vous en propose donc une, celle d'un de mes livres favoris,
Le parfum, de Patrick Süskind :
Spoiler !
A travers les grilles de fer des entrées cochères, cela sentait le cuir des carosses et la poudre des perruques des pages, et par-dessus leurs grands murs, les jardins exhalaient le parfum des buis et des rosiers et des troènes fraîchement taillés. C'est là aussi que, pour la première fois, Grenouille sentit des parfums au sens propre du terme : les simples eaux de lavande ou de rose qu'on mêlait à l'eau des fontaines lorsqu'on donnait des fêtes dans ces jardins, mais aussi des senteurs plus complexes et plus précieuses, musc mélangé à l'huile de néroli et de tubéreuse, jonquille, jasmin ou canelle, qui flottaient le soir comme un lourd ruban à la suite des équipages. Il enregistrait ces senteurs comme il enregistrait les odeurs profanes, avec curiosité, mais sans admiration perticulière. Certes, il notait que l'intention des parfums était de produire un effet enivrant et séduisant, et il reconnaissait la qualité de chaque essnce qui entrait dans leur composition. Mais en somme ils lui semblaient totu de même plutôt grossiers et lourdauds, amalgamés au petit bonheur plutôt que composés, et il savait pouvoir fabriquer de toutes autres senteurs, si seulement il pouvait disposer des mêmes substances.
Beaucoup de substances, il les connaissait déjà grâce aux marchands de fleurs et d'épices du marché ; d'autres lui étaient inconnues, il les filtrait pour les extraire des bouquets d'odeurs et il les conservait, sans noms, dans sa mémoire : ambre, civette, patchouli, santal, bergamote, vétiver, opopanax, bejoin, fleur de houblon, castoréum...
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La vie en couleurs!
Keep smiling everyday
Drinking a daily cup of tea will surely starve the apothecary
Le prof d'Experimental & Perturbant de Moossye qui parle à un élève américain : "Nan mais tu comprends, c'est un mot argotique pour dire Sperme... Tu comprends "sperme" ? Vous avez ça aussi chez vous ???"