21/07/2006, 14h38
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#1 | | Musique Addict | Les extraits que vous aimeriez nous faire partager ! _____Quand je lis, que ce soit un roman, un documentaire ou encore une BD, j'aime bien noter quelques part dans un coin d'un cahier ou autre, une phrase ou tous un paragraphe, un titre de chapitre, un dialogue ou simplement une seule parole qui m'a marqué ou plû ou que j'admire énormément, qui m'a fait rire ou m'a rendu triste ect... _____Et même parfois, photocopier une image belle, drôle ou simplement pour le texte pour la coller quelque part. Et vous est-ce que vous avez un extrait d'un livre que vous aimeriez nous faire partager ? Faites le ici, si cela vous tente ! Pour débuter ce sujet, je propose mon extrait du dernier livre que j'ai lu ! La mort dans l'âme, Ian Rankin. => Page 37 (Il retourna son verre vide sur sa main). - Tiens, sans le jus & les glaçons, il reste une arme qui peut tuer. Il fit semblant de fracasser le verre contre le rebord de la table [...]. _____J'aime beaucoup cet extrait, le seul de tout le livre qui a eu l'honneur d'être noté dans un de mes cahiers. Tout d'abord, ce sont les paroles du personnage que je préfères (mais que logiquement on est censé detester puisqu'il est l'assassin). Il parle au journaliste qui l'a pris sous son aile & qui l'interwieuww pour faire de son histoire (de tueur) un livre. (L'histoire est bien plus compliquée que ça, à vous de lire ce livre, il est génial !) _____Bon bref, j'en étais à "j'aime beaucoup cet extrait" parce que c'est réaliste & tout à a fois inquiètant venant de la bouche d'un meurtrier. Et peut être aussi, parce que ça souligne la personnalité du personnage qui les prononce, une personnalité qui m'attire en tant que rôle à jouer par exemple (outre le fait que c'est un meurtrier ^^). Je ne vais pas m'aventurer plus loin ou je vais finir par vous faire un expo sur le bouquin. Voilà un extrait d'un bouquin qui me plaît. A vous !
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21/07/2006, 17h00
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#2 | | Mélange instable | Je note toujours des trucs mais je les perds également, donc... |
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21/07/2006, 17h13
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#3 | | Roule une pelle à la vie | Moi c'était un truc sur les latrines dans l'insoutenable légéreté de l'être ( mais bon j'ai prêter mon livre dpuis X mois et je l'ai toujours pas ) je ne peut pas mettre le passage par contre dans Dors ! de Annelies Verbeke ca passage je suis fan :
En fait la narratice est une insomniaque qui se pose une question , elle veut savoir si les prostitués dorment Citation:
-Je veux te poser une question
Elle m'a gratifier d'un sourire forcé , sous ses faux cils , elle essayait de dissimuler la vulnérabilitié contenuedans ses yeux globuleux .
- Not understand . Just arrive.
-When do you sleep ?
Je n'avais pas envie de m'attarder . Je n'étais pas disposée à faire dans la périphrase , encore moins à montrer de l'empathie .
-Sleep? a t elle dit avant de ramener ses petites pattes de taupe prés de sa mâchoire , de fermer ses petits yeux et de pincer la bouche ; No sleep , Miss , only fuck"'
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21/07/2006, 17h27
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#4 | | Poughkeepsie | Quand un bouquin me plait, je suis du genre à m'arreter toutes les deux pages pour recopier des phrases. J'en choisis au pif : Citation: | - Je n'en veux pas, du confort. Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du péché. | Citation: - En somme vous réclamez le droit d'être malheureux. Sans parler du droit de vieillir, de devenir laid et impotent ; du droit d'avoir la syphilis et le cancer ; du droit d'avoir trop peu à manger ; du droit d'avoir des poux ; du droit de vivre dans l'appréhension constante de ce qui pourra se produire demain ; du droit, du droit d'attraper la typhoïde ; du droit d'être torturé par des douleurs indicibles de toutes sortes. - Je les réclame tous. - On vous les offre de grand coeur. Aldous Huxley, Le meilleur des mondes. | Et ces citations d'Oscar Wilde que je trouve magnifiques, je me lasse pas de les lire. ♥ Citation: Les ténèbres s'envolaient et, scintillant de feux légers, le ciel se creusait en une perle sublime. D'énormes chariots pleins de lis dodelinants descendaient lentement à grand bruit les rues vides et luisantes. L'air était lourd du parfum des fleurs et leur beauté sembla apporter un calmant à sa douleur.
D'une cheminée d'en face montait un mince tire-bouchon de fumée, qui s'enroulait comme un ruban violet dans l'air couleur de nacre.
L'aube claire envahit la pièce, balaya les ombres fantastiques, les repoussant dans les coins ombreux, où elles s'entassèrent en tremblant.
Le crépuscule obscurcissait la pièce. Sans bruit, les ombres du jardin rentraient furtivement sur leurs pieds d'argent. Les couleurs épuisées abandonnaient les objets qui se fanaient. | Citation: Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray. |
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: Sassye (04/10/2011)
21/07/2006, 17h33
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#5 | | Mélange instable | En fait j'en ai plein, d'extraits que j'apprécie particulièrement. Citation: |
Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine (dernière phrase de l'Etranger, de Camus)
| Citation: |
Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu'ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n'est pas trop exigeant. Moi, je veux tout, tout de suite, - et que ce soit entier - ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite - ou mourir (Antigone, d'Anouilh)(cet extrait c'est Nenya qui l'a remarqué la première huhu)
| Citation:
- Aimeriez-vous lire un jour La République de Platon, Montag ?
- Bien sûr !
- Je suis La République de Platon. Ca vous plairait de lire Marc Aurèle ? M. Simmons est Marc Aurèle.
- Enchanté, dit M. Simmons.
- Salut, répondit Montag. (Fahrenheit 451, Ray Bradbury)
| Citation: |
Vous allez voir comme c'est bête. Bête comme chou ! Il n'y a pas de torture physique, n'est-ce pas ? Et cependant, nous sommes en enfer. Et personne ne doit venir. Personne. Nous resterons jusqu'au bout seuls ensemble. C'est bien ça ? En somme, il y a quelqu'un qui manque, ici : c'est le bourreau. Eh bien, ils ont réalisé une économie de personnel. Voilà tout. Ce sont les clients qui font le service eux-mêmes. Le bourreau, c'est chacun de nous pour les deux autres. (Huis Clos Sartre)(Ca change du traditionnel L'enfer, c'est les Autres)
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__________________ In the long run, we all are dead. Keynes. |
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21/07/2006, 20h19
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#6 | | Musique Addict | J'en ai des tonnes et de tonnes, toute une étagère ! Citation:
Posté par Ice :
(Antigone, d'Anouilh)
| Moi, dans cette pièce de theatre, il y a 2 phrases qu'Antigone dit qui me plaisent beaucoup : C'est trop laid tous ça, tout est trop laid. Je ne sais plus pourquoi je meurs. Citation: |
- Ce que je vais vous dire n'est pas facile à entendre, impossible à admettre, mais si vous voulez bien écouter notre histoire, si vous voulez bien me faire confiance, alors peut-être que vous finirez par me croire et c'est très important car vous êtes, sans le savoir, la seule personne au monde avec qui je puisse partager ce secret.
| Citation: | Et si c'était vrai, Marc Levy | _____Cet extrait résume toute l'histoire. Un secret inimaginable que seul Arthur & Lauren peuvent partager. C'est le tout dernière paragraphe de la toute dernière page du premier livre des aventures de Arthur & Lauren. Il faut que je lise la suiteuuuhhh ! ^^ _____Et bien que j'ai encore des tonnes de citations (qui suivront plus tard) je vais clore ici avec une phrase que j'aime beaucoup (encore une ^^) : Citation: | (C'est comme ça dans l'armée.) | Citation: | Une seule chose est sûre, c'est que rien est sûr. 11h47 bus 9 pour Jérusalem, Pnina Moed Kass | Si réaliste !
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Modifié par Indra 21/07/2006 à 20h28.
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21/07/2006, 20h36
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#7 | | Hyène | L'incipit de Lolita que j'ai inculqué à Kenza (Kenza), et j'ai un cahier entier d'extraits...J'aime pas Anouilh, j'aime Sophocle ! Citation: |
Posté par Oedipe Roi Je n'ai pas cru dès lors pouvoir laisser à d'autres le soin d'entendre votre appel, je suis venu à vous moi-même, mes enfants, moi, Oedipe - Oedipe au nom que nul n'ignore. | Je viendrais quand j'en trouverais 
__________________ Je m'éveillai, mais c'était en voyage |
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21/07/2006, 21h14
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#8 | | Moral dans les tongs | J'aime l'idée du sujet. Y'en a souvent qui me marquent mais j'oublie de les noter. Faut que je pense à avoir mon carnet avec moi. Citation: |
" Je pourrais dire qu'avoir le vertige c'est être ivre de sa propre faiblesse. On a conscience et on ne veut pas lui résister, mais s'y abandonner. On se soule de sa propre faiblesse, on veut être plus faible encore, on veut s'écrouler en pleine rue aux yeux de tous. On veut être à terre, plus bas que terre. "
| Kundera L'insoutenable légèreté de l'être Citation: |
" D'autres que moi on connu la sensation bizarre de manque qui vous tombe brutalement dessus, en plein milieu d'un jeu. On sent tout d'un coup que l'essentiel est ailleurs, ailleurs que là où nous sommes. "
| Histoire de l'Illusion Georges Picard Citation:
" Ce matin, je me suis reveillée avec l'atroce, l'insupportable conscience de ne pas avoir de génie. Pas une once. Tout, dans la chambre, semblait me le crier :
Pas de génie ! Les livres sur les rayons, la lampe jaune sur la table, la fine fente de l'épaisseur d'un cheveu lézardant la peinture du plafond au-dessus de ma tête. Une véritable conspiration du cri, un hourvari de clameurs accusatrices.
La journée commençait mal. Tandis que je me rasais, ce fut une nouvelle douche de lucidité glaciale. Ah, une tête sans génie ! "
| Le génie à l'usage de ceux qui n'en ont pas Georges Picard |
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21/07/2006, 21h20
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#9 | | Mélange instable | Depuis quelques années j'ai des carnets-vrac dans lesquels je note des extraits, mais j'ai pas assez de courage pour recopier  |
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22/07/2006, 01h07
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#10 | | Guest | Citation: |
Elle ne voulait pas attendre qu'il payât. Tête nue, il sortit derrière elle. Les gens les regardèrent traverser la pièce vers la porte, et quand la porte tomba sur eux et qu'ils retrouvèrent la neige, et un groom avec un parapluie rouge entre eux et le silence et l'amour, ils surent pour la première fois que tout cette scène s'était déroulée sur un fond de musique, comme une légère griserie qui se dissipe et devient alors consciente, sur le chant mélancolique d'un piano débitant des romances dont ils ignoraient les paroles étrangères, qui suivaient pourtant la cadence de leurs coeurs.
| Oh, et un long, que j'adore, à le connaître par coeur. Citation:
" Je voudrais tuer votre passé - dit-il.
- Pourquoi ça ? Je n'aurais plus rien à vous raconter... à vous sacrifier... "
Oh, pour ce mot-là, que n'aurait-il payé, que n'aurait-il souffert ? Il lâcha la main de Bérénice, porta ses deux mains sur son visage, devant ses yeux, qu'il comprima du bas de ses paumes. Impossible de supporter à la fois cette phrase et la lumière. Il entendit Bérénice qui disait : " Vous viendrez me prendre rue César-Franck ? "
En doutait-elle ? Il rit. Elle s'étonna de son rire. Il demanda : " Je voulais vous demander... vous avez dit tout à l'heure... que ce soir, vous étiez heureuse ? Est-ce que je peux penser que j'y suis pour quelque chose... pardon... Me permettez-vous de le penser ? " Ce fut à son tour, à elle, de rire. Alors, il leva les yeux, chercha les siens, et dit : " Je vous aime..."
Elle reçut le double choc des mots et du regard. Elle s'adossa à sa chaise. Elle eut ce geste frileux des épaules qu'il avait plusieurs fois remarqué. Elle joua sans rien dire avec son sac brodé bleu et or, à grosses fleurs roses. Ses mains se joignirent sur la table, et le geste qu'elles firent déchira le coeur d'Aurélien : il vit qu'elle tournait à son doigt un anneau de mariage... devina où étaient parties ses pensées... Il n'eut plus de confiance qu'en ces trois mots, jamais prononcés, qui venaient de dépasser ses lèvres, et en ce nom qui était ce qu'il avait aimé d'abord en elle. Il répéta : " Je vous aime, Bérénice."
| Aurélien est ma bible  | |
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: kidda (08/06/2010)
22/07/2006, 01h09
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#11 | | Guest | Oh, mais il y en a un tas, c'est impossible de tout citer ! =) | |
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22/07/2006, 13h09
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#12 | | Guest | Citation:
TITUS :
[...]
Je sais bien que sans vous je ne saurai plus vivre,
Que mon coeur de moi-même est prêt à s'éloigner ;
Mais il ne s'agit plus de vivre, il faut régner.
BERENICE :
Hé bien ! régnez, cruel ; contentez votre gloire :
Je ne dispute plus. J'attendais, pour vous croire,
Que cette même bouche, après mille serments
D'un amour qui devait unir tous nos moments,
Cette bouche, à mes yeux s'avouant infidèle,
M'ordonnât elle-même une absence éternelle.
Moi-même j'ai voulu vous entendre en ce lieu
Je n'écoute plus rien et pour jamais, adieu.
Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !
L'ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?
Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.
| Racine, Bérénice. | |
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22/07/2006, 13h36
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#13 | | Moral dans les tongs |  Berenice ! |
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22/07/2006, 14h12
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#14 | | rire jaune | N'ayant pris soin d'emporter ma bibliothèque en vacances, ni même mon disque-dur où sont stockés le fichier quotes.txt & le dossier "scanns" dans lesquels je collecte pas mal de passages marquants, retapés ou scannés, je n'ai d'ici accès qu'à quelques pages qui proviennent de mon blog et qui, même si elles sont un peu euh, disons, bidouillées, donnent - ce me semble - malgré tout une petite idée de la qualité des extraits. 
L'herbe rouge, Boris Vian 
L'insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera
et puis un extrait de La nausée, que je ne vais pas copier/coller parce que c'est un peu long, lisez si le coeur vous en dit. Ici.
Toujours La nausée : Citation: |
« L'existence n'est pas quelque chose qui se laisse penser de loin : il faut que ça vous envahisse brusquement, que ça s'arrête sur vous, que ça pèse lourd sur votre cœur comme une grosse bête immobile - ou alors il n'y a plus rien du tout. Il n'y avait plus rien du tout, j'avais les yeux vides et je m'enchantais de ma délivrance. » J-P. Sartre.
| d'autres encore : Citation: |
« Mónica m'expliqua un jour que le corps humain est un système soumis à l'entropie, autrement dit qu'il tend à fonctionner avec le moins d'énergie possible. J'en trouvais l'illustration dans ma propre dépression. Cela m'aurait tant coûté de sortir de cette situation, d'affronter mes démons et mes peurs, de m'armer de courage et de faire quelque chose par et pour moi-même, que je préférais passer tout mon temps libre à pleurer, blottie sous ma couette, aspirée vers le fond de moi-même par une houle noire de souvenirs et de pensées négatives, à boire mes propres larmes. » L. Etxebarría.
| (un clin d'o3il) Citation: |
« La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote, assis au soleil. » J. Anouilh.
| Ce message est on ne peut plus bordélique et décousu, mais voyez-vous, je sens que l'eau miroitante de la piscine à 30°C me réclame, alors je repasserai pour y mettre de l'ordre euh, plus tard. 
__________________ Forgive me, Majesty. I'm a vulgar man. |
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: fuck-it (08/03/2011)
22/07/2006, 14h47
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#15 | | Moral dans les tongs | Cet extrait de Kundera m'avait marqué aussi. |
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22/07/2006, 16h20
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#16 | | weakness EcriveuZ madmoiZelle | Il y a un passage, assez long (trois ou quatre pages si je me souviens bien) de la nouvelle Madame Fonss de Jacobsen qui me plait particulièrement. Le problème c'est que j'avais emprunté le recueil à la bibliothèque, donc je peux pas le recopier. Mais je vais peut-être l'acheter un de ces jours alors ça sera l'occasion !
Pour d'autres, j'ai plus de mal, parce que comme je ne les note quasiment jamais, j'aurais du mal à les retrouver et même à m'en souvenir. Yen a quand même quelques-uns que j'ai notés ou que je connais (et j'aime bien aussi la phrase de ma signature qui vient de L'écume des jours de Vian) : Citation:
Ce que les parents appellent expérience n'est rien d'autre qu'une tentative couronnée de succès et conduisant souvent au cynisme, de renier tout ce qu'ils avaient éprouvé de pur, de vrai, de juste dans leur jeunesse. Eux-mêmes ne remarquent pas l'épouvantable cynisme qui réside dans ces propos constants sur "l'expérience" présentée comme le but le plus élevé de la vie. Ils remarquent "le manque d'expérience" chez leurs enfants, c'est-à-dire une forme d'inexpérience qui s'appelle pureté et loyauté. Cela les irrite. Lorsqu'ils sont irrités, ils passent leurs irritation sur les enfants. Cela s'appelle élever les enfants ; car, qu'est-ce que l'éducation sinon un effort de parents irrités pour étouffer ce qu'ils ont étouffé de meilleur en eux-mêmes ? S'ils ne sont pas irrités, ils prennent alors des airs supérieurs, supérieurs parce qu'avec leur fierté hypocrite, ils tirent vanité de leur grande expérience de la vie, exactement comme si c'était particulièrement honorable et extraordinaire de détruire le meilleur de soi-même.
ET
Il fait presque noir dans l'antichambre mais il n'allume pas. A présent il a peur de la lumière.
Mais ce qui arrive ne lui fait pas peur. Car en nous, nous portons tous l'image d'une chose terrible qui nous arrivera une fois quand il fera très sombre, l'image de quelqu'un que nous rencontrerons un soir de pluie et de grand vent, l'image de quelqu'un que nous trouverons debout derrière la porte en entrant dans une chambre. C'est pourquoi nous ne sommes pas vraiment effrayés le jour de la terrible rencontre. Car chaque soir, à la nuit tombante, nous l'avons attendu. Le terrible sentiment d'un accomplissement fatal, c'est tout ce que nous éprouvons.
| L'enfant brûlé, Stig Dagerman. Citation:
Elle avait enduit son visage de crème et sa peau luisait, telle la peau d'une créature qui vient juste d'émerger de la mer ; ou peut-être avait-elle pris au sens littéral du terme les mots inscrits sur le flacon de crème - Vanishing - et se l'était-elle appliquée comme un prélude à l'invisibilité
Peut-être est-ce ma mère, songea Erlene.
| Le jardin aveugle, Janet Frame. Citation:
Non, il n'y a pas d'objectivité possible dans un monde de salauds ! Ni science possible, ni littérature, ni art, ni amour, dans ce monde de popotins ! Il n'y a rien de vrai, tout est fabriqué, salopé ! Se pencher là-dessus avec une sérénité d'entomologiste est plus qu'une faute, c'est une lâcheté !
ET
A moi le roman du XIIème siècle ou les commentaires sur Phèdre ! A moi la vase des développements, la salade des reconstitutions, la suave diarrhée du baratin ! ... Je regarde Boivin, Salignon, Serindoux, Chennebault, spécialistes de la crotte annuelle, accumulant les certificats de bonne digestion pour obtenir une planque officielle, comme voie de garage, tout cela ne dépasse guère la hauteur des intestins...
| Je suis un monstre, Jean Meckert. Citation: |
Quant à moi, ayant encore plus mal dans le corps des autres que dans le mien, il y a longtemps que j'ai dû y renoncer
| Fin du poème "Nuit de Noces" d'Henri Michaux ( La nuit remue)
Modifié par miss-ter 22/07/2006 à 20h40.
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Lila-Rose (03/07/2011)
22/07/2006, 19h31
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#17 | | Mélange instable | Oh, excellente idée de sujet!
Je note souvent aussi des extraits des livres que je lis, encore qu'en disant extraits, j'exagère un peu. Je note souvent une phrase ou une expression en fait, je reviendrai quand j'aurai mon carnet sous les yeux. |
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22/07/2006, 20h01
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#18 | | Une margarita a la main | Bon désolée il est plutôt long mais j'aime  . Citation: Il était une fois. Sur les bords sablonneux du grand océan Pacifique.
Un village, un endroit mystérieux. Où la lumière était dorée à la surface de l'eau. Où le ciel était d'un noir d'encre la nuit, tout clignotant d'étoiles. Où le vent était chaud et doux comme une caresse.
Où une petite fille arriva devant un Jardin enclos ! Le mur était de pierre et haut de six mètres et couvert d'une belle bougainvillée d'un rouge flamboyant. A l'intérieur du Jardin enclos on entendait des chants d'oiseaux, de la musique, une fontaine ! Et des voix inconnues, des rires.
Jamais tu ne pourras escalader ce mur, tu n'es pas assez forte ; les filles ne sont pas assez fortes ; les filles ne sont pas assez grandes ; tu as un corps délicat et fragile de poupée ; ton corps est une poupée ; fait pour être admiré et caressé par les autres ; fait pour être utilisé par les autres, pas par toi ; ton corps est un fruit appétissant fait pour que d'autres y mordent, et le savourent ; ton corps est pour les autres, pas pour toi.
La petite fille se mit à pleurer ! La petite fille avait le coeur brisé.
Alors sa bonne fée vint et lui dit : Il y a une entrée secrète au Jardin enclos !
Il y a une porte dérobée dans le mur, mais tu dois attendre comme une gentille petite fille que cette porte s'ouvre. Tu dois attendre patiemment, et tu dois attendre en silence. Tu ne dois pas frapper à la porte comme un vilain garçon. Tu ne dois pas crier ni pleurer. Tu dois gagner à ta cause le gardien de la porte - un vilain vieux gnome à la peau verte. Tu dois retenir l'attention du gardien de la porte. Tu dois t'en faire admirer. Tu dois t'en faire désirer. Et alors il t'aimera, et fera ce que tu ordonneras. Souris ! Souris, et sois heureuse ! Souris, et déshabille-toi ! Car ton Amie magique du miroir t'aidera. Car ton Amie magique du miroir est quelqu'un de très spécial. Le vilain vieux gnome à la peau verte tombera amoureux de toi, et la porte dérobée du Jardin enclos s'ouvrira pour toi, rien que pour toi, et tu entreras en riant de bonheur ; à l'intérieur du Jardin enclos il y aura des roses épanouies, des colibris et des tangaras, de la musique et une fontaine jaillissante, et tes yeux s'écarquilleront d'émerveillement, car le vilain vieux gnome à la peau verte était en réalité un prince victime d'un maléfice, et il s'agenouillera devant toi et te demandera ta main, et vous vivrez éternellement heureux dans le royaume de son Jardin ; jamais plus tu ne seras une petite fille seule et malheureuse.
Tant que tu resteras avec ton Prince dans le Jardin enclos. Joyce Carol Oates - Blonde. |
__________________ Somehow i knew you would leave me this way
Somehow i knew you could never, never stay. // stand up, speak out, strike back. |
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Lila-Rose (03/07/2011)
23/07/2006, 12h22
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#19 | | weakness EcriveuZ madmoiZelle | J'en ai retrouvé un : Citation:
Je regarderai mon père par-dessus le bord de mon verre de vin. Je me verrai moi-même. Regardant mon père, je reconnaitrai la cruauté et la traîtrise que je porte en moi. Quand je regarderai les mains de mon père, un rouage se mettra en branle dans mon esprit, car mon père porte toujours en lui la graine de la grandeur, mais cette graine s'est étiolée à cause de la cruauté et de la traîtrise que je connais si bien, et qui - je m'en aperçois toujours trop tard - se développent aussi en moi. Mon père surprendra ce sentiment dans mon esprit, sa découverte jaillira dans ses yeux pour que je la reconnaisse, il verra la même arrière-pensée dans mon regard, et nous n'aurons pas assez de cran pour soutenir le regard de l'autre, laisser nos yeux s'affronter et tuer cette arrière-pensée qui rodera dans nos têtes.
Une autre atmosphère règnera autour de la table, dont nous ne saurons que faire, car nous la méprisons, et ce sera la honte. Nous la sentirons, elle nous blessera, mais nous n'aurons plus de mains pour la cogner ou la caresser. Nous regarderons donc ailleurs en nous observant à la dérobée. Et je sais qu'il en sera toujours ainsi, et mon père le sait aussi. Mon père continuera de remplir mon verre, et ensemble nous boirons, et sans cesse nous sentirons cette parenté qui est un ravin qu'aucun de nous ne pourra franchir.
| Le vin de la jeunesse, John Fante.
Modifié par miss-ter 23/07/2006 à 12h27.
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à miss-ter :
: fuck-it (08/03/2011), Lila-Rose (03/07/2011)
23/07/2006, 16h26
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#20 | | Si tu savais... | L'excipit d'Un roi sans divertissement de Giono : Citation: _____ Eh bien, voilà ce qu'il dut faire. Il remonta chez lui et il tint le coup jusqu'après la soupe. Il attendit que Saucisse ait pris son tricot d'attente et que Delphine ait posé ses mains sur ses genoux. Il ouvrit, comme d'habitude, la boîte de cigares, et il sortit pour fumer. _____Seulement, ce soir-là, il ne fumait pas un cigare : il fumait une cartouche de dynamite. Ce que Delphine et Saucisse regardèrent comme d'habitude, la petite braise, le petit fanal de voiture, c'était le grésillement de la mèche. _____Et il y eut, au fond du jardin, l'énorme éclaboussement d'or qui éclaira la nuit pendant une seconde. C'était la tête de Langlois qui prenait, enfin, les dimensions de l'univers. _____Qui a dit "Un roi sans divertissement et un homme plein de misères" ? | Et ça également, toujours chez Giono : Citation: | Dans Marie Chazottes nous ne trouvons pas l’abondance de sang que nous trouvons chez Ravanel (qui fut guetté), chez Delphin (qui fut tué), mais nous trouvons la qualité du sang, le vif, le feu ; je ne veux pas parler du goût. Je n’ai, comme bien vous pensez, jamais goûté le sang de personne ; et aussi bien je dois vous dire que cette histoire n’est pas l’histoire d’un homme qui buvait, suçait, ou mangeait le sang (je n’aurais pas pris la peine, à notre époque, de vous parler d’un fait aussi banal), je ne veux pas parler du goût (qui doit être simplement salé), je veux dire qu’il est facile d’imaginer, compte tenu des cheveux très noirs, de la peau très blanche, du poivre de Marie Chazottes, d’imaginer que son sang était très beau. Je dis beau. Parlons en peintre. | Et toute les descriptions d’une nature ensanglantée / violente qui balisent cette œuvre. Surtout le mélange sang/neige. Chez Leiris, L'âge d'homme : Citation: | Il y a l’S dont la forme autant que le sifflement me rappelle, non seulement la torsion du corps près de tomber, mais la sinusoïdalité de la lame ; UI, qui vibre curieusement et s’insinue, si l’on peut dire, comme le fusement du feu ou les angles à peine mousses d’un éclair congelé ; CIDE, qui intervient enfin pour tout conlure, avec son goût acide impliquant quelque chose d’incisif et aiguisé. | Citation: | Toute ma représentation de la vie en est restée marquée : le monde, plein de chausse-trapes, n’est qu’une vaste prison ou salle de chirurgie, je ne suis sur terre que pour devenir chait à médecins, chairs à canons, chair à cercueil ; comme la promesse fallacieuse de m’emmener au cirque ou de jouer à faire la cuisine, tout ce qui peut m’arriver d’agréable en attendant n’est qu’un leurre, une façon de me dorer la pilule pour me conduire, plus sûrement, à l’abattoir où, tôt ou tard, je dois être mené. | Quelques petites phrases que j'adule, tirées du Nadja de Breton: En parlant de Nadja : "[...] elle est comme le coeur d'une fleur sans coeur". Ou Nadja, elle-même : "Je suis la pensée sur le bain dans la pièce sans glaces".
Et puis chez Gautier et Barbey d'Aurevilly, les scènes de coup de foudre d'un prêtre pour une femme et vice et versa sont pas mal (La Morte amoureuse et L'Ensorcelée).
Modifié par Nevermind 23/07/2006 à 16h30.
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