28/10/2008, 16h36
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#161 | | Musique Addict
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| La femme de Gilles , Madeleine Bourdouxhe Citation:
" De chaque image se détachait, petite abstraction douloureuse, une nouvelle parcelle de conclusion.[...] Mais ce n'étaient que des étapes. Elisa attendit un instant. Elle rassembla ses forces. Enfin elle y arriva: courageusemnent, elle s'assena en plein coeur :" Gilles ne m'aime plus."Elle chancela. [ ... ] Tu es seule devant la plus grande douleur de ta vie. [...]
Elle arriva a la cuisine, ferma la porte derriere elle, tomba agenouillée près du poêle éteint. Sa tête se soulevait, se penchait en arrière et retombait dans ses bras appuyés sur la fonte glacée, toutes les quelques secondes, sous la choc de chaque sanglot. "
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__________________ Le monde avance dans le mauvais sens. [ Indochine ] Depuis qu'il a fermé la porte de mon coeur, je dors d'insomnies. [ Astrocrash ]
Modifié par Chét' 28/10/2008 à 16h39.
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16/11/2008, 17h36
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#162 | | Allez, pars, maladie.
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| Bon je n'ai d'autre choix que de diviser mon extrait en deux ; autrement, un message d'erreur s'affiche. Citation: Antoine se retrouve étendu sur le dos, au bord de la falaise. Le ciel commence à blanchir. Est-ce la clarté de l'aube, ou bien un reflet de la lune ? Il tâche de se soulever, puis retombe ; et en claquant des dents : J'éprouve une fatigue... comme si tous mes os étaient brisés ! Pourquoi ? Ah ! C'est le Diable ! Je me souviens ; - et même il me redisait tout ce que j'ai appris chez le vieux Didyme des opinions de Xénophane, d'Héraclite, de Mélisse, d'Anaxagore, sur l'infini, la création, l'impossibilité de rien connaître ! Et j'avais cru pouvoir m'unir à Dieu ! Riant amèrement : Ah ! Démence ! Démence ! Est-ce ma faute ? La prière m'est intolérable ! J'ai le coeur plus sec qu'un rocher ! Autrefois il débordait d'amour ! ... Le sable, le matin, fumait à l'horizon comme la poussière d'un encensoir ; au coucher du soleil, des fleurs de feu s'épanouissaient sur la croix ; - et au milieu de la nuit, souvent il m'a semblé que tous les êtres et toutes les choses, recueillis dans le même silence, adoraient avec moi le Seigneur. O charme des oraisons, félicités de l'extase, présents du ciel, qu'êtes-vous devenus ! Je me rappelle un voyage que j'ai fait avec Ammon, à la recherche d'une solitude pour établir des monastères. C'était le dernier soir ; et nous pressions nos pas, en murmurant des hymnes, côte à côte, sans parler. à mesure que le soleil s'abaissait, les deux ombres de nos corps s'allongeaient comme deux obélisques grandissant toujours et qui auraient marché devant nous. Avec les morceaux de nos bâtons, çà et là nous plantions des croix pour marquer la place d'une cellule. La nuit fut lente à venir ; et des ondes noires se répandaient sur la terre qu'une immense couleur rose occupait encore le ciel. Quand j'étais un enfant, je m'amusais avec des cailloux à construire des ermitages. Ma mère, près de moi, me regardait. Elle m'aura maudit pour mon abandon, en arrachant à pleines mains ses cheveux blancs. Et son cadavre est resté étendu au milieu de la cabane, sous le toit de roseaux, entre les murs qui tombent. Par un trou, une hyène en reniflant, avance la gueule ! ... horreur ! Horreur ! Il sanglote. Non, Ammonaria ne l'aura pas quittée ! Où est-elle maintenant, Ammonaria ? Peut-être qu'au fond d'une étuve elle retire ses vêtements l'un après l'autre, d'abord le manteau, puis la ceinture, la première tunique, la seconde plus légère, tous ses colliers ; et la vapeur du cinnamome enveloppe ses membres nus. Elle se couche enfin sur la tiède mosaïque. Sa chevelure à l'entour de ses hanches fait comme une toison noire, - et suffoquant un peu dans l'atmosphère trop chaude, elle respire, la taille cambrée, les deux seins en avant. Tiens ! ... voilà ma chair qui se révolte ! Au milieu du chagrin la concupiscence me torture. Deux supplices à la fois, c'est trop ! Je ne peux plus endurer ma personne ! Il se penche et regarde le précipice. L'homme qui tomberait serait tué. Rien de plus facile, en se roulant sur le côté gauche ; c'est un mouvement à faire ! Un seul. Alors apparaît Une Vieille Femme. Antoine se relève dans un sursaut d'épouvante. - Il croit voir sa mère ressuscitée. Mais celle-ci est beaucoup plus vieille, et d'une prodigieuse maigreur. Un linceul, noué autour de sa tête, pend avec ses cheveux blancs jusqu'au bas de ses deux jambes, minces comme des béquilles. L'éclat de ses dents, couleur d'ivoire, rend plus sombre sa peau terreuse. Les orbites de ses yeux sont pleins de ténèbres, et au fond deux flammes vacillent, comme des lampes de sépulcre. Avance, dit-elle. Qui te retient ? Antoine, balbutiant : J'ai peur de commettre un péché ! Elle, reprend : Mais le roi Saül s'est tué ! Razias, un juste, s'est tué ! Sainte Pélagie d'Antioche s'est tuée ! Dommine D'Alep et ses deux filles, trois autres saintes, se sont tuées ; - et rappelle-toi tous les confesseurs qui couraient au-devant des bourreaux, par impatience de la mort. Afin d'en jouir plus vite, les vierges de Milet s'étranglaient avec leurs cordons. Le philosophe Hégésias, à Syracuse, la prêchait si bien qu'on désertait les lupanars pour s'aller pendre dans les champs. Les patriciens de Rome se la procurent comme débauche. Antoine. Oui, c'est un amour qui est fort ! Beaucoup d'anachorètes y succombent. La Vieille. Faire une chose qui vous égale à Dieu, pense donc ! Il t'a créé, tu vas détruire son oeuvre, toi, par ton courage, librement ! La jouissance d'Erostrate n'était pas supérieure. Et puis, ton corps s'est assez moqué de ton âme pour que tu t'en venges à la fin. Tu ne souffriras pas. Ce sera vite terminé. Que crains-tu ? Un large trou noir ! Il est vide, peut-être ? |
__________________ Songe : mensonge ou message ? Gémissant mais sage, je sème en son jeu ces jets mi-sangs mi-songes.
Modifié par Amarcord 16/11/2008 à 17h54.
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16/11/2008, 17h44
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#163 | | Allez, pars, maladie.
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| Citation: Antoine écoute sans répondre ; - et de l'autre côté paraît : Une Autre Femme jeune et belle, merveilleusement. - Il la prend d'abord pour Ammonaria. Mais elle est plus grande, blonde comme le miel, très grasse, avec du fard sur les joues et des roses sur la tête. Sa longue robe chargée de paillettes a des miroitements métalliques ; ses lèvres charnues paraissent sanguinolentes, et ses paupières un peu lourdes sont tellement noyées de langueur qu'on la dirait aveugle. Elle murmure : Vis donc, jouis donc ! Salomon recommande la joie ! Va comme ton coeur te mène et selon le désir de tes yeux ! Antoine. Quelle joie trouver ? Mon coeur est las, mes yeux sont troubles ! Elle, reprend : Gagne le faubourg de Racotis, pousse une porte peinte en bleu ; et quand tu seras dans l'atrium où murmure un jet d'eau, une femme se présentera - en péplos de soie blanche lamé d'or, les cheveux dénoués, le rire pareil au claquement des crotales. Elle est habile. Tu goûteras dans sa caresse l'orgueil d'une initiation et l'apaisement d'un besoin. Tu ne connais pas, non plus, le trouble des adultères, les escalades, les enlèvements, la joie de voir toute nue celle qu'on respectait habillée. As-tu serré contre ta poitrine une vierge qui t'aimait ? Te rappelles-tu les abandons de sa pudeur, et ses remords qui s'en allaient sous un flux de larmes douces ! Tu peux, n'est-ce pas, vous apercevoir marchant dans les bois sous la lumière de la lune ? à la pression de vos mains jointes un frémissement vous parcourt ; vos yeux rapprochés épanchent de l'un à l'autre comme des ondes immatérielles, et votre coeur s'emplit ; il éclate ; c'est un suave tourbillon, une ivresse débordante... La Vieille. On n'a pas besoin de posséder les joies pour en sentir l'amertume ! Rien qu'à les voir de loin, le dégoût vous en prend. Tu dois être fatigué par la monotonie des mêmes actions, la durée des jours, la laideur du monde, la bêtise du soleil ! Antoine. Oh ! Oui, tout ce qu'il éclaire me déplaît ! La Jeune. Ermite ! Ermite ! Tu trouveras des diamants entre les cailloux, des fontaines sous le sable, une délectation dans les hasards que tu méprises ; et même il y a des endroits de la terre si beaux qu'on a envie de la serrer contre son coeur. La Vieille. Chaque soir, en t'endormant sur elle, tu espères que bientôt elle te recouvrira ! La Jeune. Cependant, tu crois à la résurrection de la chair, qui est le transport de la vie dans l'éternité ! La Vieille, pendant qu'elle parlait, s'est encore décharnée ; et au-dessus de son crâne, qui n'a plus de cheveux, une chauve-souris fait des cercles dans l'air. La jeune est devenue plus grasse. Sa robe chatoie, ses narines battent, ses yeux roulent moelleusement. La Première dit, en ouvrant les bras : Viens, je suis la consolation, le repos, l'oubli, l'éternelle sérénité ! Et La Seconde, en offrant ses seins : Je suis l'endormeuse, la joie, la vie, le bonheur inépuisable ! Antoine tourne les talons pour s'enfuir. Chacune lui met la main sur l'épaule. Le linceul s'écarte, et découvre le squelette de la Mort. La robe se fend et laisse voir le corps entier de la Luxure, qui a la taille mince avec la croupe énorme et de grands cheveux ondés s'envolant par le bout. Antoine reste immobile entre les deux, les considérant. La Mort, lui dit : Tout de suite ou tout à l'heure, qu'importe ! Tu m'appartiens, comme les soleils, les peuples, les villes, les rois, la neige des monts, l'herbe des champs. Je vole plus haut que l'épervier, je cours plus vite que la gazelle, j'atteins même l'espérance, j'ai vaincu le fils de Dieu ! La Luxure. Ne résiste pas ; je suis l'omnipotente ! Les forêts retentissent de mes soupirs, les flots sont remués par mes agitations. La vertu, le courage, la piété se dissolvent au parfum de ma bouche. J'accompagne l'homme pendant tous les pas qu'il fait, - et au seuil du tombeau il se retourne vers moi ! La Mort. Je te découvrirai ce que tu tâchais de saisir, à la lueur des flambeaux, sur la face des morts, - ou quand tu vagabondais au delà des pyramides, dans ces grands sables composés de débris humains. De temps à autre, un fragment de crâne roulait sous ta sandale. Tu prenais de la poussière, tu la faisais couler entre tes doigts ; et ta pensée, confondue avec elle, s'abîmait dans le néant. La Luxure. Mon gouffre est plus profond ! Des marbres ont inspiré d'obscènes amours. On se précipite à des rencontres qui effrayent. On rive des chaînes que l'on maudit. D'où vient l'ensorcellement des courtisanes, l'extravagance des rêves, l'immensité de ma tristesse ? La Mort. Mon ironie dépasse toutes les autres ! Il y a des convulsions de plaisir aux funérailles des rois, à l'extermination d'un peuple ; - et on fait la guerre avec de la musique, des panaches, des drapeaux, des harnais d'or, un déploiement de cérémonie pour me rendre plus d'hommages. La Luxure. Ma colère vaut la tienne. Je hurle, je mords. J'ai des sueurs d'agonisant et des aspects de cadavre. | Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine. Une oeuvre GIGANTESQUE en passant, l'oeuvre de toute [sa] vie, comme il le disait si bien, d'une beauté et d'une poésie déconcertantes. Dommage qu'il n'ait pas retenu plus d'attention que ça, que ce soit à l'époque de sa publication ou même de nos jours.
__________________ Songe : mensonge ou message ? Gémissant mais sage, je sème en son jeu ces jets mi-sangs mi-songes.
Modifié par Amarcord 16/11/2008 à 18h00.
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27/06/2009, 11h59
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#164 | | Des étoiles au plafond
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| " On me fit entrer dans une des plus grandes maisons de tissus de luxe de Paris. J'y étais magasinier. Entre les soieries et les cartons poussiéreux, j'appris à mesurer, couper, plier les commandes. Je regardais les anciens avec leurs visages marqués par la monotonie de leur travail. Je me jurais de ne pas m'eterniser dans ce genre de vie terne et sans surprises. Je ne voulais pas devenir comme eux. Parfois nous recevions la visite d'une actrice célèbre, qui venait choisir elle-même son tissu, accompagnée de sa couturière. C'est comme cela que j'aperçus Za-Za Gabor la magnifique. Toute la direction était à ses pieds. Cela fut ma première leçon: si tu vis dans l'ombre, tu n'approcheras jamais le soleil. Je ne risquais pas d'être remarqué, dans mon coin avec ma blouse grise! Un jour, on me demanda d'aller livrer un paquet à l'hôtel Ritz qui n'était qu'à cent mètres du magasin. Quand on me dit que c'était pour Audrey Hepburn mon coeur s'embrasa. Comme tous les mômes de mon âge, j'en étais tombé amoureux depuis que j'avais vu pour la énième fois son film Vacances romaines. On me fit monter par l'escalier de service et, à ma grande déception, je ne pus lui remettre moi-même le colis. Cela fut ma deuxième leçon: il ne faut pas prendre l'escalier de service.
Il m'arrivait de me présenter dix minutes en retard à mon travail. Le sous-directeur de la société m'attendait devant la porte, regardant sa montre, avec toujours la même réflexion dans la gueule:
- Alors! Quelle excuse avez-vous aujourd'hui? Le réveil qui n'a pas sonné ou le métro en panne?
J'avais une folle envie de lui dire "merde" et que le fait que je coupe mon tissu dix minutes en retard n'allait pas changer la face du monde. A chaque fois il me faisait venir dans son bureau et perdait une bonne demi-heure à m'expliquer les bienfaits de l'exactitude dans une entreprise. De mon côté, je lui répondais que très souvent je faisais des heures supplémentaires qui ne m'étaient que très rarement payées. J'appris donc une troisième leçon: celui qui est en bas de l'échelle est né pour se faire engueuler tout le long de son existence. Un an de ce régime et ce qui devait arriver arriva.[...] J.Mesrine L'instinct de mort
__________________ Que sont nos rêves devenus ? |
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09/09/2009, 15h59
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#165 | | Pute borgne
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| Je déterre ce superbe topic.
" [...] Raconte ta mère à leur calme manière, sifflote un peu pour croire que tout ne va pas si mal que ça, et surtout souris, n'oublie pas de sourire. Souris pour escroquer ton désespoir, souris pour continuer de vivre, souris dans ta glace et devant les gens, et même devant cette page. Souris avec ton deuil plus haletant qu'une peur. Souris pour croire que rien n'importe, souris pour te forcer à feindre de vivre, souris sous l'épée suspendue de la mort de ta mère, souris toute ta vie à en crever et jusqu'à ce que tu en crèves de ce permanent sourire."
(Le livre de mère, Albert Cohen) |
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22/09/2009, 15h48
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#166 | | Bookaholic
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| A chaque fois que je commence un nouvel Amélie Nothomb, je note toujours tout un tas de passages...
"J'ignore ce qu'est la réussite d'une histoire d'amour, mais je sais ceci: il n'y a pas d'echec amoureux. Ceci est une contradiction dans les termes. Eprouver l'amour est déjà un tel triomphe que l'on pourrait se demander pourquoi l'on veut davantage." Le Voyage d'Hiver, Amélie Nothomb.
__________________ "Il est des prisons pires que les mots". C.R.Zafon |
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: Beeswax (05/12/2010)
17/10/2009, 05h10
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#167 |
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| J'écris : j'écris parce que nous avons vécu ensemble, parce que j'ai été un parmi eux, ombre au milieu de leurs ombres, corps près de leur corps ; j'écris parce qu'ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l'écriture : leur souvenir est mort à l'écriture : l'écriture et le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie. “Je n'ai pas de souvenirs d'enfance” : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps. W ou le souvenir d'enfance,Perec Une couche de vase couvrait encore la terre, mais, ici et là, s'épanouissaient déjà de petites fleurs bleues. Les fleurs bleues, Queneau |
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17/10/2009, 13h26
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#168 | | Avaleuse de livres
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197 Big Up ! reçus dans 63 posts
| " Une seconde, il gouta la pression tendre des lèvres entrouvertes, une seconde, il eut tout contre lui le corps drapé de soie resplendissante et déjà il était seul, déjà il s'éloignait, elle souriait de loin, un peu triste, elle se consolerait vite, on le voyait aux coins déjà relevés de ses yeux jaunes- il quittait la pièce, rester était impossible. " Le Rappel, Boris VIAN |
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22/10/2009, 11h19
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#169 | | Quiétude
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| "Parfois, se souvint Shirley, il me pinçait l'intérieur de la cuisse, ça me faisait un bleu, j'aimais cette douleur, j'aimais cette couleur, que je gardais comme une trace de lui, une preuve de ces instants où j'aurais pu accepter de mourir parce que je savais que ce qui suivrait ne pourrait être que du fade, du rien du tout, de la respiration artificielle."
Katherine Pancol, La valse lente des tortues
Ce passage m'a marquée car j'aurais presque pu l'écrire, c'est exactement ce que je ressen(tai)s.
__________________ "Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été." |
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3 Filles ont envoyé un Big up ! à Melody Nelson :
: Epidaure (03/11/2009), Honey. (02/11/2009), Isily (21/12/2010)
02/11/2009, 14h58
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#170 | | Exiger, c'est donner.
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| J'ai envie d'être romantique aujourd'hui : "Je vais partir, dit-il. Et je veux que tu saches que je reviendrai. Je t'aime parce que...
- Ne dis rien, interrompit Fatima. On aime parce qu'on aime. Il n'y aucune raison pour aimer."
Mais lui, pourtant, reprit :
"Je t'aime parce que j'ai fait un rêve, puis j'ai rencontré un roi, j'ai vendu des cristaux, puis j'ai traversé le désert, les clans sont entrés en guerre, et je suis venu près d'un puits pour savoir où habitait un Alchimiste. Je t'aime parce que tout l'Univers a conspiré à me faire arriver jusqu'à toi." Il s'étreignirent. C'était la première fois que leurs corps se touchaient. [...] "Tu pleures ?
- Je suis une femme du désert, répondit-elle, cachant son visage. Mais, avant tout, je suis une femme." L'Alchimiste de Paulo Coelho. |
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02/11/2009, 21h17
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#171 | | ¡Penistration Crew!
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| Très chouette topic ! Je suis un peu addict aux carnets de citations (de livres, de films ou de chansons), donc forcément j'aime.
Alors un peu en vrac, coups de coeur récents :
"ça cogne dans mon sang comme des orages de désir"
"Mon amour mon nombre d'or
Beau ramoneur de ma brume
Beau maraudeur de ma nue
Noue en bordure de ma demeure
un bandeau brodé d'aurore"
- Georges Pérec, Beaux présents belles absentes
"He smiled sadly, toying in imagination with happy illusions."
- Andrey Kurkov, Death and the Penguin
"all that came before now was just a warm-up for real life"
- N. Frank Daniels, Futureproof
"Au fond, un grand amour c'est une habitude dont on raffole. Un accident régulièrement sublime."
- Alexandre Jardin, Mademoiselle Liberté
__________________
Bite-up et déspespéros. |
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: Shanty (21/01/2010)
02/11/2009, 21h22
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#172 | | Guest
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| Je ne note jamais les phrases que j'aime dans un livre, mais ça, je sais pas pourquoi, c'est resté. Je trouve ça très beau; c'est dans le Blé en Herbe, Colette parle de la dramatique et nécessaire ivresse d'une première aventure. | |
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: Ciel (15/03/2010)
07/11/2009, 13h32
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#173 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Citation:
Posté par *Poops* J'ai envie d'être romantique aujourd'hui : "Je vais partir, dit-il. Et je veux que tu saches que je reviendrai. Je t'aime parce que...
- Ne dis rien, interrompit Fatima. On aime parce qu'on aime. Il n'y aucune raison pour aimer."
Mais lui, pourtant, reprit :
"Je t'aime parce que j'ai fait un rêve, puis j'ai rencontré un roi, j'ai vendu des cristaux, puis j'ai traversé le désert, les clans sont entrés en guerre, et je suis venu près d'un puits pour savoir où habitait un Alchimiste. Je t'aime parce que tout l'Univers a conspiré à me faire arriver jusqu'à toi." Il s'étreignirent. C'était la première fois que leurs corps se touchaient. [...] "Tu pleures ?
- Je suis une femme du désert, répondit-elle, cachant son visage. Mais, avant tout, je suis une femme." L'Alchimiste de Paulo Coelho. | J'ai une grosse partie des livres de Coelho, qui est un auteur que j'aime beaucoup. (il serait plus juste de dire que j'adore sa conception du monde et du vivant, et que ses textes me font vibrer).
Mais je lui reconnais ce défaut : Coelho est bourré de préjugés sur ce que vivent et ressentent, selon lui, les personnes de sexe féminin.
Et c'est assez triste car la majorité de ses livres ont pour personnage principal... une héroïne. Je pense à Le démon et mademoiselle Prym, Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré, et bien sûr à Véronika décide de mourir et Onze minutes, véhicules de stéréotypes sociaux-culturels relatifs au genre féminin.
On va dire qu'il est excusé, notamment parce qu'il est dans le romanesque et non dans le documentaire (: et heureusement ça ne résume pas son Œuvre.
-
"Ne dis rien, interrompit Fatima. On aime parce qu'on aime. Il n'y aucune raison pour aimer." est une très belle phrase (avec laquelle je suis très d'accord). | |
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11/11/2009, 19h19
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#174 | | en construction...
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| Se résoudre aux adieux de Philippe Besson
Mais aimer, ce n'est pas s'installer une fois pour toutes au sommet de ses certitudes. C'est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l'habitude ne s'insinve et nous tue, ou pire : nous anésthésie. Ne pas croire que plus rien ne reste à faire mais au contraire séduire, séduire encore.
Aimer, ce n'est pas gagner à tous les coups. C'est prendre des risques, faire des partis incertains, connaitre la frayeur de perdre sa mise pour mieux savourer le frisson de la douleur.
Aimer, ce n'est pas emprunter des routes toutes tracées et balises. C'est avancer en funambule au-dessus de précipices et savoir qu'il y a quelqu'un au bout qui dit d'une voix douce et calme : avance, continue d'avancer, n'aie pas peur, tu vas y arriver, je suis là. La Part de l'autre d'E. E. Schmitt
Qu'est-ce qu'un monstre ? Un homme qui fait le mal à répétition.
A-t-il conscience de faire le mal ? Non, la plupart du temps. Parfois oui, mais cette conscience ne le change pas. Car le monstre se justifie à ses yeux en se disant qu'il n'a jamais souhaité la mal. C'est juste un accident de parcours.
Alors que tant de mal se fait sur cette planète, personne n'aspire au mal. Nul n'est méchant volontairement, même le plus grand rompeur de promesses, le pire des assassins ou le dictateur le plus sanguinaire. Chacun croit agir bien, en tout cas en fonction de ce qu'il appelle le bien, et si ce bien s'avère ne pas être le bien des autres, s'il provoque douleur, chagrin et ruine, c'est par voie de conséquance, cela n'a pas été voulu. Tous les salauds ont les mains propres. La caverne des elephants de Roland Smith
Lis à travers les lignes. Intéresse-toi au non-dit, aux espaces blancs. Ce sont parfois des choses que nous ne voyons pas, celles que nous n'entendons pas qui sont les plus importantes. Ecoute attentivement ce que disent les gens, ensuite essaie d'imaginer ce qu'ils ne disent pas, et demande-toi pourquoi ils ne le disent pas. La Joueuse de go de Sa Shan
- Comment sait-on si l'on est amoureux ? Que ressent-on ?
- D'abord, tu oublies le monde autour de toi. Ta famille, tes amis deviennent invisibles. Jour et nuit, tu ne penses qu'à un homme. Quand tu le vois, il emplit tes yeux de lumières. Quand tu ne le vois pas, son image te ronge le coeur. A chaque instant, tu te demandes ce qu'il fait, où il est. Tu lui inventes une vie, tu vis pour lui : tes yeux regardent pour lui, tes oreilles écoutent pour lui...
[...]
- Dans cette première étape, chacun ignore le sentiment de l'autre. C'est le moment le plus poignant. Puis ils s'ouvrent leur coeur et connaissent, un bref instant, le bonheur insensé. Magnus de Sylvie Germain
"I have a dream". Les rêves sont faits pour entrer dans la réalité, en s'y engouffrant avec brutalité, si besoin est. Ils sont faits pour y réinsuffler de l'énergie, de la lumière, de l'inédit, quand elle s'embourbe dans la médiocrité, dans la laideur et la bêtise.
Des extraits de livre qui m'ont touché... l'amour, l'écoute, le bien, la vie, les rêves... des thèmes chers à mes lecture.
__________________ Le feu court sur le chemin de ma vie
Je voudrais brûler de vivre
mais le feu détruit ma vie. |
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14/11/2009, 22h02
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#175 | | Sur la nuit du monde.
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| Une réflexion qui ouvre L'eau et les rêves de Gaston Bachelard, et qui trouve une résonance particulière en moi :
"Les forces imaginantes de notre esprit se développent sur deux axes très différents.
Les unes trouvent leur essor devant la nouveauté ; elles s'amusent du pittoresque, de la variété, de l'événement inattendu. L'imagination qu'elles animent a toujours un printemps à décrire. Dans la nature, loin de nous, déjà vivantes, elles produisent des fleurs.
Les autres forces imaginantes creusent le fond de l'être ; elles veulent trouver dans l'être, à la fois, le primitif et l'éternel. Elles dominent 'la saison et l'histoire. Dans la nature, en nous et hors de nous, elles produisent des germes ; des germes où la forme est enfoncée dans une substance, où la forme est interne."
__________________ Polarhulle spirit. Who knew the Voodoo you'd do ? |
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: Unsa' (15/11/2009)
15/11/2009, 01h27
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#176 | | Guest
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| J'aime beaucoup ce topic, et me voici parti a l'assaut des pages cornées dans les livres lus récemment. Kundera - L’insoutenable légèreté de l’être. Teresa est amoureuse de Tomas. Tomas la trompe régulièrement avec des maitresses diverses. Elle le sait.
Qu’est ce que la coquetterie ? On pourrait dire que c’est un comportement qui doit suggérer que le rapprochement sexuel est possible, sans que cette éventualité puisse être perçue comme une certitude. Autrement dit : la coquetterie est une promesse non garantie de coït.
Tereza est debout derrière le comptoir du bar et les clients auxquels elle sert des alcools lui font des avances. Trouve-t-elle déplaisant cet assaut continuel de compliments, de sous-entendus, d’histoires grivoises, d’invites, de sourires et de regards ? Pas du tout. Elle éprouve un insurmontable désir d’offrir son corps (ce corps étranger qu’elle voudrait chasser au loin), de l’offrir à ce ressac.
Tomas essaie sans cesse de la persuader que l’amour et l’acte d’amour sont deux mondes différents. Elle refusait de l’admettre. A présent, elle est entourée d’hommes qui ne lui inspirent pas la moindre sympathie. Quel effet ça lui ferait de coucher avec eux ? Elle a envie d’essayer, du moins sous la forme de cette promesse non garantie qu’est la coquetterie.
Qu’on ne s’y trompe pas : elle ne cherche pas à se venger de Tomas. Elle cherche une issue pour sortir du labyrinthe. Elle sait qu’elle lui pèse : elle prend les choses trop au sérieux, elle tourne tout au tragique, elle ne parvient pasà comprendre la légèreté de la joyeuse futilité de l’amour physique : elle voudrait apprendre la légèreté ! elle voudrait qu’on lui apprenne à ne plus être anachronique. | |
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15/11/2009, 11h29
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#177 | | Guest
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| Une réflexion de Dona Musique dans Le Soulier de Satin de Paul Claudel , Troisième journée, Scène 1 : " Quand on ne peut plus faire un pas sans trouver de toutes parts des barrières et des coupures, quand on ne peut plus se servir de la parole que pour se disputer, alors pourquoi ne pas s'apercevoir qu'à travers le chaos il y a une mer invisible à notre disposition ?
Celui qu'il ne sait pas parler qu'il chante ! " | |
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15/11/2009, 12h03
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#178 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Citation:
Posté par Albertine Une réflexion de Dona Musique dans Le Soulier de Satin de Paul Claudel , Troisième journée, Scène 1 : " Quand on ne peut plus faire un pas sans trouver de toutes parts des barrières et des coupures, quand on ne peut plus se servir de la parole que pour se disputer, alors pourquoi ne pas s'apercevoir qu'à travers le chaos il y a une mer invisible à notre disposition ?
Celui qu'il ne sait pas parler qu'il chante ! " | c'est très beau | |
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15/11/2009, 12h09
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#179 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Citation:
Posté par Je suis Léo c'est très beau | Non mais ce texte est hermétique, complexe mais sans même avoir la possibilité d'en saisir la densité, on en retient la poésie. | |
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15/11/2009, 20h21
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#180 | | Bookaholic
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