14/11/2007, 20h08
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#121 | | gloutonnise.
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| Citation:
- J'ai entendu. Et ce n'est pas que je n'ai pas envie de répondre. Mais c'est si difficile de se souvenir. Je ré...réfléchis pas beaucoup à ces choses-là. Pas comme tu le fais. Elles me sortent de la tête comme des rêves. Je suis sûre que c'est l'attitude n...n...normale.
- C'est peut-être normal, chérie. Mais j'aime mieux ce qui est naturel.
| Truman Capote, Petit déjeuner chez Tiffany. Citation: |
Aussi, quand elle admirait un tableau désormais, elle ne pensait plus 'ah si Jean voyait ce que je vois'. Elle oubliait Jean pour devenir en Lali l'oeuvre d'art qu'elle contemplait, ainsi que tous les Goya qu'elle avait vus avec Jean revenaient à sa mémoire, comme filtrés par la transparence si vite ombragée de son amour pour Lali. Peu importait alors que Lali fût loin puisqu'elle était partout en elle, joignant son désespoir anonyme à ce chien de Goya s'enlisant dans un trou et dont on ne voyait que la tête, pendant que son regard implore l'invisible bourreau dans une lucidité insoutenable. Tout ce que Geneviève voyait en réalité ou en souvenir ne la remplissait pas que de la douceur d'avoir saisi ce qui est beau, mais de l'inquiétude aussi d'aimer ce qui, comme le chien avalé par la mort, est sujet à toutes les violences de Dieu et de la terre, et surtout Lali qui venait de lui livrer ses premiers secrets de victime avec ses secrets d'amante.
| Citation: |
Mais Geneviève pensait que l'art seul, en ce monde, nous permet ainsi d'investir toute notre liberté et que chacun peut reconnaitre là que sa douleur à lui est aussi universelle que l'universelle conception qu'un sculpteur génial en a eue. Aucun tribunal, aucune société ne peut ici défendre même à un meurtrier d'avoir l'illusion qu'il est devenu bon au contact d'une oeuvre belle, car cet espoir n'appartient qu'à lui.
| Marie-Claire Blais, Les nuits de l'Underground Citation:
Tu viens et c'est pour partir
fruits des sillages
enchevêtrés d'archipels
coque ou sabot
jeté par la vague de percale
hors du carroussel glissant
de l'aube
ton pas
ton pas te revient
ton pas t'en rendu sur le seuil
bondit par-dessus toi
arche mouvante, pillier muet.
| Citation:
Tu disais toujours 'c'est écrit'
car lorsque tu avais essayé toutes les issues
et qu'aucune ne t'avais conduit ailleurs qu'au même désert
de la même gare désafectée
le même été, le même jour du même été,
toujours le même quinze juillet s'il faut tout préciser
à présent tu chutes comme un nourisson
dans un ciel échoué là pour te capturer
Au moment où tu croyais signé de ton nom ce qui était écrit
au moment où tu t'apprétais à exulter avec les arbres
dans leurs enclos interdits aux chiens
cette part de feu réchappée de ton nom
appelle et te capture.
| Citation:
L'eau se froisse à la surface du ciel échoué là,
dans l'enclos frémissant où sont gardés les arbres
La part du feu qui baillait dans l'ombre de ta naissance
fulgure,
et tu chutes, ah si tu l'avais su avant,
ce que c'est
que de chuter ainsi du haut de la tête,
que de chuter par le dedans,
chuter sans souffle, sans battement,
virer, planer, dormir, enfin !
lentement chuter sans fil, sans filet
dans le seul glissement de la chute
dans son murmure, son suintement,
son plaisir.
| Suzanne Jacob, La part du feu.
__________________ ''- C'est peut-être normal, chérie. Mais j'aime mieux ce qui est naturel.''
Modifié par Creamm 22/11/2007 à 15h57.
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22/11/2007, 16h12
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#122 | | gloutonnise.
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| Citation:
Legs
Je n'existe plus ni à l'est ni à l'ouest
Des étrangers me respirent sur des civières
Je voudrais rapatrier mon coeur en ma terre
mais je n'existe plus qu'en filigrane d'une histoire
que d'autres racontent à travers ma bouche
J'aurais pourtant aimé poser mes ancres sur ces lèvres sur ces cuisses
et tatouer mon cuir sur ces peaux
peser ma trampe sur cette balance
comme un veau à l'encan
dans le legs des familles
| Marie-Hélène Montpetit, Dans le tabou des arbres Citation: |
Il comprit surtout la très grande différence entre deux types de révolutionnaires : ceux qui pouvaient plier bagage, partir, s'installer ailleurs et ceux qui n'avaient pas ce choix.
| Citation: |
Tout à l'heure, quand je me sentais encore présent dans cette salle, une indignation durcie, tranchante déchirait en moi des cordes que je croyais depuis longtemps enrobés d'indifférence. Je détestais cette brochette de 'bureaucrates internationaux' assis au premier rang après avoir passé une semaine à palabrer et à bouffer dans un hôtel de luxe. Je me disais ce qu'il m'arrivait d'exprimer vingt ans auparavant combien d'enfants pourraient être sauvés pour le prix d'un seul costume que porte chacun de ces gros nègres ? Je détestais les intellectuels-danseuses qui au lieu de se révolter jouaient pour ces spectateurs blasés un numéro sur l''Afrique-aphrodisiaque'. On débitait ce continent comme sur une lointaine photo que j'avais vue, enfant, dans un livre : un éléphant dépecé. Sa tête, ta trompe, le tronc, les pattes...Chacun avait sa part ce soir. Les bureaucrates, les intellectuels, le public, qui faute de mieux, riait aux quolibets de ces histrions. Et même cette organisatrice aux mèches couleur bettrave, celle qui avait su tailler sa part de chair, le corps de ce jeune Congolais...
| Andrei Makine, L'amour humain. Citation: |
Etre normal ne veut pas dire que vous être sain et naturel, mais simplement que vous ne déviez pas de l'anomalie courante. Dans leur immense majorité, les gens sont névrosés, pathlogiques. Pourquoi vous comparez à eux et essayer de leur ressembler ? En vous adaptant à une société malade, vous serez malade.
| Rajneesh.
__________________ ''- C'est peut-être normal, chérie. Mais j'aime mieux ce qui est naturel.''
Modifié par Creamm 22/07/2008 à 03h41.
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30/12/2007, 15h25
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#123 |
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| Ma petite contribution a ce topic ^^ Fanatique de citations également et toute nouvelle dans cet univers je m'en vais apporter ma petite contribution a cet endroit que j'adore déjà ^^ Merci pour tous ces jolis mots !
Pour aujourd'hui ce sera uniquement des citations de "Corps étranger" de Didier Van Cowelaert
Depuis que j'avais renoncé à faire quelque chose de ma vie, je me contentais d'être quelqu'un. Autrement dit, je renvoyais l'image que l'on m'avait collée; c'était sans intérêt, sinon sans avantages et il avait fallu un drame pour redonner un sens à la position enviée qui me tenait lieu d'existence.
Je ne dirais pas que le temps s'est arrêté, ce vendredi soir. Il avait déjà cessé d'avancer pour moi, six mois plus tôt quand une Renault Espace avait percuté la deux-chevaux blanches. Qu'allait-il me rester , maintenant que le seul amour de ma vie avait résilié son sursis ? Que faire sans son parfum, ses cheveux que je coupais à chaque lune montante, la caresse de mes mains sur son front, ses épaules, ma joue posée contre son sein par-dessus le drap où courait le nom de la clinique? Que faire sans sa belle au bois dormant? J'interrogeais le reflet mal fini qui me dévisageait dans le miroir de la salle de bain. Maintenant, ma présence sur terre avait perdu sa justification. Je n'avais plus qu'a me faire couler un bain rempli de mousse, par égard pour la femme de chambre qui me retrouverait, les poignets entaillés. Ou enjamber la balustrade. Ou louer une voiture pour aller me jeter d'une corniche. Mais à quoi bon? Moralement, j'étais déjà mort. Plus rien n'avait d'urgence.
Je vais crever sans toi, je le sais, à feu doux; continuer d'attacher, me laisser réduire tant qu'il y a quelque chose à brûler.
J'ai beau avoir derrière moi un apprentissage de six mois, je ne m'y fais pas, Dominique, je ne m'y ferais jamais. Je t'aime où que tu sois. Et tant pis si je t'empêche de m'oublier, si je t'empêche de partir à ta guise vers des mondes inconnus, tant pis si je te gâche la mort comme je t'ai compliqué la vie, je m'en fou: j'ai toujours été égoïste et c'était pour toi.
Je n'ai jamais soupçonné une seconde que tu t'entraînais à te passer de moi.
Et les larmes qui s'étaient refusées toute la journée inondent mes joues.
Une tristesse brutale, un creux dans la poitrine détournent mon regard vers le lit que je n'ai jamais refait. Les draps lilas de Dominique sont restés en l'état, froissés dans les plis de sa dernière nuit avant l'accident, son parfum de vanille imprègne encore un peu l'oreiller où j'enfouis mon nez chaque soir, à genoux sur le Maison et Jardin de septembre qu'elle avait laissé ouvert à la page des cyclamens, et je dors sur le canapé du salon pour éviter que son odeur ne remplace la mienne. Je triche, évidemment. Une fois par semaine, je vaporise un peu de son Ester Lauder. A la parfumerie, on m'a dit que la gamme Youth Dew s'arrêterait bientôt. Je vais stocker. Bien sur, tous mes efforts, tous mes refus sont dérisoires, mais seuls des gestes de ce genre peuvent encore me donner envie de m'attarder sur terre. Le ridicule ne tue pas; il conserve.
Je repense au moment où j'ai voulu mourir, vraiment, au retour de Tanger, pendant cinq bonnes minutes. Non, pas pour te rejoindre (si tu survis au delà, ce genre de précipitation est inutile et le bénéfice du doute suffit à tuer le temps) mais pour ne plus exister sans toi, ne pas jouer des prolongations dont l'issue m'indiffère.
Le jour où boire et fumer n'existeront plus, on lira sur les murs « Vivre est dangereux pour la santé », avec le numéro de la loi qui le décrète.
Voir remis à flot cet homme aussi naufragé que moi est la pire des choses qui pouvait m'arriver. J'ai perdu mon ancre, j'ai perdu mes repères et je dérive sans déranger personne: tout concourt à me pousser vers le large. Tout justifie les distances, les libertés que je devrais prendre.
A ma façon, je cherche des signes dans les moindres hasards, je me rend compte, au moment où j'ai renoncé, que j'avais vraiment envie de commencer une autre histoire.
C'est bon de constater comme la vie reprend le dessus, quels que soient la profondeur d'un chagrin et le dérisoire des circonstances qui permettent de l'oublier un temps.
Pourtant, je le sais , on avance bien plus toutes les fois où on l'on s'écoeure que toutes ces fois ou l'on s'estime.
L'avantage des lettres c'est que si je vous ennuie vous pouvez sauter une page sans me faire de peine.
J'ai souvent envie d'être vieille. D'avoir moi aussi mes souvenirs de bonheur à l'abri entre quatre murs de passage. Quatre murs ou deux cent pages...
Il est trois heures du matin, je suis confuse comme pas deux, mais c'est le seul moment où j'arrive à être plus sincère que timide. Alors tant pis si mes phrases boitent, au moins, elles vont où je veux.
On n'échappe pas à ce qu'on représente. Je ne suis rien d'autre que ce que les gens me renvoient. Ma nature profonde, c'est leur regard, c'est le reflet qu'ils m'imposent et la solitude par laquelle j'ai pensé m'y soustraire n'était qu'une manière de fermer les yeux.
Qui peut dire si l'on ne maintient pas en vie la conscience de ceux qu'on a aimés en reproduisant leurs gestes, en reprenant leur tics, en vaporisant leur odeur?
Des dents à mordre la vie. Mordons; l'appétit viendra peut-être.
A la fois moins à l'aise et plus sure de moi, on sent bien que j'ai des choses à dire et que personne ne s'y intéresse et que j'en ais pris le pli. J'aurais tellement besoin d'une présence qui me comprenne. De quelqu'un pour qui me battre. Je vis sans. Je fais avec. Et tout cela se traduit en silence pour ne pas déranger les gens, ni gâcher les quelques illusions qu'il me restent quant à l'avenir auquel je me croyais destiné.
La seule concentration que m'autorise le niveau sonore vise à défendre la chaise en face de moi que les tablées voisines essaient de m'enlever sournoisement toutes les deux minutes.
Je suis tellement content d'avoir pu susciter encore autant d'émotion, autant d'espoir et de sursaut par un simple assemblage de phrases, moi qui me croyait vitrifié dans une douleur égoïste.
Elle relève le regard, comme une dernière chance qu'elle nous donne, un dernier regret qu'elle me tend.
Je regarde cette beauté nature et joueuse; ce charme sans calcul, ces rondeurs, ces cambrures; je retrouve son écriture dans ses formes, cet appétit des mots, cette gourmandise pour tous les sentiments. Même ces failles de détresse soudaine qui s'ouvre dans sa voix comme les parenthèses de ses lettres. C'est une Martienne, et elle existe.
J'aime bien cette obstination d'enfant pendu à sa question. Ce mélange de gaminerie, de culture à tiroir et de féminité me touche plus que je ne puis le dire. J'ai peur tout à coup. Envie d'être désagréable, de mettre à l'épreuve nos sentiments, de gâcher le charme.
Elle m'observe du coin de l'oeil pendant que je mastique. Le pire est que je n'arrive pas à me sentir totalement mal à l'aise. Je ne sais pas ce qu'elle refuse en moi, j'ignore ce qui me plaît si fort en elle, sa maturité, ses éclairs d'enfance ou son corps; je ne vois pas où on va et curieusement, j'ai l'impression que ça nous rapproche.
Et on appuie nos fronts l'un contre l'autre, en souriant d'être ainsi et de penser qu'on a raison, comme si les blessures de la lucidité se soignaient par des chagrins immatures.
Paix à ceux qui cherche, paix à ceux qui sont seuls et tournent dans le vide...Car hier et demain n'existent pas: tout est aujourd'hui, tout est là, tout est présent. Ce qui est passé, se passe encore.
Et j'essaie de repasser notre soirée comme un examen que j'aurais raté.
J'ai l'impression que ses larmes coulent dans mes yeux.
Je ne réfléchissais pas. Je ne me formulais rien. Le choc s'était immédiatement résorbé dans une évidence contre les résolutions, les scrupules et les craintes ne pouvaient plus rien. Elle revenait vers moi comme je m'étais retourné contre elle, avec détresse, fierté, obstination,rejet du malentendu. Elle était là pour me surprendre à mon tour, effacer ma faute en la reproduisant. J'avais cru l'oublier; je n'ai fait que l'attendre.
Je n'ai plus peur de la perdre. Je n'ai plus peur de moi, de nous. Rien qu'une immense douceur. Plus elle m'attendrit, plus je la désire.
Mes mains réapprennent, reconnaissent, ne se lassent pas de chercher les caresses qu'elle veut, de freiner ses mouvements pour me laisser le temps de l'aimer.
Je n'ose pas te réveiller pour te dire que je pars. Je te laisse dormir encore un peu dans mon odeur. Tu m'as rendu tout ce que j'avais perdu: l'hôtel de mon enfance, l'accord avec mon corps, l'envie de changer, de sauter dans l'inconnu...Et même cette idée que le bonheur n'est pas une fin en soi, mais le meilleur des carburant. En éspérant que ça vous plait ...Je repasse bientôt 
Modifié par titezazou333 04/01/2008 à 13h00.
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30/12/2007, 17h08
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#124 | | Mélange instable
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| Citation: P.38 : « Une princesse. Vous vous comportez comme une princesse. Vous ne vous souciez pas du monde autour de vous, c’est le monde qui doit se soucier de vous. Votre seule tâche est d’exister. C’est bien ça ? ».
P.40 :
« Et si nous embrassions nous sourires ? »
P.90 :
« Avec lui, elle n’avait honte de rien, pas même de faire pipi ensemble pour éliminer les calculs, et comme pendant toute sa vie on lui avait dit qu’elle semblait débarquer de la lune, elle eut l’impression d’avoir finalement rencontré quelque un du même pays et c’était ça le chose principale de la vie, celle qui lui avait toujours manqué. »
Milena Agus, Mal de Pierres. | Citation: P.76 : « Tout être qui connaît un enfer durable ou passager peut, pour l’affronter, recourir à la technique mentale la plus gratifiante qui soit : se raconter une histoire : Le travailleur exploité s’invente prisonnier de guerre, le prisonnier de guerre s’imagine chevalier du Graal, etc. Toute misère comporte son emblème et son héroïsme. L’infortuné qui peut remplir sa poitrine d’un souffle de grandeur redresse la tête et ne se trouve à plaindre. »
P.187 :
« Elle décida de se rappeler ce qu’elle avait aimer dans la vie. Elle se repassa les musiques qu’elle préférait, l’odeur délicate des œillets, Le goût du poivre gris, le champagne, le pain frais, les beaux moments avec les êtres chers, l’air après la pluie, sa robe bleue, les meilleurs livres. C’était bien, mais cela ne lui avait pas suffit. »
Amélie Nothomb, Acide Sulfurique. |
Je vous les conseil vraiment.
__________________ _ •___________ •___________ _ Elle se développe avec indifférence. (Baudelaire) |
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Beeswax (05/12/2010)
31/12/2007, 14h18
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#125 | | Surexcitée
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| Je n'ai ni le livre ni mon carnet sous les yeux, donc j'espère que ne me trompe pas, enfin il me semble que c'est ça... " Elle avait le visage tout cartographié à force d'être centenaire "
Burgess, L'Orange mécanique
J'adore cette phrase, à peu près autant que j'adore ce livre. |
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à Electrochoc :
: Ginger. (04/10/2009), Louis (08/07/2010)
04/01/2008, 20h29
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#126 | | Poughkeepsie
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| Citation:
Plus on est heureux et moins on prête attention à son bonheur. Cela pourra sembler étrange, mais au cours de ces deux années, j'eus même parfois l'impression que je m'ennuyais. Non, je ne me rendais pas compte de mon bonheur. En aimant ma femme et en étant aimé d'elle je croyais faire comme tout le monde, cet amour me semblait un fait commun, normal, sans rien de précieux, comme l'air que l'on respire et qui n'est immense et ne devient inestimable que lorsqu'il vient à vous manquer. En ce temps là, si quelqu'un m'avait fait remarquer que j'étais heureux, je me serais récrié. Selon toute probabilité j'aurais répondu que je ne possédais pas le bonheur puisque tout en aimant ma femme et étant payé de retour, je n'avais pas la sécurité du lendemain.
Tant que j'avais cru être aimé d'Emilia,une sorte d'automatisme heureux avait présidé à notre vie commune et, dans ma conduite envers elle, seul l'épanouissement final s'illuminait à la lueur de ma conscience, tout le reste demeurant dans la pénombre d'une habitude tendre et machinale. Mais maintenant que j'étais dépouillé de l'illusion de l'amour, je prenais conscience de chacun de mes actes, même du plus insignifiant. J'offrais à boire à Emilia, je lui passais la salière, je la regardais, cessais de la regarder; chaque geste s'accompagnait d'une connaissance douloureuse, butée, impuissante, desespérée. Je me sentais gêné, troublé, paralysé, ne pouvais rien faire sans me dire : est ce bien? est ce mal? J'avais perdu toute assurance. Avec des étrangers, on peut toujours espérer retrouver la confiance perdue ; avec Emilia, il s'agissait d'une expérience passée, défunte : je n'avais plus à espérer.
| Le Mépris, Moravia Citation: |
C'est sa première rupture amoureuse, elle en souffre, mais sa douleur est moins forte que l'étonnement qu'elle éprouve à découvrir le temps ; elle le voit comme jamais elle ne l'a vu auparavant. Jusqu'alors le temps s'est montré à elle sous l'aspect du présent que avance et avale l'avenir ; elle craignait sa vitesse (lorsqu'elle attendait quelque chose de pénible) ou se révoltait contre sa lenteur (lorsqu'elle attendait quelque chose de beau). Cette fois, le temps lui apparaît tout différemment ; ce n'est plus le préent victorieux qui s'empare de l'avenir ; c'est le présent vaincu, captif, emporté par le passé. Elle voit un jeune homme qui se détache de sa vie et s'en va, à jamais, inaccessible. Hypnotisée, elle ne peut rien faire d'autre que regarder ce morceau de sa vie qui s'éloigne, elle ne peut que le regarder et souffrir. Elle éprouve une sensation nouvelle qui s'appelle nostalgie.
| C'est de Kundera, dans L'ignorance. Ce rapport au temps, c'est une sensation que j'ai eue mais jamais je n'aurais même songé à l'analyser, à ressentir pleinement une sensation floue et planante. J'admire son idée, et sa capacité à poser des mots sur des sentiments, je trouve ça juste et fidèle, j'ai l'impression d'être comprise et c'est agréable. Citation:
Aujourd'hui cette tristesse, tout en la reconnaissant comme étant celle que j'ai toujours eue, je pourrais presque lui donner mon nom tellement elle me ressemble.
Des odeurs de caramel arrivent dans la chambre, celle des cacahuètes grillées, des soupes chinoises, des viandes rôties, des herbes, du jasmin, de la poussière, de l'encens, du feu de charbon de bois (...)
Il vient. Il sent bon la cigarette anglaise, le parfum cher, il sent le miel, à force sa peau a pris l'odeur de la soie, celle fruitée du tussor de soie, celle de l'or, il est désirable.
| L'amant, de Marguerite Duras. Parce que c'est un délice.
Modifié par Myra Lee 04/01/2008 à 20h33.
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04/01/2008, 21h50
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#127 | | Amoureuse
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| c'est un extrais de "viens la que je te tue ma belle "
"Mais il me manque quelque chose,quelque chose de primordial .Quelque chose qui puisse me relever si je tombe,qui puisse me soutenir si je flanche si je perds.Une band .Des gens de mon âge qui aimeent les même chose que moi,qui sont les même choses que moi .Des gens pour qui je mourrais,et qui mouraient pour moi ."
__________________ le rock est amoure et inversement |
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06/01/2008, 13h32
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#128 | | FessebookeuZ
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| Je suis au milieu du Portrait de Dorian Gray, j'ai corné beaucoup de pages, je repasserai, donc.  (ce livre me met le cerveau en bouillie, mais qu'est ce que je l'aime!)
__________________ If you've lost your faith in love and music Oh the end won't be long
Because if it's gone for you then I too may lose it And that would be wrong... |
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08/01/2008, 18h18
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#129 | | En hibernation
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| Citation: |
On passe son temps à tuer ou à adorer en ce monde et cela tout ensemble. "Je te hais! Je t'adore!" On se défend, on s'entretient, on repasse sa vie au bipède du siècle suivant, avec frénésie, à tout prix, comme si c'était formidablement agréable de se continuer, comme si ça allait nous rendre, au bout du compte, éternels. Envie de s'embrasser malgré tout, comme on se gratte.
| Voyage au bout de la nuit, Céline.
(Je pense que je repasserai par ici, il est sympa ce topic.) |
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11/01/2008, 21h29
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#130 | | Adooore les sushis
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| Un extrait du roman de Agnès Desarthe, "Mangez-moi". Le personnage décrit ici est asexuel, et c'est aussi ce que je suis, alors je m'identifie pas mal à lui, même si c'est un garçon. En plus, je trouve que c'est très joliment dit.
"Ben m'explique très simplement, sans que j'aie besoin de l'interroger davantage, sans me faire porter la responsabilité de l'enquête, qu'il n'a pas de vie amoureuse.
- Mais sexuelle, oui?, je demande, un espoir niais dans la voix.
-Non, répond-il sans tristesse et sans joie.
-Comme un curé, alors? Comme une nonne?
-Pas vraiment, dit-il après un temps. pour moi, ce n'est pas une contrainte, ni une obligation. Ce n'est pas un sacrifice.
Il hésite un temps.
-Ce n'est pas par manque de goût, non plus, ajoute-t-il. C'est ainsi.
-Comme une malformation, alors?
J'ai beaucoup trop bu. Je dis n'importe quoi. Grossière et agressive. Mais il éclate de rire. Il est hilare, plié en deux. La délicatesse de Ben, me dis-je, est une forme de magie. Il se calme et, pédagogue, reprend son exposé.
-Je suis normal. Il n'y a pas de sexe dans ma vie, comme chez certains, il n'y a pas de littérature, ni de musique. Ces gens vivent aussi, comme nous. Ils apprécient d'autres choses, ont d'autres plaisirs. Il ne leur manque rien, puisque cette chose, pour eux, n'existe pas.
Un soulagement violent, comme après un effort interrompu sur un tempo inhumain, me dessoude et je pense : ne pas désirer, dans ce monde si contraire et si hostile, voilà la vraie liberté. Finies les attentes, finies les trahisons, les coeurs souillés, les corps coupables. Terminé le tourment et les heures gâchées dans la fabrication de pitoyables stratégies. [...]
-Mais cela, reprend Ben, [...], ne veut pas dire que je ne sache pas aimer, aimer d'un autre genre d'amour."
"-Tu ne vas pas rester toujours comme ça, lui dis-je. Ca va changer.
[...]
-Non, je ne crois pas. Je ne vais pas changer. Et je ne veux pas changer. Je ne suis pas seul. Il y en a d'autres comme moi. Plein de jeunes. Il y en a toujours eu, sauf qu'avant ça se voyait moins. Avant on n'en parlait pas, mais parce que avant, on ne parlait de rien. La proportion de puceaux sur une population adulte est constante. A quoi vous l'attribuez, vous? A la timidité? Alors c'est vrai, sur la quantité, il y a les infirmes, les fous, les malades, et puis il y a nous." |
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13/01/2008, 17h08
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#131 |
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| L'encyclopédie du savoir relatif et absolu Un livre dont je ne me lasse pas, dont j'adore chaque passage et que j'ai offert a mon homme que j'ai contaminé aussi... un de mes passages préférés :
Vaut-il mieux avoir le squelette à l'intérieur ou à l'extérieur du corps ?
Lorsque le squelette est à l'intérieur, il forme une carrosserie protectrice. La chair est à l'abri des dangers extérieurs mais elle devient flasque et presque liquide. Et lorsqu'une pointe arrive à passer malgré tout la carapace, les dégâts sont irrémédiables.
Lorsque le squelette ne forme qu'une barrière mince et rigide à l'intérieur de la masse, la chair palpitante est exposée à toutes les agressions. Les blessures sont multiples et permanentes. Mais, justement, cette faiblesse apparente force le muscle à durcir et la fibre à résister. La chair évolue.
J'ai vu des humains qui avaient forgé grâce à leur esprit des carapaces « intellectuelles » les protégeant des contrariétés. Ils semblaient plus solides que la moyenne. Ils disaient « Je m'en fous » et riaient de tout. Mais lorsqu'une contrariété arrivait à passer leur carapace, les dégâts étaient terribles.
J'ai vu des humains souffrir de la moindre contrariété, du moindre effleurement, mais leur esprit ne se fermait pas pour autant, ils restaient sensibles à tout et apprenait de chaque agression.
Moi ça me fait réfléchir ce genre de chose...pas vous ? ^^ |
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15/01/2008, 01h13
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#132 | | En hibernation
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| Extrait de l'aveu de Phèdre à Oenone dans Phèdre de Racine: " Mon mal vient de plus loin. A peine au fils d'Egée
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi;
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit tourments inévitables.
Par des voeux assidus je crus les détourner:
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l'orner.
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D'un incurable amour remèdes impuissants!
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens:
Quand ma bouche implorait le nom de la Déesse,
J'adorais Hyppolyte; et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer,
J'offrais tout à ce dieu que je n'osais nommer.
Je l'évitais partout. O comble de misère!
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père."
(Qu'est-ce que j'aime ce passage... Il me prend toujours aux tripes... Tellement d'émotions et de véracité, et quelle écriture... pfff :o) |
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17/01/2008, 19h11
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#133 | | CapeAuror
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| J'ai aussi un carnet où je note des extraits de livres donc je repasserai. J'vais en mettre deux maintenant car j'ai les livres sous la main : Citation:
On s'est quittés devant la barrière du contrôle, elle et moi. Le père était resté dans la voiture. On cherchait des mots d'adieu, on était là à se regarder bêtement dans la foule pressée, les mains dans les mains, pour retarder le moment, ou rattraper le retard. Tout ce qu'on ne s'était pas dit passait dans nos yeux, tous les malentendus, les regrets, les joies, l'essentiel et les petites choses. Et puis, au moment où il fallait vraiment que j'embarque, elle m'a demandé simplement :
- C'était beau, Irghiz ?
J'ai murmuré :
- Très.
Et nos vies sont reparties sur la promesse de rien, peut-être, mais sur le bonheur de n'avoir pas gâché l'adieu. On savait qu'on se garderait intacts, à l'abri dans notre dernière seconde où on s'était compris, et c'était bon.
J'ai embarqué, dans le flou des larmes qui allaient avec le cercueil.
| Un aller simple - Didier Van Cauwelaert Citation: |
Sous cette brume empoisonnée par leurs fatigues d'hier, des millions d'hommes s'éveillent, déjà fatigués d'aujourd'hui.
| La nuit des temps - Barjavel
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23/01/2008, 00h24
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#134 |
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| « Un coquelicot en enfer » de Xavier Pommereau Néanmoins pourrait-elle s'agiter encore longtemps comme une marionnette et mener une vie de figurante dans un film qu'elle n'avait pas choisi?
°°°°° Elle ne s'était jamais sentie aussi seule. Ces couples insouciants qui montaient ou descendaient du bus à chaque arrêt, elle les trouvait presque obscènes d'afficher leur bonheur à être ensemble. Reclue dans sa solitude et otage de ses propres démons intérieurs.
°°°°° Lucille avait le sentiment d'interpréter son rôle à la perfection. Alors que son âme en lambeau pleurait des larmes de sang, elle parvenait ainsi à rire, à plaisanter et à mentir avec une facilité déconcertante. °°°°° Son emportement l'aveuglait, elle n'aurait su dire qui, de sa mère ou de Carole, l'exaspérait le plus. L'une s'éloignait dans l'indifférence la plus totale, et l'autre forçait son intimité pour mieux la laisser choir ensuite. Toutes deux (les seuls être au monde à pouvoir deviner ses pensées) se comportaient comme des « étrangères » n'entendant plus les appels déchirants qu'elle leur adressait du fond de ses tripes. « Continuez à m'aimer, je ne peux pas me passer de vous! »croyait-elle leur crier dans cette langue du coeur qu'elles comprenaient autrefois à demi-mots. Carole et sa mère faisaient la sourde oreille, lui opposant une fin de non-recevoir. Cette incompréhension lui était insupportable. Mais au tréfonds de sa colère, Lucille menait aussi un dialogue de sourd avec une partie d'elle même qu'elle ne reconnaissait pas. C'était du reste à elle qu'elle en voulait le plus. L'adolescente exécrait ses propres faiblesses, son incapacité à nouer une relation sentimentale durable, son impossibilité à se détacher de sa mère et à lui cacher les blessures de son âme. °°°°° Je dois vous le dire franchement: ce que vous m'avez raconté ne m'a pas du tout rassuré. Vous avez banalisé un acte grave, prémédité, et me semble t-il, lié à tout autre chose qu'a une simple déception sentimentale. Je parlerais plutôt d'une profonde déception existentielle...Une écorchure intérieure, si vous voulez, à l'image de votre poignet...Et je ne vois pas comment elle va cicatriser sans aide. Vous n'êtes pas de mon avis? °°°°° Il y a les raisons que vous vous donnez et celles, plus complexes, dont vous n'avez pas encore conscience. Je préfère pour l'instant que nous laissions décanter tout ça. Quand vous vous en sentirez prête, nous ferons l'inventaire ensemble. °°°°° « Bonjour mademoiselle Gonnet, je vous attendais. Votre retard va raccourcir notre entretien d'autant. Où en sommes nous depuis la dernière fois? » Il faudrait alors dire quelque chose, n'importe quoi, pourvu que ce ne soit pas « Nulle part » ou « Je ne sais pas ». Le psychiatre refusait ce genre d'expression passe-partout qu'il qualifiait de « joker ». Au cours d'un de leurs échanges,il lui avait expliqué qu'un engagement en psychothérapie, c'est un peu comme accepter d'abattre ses cartes sur un tapis vert. Au bout du compte, il faut les jouer toutes, même les mauvaises. Et les jokers n'existent pas dans un jeu de trente-deux carte! Ajouta-t-il.
°°°°° Essayez de vous laisser aller, plutôt que de tout censurer avec votre intellect. Chez vous, la raison tente d'étouffer jusqu'à vos propre battements de coeur.
Pfff la mise en page a fait des trucs bizarres alors que j'avais rien demandé ...lol...
Bisous à tous ^^ |
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03/02/2008, 21h50
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#135 |
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| Occupée, par Laure Buisson : Citation: |
Je montai les escaliers bruyamment, quittai mes chaussures à semelles de bois au troisième et, à pas feutrés, redescendis et m'engouffrai dans ma chambre. Mon royaume. Un tout petit pays, non occupé, peuplé de mes rêves, de mes fantômes et d'un nouveau locataire, l'ennui.
| Citation: |
Dix-sept ans de paix. J'avais vécu par procuration. Heureuse? Entre se figurer heureuse et l'être, il n'y avait pas grande différence, on respirait de la même façon. Jamais je ne me posais de questions, j'avais deux certitudes : Dieu et l'amour. Ca m'avait longtemps suffi. Je sentais qu'il me faudrait bientôt choisir. Trapéziste travaillant sans filet, je ne savais pas de quel côté j'allais tomber. Les ordres ou le désordre?
| Citation: |
Dans la rue, Jacques me demanda s'il pouvait m'embrasser. Pas question. On ne sollicite pas un baiser, on l'exige, on le prend, on le vole.
| Citation: |
Mon corps était un angle. Droit quand je me tenais debout, aigu une fois assise, mort un jour sans nul doute. J'étais un angle et me voulais cercle. Mon visage était un croquis composé à l'aide d'une équerre. J'imaginais sans mal le travail de mon concepteur. Il avait tracé une croix, campé le nez au point d'intersection des deux droites, planté les yeux parfaitement symétriques, et quelques centimètres plus bas posé la bouche. Mon portrait était issu de calculs précis d'un géomètre. La tête à Toto, mais arithmétique. Zéro plus zéro égale la tête à Marie.
| Citation: |
- J'ai péché, maman. j'irai rôtir en enfer. Mais l'enfer, je le vis depuis dix-sept ans avec papa et toi dans cette vie sans odeur ni saveur que vous m'avez fabriquée. L'enfer me paraîtra vivant, j'en suis sûre. Ne t'inquiète pas pour toi, tu auras ta petite place au paradis. Et tu y retrouveras ton train-train, tes habitudes et ta petite existence sans histoire.
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07/02/2008, 23h12
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#136 | | En bad loin de tout...
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| Deux extraits qui m'ont particulièrement frappée récemment : Avant de nous coucher, Laure urina bruyamment dans les chiottes qui jouxtaient notre chambre, en laissant la porte ouverte; puis elle péta sans vergogne. Depuis que nous avions arrêté la date de nos noces, elle se surveillait moins. Il lui arrivait également de roter devant moi, sous prétexte qu'elle avait "des gaz dans l'estomac". Fanfan, Alexandre Jardin Pardon ne n'avoir trouvé que ce passage cracra à vous citer de cet merveilleuse ode à l'amour, mais c'est justement un passage qui m'a choquée et m'a fait me rappeler de ne JAMAIS tomber dans ce schéma du couple qui s'enlise. JE VOUS RECOMMANDE VIVEMENT CE ROMAN ! Dans Le Misanthrope de Molière, la jeune, jolie et coquette Célimène se voit tancer par la vieille et amère Arsinoë qui, verte de jalousie, vient lui signifier qu'elle ne devrait pas tant jouir de sa beauté . Célimène lui répond de façon absolument délectable. Hélas, le génie de Molière n'aura servi à rien, puisqu'on continue, près de quatre siècles plus tard, à tenir des propos moralisateurs, austères et pisse-vinaigre quand un être a le malheur de sourire à son reflet. [...] Si les Arsinoë déployaient, à tâcher de tirer le meilleur parti de leur propre physique, l'énergie qu'elles consacrent à déblatérer contre les Célimène, elles seraient deux fois moins laides. Robert des Noms Propres, Amélie Nothomb Rien à redire, l'extrait parle de lui-même ^^ |
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08/02/2008, 16h23
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#137 | | Guest
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| "Je suis toujours debout sur la mine. Nous étions partis ce matin en patrouille et je marchais derrière comme d'habitude, ils sont tous passés à côté, mais j'ai senti le déclic sous mon pied et je me suis arrêté net. Elles n'éclatent que quand on retire le pied. J'ai lancé aux autres ce que j'avais dans les poches et je leur ai dit de s'en aller. Je suis tout seul. Je devrais attendre qu'ils reviennent, mais je leur ai dit de ne pas revenir, et je pourrais essayer de me jeter à plat ventre, mais j'aurais horreur de vivre sans jambes. Je n'ai gardé que mon carnet et le crayon. Je vais les lancer avant de changer de jambe et il faut absolument que je le fasse parce que j'en ai assez de la guerre et parce qu'il me vient des fourmis." extrait des Fourmis de Boris Vian. J'aime beaucoup  | |
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08/02/2008, 16h28
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#138 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Citation: |
Posté par Ethelred Extrait de l'aveu de Phèdre à Oenone dans Phèdre de Racine: " Mon mal vient de plus loin. A peine au fils d'Egée Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi;
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit tourments inévitables.
Par des voeux assidus je crus les détourner:
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l'orner.
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D'un incurable amour remèdes impuissants!
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens:
Quand ma bouche implorait le nom de la Déesse,
J'adorais Hyppolyte; et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer,
J'offrais tout à ce dieu que je n'osais nommer.
Je l'évitais partout. O comble de misère!
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père."
(Qu'est-ce que j'aime ce passage... Il me prend toujours aux tripes... Tellement d'émotions et de véracité, et quelle écriture... pfff :o) | Arf j'étais en train d'étudier juste ce passage en cours ce matin.
Modifié par Eeighties 08/02/2008 à 18h20.
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20/02/2008, 18h06
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#139 | | Besoin de rien. Envie de seske.
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| On est pas sérieux quand on a 17 ans, le coup de foudre vous atteint en plein coeur,comme une chose évidente, l'évenement qui nous est dû depuis toujours. On ne l'apelle pas coup de foudre, on en le nomme pas. Il est sensation, chaleur sur les joues, palpitations légères au creux de le poitrine, vide dans les entrailles. Le corps retient son souffle, avance, pose pour ce regard, rien que pour lui, impatient d'être beau, anxieux de disparaître comme il est apparu, avec tout son mystère.C'est si beau, le mystère.Si éphemère et si violent de douceur, cet echange silentieux entre deux personnes.L'une qui arrive, l'autre qui attendait.Je rêve ma vie depuis l'enfance.Je voudrais m'aimer, être belle, calme, inaccessible, le genre
de fille que l'on respecte, que l'on approche avec précaution,que l'on
aime par dessus tout. Et par dessus tout je voudrais que l'on m'aime Justine lévy, Rien De Grave
__________________ Je ne suis pas donc je suis. |
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Louïse (06/09/2010)
20/02/2008, 19h20
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#140 | | est très distinguée
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| " CYRANO Mais oui, c'est adorable. On se devine à peine. Vous voyez la noirceur d'un long manteau qui traîne, J'aperçois la blancheur d'une robe d'été : Moi je ne suis qu'une ombre, et vous qu'une clarté ! Vous ignorez pour moi ce que sont ces minutes ! Si quelquefois je fus éloquent... ROXANE Vous le fûtes !
"
oh oui Cyrano, ces deux répliques sont mes préférées!
Sinon:
" Des années plus tard une poussiere blanche comme la chevelure des vieillards se deposa sur toutes choses
Le monde ressemblait à un dessin au crayon sur un papier blanc.
Des heures aprés les explosions je passais sur un pont, la soif causée par les feux etait si intense que meme ceux qui se noyaient, demandaient de l'eau.
les gens s'enfuyaient dans toute les directions passant d'un enfer à un autre.
(Vous voyez combien j'etais troublé.) "
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