13/08/2007, 23h07
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#101 | | koala pleurnichard
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| Citation: |
Posté par Estrella Perso j'ai adoré ce livre. Il parait que le film est bien aussi, mais j'ai peur d'être déçue. Et à vrai dire, j'ai pas eu l'occasion de le voir ^^ | Je n'ai pas lu le livre, mais le film n'est pas transcendant.
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Hé camarade!
Si les jeux sont faits,
Au son des Ma[ska]rades on pourra toujours se marrer!
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14/08/2007, 16h43
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#102 | | Mélange instable
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| Citation: |
Je vais vous révéler en peu de mots un grand mystère de la vie humaine. L'homme s'épuise par deux actes instinctivement accomplis qui tarissent les sources de son existence. Deux verbes expriment toutes les formes que prennent ces deux causes de mort: VOULOIR ET POUVOIR. Entre ces deux termes de l'action humaine, il est une autre formule dont s'emparent les sages, et je lui dois le bonheur et ma longévité. Vouloir nous brûle, et pouvoir nous détruit; mais SAVOIR laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme. Ansi le désir ou le vouloir est mort en moi, tué par la pensée; le mouvement ou le pouvoir s'est résolu par le jeu naturel de mes organes. En deux mots, j'ai placé ma vie, non dans le coeur qui se brise, non dans les sens qui s'émoussent, mais dans le cerveau qui ne s'use pas et qui survit à tout. Rien d'excessif n'a froissé ni mon âme, ni mon corps. Cependant, j'ai vu le monde entier. Mes pieds ont foulé les plus hautes montagnes de l'Asie et de l'Amérique, j'ai appris tous les langages humains, et j'ai vécu sous tous les régimes. J'ai prêté mon argent à un Chinois en prenant pour gage le corps de son père, j'ai dormi sous la tente de l'Arabe sur la foi de sa parole, j'ai signé des contrats dans toutes les capitales européennes, et j'ai laissé sans crainte mon or dans le wigwam des sauvages; enfini j'ai tout obtenu, parce que j'ai tout su dédaigner. Ma seule ambition a été de voir. Voir, n'est-ce pas savoir? ... Oh! savoir, jeune homme, n'est-ce pas jouir intuitivement? n'est-ce pas découvrir la substance même du fait et s'en emparer essentiellement? Que reste-il d'une possession matérielle? une idée. Jugez alors combien doit être belle la vie d'un homme qui, pouvant empreindre toutes les réalités dans sa pensée, transporte en son âme les sources du bonheur, en extrait mille voluptés idéales dépouilllées des souillures terrestres. La pensée est la clef de tous les trésors, elle procure les joies de l'avare sans en donner les soucis. Aussi ai-je plané sur le monde, où mes plaisirs ont toujours été des jouissances intellectuelles. Mes débauches étaient la contemplation des mers, des peuples, des forêts, des montagnes ! J'ai tout vu, mais tranquillement, sans fatigue; je n'ai jamais rien désiré, j'ai tout attendu.
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C'est un extrait de La Peau de Chagrin, de Balzac. |
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19/08/2007, 15h21
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#103 | | Musique Addict
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| J'aime beaucoup les extraits qu'à choisi Yellow pour le livre " Kiff Kiff demain". Un livre tout simplement réaliste et magnifique ! Citation:
"Un bonheur peut à la rigueur se partager. La malheur, lui, n'est jamais échangeable, pas plus qu'une camisole de force." La station St Martin est fermée au public ; Joseph Bialot |
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20/08/2007, 01h16
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#104 | | La vie est ailleurs
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| Tiens, je n'ai pas aimé l'adaptation du Parfum. J'ai trouvé que l'acteur qui jouait Grenouille était beaucoup trop beau. Ca m'a gâché le film, je ne pouvais pas m'empêcher de m'attacher à lui, alors qu'il me repoussait dans le livre. Il n'est pas mauvais, certes, mais s'éloigne trop de l'idée générale que je m'étais faite du livre.
Il y a un extrait des Faux-monnayeurs de Gide (dans mon blog) qui est juste parfait. Les Nourritures terrestres, André Gide, encore.
"J'espère bien avoir connu toutes les passions et tous les vices; au moins les ai-je favorisés. Tout mon être s'est précipité vers toutes les croyances; et j'étais si fou certains soirs que je croyais presque à mon âme, tant je la sentais près de s'échapper de mon corps." Nekrassov, Sartre.
"C'est le moment que je préfère ! Juste avant le plongeon. Ils ont l'air doux. Il se penche, il regarde la lune dans l'eau. L'eau coule, la lune ne coule pas." |
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26/08/2007, 16h58
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#105 | | Mélange instable
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| Citation: 3ème partie, chapitre 5, page 397 :
« Par la diversité de son humeur, tour a tour mystique ou joyeuse, babillarde, taciturne, emportée, nonchalante, elle allait rappelant en lui mille désirs, évoquant des instincts ou des réminiscences . Elle était l’amoureuse de tout les romans, l’héroïne de tout les drames, le vague elle de tout les volumes de vers. Il retrouvait sur ses épaules la couleur ambrée de l’odalisque au bain ; elle avait le corsage long des châtelaines féodales ; elle ressemblait aussi à la femme pâle de Barcelone, mais elle était par-dessus tout Ange ! » Madame Bovary, Flaubert. | Hu, je viens juste de lire ce passage et bien que ce romain soit tartiné de part et d'autre de looonguues descriptions (normal venant de Flaubert), celle ci je l'adore, elle est magnifique.
__________________ _ •___________ •___________ _ Elle se développe avec indifférence. (Baudelaire) |
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30/08/2007, 20h35
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#106 | | Surexcitée
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| Citation: |
Posté par Armstead Maupin Ris tant que tu veux et pleure tout ce que tu as de larmes, siffle les beaux mecs dans la rue et que ceux qui pensent que tu es une pauvre idiote aillent se faire foutre ! | citation tirée des Nouvelles chroniques de San Francisco de Maupin, que j'ai trouvée sympa....
__________________ Hey Shenzie, tu connais un bon resto ?
nan pourquoi ?
la bouffe est en train de se carapater !! |
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30/08/2007, 22h46
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#107 | | Complètement paumée
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| Kipling, Tu seras un Homme, mon fils. Code HTML: "Si tu vas dans la foule sans orgeuil à tout rompre,
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros;
Si l'ami ni l'ennemi ne peuvent te corrompre;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
De soixantes secondes de chemins accomplis,
A toi sera la terre et son bien délectable,
Et, - bien mieux - tu seras un Homme, mon fils."
__________________ *-* Pourquoi remettre à demain ce que l'on peut faire *-* aprés-demain |
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01/09/2007, 13h35
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#108 | | Mélange instable
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| J'suis en plein Nadja de Breton. Voici (pour l'instant) mes passages préférés : Citation: p.54 : « Elle me dit son nom, celui qu’elle s’est choisi : « Nadja, parce qu’en russe c’est le commencement du mot espérance, et parce que ce n’en est que le commencement. ». » p. 58 : « Sur le point de m’en aller, je veux lui poser une question qui résume toutes les autres, une question qu’il n’y a que moi pour poser, sans doute, mais qui, au moins une fois, a trouvé une réponse à sa hauteur : « Qui êtes vous ? » Et elle, sans hésiter : « Je suis l’âme errante. ». » p. 60 : « Nous demeurons quelques temps silencieux, puis elle me tutoie brusquement : « Un jeu : Dis quelque chose. Ferme les yeux et dis quelque chose. N’importe, un chiffre, un prénom. Comme ceci (elle ferme les yeux) : Deux, deux quoi ? Deux femmes. Comment sont ces femmes ? En noir. Où se trouvent-elles ? Dans un parc. . . Et puis, que font-elles? Allons, c’est si facile, pourquoi ne veux-tu pas jouer ? Eh bien, moi, c’est ainsi que je me parle quand je suis seule, que je me raconte toutes sortes d’histoires. Et pas seulement de vaines histoires : c’est même entièrement de cette manière que je vis. ». » |
__________________ _ •___________ •___________ _ Elle se développe avec indifférence. (Baudelaire) |
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: Sémélé (21/01/2011)
15/09/2007, 19h03
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#109 |
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| [ Oui, mon ange, je le peux. Dans les allées de l'enfer, sous le déluge, souffle coupé et coeur au bord des lèvres, une mince lueur : ce sont des camélias.
Parce qu'un camélia peut changer le destin.
Oui, mon ange, voici le quotidien : maussade, vide et submergé de peine. D'un couloir aux allées : alors la chute se fait, sans heurt ni surprise. Chaque jour, nous renouons avec la tristesse du couloir et, pas après pas, exécutons le chemin de notre morne damnation.
Alors, un camélia.
L'élégance du hérisson-Muriel Barbery]
[ La réponse idéaliste consiste à faire état de l'impossibilité qu'il y a à savoir si ce que nous percevons et concevons du chat, si ce qui apparait comme chat à notre conscience, est bien conforme à ce qu'est le chat en son intimité profonde. L'élégance du hérisson - Muriel Barbery] "Ainsi finit l'histoire du chevelu et de la minette." Bienvenue au club - Jonathan Coe. [ Pour lui tu n'étais que mon ombre, la femme qui avait eu le privilège d'accompagner la venue au monde d'une fillette si exeptionnelle. Contours du jour qui vient, Léonora Miano. ] " Les hommes de ce pays n'aiment que les femmes qui ne veulent pas d'eux. Ils veulent tout donner à celles qui les dédaignent. Les autres les effraient avec leur amour et les multiples exigences qu'ils pressentent dans leurs regards, dans leurs attentes silencieuses, dans les larmes qu'elles versent en secret et qui laissent sur le quotidien la marque visible de l'inassouvi. Celles qui aiment les confrontent à l'impossible, à leurs inaptitudes. C'est à prendre qu'on leur a enseigné, pas à donner. Alors ce désir, cette espérance, cette patience qui pardonne les fautes et qui s'accomode du pire, a quelquechose qui les terrifie. Ils courent vite au-dehors, chercher n'importe quoi, s'étourdir dans des bras qui n'ont à leur offrir que la chaleur éphémère des pulsions ordinaires. Ils paient. Cela leur convient mieux. Nulle implication émotionelle, rien qu'un vaste territoire où déployer l'immensité de leur vanité. " Contours du jour qui vient, Léonora Miano.
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15/09/2007, 20h10
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#110 | | Freedom & Soul
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| Je me souviens avoir été marquée par ça : Citation:
"Un jour, comme j'étais dans l'eau depuis des heures, très loin au rivage, mes pieds furent attrapés par des mains nombreuses. Autour de moi, personne. Ça devait être les mains de la mer. Ma peur fut si grande que je n'eus plus de voix. Les mains de la mer remontèrent le long de mon corps et arrachèrent mon maillot de bain. Autour de moi, toujours personne. Les mains de la mer écartèrent mes jambes et entrèrent en moi. La douleur fût si intense que la voix me fut rendue. Je hurlai. Ma mère m'entendit et courut me rejoindre dans les vagues, en hurlant aussi démentiellement qu'une mère peut hurler. Les mains de la mer me lâchèrent. Ma mère me prit dans ses bras et me ramena sur la plage. Au loin, on vit sortir de l'eau quatre Indiens de vingt ans, aux corps minces et violents. Ils s'enfuirent à la course. Ils ne furent jamais retrouvés. On ne me vit plus jamais dans aucune eau." Biographie de la faim, Amélie Nothomb.
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15/09/2007, 20h40
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#111 | | Guest
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| Citation:
Sourire pour ne pas exploser, sourire pour cacher le mal, les cris, la bombe.
Sourire pour faire croire au bonheur, pour y faire croire aux autres si fort qu'on pourrait y croire soi-même.
Sourire pour ne pas pleurer. Si tu pleures, tu crèves, tu ne pourras plus t'arrêter, des larmes tu en a tellement à verser. Il ne faut pas commencer.
| Le viol du silence, Eva Thomas. Citation: |
Et puis un livre, du moins tel que je le conçois, est un labyrinthe fait à dessein pour confondre les hommes, avec l'intention de les perdre et de les ramener aux dimensions étroites de leurs ambitions.
| Les identités meurtrières (essai), Amin Maalouf (je n'en suis pas certaine) | |
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17/09/2007, 23h07
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#112 | | Avaleuse de livres
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| Citation: Mon cœur est comme un grand sac vide...
Je dis un sac, je parle pas des petits pochons minables de supermarché qui craquent tout le temps, non. Mon sac...Enfin, comme je l'imagine...il est costaud, il pourrait contenir un souk pas possible et pourtant y'a rien dedans. | Anna Gavalda, Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part. |
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: Sémélé (21/01/2011)
03/10/2007, 18h00
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#113 | | Blasée
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| Récemment, les extraits que j'ai aimés : Citation: |
J'éprouve parfois l'impression que nous habitons une même pièce avec deux portes qui se font face ; chacun tient la poignée de la sienne ; à peine un cil bouge-t-il chez l'un, l'autre est déjà derrière sa porte ; que le premier ajoute un mot, l'autre a déjà certainement refermé sa porte, on ne le voit plus. Il rouvrira, car c'est une pièce qu'on ne peut peut-être pas abandonner. Si le premier n'était pas comme l'autre, il garderait son calme, il aimerait apparemment mieux ne pas regarder ce que fait le second, il ferait petit à petit régner l'ordre dans la pièce comme si c'était une chambre pareille à toutes les autres ; au lieu de quoi il travaille comme l'autre de sa porte, il arrive même que chacun soit derrière la sienne et que la belle pièce reste vide.
| Ahaha, je sais pas pourquoi, mais je suis convaincue que si on m'avait faire lire ça en me demandant qui pouvait en être l'auteur, j'aurais répondu Kafka à coup sûr, et sans beaucoup réfléchir.
Outre ça, j'aime beaucoup cette métaphore.
CerizSurLeGato > Non mais si tu vas par là, faudrait citer tout Madame Bovary ! Ce livre est un bijou ;p. Sinon, le passage vers le début, où Charles Bovary entre en classe, tout benêt, qu'on lui demande de dire son nom et que lui peut seulement dire " Charbovary" (enfin, du moins c'est ce qu'ont entendu les autres ), je peux le lire et le relire ce passage, je le trouve hilarant.
Et dans L'attrape coeur que j'ai lu récemment, je crois que ce que je préfère, c'est le début du chapitre 9. Ca commence par Citation: |
La première chose que j'ai faite en débarquant à Penn Station, ç'a été d'entrer dans une cabine téléphonique. J'avais envie de donner un coup de bigo à quelqu'un [...].
| Mais malheureusement j'ai pas le livre sous la main et je le trouve pas sur le net :/.
Modifié par Stille 04/10/2007 à 15h51.
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03/10/2007, 22h56
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#114 | | Moral dans les tongs
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| excellentissime, ce topic ! je ne l'avais jamais vu ^^
je n'ai pas encore tout lu, mais héhé je le ferai.
en attendant ma première citation sera dans ma signature :
[tiré de l'Homme-Jasmin, d'Unica Zürn]
__________________ J'aime le soleil tout autant que la pluie, Quand je me réveille et que je suis en vie C'est tout ce qui m'importe bien plus que le bonheur, Qui est affaire de médiocres et qui use le coeur |
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03/10/2007, 22h59
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#115 | | Moral dans les tongs
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| Citation: |
Posté par Kenza Lolita. Light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta : the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta. She was Lo, plain Lo in the morning, standing four feet ten in one sock. She was Lola in slacks. She was Dolly at school. She was Dolores on the dotted line. But in my arms she was always Lolita. | han, j'adore !!!!
__________________ J'aime le soleil tout autant que la pluie, Quand je me réveille et que je suis en vie C'est tout ce qui m'importe bien plus que le bonheur, Qui est affaire de médiocres et qui use le coeur |
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13/10/2007, 15h34
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#116 | | wrapped in plastic.
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| Extraits de Substance Mort, Philip K. Dick :
" Tout homme n'aperçoit qu'une parcelle infime de la Vérité, et bien souvent, sinon (...) perpétuellement, il se leurre à dessein sur la nature de ce précieux fragment qu'il détient. Une part de lui-même se retourne contre lui et agit comme un autre sujet. Ainsi l'homme se défait-il de l'intérieur. Un homme à l'intérieur de l'homme, ce qui ne fait point d'homme. "
" Que peut voir une caméra ? Que voit-elle vraiment ? Voit-elle dans la tête ? Plonge-t-elle son regard jusqu'au coeur ? Voient-elles clairement ou obscurément en moi -en nous-, la caméra infrarouge ancien modèle, et la caméra holographique nouveau modèle ? J'espère qu'elles voient clairement, parce que ces temps-ci, moi je n'y vois plus en moi. Je ne vois que du brouillard. Brouillard à l'extérieur ; brouillard à l'intérieur. Pour le salut de chacun, j'espère que les caméras ont une meilleure vue. Car si la caméra n'y voit qu'obscurément, comme j'y vois moi-même, nous sommes tous maudits, maudits comme nous n'avons jamais cessé de l'être, et nous mourrons ainsi, en sachant peu et en sachant mal le peu que nous savons. "
" Il faut posséder la plus haute forme de sagesse, songea-t-elle, pour savoir quand on doit recourir à l'injustice. Comment la justice peut-elle jamais devenir victime du droit ? Comment ça peut arriver ? C'est une malédiction qui pèse sur ce monde, et j'en ai la preuve sous mes yeux. Quelque part, au niveau le plus profond, le mécanisme, le tissu des choses a craqué, et des lambeaux épars est né ce besoin qui nous pousse aux injustices les plus troubles au nom du choix le plus sage. Et maintenant, la nature des choses en est toute imprégnée. Ca s'est infiltré en chacun de nous. (...) En un temps plus que lointain. Avant la malédiction, avant que tout et chacun devienne ce qu'il est aujourd'hui. L'âge d'or, quand justice et sagesse se confondaient. Avant que tout éclate en fragments coupants. En échardes qu'on ne peut réarranger, aussi dur qu'on essaie. "
__________________ Under the Sycomore Trees. |
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20/10/2007, 03h02
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#117 | | Euphorique
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| Camille De Peretti - Thornytorinx Citation: Ses lettres faisaient pâlir mes nuits d'angoisse et pas seulement quant à son peu de talent littéraire. Notre amour était devenu comme les questions du Trivial Poursuit, une affaire de culture générale. Les rares fois où il me téléphonait, c'était à n'importe quelle heure de la nuit, décalage horaire aidant. Je décrochais dans un demi-sommeil et pensais aller à l'essentiel en lui disant "Je t'aime", ça durait deux minutes en moyenne. Le matin je me demandais si j'avais rêvé. [...] Il m'a prise dans ses bras très calmement. Il m'a répondu que ce n'était pas grave mais qu'il ne voulait plus que ça arrive. Nous avons fait l'amour ce soir là, j'étais comme une étrangère dans ses bras. J'avais crié à l'aide et il n'avait rien voulu entendre. L'homme que j'aimais ne comprenait rien. Et pourtant je l'aimais. Comme on aime la première fois, avec une passion pleine de naïveté. J'avais peut-être lu trop de livres où l'amour était synonyme de rage et de larmes pendant mon adolescence, en conséquent de quoi plus je pleurais, plus je criais, plus je me sentais une âme de grande amoureuse tragique. Il était jaloux, capricieux, je me pliais à toutes ses volontés. Je souffrais sa froideur ou ses caresses à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Vus de l'extérieur, nous étions un gentil petit couple de bons élèves, en privé nous nous harcelions pour être sûrs d'être dans le vrai amour qui n'admet aucune concession. Il me disait "Je suis fou amoureux de toi" et moi j'étais folle tout court. | Lolita Pille - Hell Citation: |
Elle voulait se salir, elle en avait besoin, mais ça la tuait. Elle prenait de plus en plus de saloperies… Je craquais doucement, mais je ne l’aurais jamais laissée. Je l’aimais… Je l’aime… Tout le temps, toujours, à en crever. Je l’aime endormie ou déprimée, je l’aime même cokée, abrutie, dégradée. Elle réussissait, je ne sais pas comment, à rester réellement pure dans les situations les plus dégradantes que j’avais envie de me mettre à genoux devant elle.
| Corpus Simsi, Chloé Delaume Citation: | J'aime ce que je connais et je ne désire rien. Je nécessite. J'obtiens. Je restaure. Je requiers. Je satisfais. Je suis binaire jusqu'en mon sein. J'aime parce que cela contente efficacement ma jauge de relations sociales. J'aime car cela fait du bien. L'amour est une donnée qui contribue à mon bien-être. L'amour est un composant accessoire générant l'assurance d'un niveau minimum de félicité quotidienne. La carte du Tendre est plus aisée une fois munie d'un GPS. | Gérard de Nerval, Aurélia Citation: | Le Rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres ; le monde des Esprits s’ouvre pour nous. | Anne-Lise Grobéty, Pour mourir en février Citation: | Aujourd’hui je ne brûle plus d’amour et je suis seule à mourir de froid. Les autres sont déjà morts. Moi qui voulais leur échapper, par cette mort je les rejoins ; j’ai eu l’impudence de vouloir vivre hors d’eux, d’une vie autonome, me voilà punie de cette audace. C’est peut-être mieux ainsi ; depuis longtemps déjà il fait nuit autour de moi, et derrière moi ; devant moi, dans le jet du réverbère, quelques flocons hésitent et errent, fluets, et flottent dans l’air. Il fait froid, ce grattement à ma porte, je sais pourquoi je frissonne, j’entends ce grattement contre le bas de ma porte, ce sont les griffes du chien, je vais me lever, lui ouvrir, le regarder entrer de son pas pesant et déhanché, tête basse, vaguement penaud et satisfait ; il va se laisser tomber à mes pieds, et je me pencherai vers lui, et le visage posé contre sa laine pleine de nœuds, dans sa bonne odeur de chien piquante, il faudra que je pleure... | Voilà pour cette nuit. ^^
__________________ Si tu mourais ce serait comme si on m'enlevait les os.
Personne ne saurait pourquoi, mais je m'effondrerais.
Sarah Kane.
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20/10/2007, 18h58
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#118 | | Avaleuse de livres
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| Citation: |
" Il n'existe pas de bien immense que l'on puisse se réprésenter, Zofia, tout simplement parce que, au contraire du mal, le bien est invisible. Il ne se calcule ni ne se raconte sans perdre de son élégance et de son sens. Le bien se compose d'une quantité infinie de petites attentions qui, mises bout à bout, finiront, elles, un jour peut être, par changer le monde. Demande à n'importe qui de te citer cinq hommes qui ont changé en bien le cours de l'humanité. Je ne sais pas, par exemple, le premier des démocrates, l'inventeur des antibiotiques, ou un faiseur de paix. Aussi étrange que cela paraisse, peu de gens pourront les nommer, alors qu'ils évoqueront sans problème cing dictateurs. On connaît tous le nom des grandes maladies, rarement celui de ceux qui les ont vaincues."
| Marc Lévy - Sept jours pour une éternité |
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29/10/2007, 03h25
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#119 | | Blasée
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| Citation: Au lieu de dormir, j'ai passé la nuit avec tes lettres (pas tout à fait volontairement, je dois l'avouer). Cependant, je ne suis pas encore dans le dernier dessous. A vrai dire, je n'ai pas reçu de lettre, mais cela ne fait rien non plus. Il vaut beaucoup mieux maintenant ne pas s'écrire chaque jour ; tu t'en es rendu compte en secret, avant moi. Les lettres quotidiennes, au lieu de fortifier, dépriment ; autrefois, je buvais ta lettre d'un trait, et je devenais aussitôt (je parle de Prague, non de Merano) dix fois plus fort et dix fois plus altéré. Mais maintenant, c'est tellement triste ! Je me mords les lèvres en te lisant ; rien n'est plus sûr sauf la petite douleur dans les tempes ...
Lettres à Milena, Kafka.
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Modifié par Stille 29/10/2007 à 03h30.
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08/11/2007, 14h31
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#120 | | Mercredi Addams' mentor
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| 3 extraits de Dracula :
Quatre nationalités distinctes forment la population de la Transylvanie : les saxons, dans le Sud, auxquels se sont mêlés les Valaques, descendants des Daces ; les Magyars à l'Ouest, les Szeklers à l'Est et au Nord. C'est chez ces derniers que je me rends –ils prétendent descendre d'Attila et des Huns. Ce n'est pas impossible : lorsque les Magyars ont soumis le pays, au XIème siècle, ils y trouvèrent les Huns, déjà bien implantés. J'ai lu quelque part que toutes les superstitions du monde sont rassemblées dans le fer à cheval des Carpates, comme si elles formaient les limites d'un tourbillon où se concentrent les imaginations populaires. S'il en est bien ainsi, mon séjour ne manquera pas de me passionner. (Ne pas oublier d'interroger le comte à ce propos.) Pendant qu'il parlait, les chevaux commencèrent à hennir et à ruer - tellement que le conducteur dut les retenir. Et puis, au milieu d'un choeur de cris poussés par mes compagnons qui se signaient sans pouvoir s'arrêter, une calèche à quatre chevaux arriva derrière nous, sembla vouloir nous dépasser mais s'arrêta à notre hauteur. À la lueur de nos lampes, qui tombaient en plein sur eux, je pus voir que les chevaux, de superbes bêtes, étaient d'un impressionnant noir de charbon. Les conduisait un homme à longue barbe brune et dont le grand chapeau noir semblait avant tout destiné à dissimuler ses traits. Je ne pus distinguer que l'éclat de deux yeux brillants qui, à la chiche lueur, paraissaient rouges. Il se tourna vers nous et lança au conducteur : – Vous êtes en avance, ce soir, mon ami. – Le Herr anglais était pressé... – C'est pourquoi, je suppose, vous vouliez l'emmener en Bukovine ? Vous ne pouvez pas me tromper, l'ami, j'en sais trop, et mes chevaux sont rapides. Il sourit à ces dernières paroles. Les lampes éclairèrent une bouche dure, des lèvres d'un rouge vif et des dents pointues aussi blanches que l'ivoire. L'un de mes compagnons se pencha vers son voisin et lui murmura un des vers de la Lénore de Bürger : – Denn die Todten reiten schnell. (Car les morts voyagent vite.) Cet été, nous avons fait un voyage en Transylvanie. Nous avons parcouru, à nouveau, les régions qui étaient, pour nous, liées à tant d'infernaux souvenirs. Nous ne pouvons même presque plus croire que ce que nous avons vu de nos propres yeux, entendu de nos propres oreilles pût appartenir à la réalité. Toute trace en avait disparu. Le château se dresse toujours au sommet de son pic, dominant une vaste étendue désolée.
__________________ † Carpathian winter... †
Modifié par Dante 08/11/2007 à 14h36.
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