L'incipit de Lolita que j'ai inculqué à Kenza (Kenza), et j'ai un cahier entier d'extraits...J'aime pas Anouilh, j'aime Sophocle !
Citation:
Posté par Oedipe Roi
Je n'ai pas cru dès lors pouvoir laisser à d'autres le soin d'entendre votre appel, je suis venu à vous moi-même, mes enfants, moi, Oedipe - Oedipe au nom que nul n'ignore.
Je viendrais quand j'en trouverais
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Let's disconnect these cables,
overturn these tables
this place don't make sense to me no more
J'aime l'idée du sujet. Y'en a souvent qui me marquent mais j'oublie de les noter. Faut que je pense à avoir mon carnet avec moi.
Citation:
" Je pourrais dire qu'avoir le vertige c'est être ivre de sa propre faiblesse. On a conscience et on ne veut pas lui résister, mais s'y abandonner. On se soule de sa propre faiblesse, on veut être plus faible encore, on veut s'écrouler en pleine rue aux yeux de tous. On veut être à terre, plus bas que terre. "
Kundera L'insoutenable légèreté de l'être
Citation:
" D'autres que moi on connu la sensation bizarre de manque qui vous tombe brutalement dessus, en plein milieu d'un jeu. On sent tout d'un coup que l'essentiel est ailleurs, ailleurs que là où nous sommes. "
Histoire de l'Illusion Georges Picard
Citation:
" Ce matin, je me suis reveillée avec l'atroce, l'insupportable conscience de ne pas avoir de génie. Pas une once. Tout, dans la chambre, semblait me le crier :
Pas de génie ! Les livres sur les rayons, la lampe jaune sur la table, la fine fente de l'épaisseur d'un cheveu lézardant la peinture du plafond au-dessus de ma tête. Une véritable conspiration du cri, un hourvari de clameurs accusatrices.
La journée commençait mal. Tandis que je me rasais, ce fut une nouvelle douche de lucidité glaciale. Ah, une tête sans génie ! "
Le génie à l'usage de ceux qui n'en ont pas Georges Picard
Et l'espoir. L'espoir. Les livres étaient faits d'espoir, pas de papier. L'espoir que quelqu'un vous lirait un jour ; l'espoir de changer le monde ou de l'améliorer. L'espoir que les gens soient d'accord avec vous, qu'ils vous croient ; l'espoir de rester dans les mémoires, d'être reconnu, l'espoir de faire ressentir quelque chose. L'espoir d'apprendre soi-même quelque chose ; l'espoir de divertir ou d'impressionner ; l'espoir de gagner du fric ; l'espoir qu'on reconnaîtra que vous avez raison, et l'espoir qu'on démontrera que vous avez tort.
Ne lisez pas ce livre si vous êtes stupide, Tibor Fischer
Citation:
Jamais je n'ai eu si fort qu'aujourd'hui le sentiment d'être sans dimensions secrètes, limité à mon corps, aux pensées légères qui montent de lui comme des bulles. Je construis mes souvenirs avec mon présent. Je suis rejeté, délaissé dans le présent. Le passé, j'essaie en vain de le rejoindre : je ne peux pas m'échapper.
La Nausée, Sartre
Citation:
- Tu es le demi-ton. Tu es l'entre-deux, la note suspendue, l'équilibre fragile. Tu es le vacillement qui contient la chute, tu es le fa dièse qui frôle le sol, un presque sol ; tu es la défaillance retenue d'extrême justesse, tu es le bord de l'abîme. Tu es ce qui pourrait être et qui n'est pas, tu es un possible. Tu es cette note en mouvement obligé vers une autre, qui voudrait se confondre avec elle et ne se confond pas. tu es l'incertitude. Tu es la note sensible.
La note sensible, Valentine Goby
Et beaucoup d'autres choses en vrac, souvent ça se retrouve là (si c'était pas le cas j'aurais eu la flemme de recopier pour le forum honnêtement !), et sinon, pas mal de passages de Lolita, beaucoup d'extraits des livres de Delerm, d'autres auteurs, plus rarement, surtout Delerm.
Elle ne voulait pas attendre qu'il payât. Tête nue, il sortit derrière elle. Les gens les regardèrent traverser la pièce vers la porte, et quand la porte tomba sur eux et qu'ils retrouvèrent la neige, et un groom avec un parapluie rouge entre eux et le silence et l'amour, ils surent pour la première fois que tout cette scène s'était déroulée sur un fond de musique, comme une légère griserie qui se dissipe et devient alors consciente, sur le chant mélancolique d'un piano débitant des romances dont ils ignoraient les paroles étrangères, qui suivaient pourtant la cadence de leurs coeurs.
Oh, et un long, que j'adore, à le connaître par coeur.
Citation:
" Je voudrais tuer votre passé - dit-il.
- Pourquoi ça ? Je n'aurais plus rien à vous raconter... à vous sacrifier... "
Oh, pour ce mot-là, que n'aurait-il payé, que n'aurait-il souffert ? Il lâcha la main de Bérénice, porta ses deux mains sur son visage, devant ses yeux, qu'il comprima du bas de ses paumes. Impossible de supporter à la fois cette phrase et la lumière. Il entendit Bérénice qui disait : " Vous viendrez me prendre rue César-Franck ? "
En doutait-elle ? Il rit. Elle s'étonna de son rire. Il demanda : " Je voulais vous demander... vous avez dit tout à l'heure... que ce soir, vous étiez heureuse ? Est-ce que je peux penser que j'y suis pour quelque chose... pardon... Me permettez-vous de le penser ? " Ce fut à son tour, à elle, de rire. Alors, il leva les yeux, chercha les siens, et dit : " Je vous aime..."
Elle reçut le double choc des mots et du regard. Elle s'adossa à sa chaise. Elle eut ce geste frileux des épaules qu'il avait plusieurs fois remarqué. Elle joua sans rien dire avec son sac brodé bleu et or, à grosses fleurs roses. Ses mains se joignirent sur la table, et le geste qu'elles firent déchira le coeur d'Aurélien : il vit qu'elle tournait à son doigt un anneau de mariage... devina où étaient parties ses pensées... Il n'eut plus de confiance qu'en ces trois mots, jamais prononcés, qui venaient de dépasser ses lèvres, et en ce nom qui était ce qu'il avait aimé d'abord en elle. Il répéta : " Je vous aime, Bérénice."
Aurélien est ma bible
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Il y a une passion si dévorante qu'elle ne peut se décrire.
La phrase des fois con, des fois pas :(propose la tienne)
"La cyberculture du navet m’intéresse au plus haut point et je préconise l’avant garde agricole à chacun de mes vernissages" (Reed 013)