Je viens de finir L'ingénue libertine, de Gabrielle-Sidonie Colette, terminé, terminé ! J'ai adoré, je partage les quelques extraits que j'ai préférés et recopiés dans mon carnet.
Spoiler !
« Elle plisse l’arc pur de ses beaux sourcils blonds. Elle voudrait dire : ‘Vous êtes une surprise dans ma vie, une chère surprise un peu cuisante, un peu comique, très mélancolique… Vous ne m’avez pas donné le trésor qui m’est dû et que j’irai chercher jusque dans la boue ; mais vous avez détourné de lui ma pensée, étonnée d’apprendre qu’un amour, différent de l’Amour, peut fleurir dans l’ombre même de l’Amour. Car vous me désirez et vous renoncez à moi. Quelque chose en moi a donc plus de prix pour vous que ma beauté ? …’ »
« Minne cherche à rassembler son âme éparpillée sur la mer, volant sous la lune ; elle remonte, angoissée, vers un foyer qui n’existe pas. Nulle part, où qu’elle s’arrête, elle ne trouve l’Amour assis, et son rêve n’a point de figure… Ah ! que tout est grand, ce soir, et sévèrement beau, même cruel à la solitude ! »
« Il n’y a plus d’impossible, il n’y a plus rien à quêter, il n’y a qu’à fleurir, qu’à devenir rose et heureuse et toute nourrie de la vanité d’être une femme comme les autres… ».
__________________ Nelly, je suis Heathcliff ! Il est toujours, toujours dans mon esprit; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être. Ainsi, ne parlez plus de notre séparation; elle est impossible.
Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas “je t’aime” mais “il y a de l’amour”, comme on dirait qu’il neige ou qu’il fait jour. On ne dit pas “tu me manques” mais “il y a de la tristesse sans ta présence, de l’abandon”. Une sorte d’impersonnel immense qui déborde de soi. La tristesse est partout, l’amour aussi. Pas de hors-champ du sentiment.
Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville.
Verlaine, poète japonais né en 1844 et mort en 1896”
Elena Janvier, Au Japon ceux qui s'aiment ne disent pas je t'aime
Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas “je t’aime” mais “il y a de l’amour”, comme on dirait qu’il neige ou qu’il fait jour. On ne dit pas “tu me manques” mais “il y a de la tristesse sans ta présence, de l’abandon”. Une sorte d’impersonnel immense qui déborde de soi. La tristesse est partout, l’amour aussi. Pas de hors-champ du sentiment.
Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville.
Verlaine, poète japonais né en 1844 et mort en 1896”
Elena Janvier, Au Japon ceux qui s'aiment ne disent pas je t'aime
Je trouve ça tellement plus raisonnable (et donc réaliste) !
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Spoiler !
« A un instant cependant, nous avons failli nous quereller. Il disait que la manière la plus agréable de passer une chaude journée de juillet était de rester couché depuis le matin jusqu'au soir sur un talus de bruyère au milieu de la lande, à écouter comme dans un rêve le bourdonnement des abeilles sur les fleurs, le chant des alouettes qui planent bien haut au-dessus de votre tête, à regarder le ciel bleu sans nuages et le soleil brillant d'un éclat implacable. Telle était sa plus parfaite idée du bonheur céleste. La mienne était de me balancer dans un arbre au vert feuillage bruissant, quand souffle un vent d'ouest et que de beaux nuages blancs glissent rapidement dans le ciel ; quand non seulement les alouettes, mais les grives, les merles, les linottes, les coucous prodiguent de tous côtés leur musique; quand on aperçoit la lande au loin, coupée par de frais vallons noyés dans l'ombre ; et, tout près, de grands tertres couverts d'herbe haute ondulant en vagues sous la brise ; des bois et de l'eau tumultueuse, le monde entier en mouvement et frémissant de joie. Il aimait à voir tout reposer dans une extase de paix ; j'aimais à voir tout étinceler et danser dans un glorieux jubilé. Je prétendais que son paradis ne serait qu'à moitié vivant ; il disait que le mien serait ivre. Je prétendais que je m'endormirais dans le sien ; il disait qu'il ne pourrait pas respirer dans le mien. La discussion commençait à le rendre très hargneux. Enfin nous convînmes que nous ferions les deux expériences dès que le temps serait propice ; puis nous nous embrassâmes et redevînmes amis. »
Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent.
__________________ Nelly, je suis Heathcliff ! Il est toujours, toujours dans mon esprit; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être. Ainsi, ne parlez plus de notre séparation; elle est impossible.
— Ont offert un Big up ! à ce post
: Gat. (30/04/2012)