16/04/2011, 01h41
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#261 | | PNKRCKLOVE&LIFE<3
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| Des extraits que j'avais recopiés sur mon ordi ya 4-5 ans..
"lily:
[...]Bientôt vous saurez tout. On est libre de faire ce que l'on veut. Vous ne me croyez pas. Vous vous dites : "elle est folle". Oui je suis folle - de moi.Et vous,vous êtes quoi? Vous êtes fou d'eux. Vous ne vous rendez même pas compte. Je paris que vous n'avez même jamais eu l'ocasion de savoir. Souvenez-vous, quand on est petit, ils passent leur temps à nous répéter: "méchante fille, méchant garçon", tout ça parce qu'on à cassé quelque chose ou dit un gros mot. Dans leur bouche, ça veut dire "tu n'es pas quelqu'un de bien". Mais c'est faux, on à fait quelque cose de pas bien, c'est tout. On ne deviens pas mauvais pour autant. vous etes fantastique. Vous êtes merveilleux, tous ce que vous faites est merveilleux uniquement parce que vous le faites.. Vous êtes assez solide, je vous le jure. On peut faire des choses pas bien et savoir qu'elles ne sont pas bien, et on peut faire des choses bien et savoir qu'elles sont bien, mais ça n'a rien à voir avec ce qu'on est réellement. On reste soi-même.
Ecoutez-ça: On peut être ce que l'on veut. Mais attention! c'est un pouvoir. C'est de la magie. Ecoutez bien cette formule magique: On peut être ce que l'on veut, on peut faire ce que l'on veut, On peut être ce que l'on veut, on peut faire ce que l'on veut. Laissez vous bercer par ces douces paroles. Vous êtes .. tout lemonde et personne. Vousêtes ce que vous voulez être. et quand on reste soi-même, même si on mange des trucs mauvais, ils ont bon goût, juste parce qu'on les mange. On peut même leur lécher le cul si necessaire. Vous avez déjà écouté les profs, les parents, les hommes politiques? Ils disent :" Si tu voles, tu es un voleur, si tu couche, tu es une pute, si tu prends de la drogue, tu es un junkie." Ils cherchent à infiltrer votre cerveau et à vous contrôler par la peur. [...] j'ai tout fait, tout. Tout ce que vous pouvez imaginez, je l'ai fait. Tout ce que vous n'avez jamais osé faire, tout ce dont vous reviez, tout ce qui vous faisait envie mais que vous avez aussitôt oublié en vous disant que vous n'auriez jamais le courage...je les ai faites hier, pendant que vous dormiez.
Et vous? Votre tour, c'est quand?"
Melvin Burgess - Junk
[...] ce soir là, tandis qu'il suivait pas à pas le trottoir envahi par la foule, il fût frappé, en regardant ces centaines de pieds qui pattaugeaient dans la boue, de la vanité de son propre mouvement. "Chacun de ces passants sait ou il va, pensa-t-il; il sait ce qu'il veut,il a un but. Et c'est pour ça qu'il se hate, qu'il se tourmente, qu'il est triste ou joyeux, qu'il vit... et moi? Moi, rien. Aucun but: que je marche ou que je sois assis, c'est tout pareil." Il ne détachait pas ses regards du sol: vraiemnt, dans tous ces pieds qui foulaient la boue, il y avait une sûretée, une confiance en soi qu'il enviait; à ce spectacle, il sentait croître en lui son dégôut pour lui même. En tous lieux, donc, il ne promenait que son desoeuvrement, son indifférence? Cette rue pluvieuse, il la parcourait , comme sa vie toute entière, sans foi, sans enthousiasme, les yeux éblouis par l'éclat fallacieux des affiches lumineuses. Quand cela finirait-il? Il leva les yeux vers ces girandoles idiotes: l'une recommandait une pâte dentifrice, l'autre un vernis pour les chaussures... de nouveau il baissat la tête: la fange ne cessait pas de gicler sous les talons des passants, la foule marchait. "Et moi, ou vais-je?" se demanda -t-il. Il glissa un doigt dans l'ouverture de son col." Qui suis-je? Pourquoi ne pas courir, ne pas me hâter comme les autres? Pourquoi ne pas être un homme instinctif, sincère? Pourquoi manquer de foi? " L'angoisse l'opprimait. Il aurait voulut arreter un de ces passants, le saisir pas la manche et lui demander ou il allait d'un pas si vif; il aurait tant désiré aoir lui aussi un bt, même trompeur, et ne plus errer ainsi de rue en rue comme à l'abandon. " Où vais-je?" Obscurité complète. La tête dans le sac. Il ne savait même pas ou il allait. Et pourquoi pas chez lui? [...]
Alberto Moravia - Les Indifférents (<3!) |
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: Mindfulista (24/04/2011)
21/04/2011, 20h02
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#262 | | alias l'indécise.
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| "Alors, je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose qui a crevé en moi. Je me suis mis à crier à plein gosier et je l'ai insulté et je lui ai dit de ne pas prier. Je l'avais pris par le collet de sa soutane. Je déversais sur lui tout le fond de mon coeur avec des bondissements mêlés de joie et de colére. Il avait l'air si certain, n'est-ce pas? Pourtant, aucune de ses certitudes ne valait un cheveu de femme. Il n'était même pas sûr d'être en vie puisqu'il vivait comme un mort. Moi, j'avais l'air d'avoir les mains vides. Mais j'étais sûr de moi, sûr de tout, plus sûr que lui, sûr de ma vie et de cette mort qui allait venir. Oui, je n'avais que cela. Mais du moins, je tenais cette vérité autant qu'elle me tenait. J'avais eu raison, j'avais encore raison, j'avais toujours raison. J'avais vécu de telle façon et j'aurais pu vivre de telle autre. J'avais fait ceci et je n'avais pas fait cela. Je n'avais pas fait telle chose alors que j'avais fait cette autre. Et après? C'était comme si j'avais attendu pendant tout le temps cette minute et cette petite aube où je serais justifié. Rien, rien n'avait d'importance et je savais bien pourquoi. Lui aussi savait pourquoi. Du fond de mon avenir, pendant toute cette vie absurde que j'avais menée, un souffle obscur remontait vers moi à travers des années qui n'étaient pas encore venues et ce souffle égalisait sur son passage tout ce qu'on me proposait alors dans les années pas plus réelles que je vivais. Que m'importaient la mort des autres, l'amour d'une mère, que m'importaient son Dieu, les vies qu'on choisit, les destins qu'on élit, puisqu'un seul destin devait m'élire moi-même et avec moi des milliards de privilégiés qui, comme lui, se disaient mes frères. Comprenait-il, comprenait-il donc? Tout le monde était privilégié. Il n'y avait que des privilégiés. Les autres aussi, on les condamnerait. Qu'importait si, accusé de meurtre, il était exécuté pour n'avoir pas pleuré à l'enterrement de sa mère? Le chien de Salamano valait autant que sa femme. La petite femme automatique était aussi coupable que la parisienne que Masson avait épousée ou que Marie qui avait envie que je l'épouse. Qu'importe que Raymond fut mon copain autant que Céleste qui valait mieux que lui? Qu'importait que Marie donnat aujourd'hui sa bouche à un nouveau Meursault? Comprenait-il donc, ce condamné et que du fond de mon avenir... J'étouffais en criant tout ceci. Mais, déjà, on m'arrachait l'aumonier des mains et les gardiens me menaçaient. Lui, cependant, les a calmés et m'a regardé un moment en silence. Il avait les yeux pleins de larmes. Il s'est détourné et il a disparu." L'Etranger, Camus. |
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24/04/2011, 13h57
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#263 | | You're all crazy.
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| Citation: |
La grande différence entre les Hommes sur la terre n'est pas entre les riches et les pauvres ou le bien et le mal, c'est celle qui existe entre les gens qui ont du plaisir en amour et ceux qui n'en n'ont jamais eu, ceux qui se bornent à regarder avec envie ( une envie malsaine ), entre les spectateurs et les acteurs.
| & Citation: |
C'est une pensée solitaire, une condition solitaire, si terrifiante lorsqu'on y pense que nous n'y pensons généralement pas. Alors nous parlons aux autres, nous leur écrivons, nous leur téléphonons, nous les appelons à de courtes et longues distances par delà les terres et les mers. Nous leur serrons la main lors des rencontres et des départs, nous nous disputons, nous nous détruisons, même, à cause de cet effort toujours quelque peu frustré de briser les barrières pour se rejoindre. Comme le dit un personnage d'une pièce : "Nous sommes tous condamnés à une réclusion solitaire à l'intérieur de notre peau."
| Les deux sont de Tennessee Williams, auteur célébrissime que je viens seulement de découvrir sérieusement, et dont je suis tombée amoureuse. 
__________________ You can't buy happiness but you can buy ice cream and that's kind of the same thing. |
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: Mindfulista (24/04/2011)
24/04/2011, 16h55
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#264 | | Moral dans les tongs
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| Citation: | " Tu m'as décroché mes étoiles. Tu as donné de grands coups de hache dans notre amour. Tu m'as cassé mon rêve. Tu m'as sonné comme un boxeur. Je ne marche pas encore sur les genoux, mais j'ai les chevilles en coton. Tout se dérobe. Je ne sais plus où aller. Je me cogne. La seule porte de sortie, c'est toi et c'est fermé. J'ai voulu cent fois courir parce que je te voyais, mais, comme dans les aéroports, les baies étaient en verre épais. Ça fait mal quand on croit décoller et qu'on se les prend de plein fouet. On tombe comme les chevaux dans les abattoirs sous le coup bien placé d'un maillet. Tout s'écroule à cette seconde, tu meurs debout, le décor s'effondre ; les jambes rentrent dans la tête, la tête s'enfonce dans le sol. Et si, par hasard, tu en réchappes, c'est pour mourir quelques mètres plus loin, devant une autre porte vitrée. " | Extrait de Les enfants de l'aube...
Modifié par Rain 24/04/2011 à 17h14.
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25/04/2011, 00h24
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#265 | | Blasée
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| "La Petite Impératrice était considérée, il est vrai _ son titre l'indique déjà _ comme la souveraine des innombrables régions de l'Empire Fantastique sans limites, mais elle était en réalité bien plus qu'une souveraine ou, pour mieux dire, elle était tout autre chose.
Elle ne régnait pas, elle n'avait jamais recouru à la force ou fait usage de son pouvoir, elle ne donnait aucun ordre, ne jugeait personne, n'intervenait jamais et n'avait jamais besoin de se défendre contre un agresseur, car l'idée ne serait venue à personne de se soulever contre elle ou de l'attaquer. Devant elle, toutes les créatures étaient égales.
Il suffisait qu'elle fût là, mais elle avait une raison particulière d'être là : elle était le noyau de toute la vie du Pays Fantastique.
Et chaque créature, qu'elle fût bonne ou mauvaise, belle ou hideuse, gaie ou sévère, folle ou sage, tout le monde, sans exception, n'était là que grâce à sa présence à elle. Sans elle, rien ne pouvait subsister, pas plus que ne pourrait subsister un corps humain qui n'aurait plus de coeur.
Personne ne pouvait comprendre tout à fait son secret mais chacun savait qu'il en était ainsi. Aussi était-elle également respectée de toutes les créatures de son empire et toutes s'inquiétaient également pour sa vie. Car sa mort aurait en même temps signifié leur fin à tous, la chute de l'immense Empire Fantastique."
Extrait de "L'Histoire sans fin" de Michael Ende. Je voue une tendresse absolue pour la Petite Impératrice. |
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: Sèng (30/04/2011)
27/04/2011, 20h21
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#266 | | Busy living
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| Citation:
Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière. Ils marchèrent sur la pelouse. Il montra du doigt la cabane en disant :
"Voilà là cabane où je parle !"
Il s'était mis de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu'à la barque. Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu'il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Il tenait les paupières baissées. Il ne vit pas que la barque avait disparu. Il reprit au bout d'un certain temps, les larmes glissant sur ses joues :
"Je ne sais comment dire, Madame. Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids."
| Pascal Guignard - Tous les matins du monde |
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04/05/2011, 21h25
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#267 | | Mélange instable
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| " You may not be her first, her last, or her only. she loved before she may love again. But if she loves you now, what else matters? She's not perfect - you aren't either, and the two of you may never be perfect together but if she can make you laugh, cause you to think twice, and admit to being human and making mistakes, hold onto her and give her the most you can. She may not be thinking about you every second of the day, but she will give you a part of her that she knows you can break - her heart. So don't hurt her, don't change her, don't analyze and don't expect more than she can give. Smile when she makes you happy, let her know when she makes you mad, and miss her when she's not there. " Bob Marley |
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à Elégance :
: jaydi (17/05/2011), Kós (09/05/2011)
05/05/2011, 17h34
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#268 | | ¡Penistration Crew!
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| Citation: |
I love you also means I love you more than anyone loves you, or has loved you, or will love you, and also, I love you in a way that no one loves you, or has loved you, or will love you, and also, I love you in a way that I love no one else, and never have loved anyone else, and never will love anyone else.
| Johathan Safran Foer, Eveything Is Illuminated
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Bite-up et déspespéros.
Modifié par Bleuenn 05/05/2011 à 19h54.
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08/05/2011, 23h05
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#269 | | Kansas ou quoi ? ♥
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| Ce passage, que je connais par coeur : Citation: |
Mais pourquoi les hommes sont-ils méchants ? Pouquoi sont-ils si vite haineux, hargneux ? Pourquoi adorent-ils se venger, dire vite du mal de vous, eux qui vont bientôt mourir les pauvres ? Que cette horrible aventure des humains qui arrivent sur cette terre, rient, bougent, puis soudain ne bougent plus, ne les rende pas bon, c'est incroyable. Et pourquoi vous répondent-ils si vite d'une voix de cacatoès si vous êtes doux avec eux, ce qui leur donne à penser que vous êtes sans importance, c'est-à-dire sans danger ? Ce qui fait que des tendres doivent faire semblant d'être méchants pour qu'on leur fiche la paix, ou même, ce qui est tragique, pour qu'on les aime. Et si on allait se coucher et affreusement dormir ? Chien endormi n'a pas de puces. Oui allons dormir, le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient. Allons nous installer dans l'agréable cercueil. Comme j'aimerais pouvoir ôter, tel l'édenté son dentier qu'il met dans un verre d'eau près du lit, ôter mon cerveau de sa boîte, ôter mon coeur trop battant, ce pauvre bougre qui fait trop bien son devoir, ôter mon cerveau et mon coeur et les baigner, ces deux pauvres milliardaires, dans des solutions rafraîchissantes, tandis que je dormirais comme un petit enfant que je ne serai jamais plus. Qu'il y a peu d'humains et que soudain le monde est désert
| Albert Cohen, Le livre de ma mère
__________________ Le tigre c'est moi (et j'ai un tumblr). On est trop des bonnasses |
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3 Filles ont envoyé un Big up ! à Moka. :
: Glen Coco (22/07/2011), Louïse (11/05/2011), Swirly (09/05/2011)
21/05/2011, 20h28
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#270 | | Danse en culotte.
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| « La vie d'un homme, son destin, diront certains, sont souvent le fruit du hasard. Bien des gens, rencontrés dans mon existence, ont tenté de me convaincre du contraire, voire de m'expliquer plus modestement, qu'à leurs yeux le déroulement d'une vie s'effectuait sous le contrôle et la responsabilité de chaque individu. Chacun serait entièrement responsable de ce qu'il fait, des conséquences de ses actes et de leur issue. Il n'y aurait pas de destin, pas de hasard, pas de circonstances échappant à la volonté qui puissent expliquer qu'un homme vive un existence dont il ne serait pas entièrement responsable. A l'opposé, d'autres m'ont affirmé croire au destin, à la fatalité ou à la chance.
Je me positionne entre ces deux extrêmes, étant convaincu que l'homme doit s'efforcer de faire des choix de vie, après quoi il doit se battre pour les défendre, pour les concrétiser et pour faire qu'ils ne restent pas à l'état de rêves inassouvis ou d'envies contemplatives. Cependant, force est de constater que tout le monde ne peut pas être responsable à chaque instant du jour et de la nuit, chacun se laisse fatalement aller, par lassitude, besoin de décompresser et, dans ces moments là, le destin apparaît, sous une forme ou une autre, il s'impose, il frappe redoutablement ou comble magnanimement. De plus, même lorsque nous tentons de contrôler intégralement notre vie, nous efforçant de nous montrer responsables, sans offrir la moindre seconde de défaillance, nous nous heurtons aux autres, aux impondérables, à notre ignorance et à bien d'autres facteurs.
C'est ainsi que l'existence bascule parfois et précipite un homme dans une sente totalement inattendue ou même opposée à celle qu'il aurait suivie s'il avait réfléchi, s'il avait maîtrisé l'ensemble des paramètres qui conditionnent son avenir, s'il avait perçu l'issue vers laquelle il s'orientait. Il arrive que tout culbute en quelques secondes, un bref espace de temps qui bouleverse tout [...]
Quand un homme entre-t-il en rupture avec lui-même? Quand sa vie explose-t-elle? Est-ce au moment où un acte devient irréparable? Est-ce avant, lorsqu'il avance inexorablement vers la catastrophe? La réponse est impossible à apporter. [...]
Quand donc ma vie a-t-elle chaviré? Je me suis souvent posé cette question sans jamais parvenir à y répondre. La réponse est d'autant plus difficile à avancer que la mémoire se révèle parfois défaillante. » Philippe Maurice - De la haine à la vie. |
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31/05/2011, 18h15
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#271 | | Drôle de fille
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| "Certes, elle était bien résolue à ne pas lui permettre de la toucher seulement du bout des doigts; mais elle avait peur, s'il la touchait jamais, de sa lâcheté ancienne, de cette mollesse et de cette complaisance auxquelles elle se laissait aller, pour faire plaisir au monde"
Zola, L'Assomoir
__________________ "Moi je tue le premier, et après je pleure, comme ça, je survis."
G. Frêche |
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: Mindfulista (08/06/2011)
08/06/2011, 15h08
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#272 | | ▲
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| Citation: |
Le mélange des langues est un élément fondamental du mode de vie d'ici: on évolue dans une sorte de Babel permanente..
| Citation: |
Car il n'est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi même.
| Citation: |
Quand cette musique éclate, nous savons que nos camarades, dehors dans le brouillard, se mettent en marche comme des automates; leurs âmes sont mortes et c'est la musique qui les pousse en avant comme le vent les feuilles sèches, et leur tient lieu de volonté.
| Si c'est un homme, Primo Levi
__________________ Ton âme assoiffée de sang, ton petit cœur de beurre fondu et les saccades de ton cul
Modifié par Louïse 08/06/2011 à 15h15.
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02/07/2011, 21h03
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#273 | | Mélange instable
Par ici depuis February 2011
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| "Une abeille isolée de son groupe meurt en quelques heures, même si par ailleurs, le mileu est parfaitement convenable. Une abeille seule n'est pas une abeille. C'est une abeille morte. Un singe seul n'est pas un singe. I ne parvient pas à développer son capital génétique. Et comme il ne peut s'épanouir, il va se recroqueviller, se centrer sur lui même, se catatoniser et mourir.
Un homme seul n'est pas un homme.
[...] Ce n'est pas l'homme qui existe, c'est l'humanité. Et si l'on disjoint ls conceptions de nature et de culture, il faudra admettre que la nature animale n'existe pas puisqu'une abeille, puisqu'un singe, puisqu'un être vivant, seul, ne peut pas vivre, s'il est génétiquement grégaire."
Boris Cyrulnik, Mémoire de singe et paroles d'homme
__________________ L'avenir de l'homme est la femme, elle est sa rumeur et son bruit. Et sans elle il n'est que Blasphème. Aragon
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16/07/2011, 16h54
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#274 | | Soit tout soit rien.
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200 Big Up ! reçus dans 73 posts
| Citation: |
L'adversité, tel un vent furieux, nous empêche d'aller où nous voulons, nous dépouille et nous laisse face à nous-mêmes - tel que nous sommes, et non tel que nous pensions être.
| Geisha, Arthur Golden.
__________________ Mes amours sont dans les étoiles, des fois j'en suis inconsolable.
Et quand mes yeux pleurent d'autrefois, c'est d'un pays qui ne se voit pas. |
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3 Filles ont envoyé un Big up ! à Crépuscule :
: Akena (27/07/2011), Melody Nelson (20/07/2011), Xame. (17/07/2011)
21/07/2011, 09h36
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#275 | | statu quo
Par ici depuis December 2010
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651 Big Up ! reçus dans 127 posts
| Citation: |
C'est exactement ce que m'a dit un médecin, il y a bien longtemps, du reste, observa le statrez. Un homme assez âgé et fort intelligent. Il s'exprimait aussi ouvertement que vous, mais en badinant, quoique avec tristesse : « J'aime l'humanité, disait-il, et cependant je suis surpris ; mieux j'aime les hommes en général, plus ils me déplaisent en particulier, en tant qu'individus. Dans mes rêves, j'ai plus d'une fois passionnément servi mon prochain ; peut-être même eussé-je accepté de porter la croix pour lui, le cas échéant, et pourtant je ne peux vivre deux jours de suite avec la personne dans la même chambre - j’en sais quelque chose par expérience. Aussitôt que je me trouve en compagnie d'un de mes semblables, sa personnalité écrase la mienne, opprime mon amour-propre et gêne ma liberté. Je suis capable de prendre en grippe le meilleur des hommes au bout de vingt-quatre heures : parce qu'il est trop longtemps à table ou bien parce qu'il est enrhumé et se mouche trop souvent ! Je deviens l'ennemi des hommes dès qu'ils m'approchent. Mais, singulier phénomène, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d'amour pour l'humanité en général.
| Dostoïevski, Les frères Karamazov, Une dame incroyante (IV) |
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22/07/2011, 18h34
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#276 | | Sell the kids for food
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| Citation: |
Vous vous réveillerez dans un caveau où nul n'est descendu depuis vingt ans, et dans lequel, d'ici à vingt ans peut-être, nul ne descendra encore. N'ayez donc aucun espoir de secours, car il serait inutile. Vous trouverez du poison près de cette lettre : tout ce que je puis faire pour vous est de vous offrir une mort prompte et douce au lieu d'une agonie lente et douloureuse. Dans l'un et l'autre cas, et quelque parti que vous preniez, à compter de cette heure, vous êtes morte.
| Je ne sais pas vraiment pourquoi cet extrait m'intrigue tellement, c'est un passage de Pauline, de Dumas. Je devais le lire pour les cours et honnêtement, ça me soulait de devoir le dire, je me disais que ça allait être chiant comme bouquin et en fait, ce passage était sur la 4ème de couv, je l'ai lu et j'ai direct su que j'allais adoré ce livre. Je l'ai dévoré en à peine quelques jours et j'avoue avoir pleuré à la fin 
__________________ Is it cruel or kind not to speak my mind and to lie to you rather than hurt you ? |
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: Louis (23/07/2011)
25/07/2011, 23h51
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#277 | | Si tu savais...
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19 Big Up ! reçus dans 7 posts
| "Non. Je ne manque nulle part, je ne laisse pas de vide. Les métros sont bondés, les restaurants comblés, les têtes bourrées à craquer de petits soucis. J'ai glissé hors du monde et il est resté plein. Comme un oeuf. Il faut croire que je n'étais pas indispensable. J'aurais voulu être indispensable. A quelque chose ou à quelqu'un. A propos, je t'aimais. Je te le dis à présent parce que ça n'a plus d'importance." Les mots J.P.Sartre
__________________ "Qui cherche l'infini n'a qu'à fermer les yeux" [M.K.] |
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27/07/2011, 11h56
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#278 |
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4 Big Up ! reçus dans 3 posts
| Citation: | J’ai senti le coin de ma bouche s’étirer vers le haut et j’ai jeté un œil sur lui. Et juste à cet instant, il m’a regardée. Lui aussi souriait. Et… Impossible de décrire ce sourire-là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal-musette. Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des gazouillis d’oiseaux et des reflets sur un lac de montagne. Il me l’adressait, confiant et fier comme un enfant qui tend un cadeau d’anniversaire dans un paquet malmené. Ma bouche est restée étirée jusqu’aux oreilles. Et un arc de lumière a surgi entre nous, j’en mets ma tête à couper encore aujourd’hui –un de ces arcs bleus que mon prof de physique produisait avec une sorte d’appareil. Il s’est écoulé trois heures, ou trois secondes. | Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti |
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: Akena (27/07/2011)
30/07/2011, 11h51
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#279 | | Here comes the fun !
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422 Big Up ! reçus dans 84 posts
| Citation: |
(...)parce que, si elle ne l'aimait pas, son amour à lui était suffisant pour eux deux, il les protégeait à lui seul.
| Citation: |
Les choix se font en l'espace de quelques secondes et se paient le reste du temps.
| Citation: |
Elle était au salon et l'attendait. deux rangées de briques, quelques centimètres de crépi et neuf ans de silence les séparaient.
| La solitude des nombres premiers,
Paolo Giordano.
__________________ "-Ah, je me demandais où il était passé! -Qui donc? -Ben votre sourire!" |
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06/08/2011, 20h30
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#280 | | Gonflée à l'hélium
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| Du Meilleur des mondes préfacé par l'auteur, Aldous Huxley donc. Préface qui date de 1946 s'il vous plaît ! En fait c'est un retour de l'auteur vers son oeuvre des années après sa publication en 1932.
"[...] Si je devais réécrire maintenant ce livre, j'offrirai au Sauvage une troisième possibilité (NB : entre vie démente en Utopie et vie d'un primitif, vie plus humaine à certains points de vue, mais à d'autres, à peine moins bizarre et anormale). [...] Il y aurait la possibilité d'une existence saine d'esprit - possibilité déjà actualisée, dans une certaine mesure, chez une communauté d'exilés et de réfugiés qui auraient quitté Le Meilleur des mondes et vivraient à l'intérieur des limites d'une Réserve. Dans cette communauté, l'économie serait décentraliste, à la Harry George (faut que je me renseigne sur lui), la politique serait kropotkinesque et coopérative. La science et la technologie seraient utilisées comme si, tel le Repos Dominical, elle avaient été faites pour l'homme et non comme si l'homme devait être adapté et asservi à elles. La religion serait la poursuite consciente et intelligente de la Fin dernière de l'homme, la connaissance unitive du Tao ou du Logos immanent, de la Divinité ou Brahman transcendante.
[...]
" Il n'y a bien entendu aucune raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens. Le gouvernement au moyen de triques et de pelotons d'exécution, de famines artificielles, d'emprisonnements et de déportations en masse, est non seulement inhumain (cela, personne ne s'en soucie fort de nos jours) ; il est - on peut le démontrer - inefficace : et, dans une ère de technologie avancée, l'inefficacité est le pêché contre le Saint Esprit. Un Etat totalitaire vraiment "efficient" serait celui dans lequel le tout puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d'esclave qu'il serait inutile de contraindre parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude. La leur faire aimer - telle est la tâche assignée dans les Etats totalitaires d'aujourd'hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chefs de journaux, et aux maîtres d'école. Mais leurs méthodes sont encore grossières et non scientifiques. [...] Les plus grands triomphes, en matière de propagande, ont été accomplis, non pas en faisant quelque chose, mais en s'abstenant de le faire. Grande est la vérité, mais plus grand encore, du point de vue pratique, est le silence au sujet de la vérité. En s'abstenant simplement de faire mention de certains sujets, en abaissant ce que Mr. Churchill appelle un "rideau de fer" entre les masses et tels faits ou raisonnements que les chefs politiques locaux considèrent comme indésirables, les propagandistes totalitaires ont influencé l'opinion d'une façon beaucoup plus efficace qu'ils ne l'auraient pu au moyen des dénonciations les plus éloquentes, des réfutations logiques les plus probantes. Mais le silence ne suffit pas. Pour que soient évités la persécution, la liquidation et les autres symptômes de frottement social, il faut que les côtés positifs de la propagande soient rendus aussi efficaces que le négatif. Les plus importants des "Manhattan projects" de l'avenir seront de vastes enquêtes instituées par le gouvernement, sur ce que les hommes politiques et les hommes de science qui y participeront appelleront le problème du bonheur, - en d'autres termes, le problème consistant à faire aimer aux gens leur servitude.
[...]
Et la promiscuité sexuelle du Meilleur des mondes ne semble pas, non plus, devoir être fort éloignée. Il y a déjà certaines villes américaines où le nombre des divorces est égal au nombre des mariages. Dans quelques années, sans doute, on vendra des permis de mariage comme on vend des permis de chiens, valables pour une période de douze mois, sans aucune règlement interdisant de changer de chien ou d'avoir plus d'un animal à la fois. A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s'accroître en compensation. Et le dictateur (à moins qu'il n'ait besoin de chair à canon et de familles pour coloniser les territoires vides ou conquis) fera bien d'encourager cette liberté là. Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l'influence de drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort.
[...] nous n'avons le choix qu'entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational suscité par le chaos social résultant du progrès technologique rapide en général et de la révolution atomique en particulier, et se développant, sous le besoin du rendement et de la stabilité, pour prendre la forme de la tyrannie-providence de l'Utopie. On paie son argent et l'on fait son choix. "
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