16/11/2009, 15h48
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#181 |
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| "C'était entre elle et Darl qu'existaient l'intelligence et l'amour vrai. Il n'a fait que la regarder, sans même s'avancer là où elle aurait pu le voir et en être troublée. Il savait bien pourtant qu'Anse l'éloignait et qu'il ne la reverrait jamais. Il n'a rien dit. Il n'a fait que la regarder." "Il faut deux personnes pour faire un homme, mais il n'en faut qu'une pour mourir. C'est comme ça que le monde finira" Tandis que j'agonise, W. Faulkner.
C'est un extrait d'un bouquin de littérature que je dois lire. Je le trouve juste très beau.
Modifié par Beauty-of-dreams 16/11/2009 à 15h55.
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21/11/2009, 22h40
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#182 | | I shot Jesse James
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| Il serra la main de Klima et poursuivit : “Dans ce pays, les gens ne respectent pas le matin. Ils se font réveiller brutalement par un réveil qui rompt leur sommeil d'un coup de hache et ils s'abandonnent aussitôt à une hâte funeste. Pouvez-vous me dire ce que peut être une journée qui a débuté par cet acte de violence ? Que peut-il advenir de gens à qui leur réveil administre quotidiennement un petit choc électrique ? Ils s'accoutument chaque jour à la violence et désapprennent chaque jour le plaisir. Ce sont, croyez-moi, ses matinées qui décident du tempérament d'un homme.” La valse des adieux, Milan Kundera.
Ce passage c'est la concrétisation de ma grande révolte contre les réveils matin  J'ai eu un grand élan de solidarité pour Kundera quand j'ai lu ce passage. |
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22/11/2009, 10h52
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#183 | | Envie Dodo
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| "Au fur et à mesure que je découvre le corps de Min,centimètre par centimètre,il devient une terre infinie .Je l'explore,j'écoute le soupir de sa peau ,je lis la carte de ses veines.Nous inventons des jeux subtils.Avec le bout de ma langue,je dessine des caractères sur sa poitrine pour qu'il les devine.J'offre mon ventre à sa bouche,mon sein à son front .Min rampe sur moi en position de prière,à chaque mouvement il doit réciter un poème.Ses cheveux me chatouillent et me font rire.Pour me punir de ma moquerie ,il entre brusquement en moi.c'est le monde qui se déchire. Ma vue se trouble, mes oreilles bourdonnent. J’enfonce mes doigts dans mes cheveux, je mords le coin du drap. Les yeux fermés, j’entrevois dans les ténèbres les couleurs vives d’immenses drapeaux qu’on agite. Des contours se forment et se déforment, des êtres surgissent et s’évanouissent. Je vais mourir. Soudain j’ai l’impression d’être double. Une partie de moi-même me quitte et flotte en l’air. Elle me contemple, m’écoute gémir, râler. Puis en s’élevant, elle disparaît vers une hauteur inconnue, oiseau franchissant le col d’une montagne. Je ne l’aperçois plus. "
La joueuse de go,shan sa.
"Lunes interminables, univers opaque, grondements, tornades, séismes. Rares étaient les moments de repos: front contre genoux, bras autour du cerveau, je pansais, j'écoutais, j'aspirais à ne pas exister. Mais la vie était là, perle transparente, astre qui tournait lentement sur soi. J'étais aveugle. Mes yeux étaient fixés sur cet autre monde, cette autre existence qui s'effaçait chaque jour. Ses couleurs étaient éteintes, ses images devenaient confuses. Il me restait encore des cris étonnés, de pleurs affaiblis. La réminiscence impuissante m'oppressait, la mélancolie me brûlait. Qui suis-je? demandais-je à la Mort accroupie à mes pieds. Elle grogna et ne répondit pas.Ou suis-je? J'entendais les rires,des voix qui disaient "ce sera surement un garçon Monseigneur.Il bouge.Il a la rage en lui.Peu importait qui je serais.J'étais déjà lasse de cette immensité.J'étais lasse d'espérer,d'attendre,d'être moi,le centre du monde. Impératrice ,Shan sa. Je reviendrai bientot poster deux autres extraits ,de Joyce et de Paulo Neruda. |
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: Callie. (11/06/2010)
25/11/2009, 17h19
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#184 | | Gentlemen prefer blondes
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| "Si, en cours de route,j'avais perdu de mon ardeur, je la ranimais à l'aide d'autres images de meurtres, rêvant à des façons de tuer quej'ignorais : poignard enfoncé dans coeur, gorge tranchée, décapitation au sabre. Pour que le fantasme soit efficace, il fallait l'effusion du sang.
Etrange, car enfin il y aurait eu autant de cruauté à étrangler, empoisonner ou étouffer. Mon sexe ne s'épanouissait qu'à l'idée de l'hémoglobine. Il n'y a rien de plus bizarre que l'érotisme. "
Amélie NOTHOMB Journal d'hirondelle
__________________ You are like the tint that, added to a palette, makes the color beautiful Vicky Cristina Barcelona |
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25/11/2009, 17h25
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#185 | | Gentlemen prefer blondes
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| Une deuxieme , toujours de Nothomb (  )
«Le plaisir est une merveille qui m'apprend que je suis moi.» Métaphysique des tubes
__________________ You are like the tint that, added to a palette, makes the color beautiful Vicky Cristina Barcelona |
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25/11/2009, 22h31
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#186 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Je suis tombée dessus un peu par hasard, et je fais partager à tout le monde parce que c'est la meilleure préface au monde. Citation:
Si un auteur pouvait avoir quelque droit d’influer sur la disposition d’esprit des lecteurs qui ouvrent son livre, l’auteur des Contemplations se bornerait à dire ceci : Ce livre doit être lu comme on lirait le livre d’un mort.
Vingt-cinq années sont dans ces deux volumes. Grande mortalis aevi spatium. L’auteur a laissé, pour ainsi dire, ce livre se faire en lui. La vie filtrant goutte à goutte à travers les événements et les souffrances, l’a déposé dans son cœur. Ceux qui s’y pencheront trouveront leur propre image dans cette eau profonde et triste, qui s’est lentement amassée là, au fond d’une âme.
Qu’est-ce que Les Contemplations ? C’est ce qu’on pourrait appeler, si le mot n’avait quelque prétention, Les Mémoires d’une âme.
Ce sont, en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenus et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même nuée sombre. C’est l’existence humaine sortant de l’énigme du berceau et aboutissant à l’énigme du cercueil ; c’est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant derrière lui la jeunesse, l’amour, l’illusion, le combat, le désespoir, et qui s’arrête éperdu « au bord de l’infini ». Cela commence par un sourire, continue par un sanglot, et finit par un bruit du clairon de l’abîme.
Une destinée est écrite là jour à jour.
Est-ce donc la vie d’un homme ? Oui, et la vie des autres hommes aussi. Nul de nous n’a l’honneur d’avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi.
Ce livre contient, nous le répétons, autant l’individualité du lecteur que celle de l’auteur. Homo sum. Travers le tumulte, la rumeur, le rêve, la lutte, le plaisir, le travail, la douleur, le silence ; se reposer dans le sacrifice, et, là, contempler Dieu ; commencer à Foule et finir à Solitude, n’est-ce pas, les proportions individuelles réservées, l’histoire de tous ?
On ne s’étonnera donc pas de voir, nuance à nuance, ces deux volumes s’assombrir pour arriver, cependant, à l’azur d’une vie meilleure. La joie, cette fleur rapide de la jeunesse, s’effeuille page à page dans le tome premier, qui est l’espérance, et disparaît dans le tome second, qui est le deuil. Quel deuil ? Le vrai, l’unique : la mort ; la perte des êtres chers.
Nous venons de le dire, c’est une âme qui se raconte dans ces deux volumes. Autrefois, Aujourd’hui. Un abîme les sépare, le tombeau.
| Victor Hugo, Préface des Contemplations | |
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26/11/2009, 00h22
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#187 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Citation: |
Le moment le plus important, à mes yeux, est celui qui précède la lecture. Parfois le titre suffit pour allumer en moi le désir d'un livre qui n'existe peut-être pas. Parfois c'est l'incipit du livre, ses premières phrases... En somme : s'il vous suffit de peu pour mettre en route votre imagination, moi, il m'en faut encore moins : rien que la promesse d'une lecture.
| Si par une nuit d'hiver un voyageur, Italo Calvino | |
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3 Filles ont envoyé un Big up ! à :
: -Loreleï- (26/11/2009), Gat. (08/12/2009), Unsa' (26/11/2009)
26/11/2009, 17h54
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#188 | | Sur la nuit du monde.
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| Citation:
Posté par Léopoldine. Ce passage c'est la concrétisation de ma grande révolte contre les réveils matin  J'ai eu un grand élan de solidarité pour Kundera quand j'ai lu ce passage. | Alors là je suis bien d'accord ! Je ne sais pas comment font les gens pour se réveiller une demi heure avant de partir, devoir se presser, être stressé. Je préfère mille fois me lever une heure et demi avant s'il le faut, mais prendre mon temps
En tout cas ce passage exprime très bien ma position vis và vis du réveil précipité 
__________________ Polarhulle spirit. Who knew the Voodoo you'd do ? |
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27/12/2009, 00h15
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#189 |
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| J'apporte ma petite contribution a ce topic super bien penser : - "Il est la grande pensée de ma vie. Si tous les autres périssaient et que lui seul demeurât ,je continuerais encore d'exister, et si tous les autres demeuraient et que lui perît ,l'univers se transformerait en un vaste monde étranger: je n'aurais plus l'impression d'en faire partie." Les hauts de Hurlevent - Emily Brontë
- " L'homme le plus sage, que j'ai jamais connu, m'avait expliqué un jour qu'il n'existait pas dans la vie d'experience comparable à celle de la premiere fois où l'on déshabille une femme. Dans sa sagesse, il ne m'avait pas menti, mais il ne m'avait pas dit non plus toute la veritée. Il ne m'avait rien dit de cet étrange tremblement des mains transformant chaque boutons, chaque fermeture, en un travail de titan. Il ne m'avait rien dit de la magie de la chair pâle et frémissante, du premier frôlement des lèvres, ni du mirage qui semblait flamber dans chaque pore de la peau. Il ne m'avait rien mentionner de tout cela, parce qu'il savait qu'en le fesant il parlerait un langage de secrets qui, à peine dévoilés, s'enfuieraient à tout jamais. Milles fois j'ai voulu revenir en arriere et me perdre dans se souvenir dont je peux tout juste sauver une image dérobée à la chaleur des flammes ....." A lombre du vent - Carlos Ruiz Zaphon
- Et une jolie phrase : "Il a le charme du diable . Elle a la force des anges ". Marc Levy - Et si c'etait vrai
J'espere ne pas avoir mis de citation déjà citer 
__________________ Le coeur d'une femme est un océan de secret ... |
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: Iana29 (29/12/2009)
01/01/2010, 15h29
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#190 | | Complètement paumée
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194 Big Up ! reçus dans 80 posts
| L’homme ne peut jamais savoir ce qu’il faut vouloir car il n’a qu’une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures.
Vaut-il mieux être avec Tereza ou rester seul ? Il n’existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n’existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation. Comme si un acteur entrait en scène sans avoir jamais répété. Mais que peut valoir la vie, si la première répétition est déjà la vie même ?
C’est ce qui fait que la vie ressemble toujours à une esquisse. Mais même « esquisse » n’est pas le mot juste, car une esquisse est toujours l’ébauche de quelque chose, la préparation d’un tableau, tandis que l’esquisse qu’est notre vie est une esquisse de rien, une ébauche sans tableau.
Tomas se répète le proverbe allemand : einmal ist keinmal, une fois ne compte pas, une fois c’est jamais. Ne pouvoir vivre qu’une vie, c’est comme ne pas vivre du tout.
Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être
__________________ Je ne t'aime pas pour ce que tu es, mais c'est parce que je t'aime que tu es ce que j'aime. |
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: Season (19/12/2010)
21/01/2010, 10h20
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#191 | | Mélange instable
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| Une petite phrase:
"J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges."
Rimbaud 
__________________ "Si votre quotidien vous parait pauvre, ne l'accusez pas. Accusez-vous vous même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses." - Rilke > Tumblr |
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24/01/2010, 20h16
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#192 | | But, hum...
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| Le Barbier de Séville - Beaumarchais Ce topic est une très bonne idée  ... je viens de lire les premières pages et c'est vraiment intéressant
Quelques phrases que j'ai retenu, pour l'instant, dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais: Citation: |
Figaro - L'habitude du malheur. Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.
| Scène 2, Acte I Citation: |
Figaro - En occupant les gens de leur propre intérêt, on les empêche de nuire à l'intérêt d'autrui.
| Scène 4, Acte I Citation: |
Bartholo - J'aime mieux craindre sans sujet que de m'exposer sans précaution.
| Scène 4, Acte II Citation: |
Rosine - Mais, Monsieur, s'il suffit d'être homme pour nous plaire, pourquoi donc me déplaisez vous si fort?
| Scène 4, Acte II |
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03/02/2010, 21h07
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#193 | | Invisible
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| " Étranger: Je suis bien de votre avis. Dix ou quinze femmes à histoires ont sauvé le monde de l'égoïsme.
Le président: Elles l'ont sauvé du bonheur! Je la connais, Electre! Admettons qu'elle soit ce que tu dis, la justice, la générosité, le devoir. Mais c'est avec la justice, la générosité, le devoir et non avec l'égoïsme et la facilité que l'on ruine l'État, l'individu et les meilleures familles. [..] Parce que ces trois vertus comportent le seul élément vraiment fatal a l'humanité; l'acharnement. Le bonheur n'a jamais été le lot de ceux qui s'acharnent [...] Une époque heureuse, c'est l'unanime capitulation. " Electre de Jean Giraudoux
Ce passage m'avait tellement interloqué que j'avais immédiatement cherché un crayon pour le noter quelque part. Mais la pièce dans sa globalité m'a fait énormément réfléchir.
__________________ Elle se refuse toujours à entendre, à comprendre [P.Eluard]
Modifié par Caracallas 08/01/2011 à 12h14.
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11/02/2010, 00h06
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#194 | | Allez, pars, maladie.
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| Cet extrait j'ai hésité à le mettre dans le topic "les citations qui ont changé votre vie" : Citation:
S'il est un fait étrange et inexplicable, c'est bien qu'une créature douée d'intelligence et de sensibilité reste toujours assise sur la même opinion, toujours cohérente avec elle-même. Tout se transforme continuellement, dans notre corps aussi et par conséquent dans notre cerveau. Alors, comment, sinon pour cause de maladie, tomber et retomber dans cette anomalie de vouloir penser aujourd'hui la même chose qu'hier, alors que non seulement le cerveau d'aujourd'hui n'est déjà plus celui d'hier mais que même le jour d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier ? Être cohérent est une maladie, un atavisme peut-être ; cela remonte à des ancêtres animaux, à un stade de leur évolution où cette disgrâce était naturelle.
Un être doté de nerfs moderne, d'une intelligence sans œillères, d'une sensibilité en éveil, a le devoir cérébral de changer d'opinion et de certitude plusieurs fois par jour.
L'homme discipliné et cultivé fait de son intelligence les miroirs du milieu ambiant transitoire ; il est républicain le matin, monarchiste au crépuscule ; athée sous un soleil éclatant et catholique transmontain à certaines heures d'ombre et de silence ; et ne jurant que par Mallarmé à ces moments de la tombée de la nuit sur la ville où éclosent les lumières, il doit sentir que tout le symbolisme est une invention de fou quand, solitaire devant la mer, il ne sait plus que l’Odyssée.
Des convictions profondes, seuls en ont les êtres superficiels. Ceux qui ne font pas attention aux choses, ne les voient guère que pour ne pas s'y cogner, ceux-là sont toujours du même avis, ils sont tout d'une pièce et cohérents. Ils sont du bois dont se servent la politique et la religion, c'est pourquoi ils brûlent si mal devant la Vérité et la Vie.
Quand nous éveillerons-nous à la juste notion que politique, religion et vie en société ne sont que des degrés inférieurs et plébéiens de l'esthétique - l'esthétique de ceux qui ne sont pas capables d'en avoir une ? Ce n'est que lorsqu'une humanité libérée des préjugés de la sincérité et de la cohérence aura habitué ses sensations à vivre indépendantes, qu'on pourra atteindre, dans la vie, un semblant de beauté, d'élégance et de sincérité.
| - Extrait de "Chronique de la vie qui passe", Fernando Pessoa
__________________ Songe : mensonge ou message ? Gémissant mais sage, je sème en son jeu ces jets mi-sangs mi-songes. |
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: Louis (08/07/2010)
18/02/2010, 17h53
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#195 | | Mélange instable
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| Citation: |
C'est drôle, ce besoin qu'ont les gens d'accuser les autres d'avoir gaché leur existence. Alors qu'ils y parviennent si bien eux-même, sans l'aide de quiconque !
| Cosmétique de l'ennemi, A. Nothomb Citation: |
On se rappelle beaucoup mieux les bos moments, alors à quoi servent le mauvais ?
| L'écume des jours, B. Vian Citation: |
Je ne veux pas gagner ma vie, je l'ai.
| L'écume des jours, B. Vian Citation: |
Je ne puis arracher cet amour de mon coeur qu'en arrachant mon coeur même.
| La symphonie pastorale, A. Gide Citation: |
J'aurais voulu pleurer, mais je sentais mon coeur plus aride que le désert.
| La symphonie pastorale, A. Gide |
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21/02/2010, 22h34
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#196 | | Avaleuse de livres
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| "Le vrai drame, la vraie injustice, c'est de survivre tout seul quand on se sent inutile. ou de mourir pour rien en croyant qu'on va sauver quelqu'un."
La demi-pensionnaire, D. VAN CAUWELAERT |
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à Iana29 :
: Ciel (15/03/2010), Rory. (18/08/2010)
15/03/2010, 21h32
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#197 | | Mélancolie
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| J'ai du l'écrire au moins dix million de fois en trois minutes, et j'emmerde tous le monde avec, mais je suis en train de lire La maladie de Sachs, et j'ai noté deux trois extraits : "est-il jamais possible d'être adolescent au bon moment ?" "Combien de temps faut-il pour jouir ? Une éternité. Combien de temps ça dure ? Combien de temps faut-il pour se mettre à souffrir ? Une fraction de seconde. Combien de temps ça dure ?" "Le monde est tout ce qui se crie" qui est déjà un extrait d'un autre truc dans le livre. Et je reviendrais surement poster toutes celles que j'ai sur mes Gavalda et sur Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne.
__________________ On ne s'évade pas de soi-même. |
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Jules. (14/09/2010)
20/03/2010, 10h58
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#198 | | strong enough
Par ici depuis August 2006
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2 797 Big Up ! reçus dans 1 082 posts
| Citation: |
Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels. Toutes les femmes sont perfides, artificielles, vaniteuses, curieuses et dépravées. Le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange. Mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : "J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui".
| Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte II, scène 5
__________________ "Qu’importe le temps qu’emporte le vent
Mieux vaut ton absence que ton indifférence." |
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20/03/2010, 11h45
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#199 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Citation:
Il y a quelque chose en vous qu'on ne comprend pas bien. Votre voix.
Je souris sans répondre. Ce type était infernal.
- Vous avez une voix trop pleine. Vous n'êtes pas chanteur ?
- Oh ! Je chante quelquefois pour me détendre.
Je ne chantais plus maintenant. Avant oui, avant l'histoire du gosse. Je chantais et je m'accompagnais à la guitare. Je chantais les blues de Handy et les vieux refrains de La Nouvelle-Orléans, et d'autres que je composais sur la guitare, mais je n'avais plus envie de jouer de la guitare. Il me fallait de l'argent. Beaucoup. Pour avoir le reste.
- Vous aurez toutes les femmes, avec cette-vois là, dit Hansen.
Je haussai les épaules.
- Ca ne vous intéresses pas ?
Il me lança une claque dans le dos.
- Allez faire un tour du côté du drugstore. Vous les trouverez toutes là.
| J'irai cracher sur vos tombes, Boris Vian. | |
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20/03/2010, 14h32
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#200 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Citation:
La légitimité du dégoût face à la difformité est un principe universel. Quand j'étais enfant, il paraissait acquis que c'était là une loi naturelle à laquelle il était juste de se plier. Alors peu à peu, l'anomalie n'est plus qu'une simple fraction d'une personnalité plus complexe, plus riche... L'anomalie est votre identité.
C'est ce que j'appelle "la fatalité du grille-pain": quand un grille-pain est défectueux, il cesse d'être un grille-pain pour devenir un machin cassé... Il ne viendrait à l'esprit de personne de trouver une place dans la cuisine pour que le "machin cassé" y continue son existence. Si vous ne savez pas le réparer, lui redonner sa fonction première, vous vous en débarrassez.
Comment ne pas se haïr quand vers huit ans on réalise qu'on partage la condition des ustensiles de cuisine ? Comment ne pas se haïr quand il est si naturel de se faire haïr ? Se haïr aussi fondamentalement, c'est comme se réveiller tous les matins avec le canon d'un pistolet dans la bouche. De guerre lasse, on en est parfois réduit à supplier que le coup parte. | Manu Larcenet, dans Blast Grasse Carcasse. | |
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