09/08/2011, 23h04
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#1 | | OrchestreuZ madmoiZelle | Thème d'écriture : Nuit étoilée Un thème ô combien poétique pour ces fins de vacances ! Je rechigne à vous imposer des contraintes cette fois-ci puisqu'après tout, l'été est le temps de la liberté. Vous devrez donc simplement écrire un texte, quelle qu’en soit la forme, sur le thème d'une nuit étoilée.
On continue avec le nouveau fonctionnement de l'atelier écriture, et vous devez donc poster vos participations directement à la suite de ce message !
N'hésitez pas à commenter les textes publiés, et à faire des suggestions pour les prochains thèmes ! |
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10/08/2011, 16h20
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#2 | | Pour le meilleur et pour le rire. | Tac tac tac tac tac.
Le bruit des talons, tous ces talons ! sur le sol dur et froid. Il n’avait aucune conscience de ce qui venait de se passer. A vrai dire, son esprit avait préféré partir vagabonder avant. Oui, bien avant. Puisque de toute façon, il savait. Eux ne savaient rien, eux pensaient tout connaître, eux voulaient juste expédier le tout. Mais lui, il savait. Et c’est avec cette certitude que son esprit leur avait claqué la porte au nez, à tous. Tac tac tac tac tac.
Les pas, tous ces pas autour de lui. Comment pouvaient-ils être aussi légers ?
Parce qu’ils n’en ont rien à foutre, voilà pourquoi.
Ils allaient l’accompagner jusqu’à la voiture, puis ils s’en iraient. Eux, ils retrouveraient leurs familles, leur confort, leur télé à la con et leurs journaux qui dégueuleront des mensonges à son sujet. Pendant que sa famille à lui continuerait de mourir à petit feu. Parce que personne n’a voulu écouter. Parce que personne n’a voulu croire. Parce que personne n’y accorde la moindre importance.
On lui avait posé un pull sur la tête, qu’on lui maintenait baissée, dirigée vers le sol. Il ne voyait rien. Tac tac tac tac tac.
De l’air frais, voilà. Enfin, sortis. Dehors. Plus que jamais il ressentait combien tout est éphémère. Il faisait nuit. Sans doute une nuit splendide, avec des tonnes d’étoiles aussi brillantes que les yeux de Louise. Sa Louise. Qui devait pleurer. Suffoquer. Douter ? Non. Pas douter. Elle ne devait pas douter, c’était tout ce qui lui restait. Clac.
Plus de talons qui claque. On venait de le pousser dans une voiture, avant de refermer la portière derrière lui. Quelqu’un tenait toujours le pull sur sa tête. Il n’avait même pas pu voir la lueur de la lune, les couleurs du ciel qui s’endormait. Rien. On ne le laisserait plus rien voir parce qu’il n’était plus rien, lui-même. Pour personne. On le laisserait se décolorer, son monde. On l’enfermerait dans du gris. Avec des murs gris. Des barreaux gris. Des draps gris. Des vêtements gris. Un teint gris. Tac … tac… tac… tac…
Des talons, encore. Mais plus lents. Il avait changé d’entourage. Il était arrivé. On l’avait tiré hors de la voiture comme s’il n’était qu’un paquet dont il fallait se débarrasser. Pas un homme. Un déchet. Le chemin qu’il parcourut lui sembla interminable. Il entendait la nuit, dehors. Dans ses pensées, son esprit revint, les bras chargés de couleurs. Il en aurait besoin. Les couleurs de ses souvenirs, et la certitude de son innocence, c’était tout. Tout ce qui lui restait. « Entre. »
On l’aurait fouetté, l’effet aurait été le même. Une main lui enleva le pull qu’il avait sur la tête. Devant lui, un immense couloir, sombre. Qui puait l’humidité, la mort, la solitude, la peur. Il entendit un grincement strident. Il tourna la tête. Il la vit. La nuit, belle, étoilée, magique, et libre.
Et la porte de fer de la prison se referma sur lui.
__________________ Faut pas pousser Mémé dans les orgies. |
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10/08/2011, 18h59
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#3 | | Woo ! | Dana poussa la porte vitrée du Tinajo, s’engouffrant à l’extérieur du restaurant malgré le courant d’air froid qui gifla son visage. A sa suite, ses amis riaient, deux d’entre eux venant se pendre à ses bras. La jeune femme secoua la tête afin de dégager ses cheveux de son visage, puis observa au bout de la route les dunes qui la séparaient de la plage, et au dessus d’elles, le bleu sombre, presque noir, du ciel découvert. Caché derrière la digue, l’océan paraissait l’appeler, et inconsciemment, elle fit un pas vers lui. C’est presque naturellement que ses amis firent de même, et bientôt, ils étaient tous les cinq allongés sur le sable fin, le regard caressant la mer, confondue à cette heure avec le ciel.
Elle n’aurait su dire comment elle se retrouva dans l’eau, faisant la planche, bercée par les vagues. C’était juste ses émotions qu’elle ne maitrisait plus, le parfum de l’iode qui la rendait ivre, l’alcool dans ses veines, qui l’immunisait contre le froid. C’étaient les étoiles, devant ses yeux, étalées sur la voûte céleste comme de l’huile sur une toile, qui illuminaient son corps. De ses bras ouverts, elle les étreignait.
Elle sentait ses yeux se fermer lorsque des éclaboussures dérangèrent sa méditation. Cet imbécile qui jouait des embruns était encore plus saoul qu’elle, et Dana ne se gêna pas pour le lui faire remarquer. Ce fut comme si elle n’avait rien dit, et son ami s’approcha d’elle en quelques mouvements approximatifs.- Quand je serai morte, je serai une étoile, soupira t-elle. Je serai la plus chouette des étoiles de la constellation de l’ornithorynque. - Ça existe, ça ? demanda son ami, sceptique. - Qu’est-ce que j’en sais ! Il n’en fallut pas plus à Dana pour regagner la plage, et c’est lorsqu’elle sortit de l’eau qu’elle en ressentit la fraicheur. La douce torpeur dans laquelle l’avait plongée l’alcool commençait à se dissiper et les étoiles, bien que brillantes, ne la réchauffaient pas comme le soleil. Pourtant, la jeune femme n’était pas rancunière. Alors malgré les frissons et la chair de poule, le visage dressé vers le ciel, elle sourit à ces pépites de lumière, et, dans la félicité de son bain de minuit, elle les tint contre elle.
Gnangnan ? Nooooon, pas du tout ! 
__________________ I would spread the cloths under your feet But I, being poor, have only my dreams I have spread my dreams under your feet Tread softly because you tread on my dreams.*
Modifié par Nunnally 11/08/2011 à 05h16.
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11/08/2011, 00h01
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#4 | | You're not the kind of a boy, for a girl like me. I'm just a song in a dance, you're a symphony. | Il était tard et la nuit était claire, silencieuse et sombre, dans le village de campagne de Cassiopée. Dans ces moments-là, elle aimait s'asseoir dans son jardin, alors que tout le monde dormait chez elle, et que toutes les lumières étaient éteintes.
Elle avait toujours voulu aller vivre autre part, dans une grande ville où les heures de sa vie paraîtraient moins creuses, et moins vide de sens. Elle voulait frémir d'excitation à l'idée que la ville résonne encore, vive encore, au creux de la nuit. Que tout soit animé, lumineux, pas comme dans son village perdu au fond de la campagne.
Cassiopée leva les yeux au ciel. Les étoiles scintillaient dans le firmament, et à chaque clignement d'oeil, elle découvrait un nouvel astre. Observer le ciel nocturne avait toujours avait toujours fait naître des questions existentielles chez Cassiopée. Une fois encore, elle se demanda si quelqu'un là-haut dirigeait sa vie comme si elle n'était qu'une marionnette, si ce quelqu'un, cette chose pouvait deviner ses voeux les plus secrets, les plus intimes.
Puis, comme à chaque fois, elle se demanda combien de personnes regardaient le ciel au même instant qu'elle. Et si elle n'était pas la seule, l'unique à le faire, elle se demanda ce qu'ils ressentaient à cet instant précis.
Cassiopée ferma les yeux et sourit. Quand la nuit était sa seule compagne, que les étoiles étaient ses seules spectatrices, elle avait l'impression qu'elle était enfin libre de tout faire, de tout penser, de tout dire. Est-ce que d'autres personnes ressentaient cela ?
Et puis Cassiopée se rappela tout à coup de ce que lui avait dit une amie qui elle habitait dans la grande ville, cet endroit rêvé, fantasmé depuis si longtemps.
" Tu sais Cassiopée, ici, on ne voit pas les étoiles."
"Ah oui, je suppose que c'est à cause de la pollution ! Mais lorsque le ciel est clair..."
" Même quand le ciel est clair. C'est la faute des lumières de la ville. Elles sont trop puissantes pour distinguer quoi que ce soit". |
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Doll Vintage (17/08/2011)
11/08/2011, 18h00
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#5 | | Petite pour tout cela. | Certaines nuits d'insomnies, quand le ciel est clair et rempli d'étoiles, Zoé se souvient des jours, des semaines et des mois, passés à ressasser chaque parole, à se nourrir de chaque regard. Elle ouvre sa fenêtre, s'installe sur son appui et laisse pendre ses jambes dans le vide. Il y a longtemps, c'était un rituel. C'est devenu une habitude, avant de n'être plus qu'un vieux souvenir. Elle n'avait pas quinze ans, et venait de découvrir le force de l'apparence. Il lui avait suffi de s'habiller comme une ado à la cool pour ne plus être seule, pour s'attirer les regards. Pour susciter de l'intérêt. Ca l'amusait, ce pouvoir, mais en même temps, ça la dérangeait. Tout ne tenait donc qu'à ça ? C'était à la fois facile et désolant. Facile de se laisser glisser dans les bras de jolis garçons, simple de respirer leurs odeurs, de rire avec eux, d'apercevoir à quel point elle pouvait être jolie, pouvoir de l'effet miroir. Mais désolant d'avoir à l'esprit l'idée qu'à peine deux mois auparavant, ils ne lui auraient pas accordé une seule parole, sinon pour se rire d'elle. Zoé ne s'attachait pas, c'était de son âge, c'est ce qu'ils croyaient tous, mais ça n'avait rien à voir. Elle ne voyait pas l'intérêt d'aller au-delà des baisers avec ceux qui tombaient amoureux d'une imposture. Elle avait toujours été la même, ils n'avaient pu en prendre conscience qu'une fois Zoé entrée dans le moule. Jeans trop larges, ongles peints en noirs, t-shirts qui laissaient entrevoir son ventre, et manières de petite allumeuse. Une fumiste, perdue dans des fringues trop grandes. Ca la faisait sourire, et ça l'emplissait d'un sentiment qu'elle ne parvenait pas à nommer. Qui sait nommer la nostalgie, la première fois ? Il y avait une exception, dans la vie de Zoé. Un garçon à part, qu'il était difficile de rater quand on le croisait dans la rue. Une année de plus, et des regards appuyés qui remontaient à avant son changement d'apparence. Il était inclassable, et Zoé le croyait hors de portée. Plus de 45 cm de de différence, ça fait tout un Monde, surtout quand on a quatorze ans et l'habitude de sentir à part, petite fille à l'ouest dans la cour des grands. Elle cherchait ses yeux, dans les salles de classe, les longs couloirs, la cour immense. Il n'était pas difficile de les trouver, ils étaient souvent posés sur elle. Au début, la frousse au ventre, elle n'a rien dit. Elle s'est tenue éloignée, tant qu'elle le pouvait. Rêver de loin, ça dévore, mais ça ne brûle pas. Elle l'a étudié, et a fini par cerner ses centres d'intérêt. Elle a fait mine de s'y intéresser, il l'a vite arrêtée. Il a dit, je suis accro, Zoé, il a dit, arrête de faire semblant, je m'en fous. Je suis accro, et puis c'est tout. Elle a basculé. Ce jour-là, elle l'a choisi. C'était tant de chaleur d'un coup, tant de sensations nouvelles. Et cette euphorie, montée brusquement, sans sembler vouloir jamais redescendre. Zoé ne savait tout simplement pas qu'en se laissant gagner par ces émotions, elle ne pourrait plus s'en défaire. Que cela durerait deux longues années. Et que sans la violence de la douleur, proportionnelle à ce viendrait avant, sans les coups dans les yeux, les larmes qui brouillent la vue, ça aurait pu s'éterniser encore. Elle avait quatorze ans, quand elle est tombée amoureuse. C'était la première fois, et il parait que ça change tout. De ça, elle ne sait rien, elle a aimé depuis, et finalement, le coeur à l'endroit mis à part, ça n'a pas tellement été différent. C'était un garçon qui aimait beaucoup l'écouter, l'embrasser, lui apprendre la confiance. En elle, surtout. La conseiller, poser les mains sur elle. Mais elle n'était que l'Autre, parmi les autres. Il y avait son amoureuse, il y avait les autres, puis il y avait Zoé. Il est le premier qu'elle ait touché, mais surtout, qu'elle ait aimé. Le reste importe peu, finalement. Ce jeu-là n'a duré que quelques mois. Il a fini par comprendre qu'il brisait plus qu'il n'apportait sur son passage, et a fait un grand ménage. Ne sont restées que les autres, sans majuscules. Des petites, un peu trop fines, les yeux bleus. Mais incassables. Plus d'amoureuse, et plus de Zoé. Seulement une présence, des regrets, des remords, des crises de jalousie, un poids mort dans la sacoche de Zoé, qui n'avançait plus. Elle ne voulait plus. Du fond de son lit, elle voyait le plafond et c'était suffisant. Il a fallu du temps, des jours et des jours, qui ont formé des mois. Elle l'a chassé de sa vie -c'était trop dur de l'avoir tout près- et une poignées d'autres mois sont passé. C'était toujours douloureux, mais ça ne paralysait plus. Zoé a renoué avec la vie, le coeur à demi saccagé, à demi réparé. Et elle a passé de nombreuses nuits sur son appui de fenêtre, à regarder briller les étoiles en se remémorant chaque instant. Certains soirs, les larmes lui montaient aux yeux, mais elle parvenait à les ravaler. Mais le plus souvent, il ne restait plus que des sourires, et une étrange sérénité. C'était presque bien, c'était doux, ça ne lançait plus. Depuis, les larmes ont fini par disparaître, emportant l'émotion avec elles. Et Zoé trouve ça un peu dommage. Comme si les étoiles manquaient un peu d'éclat.
__________________ Et ta peau, plus que n'importe quels autres mots,
Me montre le visage des amours sans rivaux. |
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4 Filles ont envoyé un Big up ! à Antigone. :
: Al. (12/08/2011), bou2gome (19/08/2011), Sowssette (12/08/2011), Thisbé (18/08/2011)
12/08/2011, 14h00
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#6 | | Chandler Bing. | Les yeux pleins d'étoiles. Chaque soir il descendait les escaliers avec une impatience digne d'un gamin de 5 ans. Il en avait plus du triple, mais cela ne l’empêchait pas de courir. Il était impatient. Car pour lui, c'était ça l'été. Lui qui vivait en ville, la campagne, la nuit, c'était son bol d'air frais. Son bol de rêves. Son échappatoire. Il courus jusqu'au milieu du jardin. A peine eut-il levé la tête qu'un goutte s'écrasa sur son front. "Oh non..." Murmura-t-il. Hélas, il ne pouvait rien y faire. Il fit demi-tour, lentement. Déçu. Il dus accélérer le pas, car le crachin devenait déjà orage. Non, ce ne seras toujours pas pour ce soir. Voila maintenant deux semaines qu'il est ici. Et il n'as toujours pas pus les voir. Il soupira. Et s'en fut, aux creux de ses couvertures chaudes. Peut-être demain.
Trop d'espoir. Le même scénario. Une course. Une espérance. Une goutte. Une déception.
Le dernier jour. Le dernier soir. Cette fois, la mort dans l'âme, il ne se dépêche pas. Non, il se demande même pourquoi il persiste à sortir. Un rituel. Le rituel des vacances. Infatigable. Immuable. Alors, il sort. Jusqu'au milieu du jardin. De nouveau. Comme d'habitude. Il fredonne la chanson, levant la tête lentement vers le ciel...couvert d'étoiles. Le jeune homme écarquilla les yeux. De surprise. De bonheur. Les voila. Enfin. Ces chères amies. Ces amantes. Ces compagnons de voyages. Lentement, il tomba sur le dos, dans l'herbe fraîche. Encore mouillée. Et il se laissa tomber. Dans ce grand tableau, infini. Les étoiles étaient la, a perte de vue. Elles avaient toujours été la. Mais les nuages, jaloux de leurs beauté, les cachait. Mais finalement, les voila. Les unes plus belles que les autres. Rivalisant avec la plus vive d'entres elles, le soleil. Rivalisant avec la plus romantique d'entres elles, la lune. Et le jeune homme, redevenus gamin de 5 ans, était la. Les bouffant des yeux. Insatiable. Il resta la pendant des heures. Il photographiait des yeux. Gardant ses photos au plus profond de son âme.
Jusqu'à l'année prochaine.
L'aube arrive. Dans un dernier clin d'oeil, la lune laisse sa place au soleil.
Le rêve laisse la place à la réalité. Et le jeune homme se lève, prêt à l'affronter. |
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19/08/2011, 19h28
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#7 | | de quoi? | Il a éteint les phares de la voiture.
Une petite route au nord de l'Allemagne. Elle évolue dans un paysage tellement plat qu'on ne sait pas si elle touche encore le sol. Un mirage peut-être. Si on n'avait pu toucher le bitume encore tiède du jour endormi, on n'aurait pas pu savoir si elle existait au-dehors de l'imagination.
Il a éteint les phares de la voiture. Personne n'a posé de questions, personne n'a parlé. On ne parle pas lorsqu'on se retrouve subitement sous les draperies somptueuses tissées entre la cime des derniers arbres de la forêt et l'infini de la mer. On ne parler pas lorsqu'on regarde le sublime dans les yeux.
Tout est immobile, la nuit retient son souffle. L'au-delà se découvre, brillant derrière les milliers de trous laissés par les étoiles. Le voyageur sent les sent, elles lui piquent les yeux, transpercent son âme de leurs aiguilles, il sent chaque aiguille dans son âme le relier à l'au-delà. Les étoilent arrachent des bout de sa chair pour les donner en offrande à l'au-delà. Le feu des innombrables holocaustes brille derrière le ciel respectueux. Personne ne parle, c'est son âme que l'on contemple dans le ciel, et celle de tous les autres aussi, volées et unies pour entretenir la splendeur d'un ciel solitaire dans lequel se perdent la mer, la petite route, la voiture aux phares éteints. Et le reflet de tes yeux.
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GWENDOLEN : [After a pause.] They don't seem to notice us at all. Couldn't you cough?
CECILY : But I haven't got a cough.
GWENDOLEN : They're looking at us. What effrontery!
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Léonie. (24/08/2011)
30/08/2011, 14h38
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#8 | | Guest | Elle se faufilait lentement, à la manière des chats chassant, entre les bras de Sieur Jour. À ses bras, les clochettes des vents du soir, murmurant sa venue sur les terres mortelles.
Après un sourire qui fit pétiller ses yeux d'un éclat sombre, elle entama une danse étrange, tournoyante, vibrante, suivie de sa longue robe allant de l'indigo profond au noir total. Dans le plus grand des silences, elle dansait, dansait !
Sieur Jour était fasciné, si bien qu'il s'écartait doucement pour ne pas la gêner, mais elle se rapprochait toujours de lui en quelques pas, en quelques oscillations de hanche... Elle avançait de plus en plus vite, ses yeux brillaient de plus en plus fort, alors que Sieur Jour tombait, lentement mais sûrement, dans le piège.
Puis, soudain, ultime mouvement : sa hanche heurta celle du Jour, ils tombèrent tout deux à la renverse, elle sur lui. Et alors qu'elle avait le plein pouvoir, le couvrant d'ombres et de désir, elle défit de ses doigts lestes l'épingle acérée qui tenait ses cheveux de jais, et l'enfonça avec rage dans la gorge du Jour.
Le sang-Soleil gicla, et les gouttes constellèrent la robe de Dame Nuit de taches scintillantes.
Chaque soir, Dame Nuit danse de nouveau, et les yeux des hommes se détournent de leurs tombes, pour regarder, émerveillés, la Nuit étoilée.
(Musique : A Madre Do Que Livrou, d'Angels of Venice) | |
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03/09/2011, 10h22
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#9 | | La fille qui vomit | La putain d'histoire vraie (et muette).
T'as bu, j'suis ivre. C'est la première fois qu'on se voit. C'est une soirée fade organisée dans un hangar puant perdu dans la campagne par un type qui fête son anniversaire. J'connais personne. Toi non plus, je te connais pas.
T'es même pas beau.
On décide de s'éloigner, d'aller marcher. On partage cette envie d'être ailleurs, ce sentiment de fuite constante. Pourtant on ne se dit rien. Et d'abord, j'arrive pas à penser droit. Je me concentre sur mon verre de vodka. J'veux pas te voir. Contente toi d'être là.
Plus loin. Très loin du vacarme des autres. On s'arrête. J'ai fini mon verre, ou bien je l'ai laissé tombé. Peut-être que c'est toi qui me l'as confisqué. Tiens, d'ailleurs, t'as l'air vieux. La lune te donne des rides. Je remarque qu'on est dans une clairière. Un bruit, au bout duquel une chèvre nous dévisage en mâchouillant des pâquerettes. J'ai deux envies pressantes qui se font la guerre. Manger de l'herbe. Et sourire bêtement.
Il fait drôlement noir cette nuit. Et tu ris. Moi j'ai peur. Je décuve. Tu me fais peur.
T'es même pas beau, vraiment.
Tu me tapes sur l'épaule, comme on attraperait doucement celle d'un enfant pour lui signifier qu'il a oublié de se brosser les dents. Là bas, tu me montres. Y a un chapiteau. Un cirque. Et un lama, tout près de la chèvre. Je reste con. T'es pas beau et j'suis con.
On rit.
Allongés sur l'herbe, on écoute les sons de guitare qui sortent d'une des caravanes grises.
En regardant les étoiles ce soir, avec toi, j'ai l'impression d'être scotchée à l'avant d'un immense vaisseau spatial, et d'aller à très-vite-à-l'heure. Je décide que c'est le moment de vomir, que le lama s'appelle Igor, et qu'il est commandant de bord. Et si on jouais à l'aventure. On serait les otages. Tu serais le moche, je serais l'idiote.
On vivrait des aventures kafkaïennes et on s'aimerait bien. |
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à Mademoiselle Lavabo :
: Antigone. (03/09/2011), summerline (17/10/2011)
03/09/2011, 20h07
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#10 | | Petite pour tout cela. | J'ai adoré  Citation:
Posté par Mademoiselle Lavabo La putain d'histoire vraie (et muette).
T'as bu, j'suis ivre. C'est la première fois qu'on se voit. C'est une soirée fade organisée dans un hangar puant perdu dans la campagne par un type qui fête son anniversaire. J'connais personne. Toi non plus, je te connais pas.
T'es même pas beau.
On décide de s'éloigner, d'aller marcher. On partage cette envie d'être ailleurs, ce sentiment de fuite constante. Pourtant on ne se dit rien. Et d'abord, j'arrive pas à penser droit. Je me concentre sur mon verre de vodka. J'veux pas te voir. Contente toi d'être là.
Plus loin. Très loin du vacarme des autres. On s'arrête. J'ai fini mon verre, ou bien je l'ai laissé tombé. Peut-être que c'est toi qui me l'as confisqué. Tiens, d'ailleurs, t'as l'air vieux. La lune te donne des rides. Je remarque qu'on est dans une clairière. Un bruit, au bout duquel une chèvre nous dévisage en mâchouillant des pâquerettes. J'ai deux envies pressantes qui se font la guerre. Manger de l'herbe. Et sourire bêtement.
Il fait drôlement noir cette nuit. Et tu ris. Moi j'ai peur. Je décuve. Tu me fais peur.
T'es même pas beau, vraiment.
Tu me tapes sur l'épaule, comme on attraperait doucement celle d'un enfant pour lui signifier qu'il a oublié de se brosser les dents. Là bas, tu me montres. Y a un chapiteau. Un cirque. Et un lama, tout près de la chèvre. Je reste con. T'es pas beau et j'suis con.
On rit.
Allongés sur l'herbe, on écoute les sons de guitare qui sortent d'une des caravanes grises.
En regardant les étoiles ce soir, avec toi, j'ai l'impression d'être scotchée à l'avant d'un immense vaisseau spatial, et d'aller à très-vite-à-l'heure. Je décide que c'est le moment de vomir, que le lama s'appelle Igor, et qu'il est commandant de bord. Et si on jouais à l'aventure. On serait les otages. Tu serais le moche, je serais l'idiote.
On vivrait des aventures kafkaïennes et on s'aimerait bien. |
__________________ Et ta peau, plus que n'importe quels autres mots,
Me montre le visage des amours sans rivaux. |
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03/09/2011, 23h36
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#11 | | La fille qui vomit | Merci.
Premier et dernier jet, comme toujours. |
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