(je fais selon les nouvelles règles, hein, je poste directement ici

)
Citation:
Posté par Yana Martin ne savait plus où donner de la tête : il y en avait partout ! Peu importe par où il commencerait, il en aurait pour des heures à tout nettoyer. Et puis, c'est pas comme si ça en avait valu la peine puisque rien ne s'était passé comme prévu. |
De toute façon c'était toujours comme ça. Déjà à l'école, à cause du gros Basile, il avait du ranger tous les casiers de tous ses camarades de classe. Vraiment n'importe quoi. Tout ça parce que la maîtresse n'avait pas voulu le croire quand il lui affirmait que non, ce n'était pas lui qui avait forcé gros Basile à mettre son slip sur sa tête, mais bien l'inverse. De toute façon la maîtresse, elle ne le croit jamais. Ca doit être parce qu'elle pense qu'il ne fait que des bêtises. Mais ce n'est tout de même pas de sa faute s'il est tout simplement incroyablement maladroit ? On ne reproche pas à Suzette d'être moche, d'abord.
Pfff. Puis tout ça à nettoyer, ça allait prendre vraiment, mais vraiment trop de temps. Martin pouvait dire adieu à son tour en bicyclette avec son meilleur copain. Germain. Tout ça en plus c'était l'idée de Germain, et il n'était même pas là pour tout nettoyer. Bon, d'accord, ils auraient du se douter que ce n'était pas la meilleure idée qu'ils avaient eue, mais ça avait l'air si drôle ! Puis, gros Basile le méritait bien quand même. Mais ça, les parents ne voudraient pas le savoir. De toute façon, une grande personne ne veut jamais le savoir. Elles disent que c'est parce que ce ne sont que des bêtises, mais Martin savait bien que c'était surtout parce qu'elles n'y comprenaient rien.
C'était Germain qui avait apporté le chien. Martin, lui, s'était chargé de récolter toute l'encre violette dont ils se servaient à l'école pour faire des lignes. Le chien avait l'air tellement content de les aider dans leur mission que Martin et Germain ne s'en étaient sentis que plus forts. Imaginer la tête de gros Basile quand il verrait ça avait suffi à chasser tous leurs doutes. L'idée, c'était que le chien devait se rouler dans l'encre violette, pour ensuite aller en mettre partout sur le gros Basile.
Sauf qu'ils n'avaient pas pensé à tout, avec Germain. Ils n'avaient pas pensé que le faire dehors aurait été plus malin, ni que le chien n'allait tout simplement pas leur obéir. Eh oui, maintenant qu'il était là, le balai à la main, Martin réalisait qu'ils auraient dû préparer leur plan avec plus de minutie. Il revoyait la scène exacte dans sa tête. Germain qui arrive avec le chien dans la classe pendant que tout le monde est en train de jouer dans l'arrière cour, lui qui vide toute l'encre par terre et qui met le chien dedans, Germain qui tient solidement le chien et lui qui, par mégarde, lui marche sur la queue... C'est là que tout a basculé.
La bête, dans un élan de douleur, a sursauté si fort que les têtes de Martin et Germain se sont cognées. Il a encore la bosse. Puis, tout est allé vite : le chien qui aboie et court tout partout dans la salle de classe en renversant les tables, le sac de la maîtresse, les tableaux, les chaises... Germain qui sort de la classe pour ne pas se faire prendre, et Martin, assis, penaud, au milieu de tout le capharnaüm, violet de la tête aux pieds, à espérer que personne n'entendra ni ne verra quoi que ce soit.
Evidemment il savait que c'était idiot d'espérer une chose pareille, et il en pris pleinement conscience lorsque la maîtresse, suivie de tous les autres élèves, était arrivée dans la classe. Elle avait crié si fort que Martin n'avait pas compris un seul mot de ce qu'elle racontait, mais elle avait la même face toute rouge, toute ronde, et toute pleine de gouttes de sueurs que sa grand-tante Olive quand elle se fâche contre lui. On lui avait tendu un balai, un seau, et il s'était à nouveau retrouvé seul dans la classe. Par la fenêtre, il voyait gros Basile. Il était sûr qu'il se moquait de lui.
Dans un soupir, Martin repris le nettoyage. Plus jamais il ne ferait confiance à un chien.