02/06/2010, 11h26
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#1 | | "Am Stram Gram" | Les chroniques de Neïa. Je me lance ; j'ouvre mon topic pour le forum écriture. Thème : Entre les lignes Quatre lignes. Épaisses, grises et verticales. Entre elles, je peux voir le monde. J'aperçois le soleil qui se lève doucement, réveillant les endormis, le ciel qui se vêt de couleurs étonnantes et uniques. Entre ces lignes, je compte les nuages qui défilent et je regarde les avions et leur traine blanche, imaginant leur destination et la vie des passagers qu'ils transportent.
Quatre lignes. Ça peut paraitre bien peu ; mais pour moi, elles représentent l'espoir, la Vie. Elles m'apportent du réconfort, de la joie, du rêve. Elles sont aussi symbole de mon mal, de ma solitude et de ma tristesse. Ces lignes m'apportent la neige, les arbres dorés de l'automne, les fleurs printanières et le soleil de l'été.
Ces lignes, je m'y retiens, je m'y cramponne, de toutes mes forces. Du lever au coucher du soleil, je m'y attache, les tenant à pleines mains, les entourant de mes doigts poussiéreux. Je m'attache à elles, qui rayent mon unique fenêtre.
Quatre murs, un lit miteux, un lavabo sale, un WC, et quatre lignes qui traversent une ouverture.
Quatre barreaux entre lesquels j'observe le monde, la Vie.
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Luxe, calme et volupté. |
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04/06/2010, 14h10
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#2 | | "Am Stram Gram" | Texte libre. Elle court.
Elle court à en perdre haleine. Ses cheveux se battent contre le vent, et elle, haletante, se bat contre le temps. Ses pensées la perturbent ; "cours plus vite", hurlent-elles. Mais Mathilde se sent trop fragile, trop vieille, trop usée. Ses jambes refusent d'accélérer et le poids des ans lui pèse. Son coeur bat trop vite, ses joues sont écarlates et ses tempes lui font mal. En continuant sa course, elle dégaine son poignet d'un geste précis et rapide, regarde furtivement sa montre. 13h57.
Elle n'y arrivera pas. Elle prie tous les dieux qu'elles connait et en invente même pour l'occasion.
Elle ne doit pas arriver en retard.
Elle entre dans la gare, partagée entre la panique et l'excitation. Elle traverse le hall telle une fusée, ne remarquant même pas les autres personnes qui l'entourent.
Mathilde se précipite devant le tableau d'affichage, son billet près à être composté. Son train n'est pas parti, elle est sauvée, et elle se sent forte.
Soudain, un détail la frappe : où sont les autres ? Pourquoi est-elle seule ?
Tant pis, elle monte dans un wagon, sans réfléchir, et cherche sa place. Voiture 15, place assise n°39. Elle s'y précipite tout en appelant sa soeur pour savoir où elle est. Trois sonneries, et un "Allô ?". Sa soeur lui baragouine des paroles qu'elle ne comprend pas. Et là, sur le siège 39 de la voiture 15, une vieille femme est assise, sereine. Les hauts-parleurs annoncent le départ, les portes se ferment.
Mathilde regarde son billet, le Graal qui l'emmène aux vacances tant attendues. Départ le vendredi 5 juin à 14h, gare de Lyon.
Nous sommes jeudi.
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03/08/2010, 22h38
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#3 | | "Am Stram Gram" | Le penseur de Rodin. Assis, je vois tous ces gens qui défilent devant moi. Qui défilent, me regardent, me scrutent, comme pour trouver tous les défauts de mon corps, comme pour percer mon corps de leur regard curieux. Je les vois, et je pense. Je pense à eux, à ce qu'ils pensent de moi...
Pourquoi me regardez-vous ainsi ?
Est-ce ma nudité qui vous interpelle ? Mes muscles que vous jalousez ? Ou encore ma position qui vous surprend ?
Ne me dites pas que vous ne pensez jamais, vous. Tous les hommes pensent. Ou en tout cas, tous les hommes sont censés penser. Vous faites peut-être partie de ces misérables qui n'ont pas ce don. Pauvre de vous...
Depuis combien de temps suis-je assis là ?
A vrai dire, je ne m'en souviens pas moi-même. Je me rappelle qu'un jour -je ne saurai vous ire quand exactement- je marchais tranquillement. C'était à l'aube, il me semble. Et je me suis arrêté, frappé par un phénomène que je n'aurai pu expliquer. Etonné de n'avoir aucune explication, je me suis assis sur une pierre, et j'ai réfléchi. J'ai réfléchi à "quelle est la cause rationnelle de ce phénomène ?". J'avoue ne plus me souvenir si j'ai trouvé la réponse, cela remonte à si loin...
En tout cas, mon cheminement spirituel a fait son chemin, a pris des sentiers égarés, a rebondi et m'a entrainé vers d'autres sujets de réflexion.
Depuis, je pense. Je pense à tout, je pense continuellement. Je pense que jamais je ne pourrai m'arrêter de penser. J'ai perdu l'habitude de ne plus penser. Et les habitudes, c'est si difficile à perdre...
Il faut que je pense à perdre mon habitude.
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