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Vieux 04/05/2010, 17h40   #1
_lilou_
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Les mots de _lilou_

J'espère avoir compris le fonctionnement, si pas, Yana, je m'en excuse d'avance !
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— Ont offert un Big up ! à ce post : Yana (04/05/2010)
testbigup
Vieux 04/05/2010, 17h42   #2
_lilou_
Guest
 
Premier Thème : "sur le banc".

Premier thème.


Tu n’as jamais cette impression, tu sais.. ? C’est comme ces jours où tu te poses sur un banc, dans un parc, et que tu regardes passer les gens. Tu les observes, et au gré de tes humeurs, tu es critique ou, au contraire, tu cherches le détail, ce truc qui dépose une once de charme au moins joli. Mais avec toujours, cette sensation d’être ailleurs, lointaine et si proche à la fois. Sur la touche. Parfois, ça me saute aux yeux : je passe trop de temps, le cul vissé au banc. La vie des gens me rassure et m’effraie à la fois. Je vois une fille avec un grand chapeau, et mon imagination part en vrille. Je rêve sa vie, je m’oublie, l’angoisse s’efface. Ca n’a rien d’un jeu, observer les gens. C’est ce que je fais quand la peur m’enserre la gorge, quand je perd pied. Je m’accroche à ce qui n’est pas moi, dans l’espoir d’y trouver un sursaut d’énergie. Prends-moi au sérieux, ne sourit pas. Je sais, les jolies jambes, les fesses rebondies, les sourires. Je ne viens pas pour ça. Je préfère m’arrêter au grand chapeau, à la broche oiseau déposée au creux d’un décolleté, au pantalon trop coloré, trop grand, trop petit. A ces chaussures délavées, cet accessoire passé de mode, qui n’y reviendra plus.
Tu sais, il y a ce truc qui m’émeut, à chaque fois, c’est voir un pantalon trop court. Quand je remonte au visage, ça ne rate jamais, j’intercepte des yeux cherchant le sol, comme pour y entrer. Je généralise, je m’en fous, je sais de quoi je parle, ça me fait mal, un peu. Une fille avec un jeans trop court, qui baisse les yeux, tu sais, ça me rappelle à moi. Mes pantalons n’ont jamais été trop courts, mais assise sur ce banc, dans son désarroi, je retrouve ce goût amer du trop loin-trop près, jamais à ma place. Au fond de moi, je suis une fille au pantalon trop court qui fait semblant de maîtriser les codes. J’ai la garde robe des filles lambda, le sourire qui vacille parfois mais résiste tant qu’il peut, je m’auto inculque des règles absurdes auxquelles je ne crois pas, je modère mes propos, souvent, juste pour éviter l’angoisse d’avoir à jeter mes yeux au sol si quelqu’un venait à remarquer la mascarade.
Je perds mon temps, assise là, je pense à tout ça, ça n’a pas de sens. La valse reprend, les gens marchent, d’un pas pressé, altier, maladroit. Je ne souris qu’à ceux qui semblent venir d’ailleurs. L’angoisse s’affaisse peu à peu, j’ai échangé un rien avec d’autres presque perdus, je peux reprendre ma route, jusqu’au prochain banc qui m’entraînera plus loin en moi.
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21 Filles ont envoyé un Big up ! à : : .Paz (05/05/2010), Callie. (28/05/2010), Carolyna (26/08/2010), Cocomilie. (26/07/2010), Docteur Jekyll (08/05/2010), Eight (11/05/2010), Haku (18/08/2010), Jules. (05/05/2010), LaBananeMasquée (04/05/2010), Lapsus. (05/05/2010), Leorocking (30/07/2010), marion-perso (06/07/2010), Mechanical Birds (22/07/2010), Menteuse (05/05/2010), Nebraska (05/05/2010), oopslulu (04/05/2010), Pseudo inconnu (06/05/2010), Season (11/05/2010), Sylfinne (04/05/2010), Vernita G. (04/05/2010), Zèbra (08/05/2010)
Vieux 11/05/2010, 17h44   #3
_lilou_
Guest
 

Un texte libre, que j'avais déjà posté sur mon blog. Il est tellement court qu'un résumé est superflu, je pense.


Pile.

Je suis plus forte qu’ils ne le croient. Je pleure pour un rien. Je pleure des riens. Je garde ce qui blesse au fond, plus profond. Je l’enfonce, si loin, à m’en brouiller les contours. J’oublie les dates, j’oublie les mots, j’oublie les couleurs. C’est mieux comme ça. Tout est brouillé, abîmé, poussiéreux, je m’y emploie. Un jour il ne restera plus rien des dates et de ces mots. Parce que tu sais, je suis plus forte qu’ils ne le croient. Je sais les mots qu’on te dira, quand on te parlera de moi. La douce, la sensible, celle qu’on protège, elle a trop de peurs et d’angoisses, elle, la fragile. Ils ont raison, les détails dévalent mes joues, mas ce qu’ils ne savent pas, c’est le reste enterré. J’ai tapi les souvenirs, au détour de l’oubli, là où ils s’en vont mourir.

Je trace ma route, pleure quand j’ai tort, mais plus encore quand j’ai raison et qu’il n’y a personne pour l’admettre, je pleure s’il pleut trop souvent, quand l’odeur de la pluie l’été me renvoie à des images perdues, si je me cogne, et lorsqu’il se moque de moi. Je pleure quand je me cogne aux objets, pas à la vie.

Je pleure des riens, des détails, je n’ai pas mal, l’essentiel est consigné, rejeté, annulé. Le mal est enfermé, j’ai jeté la clé. C’est mieux comme ça, parce que, je te le dis tout bas, si j’y repense, je meurs tout bas, mes mots s’envolent, mon corps tremble. Il ne faut pas. Je suis plus forte qu’ils ne le croient, il y à des choses que je ne pleure pas. Des moments noirs, des moments rouges, des cruautés. Je ne les laisse pas s’échapper, ça m’avancerait à quoi ? Le jour où tout ça me reviendra, tu sais, j’aurai épuisé mes larmes à tant de futilités que je n’aurai plus rien à pleurer. Mes douleurs ne me rattraperont pas, je suis plus forte qu’ils ne se l’imaginent.
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3 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Carolyna (26/08/2010), Haku (18/08/2010), oh-simon (01/06/2010)
Vieux 18/05/2010, 13h19   #4
_lilou_
Guest
 
Thème : La punition.

Petite chambre d'enfant. Les murs sont peints en bleus. Il y a des lapins. C’est une jolie chambre. Une chambre d’enfant.

Papa crie en bas, maman hurle.

Ils jouent sans moi, je crois. Je suis puni. Tant pis. Je cours à la salle de bains, me brosse consciencieusement les dents. Comme on me l’a appris. Je suis grand, je suis seul, je suis fier. Je n’ai pas peur.


Papa crie en bas, maman hurle.

Ils ne m’attendent pas, je suis puni jusqu’à demain, je dois dormir, qu’ils ont dit.
Je regagne ma chambre, je réfléchis. C’est pas si grave, ce que j’ai fait. J’ai joué avec un couteau. Mais eux, ils le font tout le temps, quand ils crient.
J’ai même pas crié, moi, mais je suis puni quand même.

Papa crie en bas, maman hurle.

Je me remets debout, décidé à les rejoindre.
Je veux jouer moi aussi.
Ils ne m’attendent pas, ils sont trop occupés à crier. Je dévale l’escalier, me prend les pieds dans mon pantalon de pyjama en pilou, trop grand pour moi.
Il y a une odeur étrange que je n’ai pas encore appris à nommer, mais ça sent mon vélo rouillé. Il y a des taches, sur le sol, aussi. C’est pas joli, c’est très sombre, un peu gluant.

Papa crie en bas, j’ouvre la porte du salon, j’entends plus maman.


Elle est couchée, dans une mare sombre.
Ses yeux sont ouverts mais ne me voient pas
Papa crie que je dois partir.
Que je suis puni, qu’il ne faut pas l’oublier.


Je sens le rouge me monter aux joues, la colère monte. Ils ont joué sans moi, ils ont joué sans moi, ça tourne sans cesse dans ma tête.
Je supplie papa de me laisser jouer, il me fait vraiment mal aux oreilles maintenant.

Je n'ai pas envie de l'écouter, alors je ne l'écoute pas.
Je cours à la cuisine, attrape à mon tour un grand couteau.
Aussi long que le sien.
Ca va être rigolo.
J’ai tenu le couteau entre mes doigts, et j’ai foncé sur lui.


Je riais aux éclats.
C’était bien.
Il a murmuré mon prénom.
« Alex. »


Il a dit, encore, d’une voix différente, « Alex a gagné », et s’est effondré.
C'est le médecin qui vient de me raconter ça.

Les murs de ma nouvelle chambre sont blancs, ça me fait un peu peur.
Maman et Papa ne viennent pas me voir. Cette fois, je dois vraiment être puni.



Modifié par _lilou_ 18/05/2010 à 14h17.
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12 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Cocomilie. (26/07/2010), Croquelicot (10/08/2010), Docteur Jekyll (22/05/2010), Escape* (07/06/2010), Haku (18/08/2010), Janis Joplin In Wonderland (12/08/2010), Jules. (27/06/2010), missMM (29/05/2010), oh-simon (02/06/2010), Pseudo inconnu (18/05/2010), Seluj (04/06/2010), Yana (18/05/2010)
Vieux 25/05/2010, 16h12   #5
_lilou_
Guest
 

Un petit texte écrit au détour d'un souvenir.


Je voudrais continuer mon chemin, m'en aller, et je voudrais rester, à te regarder. Si seulement je pouvais ne plus bouger, observer ce que je ressens, me perdre un peu, sans avoir à parler, sans avoir à justifier quoi que ce soit à qui que ce soit. Ma main tremble un peu, j'ai mal dans la poitrine, si tu savais, l'effet que ça me fait, chaque fois. Comme avant, t'es comme une aura qui se forme autour de moi. Je ne vois rien d'autre que toi, et pourtant, et pourtant, ce n'est pas ce que tu crois.
Ce n'est pas toi, ne sourit pas, pas toi qui me fait si mal au cœur, c'est juste que tout me revient d'un coup. J'encaisse mal. J'ai l'impression que l'endroit ou tu as posé les lèvres reste chaud, ma joue est glacée, sauf là. Ça brûle un peu. J'ai mal partout. Je pense que souvent je t'oublie longtemps, je pense que parfois, tu ressurgis au fond d'un vieux rêve. Je pense t'as été tout, et voilà ce qu'il en reste, et l'idée me fait mal à la gorge. Quand je te vois, j'ai mal partout, et tu te demandes encore pourquoi je m'éloigne de toi ? T'as les yeux baissés, le regard triste, tes yeux disent pardon, et ta voix m'assure que tu n'as jamais voulu tout le mal que tu m'as fait. Je voudrais te dire que j'ai grandi, que je ne t'en veux plus, et que personne ne s'attend à ce qu'une fille de 15 ans ça éclate en mille morceaux après une histoire de cœur arrêtée avant même d'avoir démarré.
Je voudrais te dire que tu n'as pas été pire que tous ces hommes que j'ai eu la chance de ne pas croiser sur ma route, je voudrais te dire que tu n'as fait que te conduire comme un homme. C'est ma faute, j'étais une petite fille, j'étais amoureuse de toi, j'ai mal partout quand j'y pense, c'était pas de l'amour, un sentiment, c'est l'amour, entier, vivant, mais je n'étais capable que de l'exprimer, à 15 ans mon amour ne se pratiquait pas, n'existait pas au quotidien, il se rêvait, il se vivait dans le monde imaginaire, pas dans la réalité. Mes yeux piquent. Tu m'as fait mal, mais c'était ma faute aussi. Tu sais, j'ai continué à aimer une échelle au dessus de la réalité, et à vivre un échelon en deçà. Je vois tes yeux tristes et je voudrais te dire merci, je ne t'en veux plus, quand je pense à toi, il ne reste plus que de la douceur. La douleur n'est là que quand nos yeux se croisent, et tu n'es plus jamais là, alors tu sais, ça va. Je voudrais te dire merci, j'ai appris à aimer, et c'est par toi que je l'ai appris, mais ça ne marche pas comme ça. Parce que tout ça, contradictions, amours et désamours, tout ça me passe par l'esprit, le cœur et les tripes en un quart de secondes, parce que tout ça, je n'aurai jamais le temps de te le dire.
J'ai à peine eu le temps de sentir couler les trois larmes qui ont roulé sur mes joues. Pas un sanglot, juste trois larmes, et juste tes doigts qui les chassent, tes lèvres qui fondent sur mon oreille, et qui murmurent "pardon,pardon,pardon", et tu t'en vas, tu es déjà loin, et tu ne sauras jamais que ce n'est pas sur toi que je pleure, ni sur moi, que c'est bien plus que ça, bien moins que ça. Tu sais, je voudrais te dire, je suis heureuse sans toi et c'est un peu grâce à toi.
  Réponse avec citation
2 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Haku (18/08/2010), Zèbra (26/05/2010)
Vieux 02/06/2010, 14h30   #6
_lilou_
Guest
 

Entre les lignes.

C’est facile, de ne voir que ce qui se trouve à tes pieds. Tu ne fais pas l’effort, tu n’as pas l’envie, mais je te le dis, c’est un peu léger. Je t’invite à lire entre mes lignes, à dépasser ce qui transparaît au premier de tes regard, tu verras, tu t’y perdras.
Je t’emmènerai vers l’ailleurs, si tu fais l’effort. Ne reste pas planté là, tu ne connais de moi qu’un sourire, deux soupirs, des révoltes avortées. N’en reste pas là, ne te dis pas proche de moi, arrête, s’il te plaît.
Ton odeur sent ma peur.

Je ne te ferai pas le plaisir de mes rires, pas si vite, je ne suis pas une de ces autres. Je garde en moi ce qui n’apparaît pas, et je ne te le donnerai pas pour un claquement de doigt. Je préfère te laisser croire que tu connais tout de moi. Je préfère te laisser croire que tu sais tout mieux que moi.
J’ai appris, tu sais, à lire entre les lignes.
Derrière tes sourires, je sais le froid tapi. Derrière tes soupirs, je sais ton mépris. Il donnerait le tournis à n’importe qui.
Tu n’as pas de révolte –en as-tu jamais eues - parfois tu sembles presque mort, si ta peau n’était pas brûlante, je m’y perdrais. Mais je m’accroche, et tes yeux enjôleurs ne me font pas peur. Je n’oublie rien, l’avant, la cruauté, les rêves saccagés, je me souviens. Cette image policée que tu proposes, elle m’indispose. J’ai grandi, je ne peux plus te pointer du doigt dans la rue, et les enjoindre à comprendre. Je ne peux que t’observer évoluer, leur promettre ce que tu n’as jamais su donner. Ça ne marche pas comme ça. Tu n’as pas le cœur, tu n’as pas l’esprit, tu n’as pas les qualités d’homme, tu as perdu celles de l’enfant, dis moi, où es-tu ?
J’ai parcouru si peu de pages, ton visage comme un mirage, mais je suis encore loin du compte. Ça prend du temps, de lire entre les lignes. Tu n’es pas ce que tu dévoiles, et je rêve que tu ne sois pas ce que je dévoile de toi. Il reste tant de chapitres, c’est un jeu cruel, je pourrais danser dans le creux de ta poche, comprendre le mal qui t’anime, et peut-être le désamorcer.
Ton visage est un mirage, il me ment, il ment à tous, mais j’ai la clé des mots cachés.
Laisse-moi entrer.
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3 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Haku (18/08/2010), Nicesthingso (10/06/2010), Yana (02/06/2010)
Vieux 04/06/2010, 18h01   #7
N° 7
 
Avatar de Seluj
 

Ton texte sur "la punition" est vraiment fort et violent.... j'en ai les larmes aux yeux. Tu écris merveilleusement bien en tout cas.
__________________
Do you like a mint ? No ?
28.07.11
Seluj est déconnectée   Réponse avec citation
— Ont offert un Big up ! à ce post : Docteur Jekyll (05/06/2010)
Vieux 07/06/2010, 16h30   #8
_lilou_
Guest
 
La correspondance épistolaire.

J'essaierai peut-être de faire un joli texte, mais la coïncidence est trop belle. J'ai échangé des dizaines de cartes postales avec mon meilleur ami cette année, et il se trouve que mon insulte favorite est.. Goujat. Qui s'y trouve à maintes reprises. Donc je remets ici cette correspondance d'enfants gâtés. [ Par contre, je ne mets pas les cartes postales en photo, mon adresse et la sienne y figurent :/]

(je vous laisse entrer dans ma vie de chieuse )

Lilou à Lui.

Un mois, ça commence à faire long.

Lilou à lui.

Deux mois, ça devient pesant.

Lilou à lui.

Trois mois, goujat.


Lui à Lilou.

Taïwan, c’est loin. Je vis à l’envers, mais je n’oublie pas.
Je ne suis pas un goujat.

Lilou à lui.

Tu ne dis rien, on en est à 4 mois, tu ne changes pas.
Je réitère, GOUJAT.

Lui à Lilou (croisées).

Ah, je t’ai eue. Mes colis pour toi sont chez ma grand-mère, interdiction d’aller les chercher avant ton anniversaire. Ou alors, rien qu’un par mois d’ici là.

Lilou à lui.

Je ne te crois pas. Et si elle meurt avant mon anniversaire, je fais quoi moi ?

Lui à Lilou.

Va les chercher, elle se fait vieille.
Goujate.

Lilou à lui.

T’es vraiment un idiot, tes colis sont parfaits, ça fait trois mois que je raconte à qui veut l’entendre que tu n’es qu’un ingrat, que tu m’as oubliée, que les Taiwanais t’ont tourné la tête à jamais. Tu m’énerves, tu m’énerves, tu m’énerves.


Lui à Lilou.

Je t’aime, arrête de râler.
Tu as été chercher mes lettres ?
Un indice : tu n’oseras jamais aller les chercher là où je les ai planquées.

Lilou à Lui.

Si c’est chez ton père, tu rêves si tu crois que je vais y aller. Il serait capable de me coller ton homosexualité sur le dos, de trouver l’essence de ta perversion dans mon regard d’ange, et je serais o-b-l-i-g-é-e de lui montrer à quel point tu t’ennuies sans ta famille, là-bas.
Oui, j’ai eu tes photos. T’amuses pas trop sans moi, petit con.
Ps : je dis ça, je dis rien, mais t’as un mec qui t’attend ici, et s’il est aussi jaloux que moi, il y a deux autochtones qui vont s’en manger plein la tronche s’il leur prend l’idée saugrenue de venir jusqu’ici.
Tu ne me manques toujours pas, je vis très bien sans toi.

Lui à Lilou.

Ca t’écorcherait les doigts de m’écrire que je me conduis mieux que bien, cette fois ?
C’est pas grave, je sais que tu m’aimes.
T’as été chercher les lettres ?

Lilou à Lui.

Oui. J’en ai trouvé dix. Et j’en ai ouvert une destinée à ton copain, tu m’en veux pas ? Petit coquinou.
Dans deux mois, t’es à nouveau là, du coup, je vais t’envoyer des mots d’amour, histoire qu’on croit que je t’aime toujours.

Lilou à lui.

Mon cœur se meurt sans toi.

Lilou à lui.

Je pense toi, je vis toi, je meurs de toi.

Lilou à lui.

Reviens.

Lilou à Lui.

Plus jamais ça.

Lilou à Lui.

Bon, j’arrête, ça coûte cher et c’est trop horrible à écrire, ces bêtises.
Le 29, je serai à l’aéroport, sois pas en retard, trouduc.

Lui à Lilou.

Ben tu vois, c’est pas si dur de te combler, suffit de t’envoyer un colis tous les deux jours, une lettre tous les six mois et des cartes postales toutes les semaines. Tu diras encore que je t’abandonne.






[ Et entre temps, il est revenu.. Presque un an, c'est long ]
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15 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Aglaë (08/06/2010), Carolyna (26/08/2010), Cocomilie. (26/07/2010), Dies Irae (07/06/2010), Escape* (07/06/2010), Florilège (19/08/2010), Hadhafang (07/06/2010), Haku (18/08/2010), Kind of Freak (08/06/2010), Leorocking (30/07/2010), Lise. (07/06/2010), Nienna_u (07/07/2010), Ponyo (07/06/2010), Pseudo inconnu (29/06/2010), Ryalla (07/06/2010)
Vieux 29/06/2010, 16h26   #9
_lilou_
Guest
 
L'autre.

L’autre. Je sens s’abaisser mes paupières, tout devient rouge-gris-folie. Je presse plus fort, des points de lumière noire me vrillent les yeux. L’autre. Il ne reste plus qu’un rempart entre la paix et la furie. L’autre. Mes paupières s’emplissent, doucement, lentement, avec ténacité, d’une chaleur sourde. L’autre. Je reconnais trop bien cette chaleur, signature des larmes. Dans un dernier effort, je mords violemment, consciencieusement l’intérieur de ma joue, renvoie mes yeux vers l’arrière. Je garde les yeux fermés. L’autre. Les larmes ne passeront pas. Ma gorge n’explosera pas, qu’importe cette boule de douleur qui me vrille le larynx. L’autre. C’est arrivé. J’ai mal aux mains, la migraine m’entraîne dans un ailleurs de douleur. Cette douleur est mienne, je m’y enroule, m’y recroqueville. L’autre. Il me touche, ce sont ses mains sur ma peau, leur chaleur me glace, je voudrais hurler. Le mal est lancinant. Je me retiens, si j’émets un son, un seul, le rempart cèdera. Je me concentre sur cette douleur, sur cette horreur, tout plutôt que penser. L’autre. Je cherche à rassembler la force et le courage de me lever, l’énergie suffisante pour le laisser dans la pièce, celle pour quitter le contact moribond de ses doigts posés, presqu’enroulés dans ma nuque. L’autre. Je ne sais pas s’il y a beaucoup de sang, mais je le sens dans ma bouche, mes joues sont lacérées, je protège mon cœur de l’horreur. Je me prends à penser que cette boule que je sens au fond de ma gorge est réelle, si réelle qu’elle va me détruire. L’autre. Une autre vague de chaleur derrière mes paupières suffira, c’est maintenant ou jamais. Je me dresse sur mes pieds, sent qu’il tente de me retenir. Je vacille, c’est la douleur, celle du corps, celle du cœur, je ne sais plus. L’autre. J’ouvre les yeux, renvoie les larmes d’où elles viennent. Je n’ai que dix pas à faire pour m’oublier. L’autre. J’entends sa voix, il me dit parle-moi, il me dit regarde-moi, il crie, il supplie, il est à genoux, je cherche à fuir son regard qui me poursuit. L’autre. C’est arrivé. Il me dit écoute-moi, je peux t’expliquer. J’ai la nausée, c’est la première fois je crois, la toute première fois que je la savoure. J’ai la nausée et je n’ai pas peur d'elle, j’ai peur de lui, j’ai peur des mots qu’il veut m’imposer. L’autre. Il me dit écoute-moi, et sa voix se brise. Quelque chose en moi aussi, je souris, j’étais sûre que tout est déjà brisé, défoncé, massacré. On est jamais assez loin dans la douleur. L’autre. Il tourne mon visage vers le sien, avec violence, j’ai le tournis, arrivée à hauteur de ses yeux, je ferme les miens. Il me secoue, j’ai mal partout, la nausée s’en va. J’articule, péniblement, tu dois me lâcher, je dois m’en aller. Il me fait mal, je sens la marque de ses doigts s’imprimer dans ma joue, sa force me surprend, jamais il n’en a usé auparavant. Il me repousse, il crie pardon, je hurle non. Il ne peut pas dire pardon, il a parlé d’une autre, il n’a pas le droit de dire pardon. Ce sont mes premiers mots, je veux qu'ils soient les derniers. Je trébuche, tangue, attrape mes sandales par la bride et dévale les escaliers. Je l’entends derrière moi. Il crie écoute-moi, tu ne peux pas faire ça. Je ris entre mes larmes, j’ai si mal. L’autre, l’autre, l’autre. Je vais m’écrouler, mais si je m’écroule, j’aurai vraiment tout perdu. J’atteins la porte, l’ouvre, la referme, doucement. Je prends le temps de refermer le loquet, de tourner la clé. Je suivrai les règles jusqu'au bout. L’autre, l’autre, l’autre, je ne lutte plus. Le sol se rapproche, je crois que je tombe, j’espère que je meurs, j’espère un réveil lointain. Il a dit qu’il y en avait une autre, et moi, je meurs devant sa porte.
  Réponse avec citation
3 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Carolyna (26/08/2010), Croquelicot (10/08/2010), Seluj (04/07/2010)
Vieux 03/07/2010, 19h16   #10
_lilou_
Guest
 
Thème : Les messages codés.

Je songe à la majesté de tes gestes cruels éperdus.
Crois-moi, égarée, l’oubli ne m’attire plus.

Que veux-tu, la vie est ainsi faite.
Je n’ai pas le pouvoir de déjouer les faits.

Vais-je donc souffrir encore longtemps de cet étau,
Te suffirait-il de m’accorder une faveur pour radier mes maux ?

Tuer, tu t’y es résolu.
Pardon, mais je n’en peux plus.


[ Bonjour, j'ai 4 ans mais envie de participer quand même ]



Modifié par _lilou_ 03/07/2010 à 19h21.
  Réponse avec citation
5 Filles ont envoyé un Big up ! à : : FlashForward (05/07/2010), Honey. (10/07/2010), Pseudo inconnu (03/07/2010), Sylfinne (04/07/2010), Yana (03/07/2010)
Vieux 05/07/2010, 17h39   #11
_lilou_
Guest
 
Thème : L'échapper belle.

Le jour où j’ai voulu me faire la belle, me tirer vite fait, ayant flairé le danger comme un chien repère la pisse d’un autre à 3km à la ronde, le temps était lourd, orageux. Le ciel semblait à tout instant rêver de me tomber sur la tête, de grosses gouttes de sueur sinuaient sur mon corps, si peu enclin habituellement à ses débordements inesthétiques.. C’était donc un jour moite, où le premier danger semblait surtout provenir de moi. Mon humeur est sensible au temps, rien de bien terrible. Juste une colère aussi sourde qu’un coup de tonnerre retenu. Je me sentais crispée, agacée d’un rien, mais tapie au fond de mon ventre me rongeait autre chose : une sorte d’angoisse crispante, qui me faisait crisser des dents, sans pouvoir m’arrêter. Je tentais de chasser ces idées idiotes de mon esprit, en vain. Comme un chien enragé et hagard, la colère et le danger dansaient au fond de moi. Pour un peu, j’en aurais eu l’écume aux lèvres.

Mais soyons clair, ce n’était certainement pas le jour pour mes caprices. Comprenez. Ma vieille tante organisait des visites dans sa bicoque d’avant-guerre, dite d’avant monde, tant elle semblait passée de temps. Je ne sais que trop bien pour quelle raison tous mes cousins rêvaient à cette visite : une fois clamsée, la vielle bicoque reviendraient à l’un d’entre nous. Cette maison est immense, vraiment. Elle ressemblerait presque à un château, mais pas à l’un de ces châteaux où vivent les princes et princesses, plutôt à un château hanté, malsain, qu’on aurait mieux fait d’oublier vite fait. Seulement.. L’argent est l’argent, ce château perdu en vaut ; et si j’étais ivre de colère contre la terre entière, ma très chère famille ne rêvait qu’à s’enivrer de richesse. Ma vieille tante allait mourir bientôt, une longue maladie, le blabla habituel. N’allez pas croire que je joue l’hypocrite : je n’ai rien contre le fric, et rien spécialement pour cette vieille garce. Morte ou vivante, elle me fera le même effet. C’est juste cette baraque… Elle me fait peur.

J’ai toujours été l’allumée de la famille, celle qu’on supporte parce qu’il faut, parce que les liens du sang, et parce qu’à mon décès aussi, on se battra pour les reste d’une fortune qui n’en est plus une. Le décor vous est donc planté. Nous avons une douce-dingue qui n’accepte de se plier à ce jeu cruel que pour ne vexer personne, une famille cupide, un vieux manoir vue sur les rochers, une vieille dame tenant aux convenances et un temps n’aidant pas à garantir la bonne ambiance familiale.

En voiture, j’avais bien conscience d’avancer lentement, et plus encore, de me battre contre moi-même pour ne pas faire marche arrière. Mon téléphone n’arrêtait pas de sonner, mais prudente, sur ces routes serpentées, je ne décrochais pas. J’allais quand même me les farcir, tous, je n’allais pas en prime risquer la mort pour les satisfaire avant l’heure. Le ciel gris passait à l’orange, des éclairs lointains vrillaient le ciel, et mon angoisse montait. Pour me calmer, je décidai d’arrêter la voiture sur une aire d’autoroute et de rappeler l’acharné du portable qui semblait ne pas se lasser de ce petit jeu. Douze appels en absence et autant de messages. J’ai donc composé le numéro, pour tomber sur l’une de mes amies, censée revenir de voyage seulement dans un mois. A la chaleur de sa voix, mon angoisse se dissipa instantanément et mon grain de folie m’intima de la rejoindre, qu’importe cette famille de fous.


En faisant demi tour sur l’autoroute, je pensais à l’échappée belle qui m’attendait, le sourire aux lèvres. Et à ces idiots, qui critiqueraient mon absence, n’osant avouer tout haut le bonheur d’être moins nombreux à se déchirer pour une maison glauque et perdue au fond du trou de cul du Monde. Ce n’est que le lendemain ,ouvrant le journal et constatant qu’un terrible incendie avait ravagé la vieille bicoque, la tante et l’ensemble des requins présents que je compris que mon escapade m’avait surtout permis de l’échapper belle.



Modifié par _lilou_ 05/07/2010 à 17h47.
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Vieux 16/07/2010, 16h19   #12
_lilou_
Guest
 
Thème : La lettre manquante.

On essaie, sans E. En trichant (100-1000) et en incluant un mot d'anglais, avec l'excuse que les brigands ne font que baragouiner un français moyen.

"Trapu. Soif. Parcours si long. Sans bout. Sais plus si ça vaut la consomption. Faim. But si lointain. Ils m'ont occis la main. Ils ont dit fais 100 pas, 1000 fois, back à toi un doigt. Ils ont dit fais 100 pas, 1000 fois, back à toi doigt suivant. Compris ?
Du sang, partout. Oubli. J'ai fait 100 pas, vu un brin à moi. Pourri, ils ont rit. Rompu. Sais plus si l'appât vaut la mouvance du croupion. J'ai fait 100 pas, 1000 fois. Flop total. Tant pis. Sans doigts, ni lois, mourir dans un soupir."



Modifié par _lilou_ 17/07/2010 à 11h47.
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Vieux 20/07/2010, 23h17   #13
_lilou_
Guest
 
Texte libre.

" Dis moi des mots, ceux qui font frissonner, je veux entendre ta voix, sentir ton souffle au creux de l'oreille, des mots chauds, des mots qu'on ne dit pas tout haut, des mots pour m'essouffler rien qu'à les entendre, des mots qui me vrilleront le ventre quand je me les rappellerai demain matin, au milieu de gens. Dis moi des mots.. "


Et son corps rejoint le mien, chaque parcelle de mon corps est recouverte par le sien, et la pensée débile que c'est mieux d'être la plus petite des deux, parce que la plus petite personne, c'est celle qu'on recouvre toute entière, celle qu'on protège, celle à qui il n'arrivera rien. On est de coté, et je pourrais aussi bien mourir de désir que m'endormir entre ses bras, tellement ce creux là m'appartient. Mon corps le ressent, ce creux est le mien, sa chaleur aussi, et nos tailles se complètent à merveille. Son nez , ses lèvres me chatouillent les lobes, il souffle doucement, et je fonds déjà. Encore une fois. J'attends, parce que le meilleur est à venir, j'attends, les yeux fermés.
Il me dit des mots doux, des mots tendres, des mots d'envie, de désir, et nos corps ondulent lentement. Je sens son envie contre la mienne, et c'est un supplice de résister encore. Ses mots me caressent, il sent mon émoi, et m'achève en m'assurant que les mots ne sont rien comparé aux gestes, aux caresses, qui vont suivre. Je me retiens de le supplier d'arrêter les avec les mots, parce qu'ils me rendent folle, je n'ai plus conscience de rien d'autre que de nos deux chaleurs..

Plus tard, je penserai, les mots ne sont rien, rien, rien du tout.
Comparé à tout cela, ils ne sont rien.


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2 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Carolyna (26/08/2010), Cocomilie. (26/07/2010)
Vieux 21/07/2010, 13h56   #14
_lilou_
Guest
 
Thème : l'addiction.

Mon amour, je t’écris pour te rassurer : le docteur m’a sauvé la vie.
Il m’a trouvé le teint fatigué, les doigts torturés. Mes ongles rongés, mes cernes incurvées, lui ont mis la puce à l’oreille. Il a pris des tours et des détours avant d’oser planter ses yeux bleus acier au fond des miens et de poser sa question. La question. Mon amour, on aurait dit qu’elle le brûlait. C’est drôle, si drôle, je ris en y repensant, pardon, tu ne vas plus rien comprendre si je ris tant et plus. Il m’a demandé si j’avais des problèmes. J’ai souri, et pensé : il y aura un soupçon de lumière au fond de mon regard, ce soupçon suffira a balayer les siens. Mais non, il a été plus loin. Il croit que je suis une camée. Il n’osait pas s’avancer, mon amour. Il a proposé l’alcool, il a suggéré la drogue, s’est repris, a parlé d’un usage doux, envisagé, apeuré, un usage fort. Ca m’a fait mal, tu sais, mon amour. Il a mis le doigt sur ce qui me consume, sur le fait que je sois dépendante, une vraie addict. Ce qui m’a fait si mal, c’est que jamais il ne connaîtra l’objet de mes tourments. Tu sais, mon amour, j’aurais pu lui dire que non, je ne fume pas, ne bois pas à outrance, ne me drogue pas, que mon teint vieilli, mes cheveux abîmés d’avoir été trop souvent tirés par tes doigts emmêlés et mes tremblements viennent d’ailleurs, mais à quoi bon. J’ai hoché la tête, et j’ai dit oui, oui, oui.
C’était terriblement libérateur, la douleur qui m’a prise été salvatrice.
Les convulsions ont commencé, les larmes ont roulé, mais je riais toujours. Et si, prétextant une addictions réprimée, on me débarrassait enfin d’une passion jalousée de tous ? Après tout.. Je suis malade, mon amour. Il faut que l’on me soigne. Je craignais qu’ils ne découvrent le pot aux roses, en signant ce papier qui permet mon internement dans ce centre de désintox’. Comment pourraient-ils ne pas remarquer que mon organisme est sain, que c’est ailleurs que tout débloque, ailleurs que le manque me bouffe, me creuse le corps, le cœur et l’âme, si l’on en a vraiment une. Je me suis affolée pour rien, mon amour. Ma voisine de chambre, explosée par trop d’héroïne et de cachets est presque plus jolie à regarder que moi. J’ai cru devoir mimer son martyr, affiner mon don de comédienne, mais non. Etre loin de toi a suffi. Mon corps s’est tordu, contracté, je me suis arraché les ongles et des poignées de cheveux, j’ai hurlé qu’on me prenne, qu’on me baise, qu’on me déchire le corps, j’ai supplié qu’on me relâche, j’ai déversé mon manque de toi. Je n’ai rien surjoué, le naturel a suffi. Tu sais, mon amour, le manque physique est d’une violence inouïe, mais il ne dure pas si longtemps. 5 jours ont suffi pour laver mon organisme de toi. Je t’ai vomi, je t’ai chié, de chaque parcelle de mon corps il a fallu t’extraire, j’ai cru en crever cent fois. Mais je suis là, je me tiens, faible, mais éveillée, devant cette lettre que je t’adresse. Mon corps va mieux, même s’il est à reconstruire. Il me reste à soigner mon accoutumance à tes mots, mon assuétude à tes désirs. Mon corps est encore un toxico, et je crois qu’un jour, j’irai aux alcooliques anonymes, fêter chaque jour passé sans toi. Il n’y aura que moi pour savoir que derrière la sentence habituelle : « je n’ai pas touché une goutte d’alcool depuis trois mois, deux semaines et un jour » se cache une autre déviance.
Pardon, mon amour. Je sais tous ces couples heureux de se perdre l’un dans l’autre, de se noyer, éperdus, trempés, dégoulinants de bonheur. Pardon, mon amour, je sais que nous, on aurait été au dessus de la liesse habituelle. Pardon, mon amour, je sais ta perfection, pardonne ma défection. Je t’abandonne, et cours me retrouver. Pardon, mais c’est si bon, mon amour.



Modifié par _lilou_ 21/07/2010 à 14h02.
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10 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Carolyna (26/08/2010), Coclicot (25/07/2010), Cocomilie. (26/07/2010), Eleen (26/07/2010), Hadhafang (21/07/2010), Imatinib Glivec (23/07/2010), Leorocking (30/07/2010), Pseudo inconnu (27/07/2010), Sixteen. (22/07/2010), Youlie. (31/07/2010)
Vieux 27/07/2010, 18h09   #15
_lilou_
Guest
 
Thème : dans la peau de...

Pour ce thème, j'ai choisi "Antigone" de Jean Anouilh. (adapation de Sophocle)

Je vous mets ici l'extrait qui m'a servi de 'tremplin' :

Ismène :

"Ecoute, j'ai bien réfléchi toute la nuit. Je suis l'aînée, je réfléchis plus que toi. Toi, c'est ce qui te passe par la tête tout de suite, et tant pis si c'est une bêtise. Moi, je suis plus pondérée, je réfléchis."

Antigone :

Il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir.


Dans la peau d'Antigone :



" Parfois, il faut se contenter d'agir, pour réfléchir ensuite, s'il reste du temps. Il te faut vivre, avant toute chose. Je n'ai jamais été autre chose que cette gamine mal coiffée, habillée de ce qui me tombait sous la main, quand toi tu t'enrubannais de fleurs de pacotille, quand tu te poudrais et te coiffais pendant des heures. Et ça te va à ravir, Ismène, tu es lumineuse, non, tu es la lumière, mon point d'orgue, une lueur rassurante dans le noir. Mais tout toi est travaillé, de tes tenues à tes amours. Je ne peux pas, moi. Je ne peux pas me poser et attendre que la vie se passe sans moi. Le soir où Hémon est venu me chercher, je n'étais pas jolie, pas même parée. Je revenais des champs, des brindilles dans les cheveux, la plante de mes pieds noircie par la terre battue. Il a posé les yeux sur moi, après avoir passé la soirée à te faire virvoleter. Il m'a demandé d'être sa femme, dans un sourire, j'ai répondu oui. Une impulsion, une délicieuse folie que je ne regrette pas. J'aurais pu tergiverser, chercher l'erreur que tous ont décelé dans son choix. Me demander pourquoi il a choisi un frêle moineau aux yeux lointains plutôt que se jeter à tes pieds, te suppliant, comme tous les autres. Mais non, j'ai dit oui, oui, oui.

Ne me demande pas de changer ça, je n'y parviendrai pas. Arrondir les angles, sourire, comprendre et accepter, ça n'existe pas dans mon Monde. Tu me parles de comprendre les grands de ce Monde, pourquoi le ferais-je ? Admettre qu'ils ont des choix à faire, des décisions à prendre, je le peux. Mais je n'ai pas leur prétention, pas leurs attentes, pas leur vilain espoir de réussite pour me salir. Je n'ai pas à comprendre, à m'abîmer yeux ou le coeur avec leurs bassesses. Je comprendrai plus tard, et si j'en ai la chance, jamais.

Je sais, tu as peur pour moi. C'est une drôle de choix que je m'apprête à faire là. Je connais tes opinions, mais femme ou pas, je me réserve le droit de mourir comme un homme, dressée, fière, pour une idée. Je ne te demande ni de comprendre, ni de pardonner, mais d'accepter le fait que je ne pourrai plus jamais me regarder dans une glace si je vis de lâcheté."



Modifié par _lilou_ 28/07/2010 à 21h32.
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9 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Carolyna (26/08/2010), Docteur Jekyll (28/07/2010), Eleen (27/07/2010), Louis (31/07/2010), Miss-Dolly (30/07/2010), Pseudo inconnu (27/07/2010), Sasha. (29/07/2010), satet (29/07/2010), Satin (28/07/2010)
Vieux 30/07/2010, 22h13   #16
smoke some weed.
 
Avatar de Leorocking
 

Ton texte sur l'addiction, il est inqualifiable. J'ai lu tout ton topic, et j'en suis boulversée.
__________________
C'est pas vraiment un bon coup mais c'est dans l'mille à tous les coups.
Leorocking est déconnectée   Réponse avec citation
Vieux 31/07/2010, 08h32   #17
_lilou_
Guest
 

Citation:
Posté par Leorocking Voir le message
Ton texte sur l'addiction, il est inqualifiable. J'ai lu tout ton topic, et j'en suis boulversée.


Merci.
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Vieux 03/08/2010, 18h45   #18
_lilou_
Guest
 
Thème : le penseur / Option : facile :D

Yana : j'ai pris l'option facile...




Assis là, j’ai franchement l’air d’un trouffion.



Franchement. Ne cherchez pas à me rassurer, ne prenez pas l’air sévère pour me conter ce que ma pose possède d’artistique. Foutaises. J’ai l’air d’un vrai blaireau, les burnes à l’air. Mon air inspiré ne rattrape rien, croyez-moi.



Figé.


Glacé l’hiver, le froid mordant, esquintant ce qu’il reste en moi d’humain.


Incandescent l’été, la chaleur m’oppressant, faisant fondre les fientes des pigeons moqueurs, les chewing-gums, oublis volontaires des enfants. Ricanements.


Figé.



Constant, stable, ineffable, je fais office de valeur sûre, d’homme idéal.


Je n’irai jamais nulle part, je n’ai d’autre liberté que celle de penser, madame, vous n’aurez qu’à l’oublier, m’installer dans votre salon, je serai votre roi, le roi des cons. Je resterai, songeur, devant vos envies, vos caprices, vos futilités.



Vous serez libre de croire que certains soirs c’est à vos atours que je rêve.


Je suis condamné à espérer me ternir dans un intérieur meublé sans goût mais sans assauts météorologiques, sans catastrophes naturelles, sans gosses cruels.



Comprenez… Les siècles ont passé, je m’effrite, ne tarderai plus à m’émietter pour de bon.


Je voudrais seulement qu’on m’époussette, qu’on me lustre, retrouver la flamme, la stature qui en imposait tant. Si vous m’emportez, madame, peut-être je vous narrerai l’histoire du jour où l’on me changea en pierre.



Ah, idiot de penseur que je suis.



Modifié par _lilou_ 03/08/2010 à 22h00.
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7 Filles ont envoyé un Big up ! à : : After-the-party (04/08/2010), Carolyna (26/08/2010), Cocomilie. (18/08/2010), FlashForward (03/08/2010), Neïa. (03/08/2010), Sasha. (03/08/2010), Yana (03/08/2010)
Vieux 06/08/2010, 22h42   #19
_lilou_
Guest
 
Si j'étais un homme.



Si demain, je me réveillais homme, hôte d’un corps musclé, visiteur d’un visage où s’épanouirait une barbe de trois jours mal disciplinée, je ne me donnerais la peine de rien.

Ni celle de faire l’effort d’être un bon gars, ni celle d’être correct, pas même celle de faire semblant. Etre moi serait bien suffisant, et tant pis, si pas tant mieux, pour ce que je briserais au passage. Cœurs, objets, membres, estimes, après tout… Depuis que le monde est monde, les hommes font la loi et personne ne s’indigne. Ou si peu. Qu’ils grognent, après tout, mes poings serviraient de rappel à l’ordre. Qu’elles montent au créneau, on les tournerait au ridicule, on les appellerait les nouvelles chiennes. On oublierait ce que leur garde a eu d’utile, on ne s’en rappelle plus déjà, on fait comme si, ça arrange le peuple, et moi, je trouverais un avantage aux railleries dont elles feraient l’objet, je me ferais mousser de leur défaite neuve et déjà dépassée.

Je trouverais même des idiotes pour me donner raison, ces femmes qu’on dit fortes et qui clament n’avoir besoin de personne, assurant que le féminisme est mort et qu’il faut en brûler les restes. Elles finissent bien vite sous un joug ou l’autre, mais quelle importance. Elles se croient affranchies, grand bien leur fasse, en un sens, elles me donneront le droit de leur chier sur le coin de la tronche. Pourquoi s’en plaindre, à quoi bon s’en étonner ? Tout tourne de travers, ça ne pourra que me plaire. Je serais du né du bon coté.

Ca sera tout pour ma gueule, pour une fois. Rien ne m’arrêtera, pas même un mal aux seins en fin de mois, ou une douleur lancinante aux ovaires pour me mettre à l’envers. Mes hormones ne prendront plus en otage mes émotions, le seul risque restera celui d’une testostérone débordant dans la face d’un emmerdeur, plus celui des larmes intempestives, des colères légères qu’un souffle repousse, et de ces détails qui font perdre tout crédit aux femmes. J’aurai le monde à mes pieds, et je lui cracherai dessus.

Quant aux femmes, et bien les femmes… J’en ferai ce que je veux.
Je débaucherais les précieuses, composerais le code secret, un je t’aime, elles ouvrent les cuisses, un projet, il n’y a même plus à être pressant, elles t’attendent à demi-nue dans le salon.
Je tremperais aussi dans les faciles qui n’ont que faire de rien, ça m’amuserait moins, mais ça aurait le mérite de me vider les couilles. Un bon compromis entre fatigue et solitude, et l’indéniable petit plus : elles ne rêvent jamais de rester jusqu’à l’aube. L’affaire bouclée, elles se tirent vite fait, on n’a pas à penser au taxi et ce sont même elles qui amènent les capotes. La nouvelle vague des féministes 2.0 plus transparentes que jamais. Je ne referais pas le monde, j’en profiterais tel qu’il est. Tout pour ma gueule, j’ai dit.
Je garderais le meilleur pour la fin et profiterais sans vergogne de celles qui se veulent libérées la nuit mais n’assument pas au petit matin, c’est d’elles que je me régalerais le plus. On les retourne dans toutes les positions, elles te sucent avant de te donner leur prénom, elles te présentent leur cul, elles ne disent non à rien et oui aux choses que tu n’oserais pas proposer à une actrice de x, ou à une pute, mais le plus drôle, ça reste le matin, quand elles te préparent le café et te somment de ne rien révéler de leur coté sulfureux, parce que tu vois, là où je bosse, ils ne comprendraient pas. J’en aurais rien à foutre de leurs problèmes, j’assumerais mieux que bien, et je raconterais tout aux potes, et les potes, ben… Ils en feraient ce qu’ils veulent de mes frasques, hein.

Je raconte ça aux copines et elles me trouvent cruelles. Je leur en parle des étoiles dans les mirettes et ça les choque. La version de moi en mec leur fait horreur, et pourtant, leurs mecs, ex’s et pères ne sont pas loin de cette image. A croire que mes lèvres leur paraissent trop délicates pour être le berceau de tels plaisirs,et que mon visage doux ne peut réellement esquisser de tels projets sans qu’on me rappelle ma condition de mignonne petite chose. Soit telle et tais-toi.

Pourtant, je vous assure, le matin où je me réveille homme, je me lève, me trouve un coin pour pisser la queue à l’air, et haut les cœurs.



Modifié par _lilou_ 06/08/2010 à 22h46.
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— Ont offert un Big up ! à ce post : Carolyna (26/08/2010)
Vieux 12/08/2010, 22h38   #20
_lilou_
Guest
 
Lettre à celui qui vous a le plus fait souffrir.


Je ne prononce plus ton prénom tout haut depuis des années, si rarement nous sommes amenés à nous croiser, je me cache de toi, serre plus fort la main qui me tient, m’accroche misérablement aux yeux d’un interlocuteur ou l’autre, manque un battement et prie autant pour que tu me voies autant que pour que tu ne me voies pas.
La sensation est violente, douloureuse. Mes jambes font mine de flageoler avant de se souvenir qu’elles n’ont plus besoin de toi pour avancer.
En un éclair, tout me revient.
Les regards brûlants et ceux qui glacent.
L’absence de demi-mesure, le manque de nuances, le tout-au-rien dont tu manies si bien les codes.
L’angoisse de n’être pas assez, et celle que tu sois (de) trop est toujours aussi oppressante.
Je me sens enfant quand tu m’approches, c’est aussi déstabilisant que merveilleux, c’est un secret de rien qui semble pourtant vicieux aux yeux des autres.
Quand on clôt une histoire, il y a l’obligation en plus des preuves matérielles, de faire disparaître jusqu’à la dernière trace d’émotion. Pour cela et d’autres choses encore, je hais te rencontrer si je ne suis pas seule. Accompagnée, je sais qu’on s’interrogera sur mes joues rougies, mon regard ailleurs et ma voix moins assurée. Seule, je conserve intact le souvenir de l’instant un peu plus longtemps.
Entourée, je ressens l’obligation d’une justification, et celle étrange d’avoir à culpabiliser pour une rêverie.

Je ne parle de toi à personne -sauf pour dire, salir, trahir, te réduisant à une insulte, une bassesse- et même si je le souhaitais, personne ne serait à même de m’entendre. On m’écoute, parfois, on me lit, mais on ne m’entend pas.

Mes mots sur le papier, mes phrases derrière un clavier, mes tours et détours touchent la corde sensible, on s’y reconnaît, on s’y pleure, on s’y sourit, on s’y rappelle et déjà ils ne nous appartiennent plus. Ce que j’écris de toi sert à panser les blessures d’autres que moi, ne me permettant pas de rouvrir les miennes.

Je ne te raconte plus tout haut, j’ai cessé d’un coup l’instant où j’ai compris que d’autres pensent savoir mieux que moi où ranger nos manquements, ce qui m’a éveillée à la vie, mes souvenirs et la déchirure invisible.
Si je nous déguise, on m’accorde tout crédit. Nous ne paraissons vrais que lorsque je nous fausse.
Sitôt j’avoue notre adolescence, sitôt nous disparaissons.
C’est blanc ou noir, l’amour sensé n’avoir pas d’âge ne se vit qu’entre vingt et cinquante ans.
L’amour à la sortie de l’enfance, l’amour à peine sensuel, n’a pas voix au chapitre. Nous raconter, c’est nous annuler.

C’est douloureux, parfois. Pas tant de savoir qu’ils ne comprennent pas, tu sais, t’avoir comme petit secret honteux, comme souvenir auquel je suis la seule à croire encore a son charme, me savoir l’unique à trembler devant cette fiole presque vide de parfum volé dans une petite boutique pour m’impressionner est assez délicieux, ce qui est difficile c’est d’avoir à t’écrire en secret, toi qui m’a donné le goût d’écrire en m’empruntant celui de vivre. C’est par toi que j’ai commencé, tu es devenu un sujet intarissable, une facilité, un rêve éveillé, un cauchemar finalement oublié.

Avoir eu quinze ans et avoir aimé plus intensément que beaucoup de femmes de trente ans n’existe pas.
Tu n’as droit à aucune place, ni celle du premier amour –pour cela, il aurait fallu que tu me fasses l’amour-, ni celle de l’amour d’enfance –je n’aurais pas souffert, sinon-, encore moins celle d’histoire passionnelle – le plaisir charnel, toujours-, nous n’étions qu’un mirage.
Ne proteste pas, ils savent, nous avions quatorze et quinze ans, nous n’obtiendrons jamais gain de cause contre cet argument, ce sont eux qui détiennent les secrets de notre aventure.

Que tout cela soit faux, que tu aies été celui qui m’a ouvert les yeux, littéralement, que sept ans plus tard je ne souhaite plus te compter dans ma vie, tout en t’estimant tellement, que chacun de tes regards sur moi soit un souvenir doux-amer, que j’ai grandi grâce à toi, que tu m’aies offert la clé de l’écriture, et permis de m’observer dans des yeux amoureux ne les intéresse pas, que tu aies été le premier pas vers la connaissance de soi, que tu aies porté le premier coup ne les intéresse pas.
Que nous ayons vécu n’a aucun poids.

Nous avions quatorze et quinze ans,
Nous ne nous aimions donc pas.
C’est aussi simple que cela.

  Réponse avec citation
4 Filles ont envoyé un Big up ! à : : Carolyna (26/08/2010), Cocomilie. (16/08/2010), Pseudo inconnu (13/08/2010), satet (13/08/2010)
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