27/05/2010, 01h24
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#41 | | Ancienne Miaouss
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| Je n'ai jamais vu ce sujet, comment ai-je pu passer à côté ?!
Je suis une folle-dingue de poésie, je suis même en train de créer un site généraliste sur la poésie moderne et contemporaine en ce moment !
Mon recueil préféré : Arbres de Prévert
Je le lis et relis régulièrement et ne m'en lasse jamais. <3
Quant à mon poème ou poète préféré, je ne saurais dire, il y en a tellement que je mettrais en haut du piédestal !
__________________
Rendez-vous tous ou ce sera la guerre ! Miaouss, oui, la gué-guerre !
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27/05/2010, 12h35
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#42 | | Mélange instable
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| Quand j'ai découvert Baudelaire au lycée, je me rappelle que je pouvais passer des heures entières à lire des poèmes des Fleurs du Mal à voix haute dans le salon juste pour la musique des textes (même si ça fait un peu cliché, l'adolescente de 16 ans lisant Baudelaire dans son salon)
Sinon j'aime aussi énormément Prévert, Apollinaire, Robert Desnos et André Breton.
Parmi mes poèmes préférés, il y a Liberté de Paul Eluard.
J'aime aussi beaucoup celui-ci, qui est de Robert Desnos et qui se trouve dans le recueil Corps et bien : " Notre paire quiète, ô yeux !
que votre "non" soit sang (t'y fier ?)
que votre araignée rie,
que votre vol honteux soit fête (au fait)
sur la terre (commotion).
Donnez-nous, aux joues réduites,
notre pain quotidien
Part, donnez-nous, de nos oeufs foncés
comme nous part donnons
à ceux qui nous ont offensés.
Nounou laissez-nous succomber à la tentation
et d'aile ivrez-nous du mal."
J'aime tout particulièrement le dernier vers que je trouve magnifique.
De Desnos, j'aime aussi beaucoup le poème "J'ai tant rêvé de toi."
J'adore aussi le recueil Alcools d'Apollinaire. Je pense que c'est un des recueils que j'aime le plus. Pour "Le pont Mirabeau" mais j'adore également les poèmes "Les colchiques" et "Nuit rhénane" que je vous recopie parce qu'il est vraiment très beau :
"Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Ecoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds
Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées
Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été
Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire"
Il y en a sûrement beaucoup d'autres mais ce sont ceux auxquels j'ai pensé en premier. |
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27/05/2010, 18h51
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#43 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Rainer Maria Rilke, of course  | |
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08/06/2010, 19h58
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#44 | | Now go Cat go
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| Ce poème me bouleverse chaque fois.
"Un mur dénonce un autre mur.
Et l'ombre me défend de mon ombre peureuse.
O tour de mon amour autour de mon amour,
Tous les murs filaient blancs autour de mon silence
Toi, que défendais tu ? Ciel insensible et pur
Tremblant tu m'abritais. La lumière en relief
Sur le ciel qui n'est plus le miroir du soleil,
Les étoiles de jour parmi les feuilles vertes,
Le souvenir de ceux qui parlaient sans savoir,
Maîtres de ma faiblesse et je suis à leur place
Avec des yeux d'amour et des mains trop fidèles
Pour dépeupler un monde dont je suis absent. "
Paul Eluard - Capitale de la douleur. |
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Tristana (15/05/2011)
12/07/2010, 15h45
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#45 | | SHE'S BEEN A CRAZY DITA
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| Perso, moi j'aime beaucoup les textes de Jacques Salomé !
__________________
Les espérances ne deviennent des regrets, que par manque de courage. |
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13/07/2010, 21h35
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#46 | | Sell the kids for food
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| J'adore ce poème, je le connais par coeur : Mignonne, allons voir si la rose...
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait desclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdue ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votsre pareil.
Las ! Voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle à dessus la place
Las ! Las ! Ces beautés laissées choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis que une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si m'en croyez, Mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
Pierre de Ronsard
__________________ Is it cruel or kind not to speak my mind and to lie to you rather than hurt you ? |
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10/09/2010, 23h46
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#47 | | ...Lizard, Spock !
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| Je ne suis pas très fan de la poésie, mais Le Spleen de Baudelaire est le premier poème et l'un des rares que j'ai apprécié. Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l'horizon embrassant tout le cercle Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits; Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'Espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant les murs de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris; Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux, Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux, Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement. - Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
__________________
"L'important n'est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres" SensCritique
Mes filleules adorées sont Pukhet & Sowssette
Modifié par Horla 11/09/2010 à 00h04.
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10/09/2010, 23h55
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#48 | | Like a Slayerette !
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| Je ne suis pas du tout poésie, ça m'a toujours plus ou moins saoûlée... mais celui-là je l'ai lu en 4ème, et je m'en souviens toujours! il m'a marqué... Vers Dorés Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.
Respecte dans la bête un esprit agissant : ...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
"Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant !
Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie
A la matière même un verbe est attaché ...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !
Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres ! Gérard de Nerval
__________________ "I used to be a highly respected watcher, and now I'm a wounded dwarf with the mystical strength of a doily." |
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11/09/2010, 00h29
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#49 |
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| J'aime beaucoup la poésie ; Eluard, André Breton, Boris Vian, Baudelaire, Mallarmé, Valéry, Bonnefoy, etc sont autant de poètes que j'adule !
Un de mes poèmes préférés a déjà été cité (Giogio de Chirico, de Paul Eluard). En voilà un autre de Paul Eluard que j'aime aussi beaucoup : L’Amoureuse
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire. |
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30/09/2010, 10h56
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#50 | | Et puis,
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| Bonheur, bonheur de voir Paul Eluard cité de si nombreuses fois.
En terme de recueil, sans hésitation pour moi, Le livre ouvert et Poésie ininterrompue. |
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: Tristana (16/05/2011)
30/09/2010, 11h39
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#51 | | Winter is coming.
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| Ce poème de Baudelaire me touche particulièrement: Un hémisphère dans une chevelure Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.
Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.
Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.
Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur.
Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.
Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.
Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris. J'ai découvert Pablo Neruda (en français car je ne lis pas l'espagnol) cet été et j'ai adoré. LE TIGRE
je suis le tigre.
je te guette parmi les feuilles
aussi grandes que des lingots
de minerai mouillé.
le fleuve blanc grandit
sous la brume. te voici.
tu plonges nue.
j'attends.
alors d'un bond,
feu, sang et dents,
ma griffe abat
ta poitrine, tes hanches.
je bois ton sang, je brise
tes membres, un à un.
et je reste dans la forêt
à veiller durant des années
tes os, ta cendre, immobile, à l'écart de la haine et de la colère,
désarmé par ta mort,
traversé par les lianes,
immobile sous la pluie,
sentinelle implacable de mon amour, cet assassin. |
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27/10/2010, 22h16
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#52 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Je sais que ce poème est assez macabre et mélancolique, mais il me touche par son contexte et son auteur. François Villon est l'un des premiers poètes romantiques, issu du Moyen-Age. Cette ballade aurait été rédigée lorsqu'il était en prison en attendant la potence, d'où le rôle de pendu dont il s'investit à rebours. En fin de vie, il ose qui plus est enfin écrire des mots de rédemption vis à vis de son égoïsme passé, de ses multiples fautes et de toutes ses anciennes préoccupations - plus de chair que spirituelles. La Ballade des Pendus : Frères humains, qui après nous vivez, N'ayez les coeurs contre nous endurcis, Car, si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous mercis. Vous nous voyez ci attachés, cinq, six : Quant à la chair, que trop avons nourrie, Elle est piéça dévorée et pourrie, Et nous, les os, devenons cendre et poudre. De notre mal personne ne s'en rie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! Se frères vous clamons, pas n'en devez Avoir dédain, quoique fûmes occis Par justice. Toutefois, vous savez Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis. Excusez-nous, puisque sommes transis, Envers le fils de la Vierge Marie, Que sa grâce ne soit pour nous tarie, Nous préservant de l'infernale foudre. Nous sommes morts, âme ne nous harie, Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! La pluie nous a débués et lavés, Et le soleil desséchés et noircis. Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés, Et arraché la barbe et les sourcils. Jamais nul temps nous ne sommes assis Puis çà, puis là, comme le vent varie, A son plaisir sans cesser nous charrie, Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre. Ne soyez donc de notre confrérie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! Prince Jésus, qui sur tous a maistrie, Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie : A lui n'ayons que faire ne que soudre. Hommes, ici n'a point de moquerie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Modifié par Utilisateur inconnu 27/10/2010 à 22h18.
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28/10/2010, 12h47
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#53 | | Des étoiles au plafond
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| Citation:
Posté par Léandre Je sais que ce poème est assez macabre et mélancolique, mais il me touche par son contexte et son auteur. François Villon est l'un des premiers poètes romantiques, issu du Moyen-Age. Cette ballade aurait été rédigée lorsqu'il était en prison en attendant la potence, d'où le rôle de pendu dont il s'investit à rebours. En fin de vie, il ose qui plus est enfin écrire des mots de rédemption vis à vis de son égoïsme passé, de ses multiples fautes et de toutes ses anciennes préoccupations - plus de chair que spirituelles. La Ballade des Pendus : Frères humains, qui après nous vivez, N'ayez les coeurs contre nous endurcis, Car, si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous mercis. Vous nous voyez ci attachés, cinq, six : Quant à la chair, que trop avons nourrie, Elle est piéça dévorée et pourrie, Et nous, les os, devenons cendre et poudre. De notre mal personne ne s'en rie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! Se frères vous clamons, pas n'en devez Avoir dédain, quoique fûmes occis Par justice. Toutefois, vous savez Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis. Excusez-nous, puisque sommes transis, Envers le fils de la Vierge Marie, Que sa grâce ne soit pour nous tarie, Nous préservant de l'infernale foudre. Nous sommes morts, âme ne nous harie, Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! La pluie nous a débués et lavés, Et le soleil desséchés et noircis. Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés, Et arraché la barbe et les sourcils. Jamais nul temps nous ne sommes assis Puis çà, puis là, comme le vent varie, A son plaisir sans cesser nous charrie, Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre. Ne soyez donc de notre confrérie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! Prince Jésus, qui sur tous a maistrie, Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie : A lui n'ayons que faire ne que soudre. Hommes, ici n'a point de moquerie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! | Tu devrais l'aimer aussi en chanson, chanté par Serge Reggiani, écoute-le 
__________________ Que sont nos rêves devenus ? |
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04/12/2010, 11h14
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#54 | | statu quo
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| J'aime la plupart des poèmes de Max Jacob. (Et puis avoir eu Picasso comme parrain pour son baptême, la classe  ) Plaintes d'un prisonnier
Perchez les prisons sur les collines
Nous aurons la respiration saline
Ça nous consolera de la discipline
Barbe-Bleue est ici depuis une huitaine
Avec ses beaux-frères, avec Croquemitaine
"Anne, ma sœur, ne vois-tu rien venir
Regarde la mer bleue, regarde l'avenir !
- Je ne vois que l'aumônier et le médecin
Ils arrivent dans le bois de pins
Et leur aspect
Me rend perplexe et circonspect
Faut-il me donner la fièvre jaune
En me frottant le nez avec la paume
Ou une fluxion de poitrine
En buvant mon urine."
La fille du geôlier et le récidiviste
Des résultats du steeple ont consulté la liste
Comme près des colonnes il y avait du vent
Ils ne le lurent pas plus avant
Et la belle a fait un enfant.
Un entomologiste qui est sous les verrous
Étudie à son gré la punaise et le pou ;
Nous avons un préfet, un notaire, un abbé,
Les malheureux, ce n'est pas bête,
Ont fait de la cloison un piano alphabet
Ils se disent tout ce qui passe par la tête.
- Moi, je n'ai jamais pu l'apprendre -
D'hommes à femmes des choses tendres.
Prisons, volière des doigts muets
La muse est un oiseau qui passe
Par les barreaux de ma prison
J'ai vu son sourire et sa grâce
Mais n'ai pu suivre son sillon.
Adieu muse, va dire aux hommes
Ce soir de fête en la cité
Que dans les prisons où nous sommes
On meurt de les avoir aimés |
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: Caracallas (11/12/2010)
14/01/2011, 21h52
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#55 | | Manger. Maintenant.
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| Mon poème préféré est un poème de Ronsard qu'on a étudié en classe cette année, et avant même de l'avoir analysé j'ai adoré..
Comme on voit sur la branche au mois de Mai la rose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose :
La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur :
Mais battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt feuille à feuille déclose :
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.
Pierre de Ronsard, Sur la mort de Marie
__________________ "Les histoires d'amour s'écrivent en millimètres et en millisecondes et d'un crayon rapide, émoussé, qui laisse à peine une trace, déclama Fuse. Elles se gravent au burain, en kilomètres et en éternités, sur le flanc d'une montagne." |
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16/01/2011, 09h54
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#56 | | Quiétude
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| Paul Eluard
Dans mon chagrin, rien n'est en mouvement
J'attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même
Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s'est séparée de ta bouche
Ma bouche s'est séparée du plaisir
Et du sens de l'amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n'avanceront plus, il n'y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos
Il m'est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j'ai crue infinie
Et l'avenir mon seul espoir c'est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d'un monde indifférent
J'étais si près de toi que j'ai froid près des autres.
__________________ "Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été." |
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Tristana (15/05/2011)
23/01/2011, 00h38
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#57 | | statu quo
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| Si, Rudyard Kipling, traduit par André Maurois. Citation:
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à Cléante :
: Florilège (15/05/2011), Seth_ (16/05/2011)
23/01/2011, 16h51
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#58 |
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| Oh trop chouette ce sujet ! Plein de nouveaux poèmes à découvrir !
Mon poète préféré est sans doute Baudelaire, notamment pour Une Charogne et A une Passante.
Ensuite mes poèmes préférés sont probablement L'Amoureuse de Paul Eluard (merci de l'avoir mis un peu plus haut !), La Ballade des Pendus de Villon (pareil !), Ma Bohème de Rimbaud, Le Vallon de Lamartine... Et tant d'autres, dont par exemple celui-ci de Nerval, extrait des Chimères :
El Desdichado
Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.
Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.
Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…
Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.
Et celui-ci de Du Bellay, extrait des Regrets :
Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ?
Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,
Cet honnête désir de l’immortalité,
Et cette honnête flamme au peuple non commune ?
Où sont ces doux plaisirs qu’au soir sous la nuit brune
Les Muses me donnaient, alors qu’en liberté
Dessus le vert tapis d’un rivage écarté
Je les menais danser aux rayons de la Lune ?
Maintenant la Fortune est maîtresse de moi,
Et mon cœur, qui soulait être maître de soi,
Est serf de mille maux et regrets qui m’ennuient.
De la postérité je n’ai plus de souci,
Cette divine ardeur, je ne l’ai plus aussi,
Et les Muses de moi, comme étranges, s’enfuient. |
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01/04/2011, 20h25
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#59 | | derpina
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| Je ne vais pas très originale en postant du Baudelaire. Je ne suis pas très friande de ses poèmes, que je trouve assez... ennuyeux, toujours à ressasser les mêmes choses, l'ennui, la déprime, blablabla c'est noir il pleut y'a la mort dans mon corps. Sauf ce poème, que je trouve raffiné, riche d'images et très beau, avec une structure simple et terriblement efficace. Il possède une musicalité prononcée qui me plait beaucoup, j'aime ça dans la poésie. J'aime retrouver ce mélange de sons et de littérature. L'invitation au voyage m'évoque une foule de choses... Le désir fulgurant et naïf d'une vie rêvée et qui paraît si odorante, proche, visible. 'Luxe, calme et volupté" ou la formule métaphorique d'un bonheur parfait, trompeur. Citation: L'invitation au voyage Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. |
__________________ "No. Aliens exist, I just don't think they came millions of light years just to see earth. Be like driving 1000 miles to go to an Arby's" Pécho ici |
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à Golden Brown :
: Caliodë (25/04/2011), Castille (25/04/2011)
25/04/2011, 13h12
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#60 | | Mélange instable
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| Waouh ! ous ne citez quasimen tqe des choses que j'aime !
Mes préférés sont certainement :
Rimbaud Ma Bohème Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ; Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ; Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques Des mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
Prévert Pater Noster Notre Père qui êtes aux cieux Restez-y Et nous nous resterons sur la terrre Qui est quelquefois si jolie Avec ses mystères de New York Et puis ses mystères de Paris Qui valent bien celui de la Trinité Avec son petit canal de l'Ourcq Sa grande muraille de Chine Sa rivière de Morlaix Ses bêtises de Cambrai Avec son Océan Pacifique Et ses deux bassins aux Tuilleries Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets Avec toutes les merveilles du monde Qui sont là Simplement sur la terre Offertes à tout le monde Éparpillées Émerveillées elles-même d'être de telles merveilles Et qui n'osent se l'avouer Comme une jolie fille nue qui n'ose se montrer Avec les épouvantables malheurs du monde Qui sont légion Avec leurs légionnaires Aves leur tortionnaires Avec les maîtres de ce monde Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres Avec les saisons Avec les années Avec les jolies filles et avec les vieux cons Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons. Et evidemment Aragon  Extrait d'un poème de Roman Inachevé connu sous le titre "Que serais-je sans toi" chanté par Ferrat. Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre. Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant. Que cette heure arrêtée au cadran de la montre. Que serais-je sans toi que ce balbutiement. J'ai tout appris de toi sur les choses humaines. Et j'ai vu désormais le monde à ta façon. J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines. Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson. J'ai tout appris de toi jusqu'au sens de frisson. J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne. Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne. Tu m'as pris par la main, dans cet enfer moderne Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux. Tu m'as pris par la main comme un amant heureux. Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes. N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue Une corde brisée aux doigts du guitariste Et pourtant je vous dis que le bonheur existe. Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues. Terre, terre, voici ses rades inconnues. |
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