21/02/2010, 15h56
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#21 | | Flinguée du bulbe.
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| Citation:
Posté par Arwen. Le dormeur du Val de Rimbaud. La première fois que je l'ai lu j'avais 13ans, et ce poème m'a fait aimer la langue française et la poésie en général. Une vraie découverte. |
La même. Je ne suis pas une grande fan de poésie mais ce poème-là a quelque chose qui me plaît. |
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22/02/2010, 20h55
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#22 | | Mélange instable
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| Les poèmes de Baudelaire me fascinent . Je ne connaissais pas avant l'année dernière , où j'ai eu l'occasion de l'étudier ( Parfum exotique ) . Ce poète est fabuleux !! |
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28/02/2010, 16h01
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#23 | | <<= Gauche ϟ Droite =>> OrchestreuZ madmoiZelle
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| Amarcord, 1000 big up pour Tennessee Williams !
J'ai redécouvert Annabel Lee, de Edgar Allan Poe, j'en aurais presque pleuré ! En anglais puis en français, mais bon, même Baudelaire ne s'est pas risqué à traduire ce poème. It was many and many a year ago In a kingdom by the sea That a maiden there lived, whom you may know By the name of Annabel Lee And this maiden she lived with no other thought Than to love and be loved by me. I was a child and she was a child In this kingdom by the sea But we loved with a love that was more than love I and my Annabel Lee With a love that winged seraphs in Heaven Coveted her and me This was the reason that, long ago In this kingdom by the sea The winds blew out of a cloud, chilling My beautiful Annabel Lee So that her highborn kinsmen came And bore her away from me, To shut her up in a sepulchre In this kingdom by the sea The Angels, not half so happy in Heaven, Went envying her and me Yes! That was the reason (as all men know In this kingdom by the sea) That the wind came out of a cloud by night Chilling and killing my Annabel Lee. But our love, it was stronger by far than the love Of those who were older than we, Of many far wiser than we And neither the Angels in Heaven above Nor the demons down under the sea Can ever dissever my soul from the soul Of the beautiful Annabel Lee. For the moon never beams without bringing me dreams Of the beautiful Annabel Lee And the stars never rise, but I feel the bright eyes Of my beautiful Annabel Lee. And so, all the nighttide, I lie down by the side Of my darling! My darling, my life and my bride. In her sepulchre, there by the sea, In her tomb, by the side of the sea. --Edgar Allan Poe En français, traduit par Roseau : ANNABEL LEE C'était il y a longtemps, très longtemps,
Dans un royaume au bord de l'océan,
y vivait une vierge que vous pourriez connaître
Du nom d'Annabel Lee;
Cette vierge vivait sans autre pensée
Que de m'aimer et d'être mon aimée. Elle était une enfant et j'étais un enfant,
Dans ce royaume au bord de l'océan,
Mais nous aimions d'un amour
qui était plus que de l'amour
Moi et mon Annabel Lee,
D'un amour tel que les séraphins du Ciel
Nous jalousaient elle et moi. Et c'est pourquoi, il y a longtemps,
Dans ce royaume au bord de l'océan,
Les vents firent éclater un nuage et glacèrent
Ma toute belle Annabel Lee ;
Si bien que ses nobles parents sont venus
Et l'ont emportée loin de moi
Pour l'enfermer dans un tombeau
Dans ce royaume au bord de l'océan. Les anges, loin d'être aussi heureux que nous au Ciel,
Nous envièrent elle et moi :
Oui ! C'est pour cela (comme chacun le sait
Dans ce royaume au bord de l'océan)
Qu'une nuit le vent surgit d'un nuage
Et glaça, et tua mon Annabel Lee. Mais notre amour était beaucoup plus fort que l'amour
De nos aînés, de bien des personnes
Beaucoup plus sages que nous,
Et jamais les anges du Ciel là-haut
Ni les démons au fin fond de l'océan
Ne pourront séparer mon âme de l'âme
De ma toute belle Annabel Lee. Car la lune ne luit jamais, sans qu'elle me porte
Des rêves d'Annabel Lee, la toute belle,
Et les étoiles ne se lèvent jamais, sans que je sente
Les yeux vifs d'Annabel Lee, ma toute belle,
Ainsi, aux rives de la nuit, je me couche à côté
De ma chérie! Ma chérie, ma vie, ma promise,
Dans son tombeau, là, au bord de l'océan,
Dans sa tombe, à côté de l'océan. |
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28/02/2010, 16h24
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#24 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Actuellement les deux seuls poèmes qui me viennent a l'esprit sont l'Etranger de Baudelaire et le 6ème aphorisme de Nietzsche (je considère Nietzsche comme un poète. D'ailleurs la première partie du Gai Savoir, l'invitation au lecteur, c'est formidable.)
Voici donc pour Baudelaire : Citation:
- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
- Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J’ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L’or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages !
| Roh et puisqu'on y est je cite aussi Chacun sa chimère (toujours de Baudelaire). Décidément j'adore la poésie en prose, et celle de Baudelaire est juste admirable. Citation:
Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.
Chacun d’eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu’un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d’un fantassin romain.
Mais la monstrueuse bête n’était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l’homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s’agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture ; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l’homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l’ennemi.
Je questionnai l’un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu’il n’en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu’évidemment ils allaient quelque part, puisqu’ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.
Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n’avait l’air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu’il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d’aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d’un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.
Et le cortége passa à côté de moi et s’enfonça dans l’atmosphère de l’horizon, à l’endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.
Et pendant quelques instants je m’obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l’irrésistible Indifférence s’abattit sur moi, et j’en fus plus lourdement accablé qu’ils ne l’étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.
| Et donc enfin, Nietzsche. Un de mes passage préféré dans ce "prélude en rime" du Gai Savoir, l'aphorisme 6 Citation:
Ne reste pas au ras du sol
Ne t'élève pas trop haut
C'est a mi-hauteur
Que le monde apparaît le plus beau
| C'est un petit rien, mais ... je sais pas, ça me plait beaucoup. J'en aurais taggé les murs de mon lycée!
Modifié par Lao 28/02/2010 à 17h43.
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à :
: Phonography (08/06/2010), Yana (28/02/2010)
28/02/2010, 17h56
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#25 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Harmonie du Soir de Baudelaire, tout d'abord : [Voici venir les temps ou vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir
Valse mélancolique et langoureux vertige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
Valse mélancolique et langoureux vertige
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir
Du passé lumineux recueille tout vestige
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir.] Ma Bohème, de Rimbaud : [Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !] Et le rapport à l'Oeuvre, de Zola, que je partage en tous points : [Il suffit de se dire qu’on a donné sa vie à une œuvre, qu’on n’attend ni justice immédiate, ni même examen sérieux, qu’on travaille enfin sans espoir d’aucune sorte, uniquement parce que le travail bat sous votre peau comme le cœur, en dehors de la volonté ; et l’on arrive très bien à en mourir, avec l’illusion consolante qu’on sera aimé un jour…Ah ! Si les autres savaient de quelle gaillarde façon je porte leurs colères ! Seulement, il y a moi, et moi, je m’accable, je ne désole à ne plus vivre une minute heureux. Mon Dieu ! Que d’heures terribles, dès le jour où je commence un roman ! Les premiers chapitres marchent encore, j’ai de l’espace pour avoir du génie ; ensuite, me voilà éperdu, jamais satisfait de la tâche quotidienne, condamnant déjà le livre en train, le jugeant inférieur aux aînées, me forgeant des tortures de pages, de phrases, de mots, si bien que les virgules elles-mêmes prennent des laideurs dont je souffre. Et, quand il est fini, ah ! Quand il est fini, quel soulagement ! non pas cette jouissance du monsieur qui s’exalte dans l’adoration de son fruit, mais le juron du portefaix qui jette bas le fardeau dont il a l’échine cassée…Puis, ça recommence ; puis, ça recommencera toujours ; puis, j’en crèverai, furieux contre moi, exaspéré de n’avoir pas eu plus de talent, enragé de ne pas laisser une œuvre plus complète, plus haute, des livres sur des livres, l’entassement d’une montagne ; et j’aurai, en mourant, l’affreux doute de la besogne faite, me demandant si c’était bien ça, si je ne devais pas aller à gauche, lorsque j’ai passé à droite ; et ma dernière parole, mon dernier râle sera pour vouloir tout refaire…] | |
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à :
: Adawen. (28/02/2010), Jules. (01/03/2010)
01/03/2010, 00h59
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#26 | | La chantilly c'est la vie
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| Citation:
Posté par Fraise PsychotiQue Les poèmes de Baudelaire me fascinent . Je ne connaissais pas avant l'année dernière , où j'ai eu l'occasion de l'étudier ( Parfum exotique ) . Ce poète est fabuleux !! | T_T' Mais pourquoi moi j'y comprends que dalle !? POURQUOIIII !? 
Pourtant c'est si beau la poésie ...
__________________ Promenons nous dans les bois, . vu qu'la vicieuse n'y est pas. |
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01/03/2010, 19h54
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#27 | | je pense donc je fuis.
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| Han les filles, ça fais du bien de passer par ici. Personnellement, j'adore Eluard, Baudelaire, Rimbaud et je voue un culte à Verlaine. Donc, je citerais quand même Liberté d'Eluard. Et sinon, C'est l'extase langoureuse C'est l'extase langoureuse,
C'est la fatigue amoureuse,
C'est tous les frissons des bois
Parmi l'étreinte des brises,
C'est, vers les ramures grises,
Le choeur des petites voix.
O le frêle et frais murmure !
Cela gazouille et susurre,
Cela ressemble au cri doux
Que l'herbe agitée expire...
Tu dirais, sous l'eau qui vire,
Le roulis sourd des cailloux.
Cette âme qui se lamente
En cette plainte dormante,
C'est la nôtre, n'est-ce pas ?
La mienne, dis, et la tienne,
Dont s'exhale l'humble antienne
Par ce tiède soir, tout bas ? Verlaine |
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01/03/2010, 20h45
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#28 | | No pussy blues
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| Parti pris, d'Aragon. Je ne saurais expliquer pourquoi mais je l'aime énormément. Je danse au milieu des miracles
Mille soleils peints sur le sol
Mille amis Mille yeux ou monocles
M'illuminent de leurs regards
Pleurs du pétrole sur la route
Sang perdu depuis les hangars
Je saute ainsi d'un jour à l'autre
Rond polychrome et plus joli
Qu'un paillasson de tir ou l'âtre
Quand la flamme est couleur du vent
Vie ô paisible automobile
Et le joyeux péril de courir au devant
Je brûlerai du feu des phares
Requiescat d'Oscar Wilde, aussi! Tread lightly, she is near
Under the snow,
Speak gently, she can hear
The daisies grow.
All her bright golden hair
Tarnished with rust,
She that was young and fair
Fallen to dust.
Lily-like, white as snow,
She hardly knew
She was a woman, so
Sweetly she grew.
Coffin-board, heavy stone,
Lie on her breast,
I vex my heart alone
She is at rest.
Peace, Peace, she cannot hear
Lyre or sonnet,
All my life’s buried here,
Heap earth upon it. |
| |
10/03/2010, 19h54
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#29 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| "If... / Si..." de Rudyard Kipling (traduction de Paul Eluard) : If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you;
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or, being lied about, don't deal in lies,
Or, being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise;
If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with triumph and disaster
And treat those two imposters just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build 'em up with wornout tools;
If you can make one heap of all your winnings And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on";
If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings - nor lose the common touch;
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run -
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man my son. Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ; Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ; Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d’un seul mot ; Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frère Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ; Si tu sais méditer, observer et connaître Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître, Penser sans n’être qu’un penseur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage Sans être moral ni pédant ; Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront, Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire, Tu seras un homme, mon fils. | |
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— Ont offert un Big up ! à ce post
: Jules. (23/03/2010)
12/03/2010, 14h30
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#30 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Citation:
Posté par Essence-fugace Le poème original est une pure merveille ! Mais alors la traduction, pitié... | Et pourtant, de toutes celles que je connais, c'est de loin la plus fidèle...  | |
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21/03/2010, 16h26
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#31 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| J'aime bien cette traduction de Paul Eluard du poème de Kipling. C'est vrai qu'il n'a pas pu rester complètement fidèle au texte, mais dans le cas de la poésie, la traduction relève pratiquement de la ré-écriture.
Je venais poster ce texte sans prétention que je trouve d'une grande fraîcheur, d'une jeune poète américaine, Kelli Russel Agodon. Je la lis beaucoup en ce moment, elle a un blog à cette adresse, et a publié plusieurs recueils très bien reçus par les critiques. Citation: Vacationing With Sylvia Plath
Maybe I should have come alone.
Maybe if the clouds didn’t resemble
tombstones and I had brought something
more upbeat to read
the ocean wouldn’t seem so final—
an ongoing thought carried to shore
then taken away,
washing the same green sock
over and over again.
Maybe if I was taking medication
or at least St. John’s Wort,
maybe if I had a chocolate bar
to eat between breakdowns
the seagull’s cry would be more of a sigh
and the waves wouldn’t seem so blue.
Maybe a lot of things. Maybe
if I could slip into Sylvia’s mind,
sort out the spices in her spice rack,
alphabetize them and dust them off.
Maybe then I’d understand how
it’s the little things that pull you under.
| publié dans Small Knots (Cherry Grove Collections, 2004)
J'aime beaucoup ce texte. J'aime beaucoup comme il mêle la poésie au quotidien le plus banal, et comme il fait intervenir un univers presque mythologique (dans son esprit) avec la figure de Sylvia Plath - qui est aussi une des personnalités qui me fascine le plus. | |
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22/03/2010, 21h46
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#32 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Je livre ici l'adresse d'un blog que je suis avec attention.
Il s'agit de celui-ci, tenu par l'adorable Maya Ganesan, qui a publié plusieurs recueils déjà du haut de ses ... douze ans, et qui se définit comme "funky, fun and happy". Ça lui va bien ! | |
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23/03/2010, 17h45
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#33 | | Bongour!
Par ici depuis August 2006
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| Je suis une grande fan des poèmes de Leonard Cohen (et de sa musique). Pour info, c'est lui l'auteur original d'Hallelujah que Jeff Buckley a rendu célèbre. Citation:
I Have Not Lingered In European Monosteries
and discovered among the tall grasses tombs of knights
who fell as beautifully as their ballads tell;
I have not parted the grasses
or purposefully left them thatched.
I have not held my breath
so that I might hear the breathing of God
or tamed my heartbeat with an exercise,
or starved for visions.
Although I have watched him often
I have not become the heron,
leaving my body on the shore,
and I have not become the luminous trout,
leaving my body in the air.
I have not worshipped wounds and relics,
or combs of iron,
or bodies wrapped and burnt in scrolls.
I have not been unhappy for ten thousands years.
During the day I laugh and during the night I sleep.
My favourite cooks prepare my meals,
my body cleans and repairs itself,
and all my work goes well.
| Il y a des vidéos de lui très jeune en train de lire ses poèmes sur Youtube. |
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à Spider Jerusalem :
: Ambre (23/03/2010), Mindfulista (28/10/2010)
23/03/2010, 22h16
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#34 | | Guest
n/a contributions de haut vol
| Un de mes poèmes préférés est La Paresse, d'Henri Michaux. L'âme adore nager. Pour nager on s'étend sur le ventre. L'âme se déboîte et s'en va. Elle s'en va en nageant. (Si votre âme s'en va quand vous êtes debout, ou assis, ou les genoux ployés, ou les coudes, pour chaque position corporelle différente l'âme partira avec une démarche et une forme différentes c'est ce que j'établirai plus tard.) On parle souvent de voler. Ce n'est pas ça. C'est nager qu'elle fait. Et elle nage comme les serpents et les anguilles, jamais autrement. Quantité de personnes ont ainsi une âme qui adore nager. On les appelle vulgairement des paresseux. Quand l'âme quitte le corps par le ventre pour nager, il se produit une telle libération de je ne sais quoi, c'est un abandon, une jouissance, un relâchement si intime. L'âme s'en va nager dans la cage de l'escalier ou dans la rue suivant la timidité ou l'audace de l'homme, car toujours elle garde un fil d'elle à lui, et si ce fil se rompait (il est parfois très ténu, mais c'est une force effroyable qu'il faudrait pour rompre le fil), ce serait terrible pour eux (pour elle et pour lui). Quand donc elle se trouve occupée à nager au loin, par ce simple fil qui lie l'homme à l'âme s'écoulent des volumes et des volumes d'une sorte de matière spirituelle, comme de la boue, comme du mercure, ou comme un gaz - jouissance sans fin. C'est pourquoi le paresseux est indécrottable. Il ne changera jamais. C'est pourquoi aussi la paresse est la mère de tous les vices. Car qu'est-ce qui est plus égoïste que la paresse ? Elle a des fondements que l'orgueil n'a pas. Mais les gens s'acharnent sur les paresseux. Tandis qu'ils sont couchés, on les frappe, on leur jette de l'eau fraîche sur la tête, ils doivent vivement ramener leur âme. Ils vous regardent alors avec ce regard de haine, que l'on connaît bien, et qui se voit surtout chez les enfants. | |
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2 Filles ont envoyé un Big up ! à :
: Ambre (23/03/2010), Louploup (18/04/2010)
26/03/2010, 23h02
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#35 | | Completement paumée
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| Je n'aime pas particulièrement la poésie, mais je trouve magnifique le poème du Conte de Lisle: Le sommeil de Leila.
__________________ La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. [Victor Hugo] |
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26/03/2010, 23h40
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#36 | | Nothing hurts.
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| Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila. Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues. Paul Verlaine
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18/04/2010, 15h07
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#37 | | se maquille aux crayolas
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| " tu t'en vas sans moi ma vie, tu roules
et moi j'attends encore de faire un pas
tu portes ailleurs la bataille
tu me désertes ainsi
je ne vois pas clair dans tes offres
le petit peu que je veux, jamais tu ne l'apportes
à cause de ce manque, j'aspire à tant
à tant de chose, à presque l'infini
à cause de ce peu qui manque, que jamais tu n'apportes" (henri michaux)
Sinon, il y a liberté, d'Eluard, et colchiques, d'Appollinaire et les mains d'Elsa, d'Aragon. Et pour les poètes, j'aime Rimbaud, victor Hugo...
__________________
"ne le plaignez pas trop, il a vécu sans pactes
libre dans se pensée autant que dans ses actes"
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30/04/2010, 18h34
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#38 | | Amoureuse
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| L'eternel, l'infatigable, le meilleur, le grand Mignonne allons voir si la rose... de Ronsard, que j'adule !
__________________ « Sous des murs de brique poussent des coeurs de pierre » Darla, the come back !. |
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30/04/2010, 23h58
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#39 | | Won won is mine.
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| Le premier qui me vient à l'esprit est Paris at Night de Prévert
Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras.
Je l'ai découvert en cherchant des poèmes pour un devoir de français, il y a assez longtemps mais je l'adore toujours autant  |
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26/05/2010, 22h11
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#40 | | je pense donc je fuis.
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| J'ai repensé d'un coup à ce poème. Je l'adule ce Verlaine. Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles. Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé. -Te souvient-il de notre extase ancienne?
-Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne? -Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois tu mon âme en rêve? -Non. -Ah! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches! -C'est possible. Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir! -L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles. |
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