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07/05/2008, 11h18
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#22 (Lien permanent)
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Avaleuse de livres
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Posté par Aakash
C'est drôle, mais je me demande, vraiment, qui dans les filles qui parlottent dans ce sujet sait ce qui se passe actuellement, en dehors de ce qui est médiatisé.
Parce que je vois un tel gouffre entre ce que dit - à tire d'exemple, par arthéa- avec ce que je peux voir au quotidien.
Je pense que pour arrêter d'haïr cordialement ou de mettre sur un piédestale Mai 68, il faudrait un peu voir ce qu'il se passe dans la rue, dans les mouvements divers qui fleurissent actuellement, dans les manifestations culturelles.
Ce n'est pas une critique, c'est que j'ai vraiment l'impression qu'on ne parle pas de la même chose, en dehors de quelques notions historiques et culturelles.
Quand je vois des phrases comme " Manifester c'est beau, mais l'action ?", eh bien je me dis réellement que de nombreuses actions non médiatisées sont inexistantes, et ça me fait un peu chier.
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Justement je faisais partie de deux associations: l'une qui se nommait le CAR (citoyens anti-racisme) --> qui a fermé à cause du nombre de participants, enfin quand on se retrouve à 4 au lieu d'une vingtaine, on se demande vraiment où est l'action, d'autant plus qu'on ne manifestait pas, on passait des films au lycée sur des thèmes touchant le racisme, des conférences, bref, une prise de conscience. Et aussi je faisais parti des "Luttiers": association de révolte en musique, donc concert à thèmes, conférences, et explication de l'actualité. Sans avoir de grandes prétentions, au moins on essayait d'expliquer avec notre point de vue de jeunes de 17 ans et tout ce qu'il apporte d'illusions, et ça c'était de l'action non médiatisée, mais qui existait. Aujourd'hui, je regrette le manque de conscience de la société qui se prétend soixante huitarde et révolutionnistes. Je continue à croire que manifester sans comprendre le fond d'un problème est presque inutile. Mais ça n'engage que moi.
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10/05/2008, 13h56
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#23 (Lien permanent)
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Soudainement optimiste
Parmi nous depuis septembre 2007
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Donc, tu es bien placée pour savoir qu'il existe des gens qui se bougent, même si ce n'est pas évident, et que ce n'est pas parce que les médias ne relaient... rien de la contre-culture ou des mouvements contestataires aux formes un peu plus évoluées que rien n'existe.
Par exemple, est-ce que quelqu'un ici a entendu parlé du FRAP à Paris, qui se finit le 13 ? J'en doute. Pourtant, il existe et draine du monde.
Après, j'ai envie d'être cynique et de dire que les "sales lycéens qui sèchent les cours" et autres personnes qui ne sont pas, selon vous, "dignes" de manifester car "incultes" et "pas vraiment engagés" (je force le trait, hein.), au moins, ils grossissent les rangs des manifestants. Et bon, ne ne sont quasiment jamais eux qui font de la casse, excusez-moi.
Faut-il avoir fait math sup pour avoir de la légitimité en tant que manisfestant ? Est-ce que, sans avoir lu un seul texte de loi de leur vie, des lycéens ou collégiens ne sont pas capables de sentir le malaise actuellement palpable dans notre société ? Est-ce qu'ils n'ont pas le droit d'avoir envie de montrer leur mécontentement -effectif, je le crois- quand on leur promet des classes à plus de 3O élèves, un avenir fait de stages non-rémunérés, de crédits à vie, d'intérim ?
Moi, quand je vois mon petit frère de 15 ans partir manifester, je suis fière de lui. C'est peut-être un tord, mais au moins je me dis qu'il n'est pas passif et qu'il le fait très intelligement.
Que la société se "croit révolutionniste", j'en doute, qu'elle vive actuellement pour un mois dans l'ombre de mai 68, c'est un fait. Et la seule chose qui me gène la-dedans, je réitère, c'est le paternalisme que se permettent certains ex-soixante-huitards, devenus souvent bien blindés de thunes et "vendus", face à ceux qui actuellement se bougent par qu'ils n'en peuvent plus de voir cette merde autour d'eux.
[Et je crois que je vais arrêter d'écrire sur ce sujet avant de m'énerver, ahah.]
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12/05/2008, 00h53
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#24 (Lien permanent)
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Etat larvaire
Parmi nous depuis avril 2008
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Suis d'accord avec Aakash...et je fait partie de ces "sales lycéens qui manifestent" (oh pitié, vous avez jamais été lycéenne, vous ? =_=), même si j'y suis plus pour longtemps, dans le secondaire, encore moins dans le public.
Dans deux mois, à priori, tout ça ne me concernera plus. Pourtant, je vois pas comment je pourrais rester chez moi à glander quand on voit toutes les merdes qui nous tombent dessus depuis le début du mandat de l'autre nain. (Et Darcos, mais quel con ...! )
je me sens concernée parce que ce sont nos enfants qui feront les frais de cette politique de sous-culture. Pas nous, nous c'est bon, c'est trop tard, mais eux ? Je sais pas vous, mais j'aurais grave les boules que mon enfant ne puisse pas apprendre le latin ou le grec si ça lui chante, que l'art et la culture en général soient dévalorisés comme ils le sont maintenant (ça ça me touchera toute ma vie je crois), qu'ils se retrouvent dans des classes à 35 élèves où seule la section scientifique constitue un salut convenable. Ces mesures puent d'un bout à l'autre, et certe, chaque année a sa "grande cause" à défendre, mais est-ce que parce que d'autres l'ont déjà fait avant nous on a pas le droit de se sentir révolté quand on nous sort des conneries pareilles ?
Je prend le risque de sécher les cours, tant pis, même à un mois du bac, et nos profs sont même venus avec nous l'autre jour. Je ne suis pas une branleuse.
Et je sais que beaucoup viennent protester passivement, juste pour "le fun", certes, mais aussi et surtout parce que les manifs au lycée, ce sont les premiers actes citoyens de notre vie, c'est excitant, c'est nouveau, c'est responsabilisant, et on ne pourra pas blâmer la jeunesse d'avoir voulu faire comme ses ainés.
On l'a tous fait, j'en veux pas aux 2ndes avec leurs uniforme d'emo de bloquer l'entrée du lycée tous le matins, parce que je me souviens de ce que j'avais ressenti de cool, ce sentiment de liberté et d'importance, pendant la lutte contre le CPE, au même âge.
Par contre pour revenir au sujet de Mai 68 et de la médiatisation qui en est faite, je trouve ça un peu relou à la longue. 
Vraiment. Contrairement à ce qui a été dit plus tôt, l'engouement pour ce mois capital de l'histoire du XXe siècle n'a pas lieu tous les 10 ans. C'est la première année que ça prend cette ampleur, certainement à cause du contexte actuel (je ne m'étend pas, on est juste plus dans l'insouciance des années 80 c'est tout).
Mais du thé "mai 68", des tee-shirt "mai 68", des beaux livres "mai 68"(le genre qui coute un demi-cheval , qui pese 7kilos avec un maximum de photos couleurs sur papier glacé, qui va rester bien en évidence sur la table du salon pendant qu'on boiera son thé révoltionnaire).. .IIIIEEW ....!!!  
Je compare la pénibilité d'avoir à supporter cette folie mai 68 à l'insupportable période de la coupe du monde foot, quand tout le monde parle que de ça tout le temps (mais... c'est une secte bordel de nouille !  )
M'enfin sur une échelle du matraquage médiatique de 1 à 10, je donne à Mai 1968 la note de 72. 
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15/05/2008, 18h54
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#25 (Lien permanent)
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Avaleuse de livres
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Citation:
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Posté par Le Sushi Masqué
Mais du thé "mai 68", des tee-shirt "mai 68", des beaux livres "mai 68"(le genre qui coute un demi-cheval , qui pese 7kilos avec un maximum de photos couleurs sur papier glacé, qui va rester bien en évidence sur la table du salon pendant qu'on boiera son thé révoltionnaire).. .IIIIEEW ....!!!  
Je compare la pénibilité d'avoir à supporter cette folie mai 68 à l'insupportable période de la coupe du monde foot, quand tout le monde parle que de ça tout le temps (mais... c'est une secte bordel de nouille !  )
M'enfin sur une échelle du matraquage médiatique de 1 à 10, je donne à Mai 1968 la note de 72. 
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Je crois que sur ce point on s'est compris. Ce qui m'énerve le plus, et qui est l'objet de ce topic c'est bien cette surmédiatisation. Après, les manif', tout ça, chacun fait finalement ce qu'il veut, mais par pitié: ne venez pas nous emmerder avec des reflexions fondées sur mai 68, c'est du passé n'en parlons plus comme dit la chanson. Les lycéens qui sèchent pour aller militer, je crois que je n'ai jamais compris (sans doute ai-je un esprit trop sérieux, et pas assez impliqué dans le monde actuel).
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Egoscriptor.
"Mes rêves s'accrochent à tes phallanges, je t'aime trop fort, ça te dérange, mes rêves se brisent sur tes phallanges, je t'aime trop fort mon ange." Aaron.
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15/05/2008, 21h43
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#26 (Lien permanent)
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Une margarita à la main
Parmi nous depuis juin 2007
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Le Sushi masqué a bien résumé ce que je voulais dire. Il faut arrêter de dire que tous les lycéens s'impliquent dans ce mouvement sont des branleurs, qui sèchent les cours. C'est comme de dire que les profs qui font grève en profitent pour "bien se reposer", "déjà qu'ils sont toujours en vacances", hum...
C'est évident que tous les lycéens ne sont pas informés, qu'il y en a qui font ça pour s'amuser. Ça nuit au vrai mouvement, à ceux qui ont la conviction que l'éducation ne doit pas être lésée, qu'il faut la protéger, se faire entendre, que ce soit en manifestant ou bloquant.
Je trouve que c'est un combat plus que louable et courageux, à quelques mois du bac. Mais comme ça vient de lycéens, alors forcément c'est des conneries ?Non, désolée.Ils sortent d'un établissement où on leur apprend à comprendre comment le monde fonctionne (en tout cas pour les sections éco), comment une démocratie fonctionne, pourquoi c'est important de préserver la diversité (et donc celle des enseignements proposés), et surtout, où on leur apprend à se forger leur propre opinion.
Et tous les jeunes que je connais sont inquiets par rapport à ce qui se passe, se demandent ce qu'ils vont devenir. On ne parle pas que de la nouvelle star.
Pour mai 68, je crois qu'il faut arrêter de comparer ça à aujourd'hui. Ça a été un souffle d'air formidable, un élan, mais le contexte est différent. D’ailleurs un vieux m'a parlé devant le lycée, un prof au moment de mai 68, et il nous a parlé de "ce formidable dialogue" qu'avait instauré mai 68. Au fond, c'est peut-être ça qui nous manque.Et ça n'est pas en méprisant l'autre qu'on y arrivera.
Je ne sais pas si je suis bien claire...
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