- Ca signifie quoi, pour vous, être française ? Y a-t-il des choses, des symboles, des idées, des valeurs que vous revendiquez particulièrement et qu'on pourrait rattacher à votre nationalité ?
Non. J'avoue avoir un certain dégoût pour le patriotisme. Je pourrais dire que je suis fière d'être née dans un pays ayant insufflé la notion de droit de l'homme (dans un bel élan de paternalisme bon teint, merci.), mais en fait, non. Je n'aime pas la France, j'aime tout un tas de gens qui sont nés français, c'est très différent.
"Je suis française car née sur le sol français", ce serait ma définition : la Marseillaise me donne envie de gerber, je n'éprouve aucune sympathie pour la caricature du beauf français ou celle du français classe et branché, ni pour la façon qu'à la France de ce cacher hypocritement derrière des valeurs compassées.
Non pas que j'ai honte d'être française, juste que je n'ai pas envie d'être reliée à un Etat, quel qu'il soit, et que celui-ci étant celui que je connais le mieux, je suis consciente du fait qu'il ne me plaît pas.
- Selon vous, quels sont les trucs classes / pas classes dans le fait d'être française ?
Le vin français est classe, la musique française (Debussy, Ravel, Fauré, Messiaen...) est classe, et des auteurs infinimement classes sont aussi français . J'aime assez la langue française, bien que comparée au russe, au finnois ou à l'italien, elle fasse pâle figure. La France recelle aussi des paysages variés, enfin plus que la Hollande, quoi, ce qui est certainement un plus. Voilà. Je suis parée pour faire de la pub', maintenant.
- Êtes-vous fières d'être française ? Ressentez-vous un sentiment d'appartenance à ce pays ?... Si oui, il se concrétise de quelle façon ?
Non. Je m'en fous, et j'aimerais autant être apatride, d'ailleurs.
- Quand vous êtes à l'étranger (en voyage / ou si vous y vivez), comment parlez-vous de votre pays ?
J'essaie de ne pas trop briser d'illusions sur la gueule de Paris et la gente féminine de notre beaaaaau pays (parce que, comprenez, toutes les filles ne chantent pas "
Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ?", à longueur de journée...), j'explique que le fromage, plus il pue, plus il est bon. Globalement, je compare point par point avec le pays d'accueil en essayant de pas passer pour la connasse qui se plaint de son pays correct (comme tous ces connards de française qui passent d'ailleurs leur temps à manifester ou boire un pastaga, hein).
T'façons, comme qui dit Arno, "
P'tin, P'tin, on est tous des Européens !"