Flavia, chef de projet en stage chez Touscoprod – Interview

Interview de Flavia, chef de projet en stage chez Touscoprod, qui nous parle de sa venue à Cannes, de son travail au jour le jour et de sa passion du cinéma !

Flavia, chef de projet en stage chez Touscoprod – Interview

Flavia a 25 ans et elle a passé quelques jours à Cannes. Une parenthèse pendant son stage de fin d’études chez Touscoprod pendant laquelle elle a travaillé sur le stand du site de financement participatif pendant le marché du film.

Le site fonctionne sur le même principe que Kickstarter ou My Major Company : ce sont les internautes qui décident de financer une partie du projet ou pas. La grosse différence, c’est que Touscoprod est dédié  à 100% à l’audiovisuel (courts, moyens et longs-métrages, documentaires…)

Qu’est-ce que tu fais à Cannes ?

Je suis en stage chez Touscoprod, un site de financement participatif spécialisé dans le cinéma. J’ai fait des études de cinéma avant de me reconvertir légèrement pour faire le Celsa en communication. Actuellement, mon stage lie un peu les deux puisque chez Touscoprod, on est dans l’accompagnement des porteurs de projet et on les aide, on est un peu leurs conseillers en communication.

Je suis arrivée début avril et c’est la première année où ils ont pris un stand dans le short film corner sur le marché du film pour promouvoir notre site. On raconte aux gens qui viennent sur notre stand comment ça se passe, on leur donne des conseils sur leur campagne… C’est assez répétitif finalement, mais il y a aussi des jolies rencontres avec des réalisateurs assez sympa.

C’était quoi ta plus belle rencontre sur le stand justement ?

C’était deux Américains qui font des courts-métrages d’horreur. En ce moment on a une campagne qui s’appelle Aux yeux des vivants dont les deux créateurs sont les réalisateurs de À l’intérieur, Alexandre Bustillo et Julien Maury. Je leur avais parlé de cette campagne pour leur faire comprendre comment fonctionnent celles autour des films d’horreur et dès que j’ai cité leurs noms, ils ont bondi sur leur siège parce qu’ils connaissaient très bien et qu’ils sont fans d’À l’intérieur. 

Ça m’a étonnée de voir que deux jeunes français à peine connus ici avaient une fanbase aux États-Unis. Du coup, on a beaucoup discuté, les Américains et moi, et je pense que c’est bien parti pour qu’ils déposent leur projet chez nous. Ils m’ont aussi montré leur premier court-métrage et c’était un chouette moment.

Ce que tu fais actuellement pendant ton stage, c’est ce que tu veux faire comme métier ?

C’est pas mal ! Après c’est une start-up donc ils n’ont peut-être pas forcément les moyens d’embaucher, mais c’est vraiment sympa parce qu’on est avec les gens, on les suit, on les aide à réaliser leur projet. On en a même qui reviennent pour tous leurs films parce que ça s’est bien passé pour eux et qu’ils étaient contents.

Le reste du temps, en quoi consiste ton stage ?

En fait je suis chef de projet donc en gros quand quelqu’un dépose son projet de campagne sur le site je vais prendre contact avec lui pour retravailler la campagne. Dans 99% des cas elle n’est pas parfaite, et c’est complètement normal.

Les gens qui veulent faire des films ne sont pas obligatoirement des communicants, mais nous, on l’est alors on met notre expertise à leur service. Moi je prends contact avec eux et je les aide à définir leurs objectifs, à revoir leur contrepartie, à formuler l’édito. Je leur donne mon avis sur tout ça. Après il y a des porteurs de projet plus ou moins réceptifs mais en général ils ont confiance en notre expérience.

Les cofondateurs ont commencé en 2009, ils ont vu passer un bon nombre de campagnes. Une fois que la campagne est en ligne, je fais du suivi et si je vois que ça n’avance pas je les recontacte pour leur demander ce qu’ils ont fait, ce qu’ils comptent faire. S’ils ont un problème ils peuvent m’appeler ou m’envoyer un mail. On fait aussi des masterclass deux mercredis par mois. C’est un peu un cours de crowdfunding et ça me permet de les rencontrer en personne pour les aider à préparer leur campagne.

En plus de ça, j’organise aussi avec un de mes supérieurs le premier festival de films crowdfundés qui va se passer normalement bientôt en partenariat avec Étoile Cinéma aux Lilas. Ça va être un festival où plein de gens qui ont financé leur film chez nous vont pouvoir les présenter et il va y avoir un palmarès un peu ironique. Le jury sera le public pour rester dans l’esprit crowdfunding.

Je m’occupe aussi du blog de Touscoprod où on publie les success stories avec les gens qui ont réussi leur campagne, comment ça s’est passé, comment ils ont réussi, afin d’aider  les prochains.

Et toi, c’est quoi le métier que tu voudrais exercer idéalement ?

Je sais pas, je n’ai pas encore d’idée vraiment précise. J’aimerais bien travailler dans la communication autour du cinéma…

C’est un stage de fin d’études ?

Exactement, et je dois rendre un mémoire en septembre, du coup ce sera sûrement sur le crowdfunding, pour utiliser mes connaissances. Je pense que ce sera axé sur les polémiques qu’il y a en ce moment sur le sujet. Y a eu pas mal de gens qui ont contesté le recours de Téchiné, Michèle Laroque ou Zach Braff au crowdfunding et c’est vrai que c’est une question intéressante parce que beaucoup ont tendance à imaginer le concept à destination des gens qui n’ont pas la possibilité de faire leur film autrement.

En même temps les gens très connus servent aussi les petits projets parce que ça permet de faire parler du crowdfunding et de faire comprendre ce que c’est, et ça facilite les campagnes pour les autres. Ça amène du trafic : Kickstarter a dit que 60% des gens qui avaient donné à Zach Braff n’avaient jamais donné avant et une certaine partie avait refinancé des projets ensuite. Ça n’enlève donc rien au petit projet. Et puis comment définir qui a le droit ou pas ?

Ça ne te manque pas trop le fait de faire peut-être plus de communication que de cinéma ?

Non parce qu’au final, j’utilise beaucoup mon expérience dans le cinéma dans mon approche. Ça me permet aussi de comprendre le point de vue des réalisateurs qui sont parfois un peu perdus, de comprendre leurs intentions, de les aider à trouver des communautés sur Internet qui pourraient être intéressées par leur projet. Moi ça me permet de voir le genre de films que c’est, s’il doit s’adresser à tel blog, à tel site… Donc oui, il y a finalement beaucoup de cinéma.

Et d’ailleurs d’où te vient cette passion du cinéma ?

De mes toutes jeunes années ! Mes parents sont cinéphiles et j’ai vraiment baigné dedans depuis mon enfance. J’ai vu mon premier film au cinéma à deux ans – ça ferait un peu scandale aujourd’hui parce que la mode est à l’interdiction des enfants dans les salles on dirait. C’était La bande à Picsou et l’île au trésor. Bon, personnellement, je ne m’en souviens pas, c’est ma maman qui me l’a dit ! (On rit).

Quand j’étais petite on allait vraiment au cinéma très souvent et ils ne nous montraient pas que des films pour enfants, ce qui fait que j’ai vécu mon premier traumatisme à dix ans avec Les Oiseaux… Mais aussi que j’étais fan au même âge de Marylin Monroe et d’Hitchcock aussi. C’était ma grande passion. J’ai vraiment grandi là-dedans…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Black Mamba
    Black Mamba, Le 27 mai 2013 à 19h40

    Depuis le temps que je voulais comprendre ce que tu faisais :cretin:
    Ca a l'air super interessant en tout cas.

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