4 films qui mériteraient d’être (plus) connus #3

Certains films ne jouissent pas d’une célébrité pourtant bien méritée. En voici une petite sélection !

4 films qui mériteraient d’être (plus) connus #3

Nouvelle Cuisine, quand la course à la beauté va trop loin

On commence avec un film pas très rigolo, je vous l’accorde, mais tellement puissant. Nouvelle Cuisine est un OVNI cinématographique qui nous est arrivé de Hong-Kong en 2006. On y découvre Chin Lee, une ancienne célébrité paniquée à l’idée de vieillir, qui veut retrouver sa beauté d’antan à tout prix car son mari est infidèle. Elle se tourne donc vers Mei, une cuisinière pas très recommandable mais dont les jiaozi (raviolis vapeur) sont réputés pour leurs vertus rajeunissantes, grâce à un mystérieux ingrédient secret…

Si vous craignez vraiment, en vrac : les ambiances oppressantes, les gros plans sur de la viande crue, les scènes de viol ou haïr les personnages principaux d’un long-métrage, passez donc aux prochaines oeuvres de cette sélection. Mais si un peu de bizarre et de violence ne vous dérange pas tant que le film est bon, Nouvelle Cuisine saura vous ravir. Tout en posant de vraies questions sur la course à la beauté et le diktat de l’éternelle jeunesse, le réalisateur et ses actrices arrivent à distiller un malaise grandissant savamment dosé qui ne laisse personne indifférent.

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Head On, l’amour comme un sauvetage

Head On, c’est une histoire d’amour en forme de bouée de sauvetage. Le héros, Cahit, un turco-allemand, noie ses journées dans l’alcool et la drogue pour des lendemains qui ne chanteront pas. Une nuit, ivre, il se jette plus ou moins volontairement en voiture contre un mur, mais s’en sort sans trop de séquelles. À l’hôpital, il rencontre par hasard Sibel, turco-allemande elle aussi, qui se remet d’une tentative de suicide, tant elle étouffe sous le poids des traditions musulmanes de sa famille. Voyant en Cahit sa seule porte de sortie, elle le supplie de l’épouser, simplement pour la sortir du carcan familial, pour rien, pour rire, pour de faux. Il n’a rien à perdre, et il accepte un mariage symbolique, puis une colocation. Mais comme vous vous en doutez, les sentiments vont pointer le bout de leur nez… Deux personnalités aussi explosives ne risquent-elles pas de se détruire mutuellement ?

Head On, soyons clairs, c’est une GROSSE BAFFE. Mais une qui fait du bien. Je l’ai vu au lycée, au cinéma, et c’est pas le genre de film après lequel tu vas tranquille manger un kebab en rigolant. C’est une oeuvre qui se digère, qui s’assimile. À sa sortie en 2004, il a remporté six récompenses au Festival de Berlin, dont la plus haute, l’Ours d’Or.  Et pour la petite anecdote, il a révélé l’actrice Sibel Kekilli, que vous connaissez probablement puisqu’elle incarne Shae, la prostituée compagne de Tyrion, dans Game of Thrones !

Head On a le mérite de faire la lumière sur un sujet dont on parle peu en dehors de l’Allemagne, à savoir l’importante diaspora turque qui y vit et ne peut pas toujours s’intégrer correctement. C’est également une réflexion sur l’auto-destruction, sur la salvation, sur le poids des traditions dans un monde moderne… Ce n’est pas une histoire d’amour façon Love Actually, plutôt une bombe de sentiments exacerbés, avec du sang, des cris et des larmes. Je ne peux que vous le conseiller (avec un paquet de mouchoirs) (et des bières, histoire de rester dans l’ambiance).

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Hard Candy, une main de fer dans un sweat à capuche

Hayley a quatorze ans, mais elle n’a pas sa langue dans sa poche et est résolument mature pour son âge. Sur le Net, elle rencontre Jeff, un photographe professionnel trentenaire avec qui elle noue des liens. Elle lui propose de la rencontrer dans un café, puis chez lui, histoire de prendre un verre, lui suggère de la prendre en photo, et plus si affinités… Mais Hayley n’est pas juste une adolescente séduite par un homme plus vieux. Elle sait exactement ce qu’elle fait là, et elle est persuadée que Jeff n’est pas celui qu’il prétend. Qu’au lieu d’un homme coupable d’un penchant pour les (très) jeunes femmes, il s’agit d’un pédocriminel. Et elle compte bien le lui faire avouer.

Hard Candy est porté par une Ellen Page qui n’avait pas encore atteint la gloire avec Juno, mais qui y montre toute l’étendue de son talent. Lolita un peu naïve aux lèvres couvertes de chocolat, adolescente mature et cultivée passionnée de littérature, puis jeune femme dangereuse et armée, ce sont bien ses multiples changements de personnalité qui nous déroutent autant qu’ils égarent le personnage de Jeff. Car c’est aussi la force du film : on ne sait qui croire, entre un personnage masculin clairement coupable (puisqu’à 14 ans, on est encore légalement une enfant) mais pas forcément criminel, et une Hayley qui paraît tour à tour très sensée et totalement folle. C’est ce jeu de dupes en huis-clos qui fait toute la force d’un film à la fois dérangeant et absolument génial.

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Meet Bill : revenir en arrière pour mieux avancer

On clôt cette sélection avec un film un peu plus léger tout de même ! Meet Bill, c’est l’histoire de Bill, donc, un mec un peu coincé et lassé dans sa vie, entre sa femme qu’il n’est plus trop sûr d’aimer (et inversement), son beau-père (qui est aussi son patron) qui le méprise, et un avenir fait du métro-boulot-dodo jusqu’à la retraite et la mise en bière. Mais Bill s’est laissé porter, et écraser, toute sa vie, sans jamais se révolter. Il lui faut faire la rencontre d’un adolescent pas comme les autres, fils de bonne famille mais délinquant et rebelle notoire, pour avoir le déclic qui changera sa vie…

Rassurez-vous, cette relation ado/adulte n’a RIEN à voir avec celle de Hard CandyMeet Bill est une jolie histoire qui montre qu’il n’est jamais trop tard, et que si les adultes prenaient un peu exemple sur la spontanéité des plus jeunes, parfois, ça pourrait leur être utile. L’adolescent, incarné par Logan Lerman (révélé récemment dans Le Monde de Charlie – ou The Perks of Being a Wallflower en V.O.), est vraiment LA perle du film. Insolent sans être énervant, malin sans être je-sais-tout, rebelle sans être un TrU3 r3b3lZ (oui, il y a une GROSSE nuance), c’est lui qui donne toute leur saveur aux aventures de Bill. En résumé, Meet Bill n’est pas un chef-d’oeuvre du cinéma, mais un film agréable (et assez court, puisqu’il dure à peine une heure et demie) pour une soirée calée sur le canapé avec un-e bon-ne ami-e. (C’est aussi la preuve qu’Aaron Eckhart a beaucoup trop peu de rôles principaux et ça, mes amies, ça ne va pas, non, pas du tout.)

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Tu as déjà vu un des films de cette sélection ? Tu voudrais faire connaître d’autres oeuvres ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Monoi
    Monoi, Le 17 mai 2013 à 17h41

    il est super bien Nouvelle Cuisine, merci d'en parler !!
    c'est sûr il est légèrement perturbant, mais ce film est vraiment esthétique je trouve, il remet pas mal de choses en question en effet, les acteurs sont excellents, et c'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir un film qui se passe à Hong-Kong :)

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