Films noirs pour nuits blanches

Pondu par le 11 décembre 2008  

Avant-Propos – Le cinéma de papa

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(Rémy, Ventura, Gabin dans Razzia sur la Chnouf)

Le cinéma de papa, c’est ce qu’on dit péjorativement pour désigner les films qui ont précédé la Nouvelle vague, le cinéma des années 50, ses vedettes d’avant guerre (Fernandel, Bourvil, jean Gabin) et les nouvelles (Jean Marais, Simone Signoret, Henri Vidal), des films bien léchés, fait en studio et empreint de « réalité psychologique ». Une certaine idée du cinéma que François Truffaut fait voler en éclat en 1954 dans un article des Cahiers du cinéma, remettant en cause le bien fondé d’un cinéma contre la bourgeoisie réalisé par des bourgeois, et d’un ennui progressif, presque étouffant de morosité. La réponse à cette critique, on la connaît bien, c’est le cinéma d’auteur et la Nouvelle vague – de la poésie dans le quotidien et de nouvelles techniques de production.
Mais ce dont je veux parler, c’est du film noir, le polar français, son genre et ses codes : Le pessimisme passé sous vitriol, ses héros cyniques et violents qui règlent leurs problèmes à coup de flingues. Ce dont je veux causer, c’est de l’histoire de ce genre, de sa naissance à sa presque mort, du cinéma de Papa en passant par la Nouvelle vague.

Le terme est né en Amérique, avec des films comme Le Faucon Maltais, mais il a rapidement trouvé son équivalent en France avec la réalisation de Pépé le Moko de Julien Duvivier en 1937, qui offrait alors à Jean Gabin un succès populaire éclatant. Le film, inspiré par Scarface, aura droit à son remake Américain l’année suivante. C’est dire si le genre est partagé entre les pays et s’il est difficile d’en reconnaître la paternité.
Revenons à nos moutons : Le film noir, en France, prend de l’ampleur avec l’adaptation des romans de la collection Série Noire, il a ses chefs de fil, ses réalisateurs cultes : Marcel Carné, Louis Malle, Georges Lautner, Henri Verneuil, Alain Corneau. Ses acteurs cultes : Jean Gabin, Lino Ventura, Alain Delon, Patrick Dewaere, et j’ai envie de dire, son dialoguiste : L’inimitable Michel Audiard.

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Les 6 dernières réactions à cet article

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  1. Nadja Nadja

    Le 11/12/2008 à 20h36

    Forcément cet article j'adore, ça me donne envie de voir les films dont tu parles. Je n'ai vu que les films avec Dewaere que tu cites et La mariée était en noir. En plus j'ai appris plein de trucs (vous me direz, c'est fait pour).
  2. KittyKiller KittyKiller

    Le 11/12/2008 à 20h41

    J'aime beaucoup ce genre de films, en particulier ceux d'après-guerre, mais je ne m'y connais pas du tout. C'est une très belle rétrospective, merci.
  3. Mona. Mona.

    Le 11/12/2008 à 22h08

    C'est un très bon article.Comme Nadja, j'ai envie de voir tout les films dont tu parles.D'ailleurs, je me ferais une joie de visionner série noire (que ma mère adore) quand elle retrouvera le dvd.En tout cas, c'est très intéressant, merci.
  4. citron mécanique citron mécanique

    Le 13/12/2008 à 17h46

    Excellent article, merci beaucoup Artefact, ça m'a ravie de le lire en buvant ma clope et fumant mon café, bien au chaud.
    Pour toutes celles que le trio parfait "whisky/héros au pardessus trempé par la pluie qui traîne sa sale gueule fracturée par l'existence/poule qui sent la poudre et le boudoir misérable" rend dingues, ne loupez pas le magnifique "Miller's Crossing" des frères Coen.
    Tout y est, même l'exécution en forêt après le petit tour en berline + les imbroglios délirants chers aux deux frangins.

    Côté bouquins, qui aime le film noir aime savourer du roman de gare stylé années 40, allez voir du côté de "Pas d'orchidées pour Miss Blandish" (James Hadley Chase), une histoire d'enlèvement d'héritière par un gang de petites frappes mené par la main de fer d'une matrone et son fils demeuré, et qui tourne très vite au huis clos angoissant.
    Ou bien "Cassidy's Girl" (David Goodis), bref roman baigné par un fleuve aux eaux sombres et dégueulasses, et illuminé par des personnages brisés qui sont beaux d'être à tel point de telles figures attendues du polar.
  5. DolceVita DolceVita

    Le 15/12/2008 à 17h29

    J'ajouterais "FRONTIERES" ... BRRRR!!!
  6. Silencio Silencio

    Le 31/12/2008 à 13h47

    Ouaw , ca donne envie !! :biggrin:
    C'est un tres bon article , super bien construit , j'ai appris pleins de choses . J'essaierai de voir ces films .

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