Dix films des années 50/60 qui n’ont pas (trop) vieilli

Un vent fifties et sixties souffle sur votre écran avec cette sélection de films par LadyDandy !

Dix films des années 50/60 qui n’ont pas (trop) vieilli

Qu’y a-t-il de plus formid’ qu’un « chef-d’oeuvre intemporel » ? Comme je suis une chouette copine, quelques tuyaux sur des films vraiment sensas’ et qu’ont l’âge de vos darons ou même des vieux de vos paternels. ‘Tention les gars, ça va être épatant.

Dans la catégorie « Chorégraphie léchée au poil de cul près »

Chantons sous la pluie, de Stanley Donen et Gene Kelly (1952)

Gene Kelly qui chante sous la pluie : même en ayant pas vu le film, il est difficile d’échapper à cette séquence. Mais Chantons sous la pluie c’est surtout un film sur le cinéma avec quelques parodies et piques bien senties sur le milieu !

On suit la production d’un film avec le passage difficile du muet au parlant. Le trio d’acteurs principaux est au poil, en particulier Donald O’Connor dont le Make ‘em laugh est juste hallucinant. J’ai aussi un faible pour Jean Hagen qui campe la starlette du muet à la voix nasillarde : Lina Lamont. La séquence où elle essaie de jouer avec des micros est culte !

Les petits tout petits, ont de longues figures…

Oooh Pierre !

Pour la version Fred Astaire sinon, il y a Tous en scène de Vincente Minnelli sorti un an après avec de très chouette séquences de danse mais un scénario et des personnages moins attachants.

Hello, Dolly!, de Gene Kelly (1969)

Je suis pas folle de Barbra Streisand mais elle gère quand même pas mal ici en agence matrimoniale ambulante qui a toujours l’air d’avoir une longueur d’avance sur les autres personnages.

Pour être honnête, je trouve que ce film manque parfois un peu de rythme mais je craque complètement pour les personnages, notamment le duos de valets Cornelius et Barnaby qui entament la chanson Put on your Sunday Clothes (scène redevenue culte dans Wall-E).

Pour peu qu’on se laisse emporter, ça met vraiment de bonne humeur et toutes les séquences de danse en costumes victoriens sont très impressionnantes.

Note : ce film passe le Bechdel Test !

Désolée, pas pu trouver de meilleure version : LISTEEEN BARNABYYYYY

Les demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy (1967)

Oui… c’est un iota ringard, Jacques Demy, mais je craque totalement pour Les Demoiselles de Rochefort (et Peau d’Âne… et Les Parapluies de Cherbourg, tellement drôle les cinq premières minutes, puis très très badant).

Les jumelles aux allures de poupées en petites robes assorties et gros chapeaux à fleurs qui prouvent au détour d’une ritournelle qu’elles en ont plus dans la caboche qu’on veut bien le croire, George Chakiris (West Side Story, doublé en français ici) et son comparse, Grover Dale, qui enchaînent les jetés en pantalons moule-culs, Gene Kelly l’améwicain qui envoie du rêve, Jacques Perrin qui cherche son idéal, Danielle Darrieux qui ne veut pas être Madame Dame…

Tous se croisent, se taquinent, se chantent dessus et dansent avec une facilité qui a dû coûter un max de sueur. Les personnages sont attachants, les chansons entêtantes, c’est festif, léger et vraiment inégalable pour chasser la mauvaise humeur.

Note : ce film passe le Bechdel Test !

Celle-ci, je la connais par coeur !

http://www.youtube.com/watch?v=3M4Cx2xEtTg

Meilleure rupture du MONDE.

Dans la catégorie « Grosse Poilade »

Certains l’aiment chaud, de Billy Wilder (1959)

Attention : film cultissime qui ne prend pas une ride et qui continue de questionner en faisant rire.

Deux jazzmen se travestissent pour rejoindre un groupe de musiciennes en tournée (dont la trop adorable Marilyn) afin d’échapper à des gangsters. On a des flingues, des filles mais surtout des quiproquos, une ambiguïté incroyable et Jack Lemmon en Daphné — alias le travesti le plus drôle et touchant que j’ai jamais vu.

Là où le film frappe fort c’est qu’il ne tombe jamais dans la farce ou dans la vulgarité malgré les gags un peu olé olé (pour l’époque hein… on était encore sous le Code Hays !). C’est drôle, rythmé, bien filmé et avec un casting superbe ! Mention spéciale pour le vieux Joe E. Brown, alias : « c’est Maman qui fait mes comptes » ou le culte « Nobody’s perfect ».

Note : ce film passe le Bechdel Test !

Ce film wants to be loved by youuu Poupoupidou

Une femme de tête, de Walter Lang (1957)

Ce film n’est pas excellent en terme de mise en scène mais pour le reste — dialogues, rythme, casting — il est canon ! Et puis, je tenais à parler d’un film avec Katharine Hepburn et celui là rentrait dans la bonne décennie.

Sinon, avec elle (et de George Cukor) je recommande Les Quatre Filles du Docteur March : Katharine Hepburn est la meilleur Jo du monde. Et puis Sylvia Scarlett avec une Katharine travestie en trèès beau garçon. Sinon, le film L’impossible monsieur Bébé de Howard Hawks avec Cary Grant est bien poilant aussi !

Katharine Hepburn dans Sylvia Scarlett

Mais parlons du film Une femme de tête : Bunny (Katharine Hepburn) est à la tête d’un bureau de renseignements (on appelle son équipe pour répondre à toutes sortes de questions du genre : « Quels sont les prénoms des rennes du Père Noël ? », « De quel pays Ouagadougou est la capitale ? » etc.).

Richard Sumner (Spencer Tracy — qui était plus ou moins avec Katharine Hepburn en vrai, et a en tous cas été son partenaire dans plein de films), lui, est l’inventeur d’un des premiers ordinateurs et est chargé d’améliorer le rendement des entreprises.

Quiproquos et amûr rencontre la thématique sous-jacente, toujours très actuelle « la machine peut-elle remplacer l’humain ? ». C’est drôle, les acteurs sont super et ce film passe aussi le Bechdel Test (par contre la mise en scène est pas tip top).

La femme modèle, de Vincente Minnelli (1957)

Lauren Bacall est une actrice extraordinaire qu’on réduit peut-être un peu trop souvent à son couple avec Humphrey Boggart ou à ses rôles de femme fatale. Dans ce film, je l’ai juste trouvée incroyablement drôle.

Cynique et charmante, elle joue une styliste new-yorkaise parfaitement au fait de la vanité de son milieu et qui apprécie son boulot malgré tout. Sa voix est la plus sexy du monde.

À ses côtés on a Gregory Peck, journaliste sportif embringué dans une histoire de mafieux, et on suit les tribulations de leur couple qui se marie sur un coup de tête et peine à concilier les deux univers.

Là où le film aurait pu être très complaisant, la tendresse pour les personnages le sauve, à mon sens, ainsi que l’humour toujours bien senti. Plus réjouissant encore : la scène finale durant laquelle tout le casting se met sur la gueule (même Lauren Bacall dans sa robe haute couture… et même son collègue gay qui assomme tout le monde à coup d’entrechats).

Qui plus est, l’ensemble est très rythmé et bien filmé et les costumes sont absolument fabuleux (même si les prix assénés par les mannequins durant le défilé nous ramènent les pieds sur Terre).

Note : ce film passe le Bechdel Test !

http://www.youtube.com/watch?v=MxVupWpyo_I

Dans la catégorie « Vague à l’âme »

Une étoile est née, de George Cukor (1954)

On commence avec un autre film de George Cukor qui dirige une autre de mes actrices préférées du monde : Judy Garland et sa grosse voix incroyable. Ce film (comme Chantons sous la pluie d’ailleurs) a pas mal inspiré The Artist, donc si vous avez aimé, foncez !

Il s’agit d’un remake du film du même nom de 1937 et qui aura lui-même un remake en 1976 avec Barbra Streisand. Pour moi, la meilleure version de cette histoire reste celle de Judy Garland et James Mason.

Elle est une jeune chanteuse et lui une star sur le déclin à cause de ses problèmes d’alcool. Ils se croisent : classique, il descend, elle monte. On a encore une vue assez critique du milieu hollywoodien (décidément, j’aime les films sur le cinéma) avec notamment une scène de « maquillage » de la pauvre Judy Garland qui se retrouve défigurée et complexée, mais ce sont avant tout les personnages qui touchent et la beauté de leur relation.

L’histoire semble vue et revue mais quand c’est aussi bien fait, on ne boude pas son plaisir.

Les séquences musicales sont épatantes aussi :

Diamants sur Canapé, de Blake Edwards (1961)

Ok, le running-gag du voisin japonais est vraiment pas terrible, ok, Holly Golightly est un pur fantasme d’écrivain en mal de rêve et ok, le happy end est complètement bricolé mais mis à part ça, ce film est un sans-faute.

Il parle avec beaucoup de délicatesse de la relation étrange entre deux personnages un peu paumés, un peu blessés. Deux espèces de prostitués dont les sourires sonnent faux.

Je suis pas folle d’Audrey Hepburn (je préfère Katharine… et la folie autour de son minois et de son fume-cigarette me tape sur le haricot) mais elle est extraordinaire dans ce film. Pas seulement parce qu’elle est super classe, surtout parce que son personnage est incroyablement touchant et juste, beaucoup plus profond que l’image glamour de papier glacé qui en est resté.

Dès que j’entends ce thème, j’ai la larmiche qui vient : Mooon (snif) Riveeeer…

La vie privée de Sherlock Holmes, de Billy Wilder (1970)

J’adore Billy Wilder (et George Cukor) et La vie privée de Sherlock Holmes est mon deuxième préféré dans ses films (qui comptent aussi le bof Sept ans de Réflexion auquel on doit l’image de Marilyn la jupe au vent).

Parlons donc un peu de La vie privée de Sherlock Holmes, auquel je suis sûre que la série Sherlock doit beaucoup dans la façon dont le personnage est traité (en tous cas, le dessin animé Basil détective privé lui rend hommage).

Le film a l’air un peu déstructuré mais il faut dire que Billy Wilder avait initialement pour projet de réaliser une série de longs-métrages, ce qui, hélas, ne s’est pas fait. Le rythme n’est pas toujours top mais les personnages sont si attachants !

Watson n’est peut-être pas extraordinaire (et encore, on a vu pire) mais le Sherlock de Robert Stephens est incroyable. Un dandy mélancolique et pince-sans-rire, qui complexe à côté de Mycroft, son frangin (Christopher Lee, déjà assez âgé… ce type est un vampire), maladroit mais malin, charmant mais sec, misogyne… mais pas vraiment : une de mes incarnations préférée du détective (largement sous-estimée hélas). Ça commence comme une comédie légère :

La série n’a pas été la première à faire des blagues sur la sexualité de Holmes !

Et ça finit dans une mélancolie pesante.

La musique magnifique de Miklos Rozsa aide beaucoup.

La rumeur, de William Wyler (1961)

J’ai commis l’exploit de ne citer aucun Hitchcock dans cette petite sélection (je recommande aussi Hitchcock hein, mais je suis pas über fan et là, je me limite à mes préférés de chez préférés) mais je tiens juste à dire que je trouve Mais qui a tué Harry ? un tantinet chiant et que Shirley MacLaine sauve ce film… Et ici, elle est tout aussi géniale !

On retrouve également Audrey Hepburn avec elle et les deux actrices sont extra, mais je pense que c’est surtout par son thème assez audacieux que La Rumeur a marqué : deux amies ont fondé un pensionnat huppé pour petites filles mais lorsque l’une d’elle les accuse d’avoir des relations homosexuelles pour se venger d’une punition, leur réputation est détruite.

J’adore la façon à la fois frontale et délicate dont le film aborde cette question, j’adore les regards, les non-dits, l’ambiance cocon de ce gynécée qui devient presque oppressante à force, les gamines (dont la très touchante toute jeune Veronica Cartwright)… Bref, à voir !

Note : ce film passe évidemment le Bechdel Test !

Notez qu’une adaptation théâtrale du roman qui a inspiré le film a été jouée récemment avec Keira Knightley, Elisabeth Moss et Tobias Menzies.

Bonus !

Dans la catégorie « MINDIEU mais qu’est-ce qu’ils avaient pris »

Mary Poppins, de Robert Stevenson (1964)

J’adore le bouquin et pendant longtemps je râlais : « C’est pas du tout l’esprit du livre ! Mary Poppins est trop gentille ! ».

Mais je l’ai redécouvert récemment et je dois dire que je suis sous le charme. Les séquences musicales sont mirifiques, les séquences animées ont pris un coup de vieux mais gèrent quand même, c’est drôle, c’est touchant, c’est absurde.

Certes, c’est moins féroce que le livre et peut-être aussi moins juste (les enfants sont beaucoup moins réalistes et intéressants) mais on a quelques ajouts sympa (la Maman suffragette très sympathique) et dans l’ensemble, ça reste un « chef-d’oeuvre intemporel ».

Note : ce film passe le Bechdel Test !

Quand j’étais petite, cette séquence (et tous ces visages noirâtres) me faisait GRAVE flipper mais maintenant, c’est ma préférée.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 20 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Lucy CoinCoin
    Lucy CoinCoin, Le 26 août 2013 à 0h39

    je me permettrais de remplacer "les demoiselles de rochefort" (oui scandale, je n'aime pas ce film) par un petit chef d'oeuvre du ciné français (un drame, pas comédie musicale, visiblement c'était presque une thématique de l'article :d )
    "Marie Octobre" 1959 de Julien Duvivier. (une enquete en huit-clos sur la trahison et la question Justice/Vengeance) pas aussi célèbre que les films cités dans l'article mais l'un de mes films français de cette époque préféré

Lire l'intégralité des 20 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)