Quatre films à (re)découvrir « sur » l’adolescence

Voici une sélection de quatre films plus ou moins sur l'adolescence, pour les jours de nostalgie et les soirées cinéma en tout genre.

Quatre films à (re)découvrir « sur » l’adolescence

Parfois je me dis qu’au moins, l’adolescence avait un point positif : on s’ennuyait jamais. Hormones aidant, on était quand même un paquet à vivre les choses avec un peu trop d’intensité. Mon émission de télé préférée était annulée pour cause de match de foot ? Je pleurais de rage. Je me prenais un râteau ? Je me roulais en boule sous ma couette en pleurant la bouche ouverte, même lorsqu’il s’agissait de la douzième fois de l’année. Je retrouvais mes copines après une semaine sans les avoir vues ? On hurlait comme des tarées.

Ma crise d’adolescence, ça fait quelques années que j’en suis sortie et je regrette pas du tout de pouvoir dire que tout ça est derrière moi. Mais parfois, j’aime bien me faire un petit shot de nostalgie. Ça se traduit par une séance de tire-comédons (pour savoir de quoi je parle, ça se passe ici) (TRIGGER WARNING blague sur un mort), par un peu de lecture à thème ou par un film.

Et en parlant de films, j’ai eu envie de me pencher sur quatre d’entre eux qui me rappellent des sensations ressenties pendant l’adolescence, ou me rappellent mon adolescence, ou explorent ce vaste thème.

Submarine, de Richard Ayoade : celui auquel s’identifier

Alors attention on déconne pas, puisque je commence avec mon tout dernier coup de coeur cinéma en date (le film date de 2010, mais on aura qu’à dire que j’aime prendre mon temps). J’ai été totalement surprise, parce que je m’attendais à de la grosse vanne subtile, vu que le film est réalisé par Richard Ayoade (le Moss de The IT Crowd), mais pas du tout. C’est drôle, parfois, mais c’est surtout touchant et doux et sans parti pris sur les conneries qu’on peut faire quand on est ado.

Oliver Tate, le personnage principal, a 15 ans, et il ne se prend pas pour une merdasse. Il a même une très haute estime de lui-même, assortie à une sorte de mépris pour le reste du monde. Tout le film se concentre sur deux choses : son envie de sortir avec Jordana, une fille cynique et impopulaire de sa classe, et sa volonté de faire renaître la flamme dans le couple de ses parents (bien que ce ne soit pas ses oignons, ni même un tout petit peu son échalote).

C’est une sorte de film d’apprentissage mélancolique d’un garçon qui ne s’avoue pas qu’il est paumé. Personnellement, ça m’a rappelé la nonchalance de mon attitude à son âge et l’envie de vivre de grandes choses que j’avais pourtant chevillée à mes mollets tout mous. J’y ai reconnu ce que j’ai vécu et ressenti, avec une pointe de jalousie quand le quotidien d’Oliver sort de sa torpeur. Moi, contrairement à lui, j’ai réussi que des années plus tard. La reloutise.

Oh, et aussi, pour ne rien gâcher, la bande-son est signée Alex Turner des Arctic Monkeys et c’est un vrai bijou pour l’oreille comme on en fait pas beaucoup. Chaque chanson va tellement bien avec les scènes qu’elle illustre que ça tord le bide et tout ce qui va avec.

We need to talk about Kevin, de Lynne Ramsay : celui qui rassure les parents

We need to talk about Kevin est un excellent film contraceptif : après l’avoir vu, j’avais envie de prendre douze pilules d’un coup, de m’arracher les ovaires à la pince à épiler en me frayant un chemin au trépied, de mettre un préservatif féminin chaque fois où je devais sortir de chez moi parce qu’on sait jamais et, pour être bien sûre, de ne plus jamais refaire du sexe.

Fort heureusement pour ma santé mentale, j’ai vite oublié toutes mes angoisses et me suis concentrée sur le message du film. Film qui raconte le quotidien d’une petite famille composée d’un père sympa (John C. Reilly), d’une mère perdue (Tilda Swinton) et d’un adolescent creepy, Kevin (Ezra Miller). À l’aube de ses seize ans, ce dernier fait un truc vraiment grave, quelque chose de monstreux. 

Un film qui fait flipper, qui angoisse, qui fait réfléchir sur l’importance de l’absence des non-dits dans les relations qu’on a avec n’importe quel humain.

Si tu es encore adolescente, montre ce film à tes parents et, chaque fois qu’ils te diront que tu les déçois un minimum, rappelle-leur qu’ils ont échappé au pire : ils ont échappé à ça.

Donnie Darko, de Richard Kelly : le bordeline

Bien sûr, j’espère très fort que vous êtes très peu nombreuses à avoir eu une adolescence aussi compliquée que Donnie Darko (voire que le chiffre est en-dessous de zéro). C’est une période de merde, mais tout de même : le pipou fait fort.

Donnie Darko est joué par Jake Gyllenhaal, ado super intelligent mais (donc ?) perturbé qui apprend que l’apocalypse est pour bientôt après avoir reçu le réacteur d’un avion de ligne dans sa chambre, car pourquoi pas. Un film à base de voyages temporels, de fantastique, de coups de foudre, d’imminence de la fin du monde avec, en featuring, un lapin géant qui fait franchement flipper. Mes fesses en applaudissent encore. C’est marrant, parce qu’en fait, c’est tout ce qui fait l’adolescence (la peur, la quête de repères, les doutes, la tristesse facile…) mais en version exagérée. On s’y reconnaît un peu, mais en même temps pas du tout.

Quoiqu’il en soit, c’est un film culte qui a peut-être éventuellement (ÉVENTUELLEMENT, hein, sortez pas l’artillerie lourde) mal vieilli, mais qu’il fait toujours bon de revoir.

Dog Pound, de Kim Chapiron : celui dans l’univers carcéral

J’étais passée à côté de Dog Pound jusqu’à il y a quelques mois. Je m’en portais bien, puisqu’il est difficile de regretter ce qu’on ne connaît pas. C’est l’histoire de trois adolescents envoyés dans une prison pour mineurs américaine après avoir déconné. C’est leur quotidien qui nous y est raconté, leur nécessité d’être plus fort que les autres pour ne pas se faire bouffer par les autres (ça te rappellerait pas, à une autre échelle, quelque chose d’autre ?). La violence des sentiments, l’impression d’être opprimé, le besoin de s’exprimer, le questionnement constant des ordres… Tous les grands thèmes de l’adolescence, mis en exergue par le contexte du film.

Si j’ai aimé l’expérience ? Non. J’ai aimé le film, justement parce que je n’ai pas aimé l’expérience. Il fait ressentir des trucs tellement forts, des sentiments de haine, de compassion, nous balade d’émotions en émotions, va crescendo dans la tension et la violence. C’est dérangeant, déroutant, et c’est comme de gros poings qu’on se prend dans la mâchoire.

Un vrai bon film, du coup.

À ton tour, fais péter ta liste : quels sont les films sur l’adolescence (ou sur des adolescents) qui t’ont le plus marquée ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Gwennig
    Gwennig, Le 18 octobre 2014 à 18h46

    Pour ma part le film qui m'a marqué c'est le monde de Charlie ! Un ado un peu paumé et dépressif ça me touche toujours !

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