« Film d’amour et d’anarchie », un chef-d’oeuvre du cinéma italien

« Film d'amour et d'anarchie », de Lina Wertmüller, est un bijou méconnu du cinéma italien, que Candbitch a décidé de vous faire (re)découvrir !

« Film d’amour et d’anarchie », un chef-d’oeuvre du cinéma italien

J’ai envie de partager avec vous les madZ de petits bijoux cinématographiques « old-school » que je découvre, que j’étudie (viva les études de cinéma !) mais surtout que j’affectionne tout particulièrement. Loin de moi l’idée d’être un messie ou de me la raconter : moi je suis pour le partage, c’est comme ça que j’ai aimé le cinéma et que je continue à l’aimer !

Mon but n’est pas de raconter le film, de le résumer ou d’en faire une critique « scolaire » : je veux juste faire ma petite déclaration d’amour (et d’anarchie) (héhé) à ces films hors du commun et exposer pourquoi ils déboîtent sévère, comme on dit chez moi. J’ai choisi de ne pas aller dans une analyse profonde, car je ne pense pas être à la hauteur d’un-e critique professionnel-le (et en plus, je fais des analyses profondes à longueur d’année, alors là j’me fais plaiz comme disent les jeunes).

Article garanti sans spoiler !

Film d’amour et d’anarchie (Film d’amore e d’anarchia, ovvero stamattina alle 10 in via dei Fiori nella nota casa di tolleranza), de Lina Wertmüller (1973)

J’ai toujours eu un peu de mal avec les résumés, qui en disent trop, pas assez ou sont carrément à côté de la plaque mais je vais tenter de résumer ce bijou du cinéma en deux trois mots ! Dans les années 30, Tunin, un paysan anarchiste, est envoyé à Rome pour tuer Mussollini. Il va crécher dans une maison close tenue par Salomé (elle aussi anarchiste) et vivra au rythme des sublimissimes filles qui peuplent cette demeure située via dei Fiori (rue des Fleurs).

Pour moi, ce film est le portrait intimiste d’une Italie en perdition. Tout y est d’une beauté sans précédent, et même l’horreur de cette époque y est représentée de la façon la plus magnifiée possible.

Et il y a des points forts partout dans ce film. PAR-TOUT.

Un homme égaré, des femmes fortes et superbes

Giancarlo Giannini incarne le personnage masculin, perdu dans cet environnement féminin dans lequel il arrivera finalement à se faire une place. Adorable, docile, il représente l’enfant qui a grandi trop vite, qui se fait dépasser par son but (tuer Mussolini, rappelons-le) et qui tente de se dépatouiller comme il peut avec l’amour qu’il éprouve pour Tripolina.

Giannini a gagné le prix d’interprétation masculine à Cannes pour ce rôle : autant vous dire que môssieur met la barre plutôt haute ! Et je l’aime fort, ce bougre.

Les actrices de la maison de passe crèvent toutes l’écran. Salomé et Tripolina débordent de vie, et toutes chantent, rient, s’insultent… On s’attache à elles de façon irrémédiable et après six visionnages, je me surprends à retomber encore et toujours sous leur charme qui traverse les époques.

Wertmüller nous expose sur un plateau doré les tranches de vie de ces nanas, fières de leur situation et de leur gouaille.

Un film généreux, chaleureux

Film d’amour et anarchie regorge de scènes cultes qui restent en mémoire. Les plus belles pour moi sont celles du repas et la séquence finale, que je ne vous dévoilerai pas pour ne pas gâcher votre plaisir !

Côté musique, c’est si beau que je n’ai pas de mots. Voyez plutôt :

La réalisatrice nous offre ce qu’elle filme. Toutes ses réalisations sont des cadeaux donnés au cinéma ! Elle nous fait visiter Rome, des plus grandes places aux plus petites ruelles, et les amoureux de la ville comme moi y trouveront leur compte (un peu comme dans La Grande Bellezza, que je recommande chaudement).

Lina filme les femmes comme personne. Il y a de l’émotion authentique dans chaque plan, mais aussi de la distance, de l’humour, et on se demande si tout ça n’était pas qu’une vaste supercherie tellement l’oeuvre nous dévaste de l’intérieur. C’est la dure loi des excellents films.

La réalisatrice nous fait faire des allers-retours entre la plus brute des intimités et la situation politique complexe d’un pays. Bien sûr, le prisme de l’amour reste au premier plan durant le film, mais l’ombre de l’anarchie et de la révolte plane constamment pour finir par nous frapper en pleine gueule. Et quand c’est terminé, on en veut encore…

Pour conclure, la seule chose que je peux vous dire, c’est courez voir Film d’amour et d’anarchie. Il est par exemple disponible pour 8,99€ sur Amazon ! Et n’hésitez pas à donner votre avis en commentaire, ni à partager vos petits chouchous du cinéma italien !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Caramellou
    Caramellou, Le 14 mai 2014 à 23h15

    Je file le voir! Ce film m'a l'air tout bonnement GE-NIAL! Merci pour cet article superbienécritSISIilfautledire :fleur:

    Dans le genre coup de coeur, pour les amoureux du cinéma et des belles images: Respiro, d'Emanuele Crialese (c'est kdo :bouquet:: en version originale https://www.youtube.com/watch?v=Pw3QSjBKkmY  )

    Encore un petit bijou italien ;)

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