Des filles en école d’ingé – Épisode 5 : la préparation aux exams

Découvrez le quotidien de 10 étudiantes en école d’ingénieur-e-s avec cette série, en partenariat avec l’ESME Sudria, l’EPITA et l’IPSA !

Des filles en école d’ingé – Épisode 5 : la préparation aux exams

Pour cet épisode, plongeons-nous en période de révisions des partiels ! Anne, Mélissa, Jeanne et Sarah nous font faire le tour du propriétaire – côté bureau.

Quel que soit le niveau d’études, il y a toujours des évaluations (trimestrielles, hebdomadaires, voire quotidiennes pour les professeurs les plus tatillons). Même à la Star Ac, les élèves passent des évals pour estimer s’ils ont encore leur place au milieu du « fleuron de la chanson française » malgré leur voix de chèvre asthmatique. Dans beaucoup d’établissements, les partiels permettent d’évaluer si les étudiant-e-s sont venu-e-s en cours ou s’ils/elles ont passé leur semestre à se trouver des excuses (« J’avais poney », « J’ai pas trouvé la salle », « Trop d’escaliers, je me suis arrêté en cours de route »). Il est donc naturel que les élèves en école d’ingénieurs soient évalué-e-s.

Les examens y sont-ils d’une difficulté abyssale ? Est-ce long de s’y préparer ? Peut-on se contenter de relire ses cours vite fait entre 2 passages aux toilettes ?

Une petite idée des évaluations

Anne est en 1re année à l’EPITA et elle se prépare à sa semaine de partiels. Attention, ce n’est pas son unique période semestrielle d’examens : des devoirs surveillés sont parfois prévus pendant les travaux dirigés (TD) et même par-ci par-là durant les cours tout au long de l’année. Pour l’instant, elle a toujours été prévenue à l’avance, mais certains enseignants ont précisé qu’ils pourraient faire des interrogations surprises. Y a pas de raison de se priver : personnellement, si j’étais professeure, je me ferais un malin plaisir de mettre à exécution ce genre de menaces (probablement avec un sourire sadique et un fouet à clous dans la main). L’un des examens que passera Anne, c’est l’examen-machine : il lui faudra programmer pendant un laps de temps (3h) pour prouver ses compétences. Elle devra également faire sa soutenance en présentant avec son groupe l’avancée du projet sur lequel ils travaillent activement. En plus de ça, elle doit rendre un TP de programmation de code tous les dimanches : ces travaux sont notés, mais le coefficient n’est pas forcément très élevé.

Élève en 1re année à l’IPSA, Melissa est également évaluée avec un mélange de partiels (une session d’une semaine à la rentrée) et de contrôle continu. Le fait d’avoir des devoirs sur table lui offre un certain avantage : celui d’être forcée de réviser régulièrement pour les réussir et donc de ne pas crouler sous les révisions quand la saison des partiels sera venue.

À l’IPSA, les élèves comme Jeanne doivent également rendre un PEG (projet d’études générales) pour lequel il n’y a pas de thème-type. Il peut aussi bien traiter d’économie, de sociologie, ou de la nature de cheveux de Nikos Aliagas (c’est faux) (quoiqu’il y ait matière à en discuter). En binôme, les étudiants doivent alors faire des recherches sur un sujet donné et rendre un document de synthèse de 25 pages en plus d’une conclusion personnelle et d’une petite fiche de présentation en anglais et en français. Le PEG de Jeanne, pour vous donner une idée, a pour sujet les réseaux sociaux.

Comment se préparent-elles ?

Anne l’avoue : elle angoisse un peu parce qu’elle n’a pas l’impression de suffisamment travailler. Pour rattraper le retard qu’elle pense avoir accumulé, elle se programme des révisions durant les vacances histoire de se préparer au mieux.

Melissa semble prendre les choses avec plus de décontraction. Outre les révisions régulières pour les devoirs sur table, elle est ravie de pouvoir compter sur les sites mis en place par l’école pour s’entraîner avec des annales et les cours de soutien basés sur le volontariat ou l’obligation quand on a des notes insuffisantes dans certaines matières. Elle insiste également sur l’entraide entre élèves : certains étant plus forts que d’autres dans certains domaines, ils échangent leurs connaissances : « Je ne sais pas pourquoi, mais quand quelqu’un de notre âge nous explique quelque chose qu’on n’a pas compris en cours, on saisit parfois plus facilement que quand ça vient du professeur ». (Intermède narcissique : je me demande présentement ce que je pourrais bien leur apporter si j’étudiais avec eux, sachant que je ne sais même pas me servir d’une casserole à poignée amovible ou me passer de la calculatrice.) Cela étant dit, elle compte bien travailler comme une folle pendant les vacances pour mener à bien ses examens.

De son côté, avant sa semaine de partiels, Sarah, étudiante en 3e année à l’ESME Sudria, commence à se préparer tranquillement un petit mois avant la session d’examens et s’y met très sérieusement pendant 2 semaines. Le stress, elle le ressent différemment selon les matières : là où elle a de bonnes notes, elle ne veut pas échouer en s’embrouillant par exemple dans les définitions, contrairement à certaines matières où elle sait qu’elle ne peut que faire de son mieux. Pour la 1re fois pour elle, les partiels ont eu lieu avant la coupure de Noël, ce qui lui a permis de décompresser complètement pendant les vacances et de ne pas donner à son repas du réveillon un arrière-goût d’angoisse.

Difficulté de la chose

Les évaluations sont-elles aussi effrayantes qu’un Kraken chantant du Daniel Balavoine ? Pas forcément. Pour Melissa, la plus grosse difficulté repose dans les mathématiques. « C’est le même niveau qu’en maths sup/maths spé, alors forcément, c’est pas toujours facile ». Pour moi qui me suis arrêtée au théorème de Pythagore, je ne peux que la comprendre. Du coup, elle profite des cours de soutien en maths organisés par l’école. Elle peut y poser un maximum de questions au prof, histoire d’éclaircir les notions qui lui sont plus impénétrables que le regard de Philippe Manœuvre quand il garde ses lunettes.

Comme Melissa, Jeanne a plus ou moins de difficultés selon les matières : ses bêtes noires, ce sont l’anglais et l’économie.

De son côté, Susan, en dernière année à l’ESME Sudria (qui est actuellement en stage et ne reprend les cours qu’à la fin de l’hiver en Australie – je pleure de jalousie à chaque fois que je dois l’écrire) admet avoir de la chance : pour elle, les examens ne sont jamais particulièrement difficiles puisqu’il lui suffit d’aller en cours et de l’écouter pour assimiler les notions qu’on y apprend. De ce fait, elle n’a pas toujours besoin de réviser en grande quantité. « Quand on compare avec la prépa, franchement, c’est moins difficile. »

Retrouvez tous les épisodes de la série, les portraits mensuels et l’actu des femmes dans le secteur high-tech sur Femme Ingénieure.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Myniloly
    Myniloly, Le 17 février 2013 à 2h56

    styxounette;3922100
    yggdrasil;3921251
    Oui, enfin, l'EPITA c'est une grosse blague... si tu n'as pas les partiels tu auras les rattrapages qui sont 10 fois plus faciles... Ils ne veulent pas perdre leurs poules aux oeufs d'or. C'est typiquement le genre d'école que tu payes pour avoir ton diplôme. Il suffit d'y mettre 50 000 euros en 5 ans et puis pouf, tu as un master, même sans bosser et en étant complètement attardé !


    Ah ah, mon école d'ingénieur aussi c'est un peu (beaucoup) comme ça. :lol: Mais même si c'est vrai ce sont des choses qu'on préfère taire car :
    1) Tes parents payent, et tu ne veux pas qu'ils comprennent qu'ils payent pour du vent et un bout de papier. Aussi, grosse culpabilité de les avoir embarqués là dedans.
    2) La réputation d'un école sur un CV ça fait tout. Si tu décries ton école, non seulement ça te desservira mais ça desservira également tous les étudiants qui te suivront.
    3) Bien trop souvent on a idéalisé l'école dans laquelle on allait entrer. On y est pas allé pour glander. Quand on y entre et que les illusions tombent, il est difficile d'admettre qu'on a fait une erreur. Erreur qu'il est, de toute façon, impossible de corriger. Alors on glorifie son école auprès des autres.

    Mais c'est sûr que d'un autre côté tu entretiens le cercle vicieux, aussi longtemps que tout le monde se taira, des élèves continuerons d'y aller, et le directeur de l'école continuera de se faire des couilles en or sur leur dos...
    O.o épouse moi. Tu as un tel recul sur ta situation, tu es la première étudiante privée que je rencontre à adopter un tel pragmatisme (même sur ce forum, bien que je n'aie pas lus tous ces messages).

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