Des filles en école d’ingé – Épisode 4 : à chaque année son objectif

Des filles en école d’ingé – Épisode 4 : à chaque année son objectif
Découvrez le quotidien de 10 étudiantes en école d’ingénieur-e-s avec cette série, en partenariat avec l’ESME Sudria, l’EPITA et l’IPSA !

Vous allez me dire, « c’est bien beau de vouloir nous inciter à faire une école d’ingénieurs, mais qu’est-ce qu’on y fait ? ». Et je vous comprendrai. C’est pourquoi je me suis tournée vers 4 de nos futures professionnelles du domaine pour vous donner une idée un peu plus concrète de leur quotidien, au niveau des cours, du moins.

J’avais pensé à disséminer des caméras cachées dans l’établissement mais on m’a dit que non seulement, niveau éthique, c’était pas top, mais qu’en plus je n’avais physiquement rien à voir avec Benjamin Castaldi et que je jurerais dans le paysage médiatique. Du coup, je me suis rangée derrière la déontologie journalistique et me suis contentée de les écouter me parler de leurs études, de ce qu’elles apprennent jour après jour.

Première année : théoriser pour mieux concrétiser après

Fantine avoue qu’elle n’est pas passionnée par tous les cours qu’elle suit : elle est très contente d’y aller, mais elle ne saute pas toujours de joie en chantant du Michel Fugain quand elle arrive en cours le matin. La raison ? Depuis son parcours au collège et au lycée, elle est consciente qu’elle n’est pas totalement à l’aise avec les matières purement théoriques. Et, justement, en première année, les enseignements de l’ESME Sudria sont plutôt un prolongement du lycée : elle assiste à des cours classiques de mathématiques ou de physique, par exemple ; une révision et un approfondissement des bases qui la préparent à assimiler encore mieux quand elle aura à faire à des cours plus ancrés dans le quotidien des ingénieurs.

Mais elle profite et prend son mal en patience en attendant d’atteindre la 3ème année, date à laquelle les choses se concrétiseront clairement. Toutefois, pour combler son envie de tâter le terrain, Fantine a trouvé une parade comme bon nombre d’étudiants en école d’ingénieurs. Et cette astuce, ce sont les associations qu’on y propose. Jingle transition.

Le point passion associations

Les 3 écoles que nous suivrons cette année ont un système associatif basé sur le volontariat ; à l’ESME Sudria, le jeudi après-midi est d’ailleurs banalisé pour pouvoir permettre aux étudiants qui le souhaitent de participer à une ou plusieurs de ces nombreuses communautés.

En ce qui concerne Fantine, elle est inscrite à l’ingenior entreprise qui peut se targuer d’avoir le côté associatif (organisation de soirées, communication…) et l’aspect plus relatif à l’entreprise (les élèves plus avancés dans leurs études peuvent par exemple proposer par son biais des petits contrats à des entreprises pour faire évoluer leur site Internet). Elle fait également partie de l’association de robotique : à partir de rien, les étudiants qui y participent doivent construire un robot qu’ils présenteront à la coupe de France de robotique au mois de mai. L’ESME Sudria compte à peu près autant d’associations que Mia Frye de cheveux, dans des domaines très divers : Fantine se voit bien intégrer prochainement celle de musique, par exemple. Les élèves peuvent être membres d’autant de communautés qu’ils le souhaitent, selon leur envie et le temps qu’ils ont pour ce faire.

Que ce soit à l’ESME Sudria, à l’EPITA ou à l’IPSA, il est possible de s’inscrire dans bon nombre d’associations dans tous les domaines. Par exemple, Sabrine fait partie d’une association financière qui propose entre autres des conférences sur le sujet. Sophie a quant à elle intégré plusieurs associations quand elle était en 1ère année mais elle a dû arrêter, faute de temps. Musique, jeux de rôle, jeux vidéo (j’ai oublié de demander s’il y en avait une qui proposait la sculpture en Malabar, vous m’excuserez cet impair)… Il y a des chances pour que vous trouviez chaussures à vos pieds, cache-nez à votre cou et bonnet à votre tête. Vous y allez quand vous voulez et c’est soit gratuit, soit très peu onéreux. Il vous suffira de vous renseigner sur place et de vous laisser guider par les informations qu’on vous donnera et par vos envies. Je suis un peu jalouse : quand j’étais à la fac, j’avais le choix entre musculation et escalade. Sauf que j’ai le vertige et les bras en mousse à raser. Peu probant.

La 3ème année : un mix de théorie et de pratique

En 3ème année cycle bachelor à l’IPSA, Camille étudie de manière théorique et concrète : elle suit des cours magistraux (CM) et des travaux dirigés (TD) pour toutes les matières mais doit également assister à des travaux pratiques (TP comme Tony Parker). En cours magistral, toute la classe est réunie. Elle est divisée en groupes pendant les travaux dirigés, ce qui permet aux professeurs d’avoir plus de temps pour expliquer ce que les étudiants n’ont pas compris lors du CM. Enfin, les travaux pratiques donnent une image plus concrète de ce qui se passe sur le marché du travail (récemment, Camille et sa classe sont allées visiter une soufflerie pour voir comment on y travaille). Ces 3 façons d’apprendre forment un beau mélange, comme quand on bat un jaune d’œuf, de l’huile et de la moutarde pour faire une mayonnaise maison (pardon, j’ai faim).

La matière préférée de Camille, c’est l’introduction aux turbomachines : « déjà, parce que la prof est géniale, mais pas seulement : c’est un cours vraiment très intéressant ». Pour ceux et celles qui, comme moi, n’ont aucune idée de ce que ça peut vouloir signifier, les turbomachines sont des engins qui agissent sur un liquide par l’intermédiaire d’une turbine. (Ne paniquez pas : on vous expliquera tout ça beaucoup mieux que je ne suis en train de le faire si vous vous lancez dans l’aventure de l’IPSA). Mais elle apprécie également le cours de logiciel 3D, où elle doit, avec son groupe, recréer sur le logiciel Catia un plan donné sur papier. Par exemple, actuellement, elle travaille sur un modèle de Grand-bi, ces vélos du XIXème siècle : il faut alors être vigilant sur tout, des rayons à la sonnette en passant par la chaîne. Dans les aspects pratiques de la formation de Camille, on retrouve également le bureau d’études pour s’entraîner à répondre aux données absolument nécessaires pour la construction d’un engin.

La dernière année : Concret Jungle

Sophie et Sabrine sont en dernière année. Toutes deux suivent des cours très concrets qui les entraînent déjà au métier qu’elles seront amenées à exercer.

À l’IPSA, où elle est en spécialité Management et logistique industrielle, Sophie a des cours tels que « management et logistique », « études de marché », « management de projet », ou encore « économie des transports aériens ». Des intitulés très sérieux. Tellement sérieux qu’ils pourraient effrayer. Mais l’étudiante nous rassure : « j’aime tout, on fait vraiment beaucoup de pratique, avec des mises en condition, du travail en groupe… On apprend énormément ». Les étudiants sont formés pour être le mieux préparé possible au marché du travail : on leur propose également des cours de techniques d’expression et de communication, pour les entraîner à monter un projet, à le powerpointer et le présenter à l’oral, à titre d’exemple.

À l’EPITA, les cours de Sabrine sont assurés par des professionnels. Ils ont une vraie vision du terrain et donnent toutes les astuces pour être le meilleur possible au niveau professionnel : « Il y a vraiment un lien entre ce qu’on apprend en cours et ce qu’on va faire plus tard ». Étudiante spécialisée en SRS (Système Réseau et Sécurité), elle prend l’exemple du cours sur la gestion de crise : prodigué par un professionnel, il enseigne comment organiser des attaques informatiques afin de savoir comment s’en protéger. Le but n’est évidemment pas de permettre aux étudiants de reproduire ça chez eux mais bel et bien de savoir comment s’y prennent les hackers pour mieux leur permettre de gérer les risques et d’assurer au maximum la sécurité informatique d’un réseau. Une illustration de la citation « Connais ton ennemi », comme disait Sun Tzu (ou Batman, je ne suis plus sûre). Les cours qu’elle suit sont tellement concrets et préparent à tel point à la vie active que Sabrine sait qu’elle pourra s’en servir dès le tout début de son stage en février. Pour les élèves, c’est aussi intéressant que rassurant : ses camarades de classe et elle-même ne seront pas lâchés dans le monde du travail comme un enfant à qui on prête une mobylette alors qu’il ne maîtrise pas encore le vélo sans les roulettes.

Et vous alors : vous vous sentez plutôt mathématiques, études de marché ou gestion de crise ?

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