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Qu'en pensent les madmoiZelles ? Les 5 dernières réactions...
"1 bonne raison de bouder Zones humides, de Charlotte Roche : Puisqu'il en faut une, le style, qui n'est pas extraordinaire, mais en même temps, c'est pas le principal..."
Le style n'est pas le principal? Alors qu'est-ce que la littérature?! Vous essayez de démontrer que cet ouvrage n'est pas un récit gratuitement trash mais vous choisissez un extrait qui dessert totalement votre théorie.
Arrêtez de penser que tout le monde peut s'improviser critique littéraire! Contentez vous de parler de robes et de bijoux vous n'êtes pas capable de plus... |
Citation: Atsu;1014266 a dit : Ben techniquement l'expression "ouvrir le débat" implique qu'elle apporte quelque chose de nouveau, du moins une autre dimension à la réflexion voire une réflexion novatrice en elle-même.. Enfin ce n'était pas particulièrement pour contester ce que tu disais, c'était plutôt parce qu'elle a un peu tendance à se présenter elle-même comme quelqu'un qui fait un truc trop révolutionnaire et novateur justement en ouvrant ce débat.
Pour Artaud, Le Rite du Peyotl chez les Tarahumaras, qui se trouve en podcast gratuit sur le net, évoque le fait que grâce au peyotl il se découvre un corps sans organes, le détachement du corps, etc, du coup il est content. Chez Artaud le dégoût du corps provient surtout des organes, il n'en veut pas ahah, mais je pense que ça peut être rapproché de ce qu'évoque Charlotte Roche, dans le sens où finalement c'est la même chose, le dégoût de l'intérieur, des mécanismes, de ce que notre corps crée/rejette, du fonctionnement, de ce qui est organique, animal. Chez Céline c'est un peu partout dans son oeuvre, dès qu'il évoque la médecine : Mort à Crédit, Voyage au bout de la nuit, et là c'est avant tout parce que le corps est mortifère, il est tombeau et accumulation de misères (selon moi hein, mon interprétation vaut ce qu'elle vaut).
Deleuze n'évoque pas à proprement parler le dégoût du corps (il me semble que si en fait, mais pas avec des références précises). Il a écrit un article avec Félix Guattari que tu dois pouvoir trouver sur internet, qui s'intitule "Comment se faire un corps sans organes ?". Il n'est pas question de dégoût du corps, mais il y a une réflexion intéréssante autour du corps, du fait qu'en tant qu'organisme notre corps est mis en place socialement etc, qui rejoint (et avec bien plus de finesse) ce que semble vouloir soulever Charlotte Roche.
Après ce n'est pas un sujet que je connais bien, donc mes références ne valent sans doute pas grand chose, mais c'était surtout pour souligner que Charlotte Roche ne sert à rien :lol:
Si le sujet t'intéresse il y a eu un colloque à Paris III apparamment intitulé "Penser les matières du corps. L'organique dans tous ses états." dont je n'arrive pas à trouver de descriptif sur internet, je ne sais pas trop ce que ça a donné mais il doit y avoir pas mal de références du coup.
Evidemment rien de tout ça ne se situe exactement dans la même démarche que Charlotte Roche mais c'est (selon moi) parce que Charlotte Roche ne se situe pas dans une démarche intellectuelle sincère, elle est dans le factice, la surenchère, l'accumulation, et non pas dans la réflexion.. Le côté "je vous offre une réflexion" ne semble finalement que lui servir d'excuse pour écrire quelque chose de trash. La réflexion sur le corps que proposent d'autres auteurs permet, peu à peu et sans prétentions ou volonté de provoquer, d'amener à une réflexion sur le corps, sur la vision que nous en avons etc, alors que chez elle je ne trouve pas que ce soit le cas. Je m'avance un petit peu, parce que je n'ai pas lu son bouquin en entier mais énormément d'extraits un peu partout sur le web (pas seulement les extraits officiels) mais de toute façon je ne me vois pas acheter son bouquin, donc..
Finalement si les questions du corps, de la conception du corps etc. t'intéressent, pour commencer et surtout parce qu'il sera sans doute celui qui déploiera le plus large éventail de réflexions diversifiées, il y a le Que sais-je ? La Philosophie du Corps de Michela Marzano. La philosophe a également dirigé l'écriture d'un Dictionnaire du Corps. |
Merci d'avoir pris le temps de répondre, merci pour tout ça Atsu ! |
Ben techniquement l'expression "ouvrir le débat" implique qu'elle apporte quelque chose de nouveau, du moins une autre dimension à la réflexion voire une réflexion novatrice en elle-même.. Enfin ce n'était pas particulièrement pour contester ce que tu disais, c'était plutôt parce qu'elle a un peu tendance à se présenter elle-même comme quelqu'un qui fait un truc trop révolutionnaire et novateur justement en ouvrant ce débat.
Pour Artaud, Le Rite du Peyotl chez les Tarahumaras, qui se trouve en podcast gratuit sur le net, évoque le fait que grâce au peyotl il se découvre un corps sans organes, le détachement du corps, etc, du coup il est content. Chez Artaud le dégoût du corps provient surtout des organes, il n'en veut pas ahah, mais je pense que ça peut être rapproché de ce qu'évoque Charlotte Roche, dans le sens où finalement c'est la même chose, le dégoût de l'intérieur, des mécanismes, de ce que notre corps crée/rejette, du fonctionnement, de ce qui est organique, animal. Chez Céline c'est un peu partout dans son oeuvre, dès qu'il évoque la médecine : Mort à Crédit, Voyage au bout de la nuit, et là c'est avant tout parce que le corps est mortifère, il est tombeau et accumulation de misères (selon moi hein, mon interprétation vaut ce qu'elle vaut).
Deleuze n'évoque pas à proprement parler le dégoût du corps (il me semble que si en fait, mais pas avec des références précises). Il a écrit un article avec Félix Guattari que tu dois pouvoir trouver sur internet, qui s'intitule "Comment se faire un corps sans organes ?". Il n'est pas question de dégoût du corps, mais il y a une réflexion intéréssante autour du corps, du fait qu'en tant qu'organisme notre corps est mis en place socialement etc, qui rejoint (et avec bien plus de finesse) ce que semble vouloir soulever Charlotte Roche.
Après ce n'est pas un sujet que je connais bien, donc mes références ne valent sans doute pas grand chose, mais c'était surtout pour souligner que Charlotte Roche ne sert à rien :lol:
Si le sujet t'intéresse il y a eu un colloque à Paris III apparamment intitulé "Penser les matières du corps. L'organique dans tous ses états." dont je n'arrive pas à trouver de descriptif sur internet, je ne sais pas trop ce que ça a donné mais il doit y avoir pas mal de références du coup.
Evidemment rien de tout ça ne se situe exactement dans la même démarche que Charlotte Roche mais c'est (selon moi) parce que Charlotte Roche ne se situe pas dans une démarche intellectuelle sincère, elle est dans le factice, la surenchère, l'accumulation, et non pas dans la réflexion.. Le côté "je vous offre une réflexion" ne semble finalement que lui servir d'excuse pour écrire quelque chose de trash. La réflexion sur le corps que proposent d'autres auteurs permet, peu à peu et sans prétentions ou volonté de provoquer, d'amener à une réflexion sur le corps, sur la vision que nous en avons etc, alors que chez elle je ne trouve pas que ce soit le cas. Je m'avance un petit peu, parce que je n'ai pas lu son bouquin en entier mais énormément d'extraits un peu partout sur le web (pas seulement les extraits officiels) mais de toute façon je ne me vois pas acheter son bouquin, donc..
Finalement si les questions du corps, de la conception du corps etc. t'intéressent, pour commencer et surtout parce qu'il sera sans doute celui qui déploiera le plus large éventail de réflexions diversifiées, il y a le Que sais-je ? La Philosophie du Corps de Michela Marzano. La philosophe a également dirigé l'écriture d'un Dictionnaire du Corps. |
Je n'ai pas dit qu'elle apportait forcément quelque chose de nouveau Atsu, seulement sa lecture est sûrement plus accessible pour une fille lambda que du Céline...
(d'ailleurs merci pour les références, je me renseignerai. Tu as des noms d'ouvrages précis en tête ?) |
Citation: Laetitia;1012741 a dit : Le but du bouquin, c'est peut-être d'ouvrir un débat sur ce que l'on doit considérer comme répugnant ou pas, non ? |
Ben.. Dans ce cas-là, il ne fait que jouer sur une question qui a déjà été évoquée par des dizaines d'auteurs, de philosophes, et bien mieux qu'en se laissant aller à du trash facile. Je pense à Artaud, à Céline, un peu à Deleuze également (ce sont les premiers qui me viennent en tête, mais vraiment pas les seuls). Qu'ils témoignent, comme Charlotte Roche d'un "amour" du corporel et des rejections organiques ou d'un dégoût du corporel ils posent finalement la même question sur le corps et notre perception de ce dernier. La question finalement c'est de savoir pourquoi on perçoit telle ou telle chose comme répugnante, à quoi elle nous renvoie, etc, et de ce que j'a pu lire elle ne me semble pas vraiment répondre à cette question mais tourner autour avec une provoc facile :/
Au-delà de la question des productions organiques telle qu'elle semble posée par Charlotte Roche, il y a aussi tout ce qui est philosophie du corps etc. Enfin moi, elle ne me semble pas amener quelque chose de nouveau finalement.. |
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