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The Crying Light, Antony and the Johnsons

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Après la claque de I Am a Bird Now, ce nouvel album d'Antony and The Johnsons était attendu au tournant. Voici le verdict d'Eddie.

Revue par Eddie, le 25 janvier 2009 | Articles | Blog
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La Cote d'Amour de la Rédac :

the crying lightQuatre années se sont écoulées depuis l’extraordinaire I Am a Bird Now et les chansons inoubliables telles que “Hope There’s Someone” ou “You Are My Sister”. Quatre années depuis l’éclosion (médiatique) d’une des plus belles voix de l’Histoire de la musique. Alors forcément, cet album était attendu, mais je me doutais bien qu’il ne pourrait pas être aussi éblouissant que le précédent. C’était… impossible ! Rien ne remplace la première impression, le frisson de la découverte, l’instantanée certitude. Rien, sauf peut-être la satisfaction de voir celle-ci se confirmer au fil des albums, voir qu’Antony est là pour durer, qu’il a encore des choses à offrir. Avec The Crying Light, c’est chose faite.

Difficile de chroniquer ou critiquer (je ne me suis toujours pas décidée sur le terme à adopter) cet album, comme le précédent, sans tomber dans l’admiration béate de la voix d’Antony Hegarty. Mais comment résister ? La première fois que j’ai entendu “You Are My Sister”, j’ai cru que j’allais me liquéfier. Ce qui sort de la bouche de ce type, c’est un flot continu d’émotions et de ressentis. Comme s’il absorbait toutes ses expériences et les transformait en sons, sa voix étant son instrument. Un vibrato pareil aurait pu faire pleurer le plus obtus des nazis, voire même mon ancien prof d’anglais.

Il y a tellement de tristesse dans sa voix qu’on ne peut l’imaginer chanter qu’avec des larmes coulant sur ses joues. Dans The Crying Light, c’est notre monde qu’il pleure. Alors oui, une critique de Café de la Musique pourrait être : “c’est pas très gai”. Eh non, ce n’est pas gai. Et pourtant il y a autant de joie que de peine dans ce disque. Il n’est pas aussi émotionnellement éprouvant que le dernier ; le portrait qu’il fait d’un amour fusionnel dans “Another World” est rempli d’un bonheur qu’il faut savoir discerner derrière la mélancolie. Ce n’est pas de la tristesse pour de la tristesse, le message de cet album est plus philosophique et poétique que cela. Il ne s’agit plus de pleurer pour pleurer, il s’agit de prendre conscience peut-être, réfléchir plus certainement, réfléchir à notre rapport individuel à la Nature.

Antony Hegarty semble lui être au stade de l’acceptation de la mort de notre monde. Est-ce une anticipation ou est-ce vraiment le cas, on ne sait pas trop. Chaque chanson est comme l’expression d’un espoir mais la musique qui l’accompagne nous fait plutôt penser à du désespoir. Je vous avais proposé une playlist de fin du monde il y a quelques temps, cet album en est une autre.

Concrètement, cet album, comme le précédent, retourne le ventre. Sincère, visionnaire et spirituel (tout en restant toujours ancré sur Terre), il est aussi homogène et cohérent que I Am a Bird Now. Musicalement, pas non plus de révolution, les Johnsons font parfaitement leur boulot, tout s’articulant autour de la voix d’Antony et des différents thèmes abordés dans ses paroles. Cet album est bien dans la continuité du précédent, tout en s’en différenciant aisément. J’y retrouve tout ce qui m’a plus en les découvrant, et j’apprécie la manière dont Antony ne se laisse pas aller à se reposer sur ses lauriers choisissant, non pas à faire quelque chose de complètement différent (il nous a déjà démontré qu’il savait le faire avec sa participation au premier album de Hercules and Love Affair), mais en évoluant, en changeant de thèmes, en se montrant capable d’utiliser cette voix incroyable comme support à ses réflexions philosophiques (ce mot vous fait peur, je sais bien) et à ses appréhensions. Il n’y a pas vraiment de single qui se détache distinctement des autres chansons, à part peut-être “Epilepsy Is Dancing” que je me passe déjà en boucle.

Intime, honnête, d’une douceur incomparable, cet album est bien une grande réussite et Antony Hegarty s’y impose comme un excellent parolier et un témoin privilégié d’un monde qu’il ne comprend que trop bien.

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