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Slumdog Millionaire

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Faites les taire a vu le dernier film de Danny Boyle, un film à la fois coloré et amer sur la société indienne. Un magnifique voyage à ne pas manquer.

Revue par Faites les taire, le 19 janvier 2009 | Articles
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La Cote d'Amour de la Rédac :

Tu as souvent rêvé d’être à la place de Dev Patel pour son rôle d’Anwar, meilleur ami de Maxxie (mais si, le danseur blond à la plastique parfaite) dans la série Skins ? Alors tu vas maintenant rêver d’être Dev Patel qui incarne sur nos écrans, le personnage de Jamal Malik, fraîchement dépositaire de vingt millions de roupies (soit trois cent mille euros et des brouettes, oui, j’ai calculé) dans le nouveau film de Danny Boyle : Slumdog Millionaire, sorti le 14 janvier. Soyons honnêtes, ce film est une adaptation d’un livre de Vikas Swarup. Je ne l’ai pas lu et il s’intitule longuement : Les Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire (2007). Si tu as réussi à tout lire sans respirer, félicitations. Sinon, je vais te parler du film : ça suffit les détours !

De quoi ça cause alors ?

Slumdog Millionaire, c’est la vie d’un gamin des bidonvilles de Bombay qui défile sous nos yeux. Vite orphelins, livrés à eux-mêmes avec son frère Salim, ils grandissent à la faveur de la saleté, allant de manche en manche. À l’aube du vagabondage, ils cheminent comme ils peuvent, et Jamal, va-nu-pieds, applique ses pas à rechercher son amour perdu : Latika. Issus des mêmes galères, les deux enfants ne cessent d’être séparés pour mieux se retrouver. Jusqu’à ce que leurs retrouvailles deviennent de plus en plus périlleuses. Jusqu’au jour où Jamal, dix-huit ans à peine, devenu serveur dans un centre d’appel de la capitale, est sélectionné pour participer à Qui veut gagner des millions ? Et là, miracle, tout se bouscule, il gravit les échelons et répond correctement à toutes les questions. Plutôt étrange, pour un gamin des bidonvilles, n’est-ce pas ? La police se met alors sur le coup et l’accuse de tentative de fraude. Suspense, suspense, je n’en dis pas plus.

Un film en trois dimensions qui ne manque pas d'animation

Loin d’une narration linéaire, les scènes se déroulent en parallèle des unes des autres en se complétant : les souvenirs de Jamal, sa captivité au commissariat et son passage sur le plateau télé. On pourrait croire qu’il est facile de se perdre dans cette histoire labyrinthique, mais non. Au contraire, le scénario est limpide, fluide. On ne voit pas le temps s’échapper. Suspense et suspension. Que va-t-il se passer ensuite ? Imprévisible, le film nous mène de surprise en surprise.

Il faut dire que Danny Boyle a plus d’un tour dans son sac : s’il lui faut montrer la crasse, il la montrera. S’il veut nous révolter, il en est capable. S’il veut provoquer de la compassion chez son public, il ne se réfrène pas et met en scène l’inacceptable immoralité régissant ce monde qui n’est pas le notre, le monde de la rue et de ses magouilles.


Jamal Malik (Dev Patel) face à Prem Kumar (Anil Kapoor)
dans la version indienne de Qui veut gagner des millions ?

Une sournoise critique cachée sous la poussière des bidonvilles

Malgré les apparences, ce film balance sévère. Les puissants profitent des plus faibles, oui, mais pas que. En deux heures de pellicule, se forme un étourdissant tourbillon, transportant des portraits minutieux de la société contemporaine, de ses vices et de ses inepties. En toile de fond, c’est la mondialisation de la torture (à plusieurs échelles d’ailleurs), la colonisation moderne sous couvert de la « culture » (Qui veut gagner des millions, ne serait-ce là un jeu d’argent et de paillettes typiquement occidental par hasard ?). C’est la prolifération des bâtiments qui grattent le ciel. L’invasion touristique n’échappe pas non plus au référencement (et les scènes découlant de l’arrivée des deux frangins au Taj Mahal sont tout bonnement excellentes). Quand à l’esclavagisme sexuel, il est aussi porté à l’écran. Rien ne nous est épargné.

Pourtant, jamais le spectateur ne pense : « C’est un film engagé ». Car ces petites piques que Danny Boyle a bien cachées, elles ne sont pas aussi piquantes qu’il n’y paraît. Au final, il reste en nous une impression de film dur, réaliste mais beau tout de même. Les couleurs sont belles, les acteurs sont sublimés et il ne faut pas oublier que notre héros est en passe de gagner des millions et d’entrer ainsi dans l’histoire. Alors, la pilule passe mieux, grâce à cet enrobage acidulé.


Pour résumer : Slumdog Millionaire est un film qui te reste dans la tête. Ses nombreux niveaux de lecture donnent matière à réfléchir et nous ouvrent sur un cosmos dans lequel on n’a pas vraiment l’habitude d’évoluer.
3 bonnes raisons d'aimer Slumdog Millionaire
- Un scénario en béton.
- Un cadre indien qui ne fait pas trop Bollywoodien.
- Trois Golden Globes (meilleur drame, meilleur réalisateur, meilleur scénario).
› 2 bonnes raisons de bouder Slumdog Millionaire
- La Version Originale. Ça a beau être du broken English, y’a rien à faire. À moins d’être de langue anglaise maternelle, les accents des acteurs rendent les dialogues inaudibles. Sous-titres fortement recommandés donc. (C’est juste un conseil !)
- La fin qui risque de te filer des boutons.
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