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Sortie
le 1er janvier 1949 chez
Livre de poche
Le premier Miller lu est toujours un choc. L'autofiction perturbe, on se demande qui est ce narrateur à la première personne qui affabule et enjolive sans qu'on comprenne bien pourquoi. Pourtant, une fois le choc passé, qu'on cesse d'essayer de démêler la réalité des discours étranges de l'auteur, c'est bien l'impression de toucher au cœur de la vie qui domine.
Premier tome de la Crucifixion en rose, Sexus, est l'histoire d'un type qui vit à New-York dans les années 1920s, et qui rêve de l'Europe avec Mona, cette femme insaisissable et mythomane. Fou amoureux d'elle, il ne quitte pourtant pas tout à fait sa femme, à qui il fait encore l'amour, de temps à autre, quand leur fille est partie. Cherchant à échapper à son travail ennuyeux d'employé dans une société de télégraphe, Henry vit démesurément la bohême, flâne chez des amis peintres, pianistes ou écrivains, boit, visite des cabarets burlesques, dans une quête toujours plus poussée du sens.
Texte longtemps censuré (et publié pour la première fois en France, où il est parti vivre – soyons fiers, que dis-je, fières) à cause de nombreuses scènes érotiques mal comprises. Ce que Miller cherche, ce n'est pas simplement à première vue choquer le lecteur par des descriptions crues, mais plutôt ériger la sexualité en puissance d'affirmation de la vie. Il reproche à ses contemporains de ne pas savoir être véritablement, de se laisser porter bêtement par le flot des évènements, au lieu de puiser partout le bonheur pur de l'existence. A travers des aventures rocambolesques et souvent invraisemblables et de nombreuses interrogations sur la littérature et le monde, Miller délivre une maxime qui résonne comme un cri désespéré dans son Amérique froide : «Vivre signifie être conscient, joyeusement, jusqu'à l'ébriété.»
Sa cote d'Amour aupres des madmoiZelles :
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