Loin d'être parfait, c'est loin d'être Loin d'être parfait. Ah, je t'ai perdue dès la première phrase de ma revue ? Je voulais dire par là que cette bd est presque parfaite. Parce que Monsieur Tomine a du talent, oh oui madame !
Un talent de dessinateur
Adrian Tomine, c'est d'abord un excellent dessinateur. Je te laisse juger, mais je pense que rares seront celles qui n'aimeront pas son trait.

C'est simple, je suis tombée amoureuse de tous les personnages féminins qu'il dessine.
Un talent de narrateur
La bande dessinée, c'est tout de même l'alliance d'un coup de crayon et d'une histoire, donc Loin d'être parfait ne serait pas parfaite s'il n'y avait pas également la douétitude (oui, j'ose) de l'auteur à raconter une histoire. Ici, celle d'un couple vivant en Californie, trentenaire et d'origine asiatique. Leur relation est loin d'être parfaite : Miko (la femme) reproche à Ben (son copain) de n'être attiré que par les femmes blanches, et saisit l'opportunité d'un stage à New-York pour s'enfuir et lui imposer un break. On connaît toutes le côté casse-couilles-pas-clair du mot break, donc je te laisse imaginer l'imperfection des évènements qui vont suivre.

Un talent moderne
Un scénario bien exploité en dessins, ça ne fait pas tout. Là où se trouve le gros plus d'Adrian Tomine, c'est dans l'ancrage dans le réel. Dans cette bd, on retrouve presque le réalisme d'un documentaire. Alors soit Adrian Tomine a beaucoup vécu pour un type de moins de 40 ans, soit c'est un fieffé observateur. Je penche pour la deuxième solution et affirme haut et fort qu'Adrian Tomine sait piocher dans tout ce qui fait notre société actuellement (la fragilité des relations amoureuses, l'importance du sexe dans celles-ci, les problèmes d'intégration ou de racisme, l'homosexualité...) pour nous donner l'impression que si ce n'est pas notre vie qu'il raconte, cela pourrait ou aurait pu l'être...

C'est juste, parfois triste, toujours touchant.
En conclusion, le seul reproche qu'on pourrait faire à Loin d'être parfait, c'est de s'arrêter si vite. Parmi mes chouchous de la sélection du Festival bd d'Angoulême, donc.