Sortie
le 1er août 2008 chez
Albin Michel
Les Bérynx : une famille ordinaire, avec son patriarche autoritaire, ses mères affairées, ses enfants fragiles, ses secrets non partagés et son lot de drames. Et il y a Pierre, qui vient de se greffer sur cette famille comme une sorte d’ange gardien dont on ignore presque tout, homme à tout faire, mais aussi à tout défaire. Jusqu’au jour où il disparaît sans laisser d’autres traces que les brèches qu’il a ouvertes en chacun.
Roman des origines autant que de la construction de soi, "L’Inaperçu" , comme "Magnus" , fait coexister le plus sombre de l’Histoire et des tragédies individuelles avec l’imprévisible, la puissance de l’imaginaire, les rêves les plus fous, tout ce qui échappe à l’emprise du temps et permet d’inventer son destin.
DES PERSONNAGES LOUFOQUES
Il y a d’abord « Tante chut », elle déteste le bruit, son entourage la soupçonne de castrer les cordes vocales de ses chiens pour les empêcher de japper. Sylvie Bérynx, une mère de famille raisonnable qui se surprend à être kleptomane à l’occasion. La petite Marie, tendre et cruelle, elle voudrait être un arbre, elle s’amuse à contempler les nervures dans ses mains comme s’il s’agissait de véritables feuilles. Et toute la fratrie de cousins qui organise un spectacle où ils sont des oiseaux. Une assemblée d’échassiers à l’allure d’abrutis réunis autours du docteur Zagueboum.
SECRETS DE FAMILLE
Les relations entre les membres de la famille sont complexes, chacun garde ses secrets, forge ses rancœurs, cache ses jalousies. L’histoire se récupère par fragments, au détour des âmes, des tragédies individuelles et historiques. L’inaperçu, c’est ce qui œuvre en secret dans les consciences déversant ses parts d’ombres ou de lumière vive, crue sur le réel.
Arrive le jour où Pierre Zébreuse, un personnage aux « yeux couleurs de pluie ensoleillée » débarque dans le quotidien de la famille. Un ange gardien garant de la stabilité de la famille pour certain, un « braconnier », un homme « qui sent la rue » pour d’autres. Mais il disparaît brusquement, sans laisser de traces, emportant ses mystères et laissant chacun avec ses questions.
L’atmosphère du livre est brumeuse, floutée, comme le seront toujours les âmes. L’auteure laisse les questions en suspens. Sylvie Germain travaille sur les nœuds qui régissent les humains, elle fouille dans les mots et dans la mémoire de ses personnages, pour décrire les aspérités des consciences. Et sa prose est impressionnante. C’est une poésie de sensations, d’odeurs, qui font appel à des émotions. Et puis il y a ces pages vraiment très belles, qu’on découvre au fur et à mesure, comme des petites pépites. Et ces descriptions pleines de tendresse, qui à elles seules justifient la lecture de ce livre.
Sa cote d'Amour aupres des madmoiZelles :
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