Sorti fin mars, J’ai toujours rêvé d’être un gangster est mon coup de cœur Cinéma. D’humeur un peu rock’n'roll, un peu paumée, un peu "j’écoute le dernier album de The Kills en boucle", quand j’ai vu l’affiche du film je me suis dit : c’est pour moi. Une bonne histoire à la Bonnie and Clyde, avec la jolie Anna Mouglalis de surcroît.
Eh bien que nenni ma jolie, Samuel Benchetrit (le chéri d’Anna Mouglalis dans la vie) a fait mieux que ça. Dans son film, il nous raconte des histoires de gangsters, certes, mais de gangsters ratés. C’est drôle, et c’est beau.
C’est drôle
Le premier éclat de rire dans la salle survient au bout de quelques minutes. Quand Edouard Baer se cogne contre un poteau parce qu’il porte un collant sur le visage et qu’il y voit que dalle. Mouais, moi je ne suis pas encore convaincue du pouvoir comique du film. En plus, je suis au deuxième rang tout près de l’écran, j’ai mal au cou et je suis mal assise, faudra y aller fort pour me faire décrocher un sourire mon p'tit gars !
Mais je me laisse vite séduire par le ridicule de ce looser attachant, qui tente de braquer une cafétéria dans un coin paumé, et ce sans flingue.
Les dialogues sont hilarants. Ils pourraient paraître banals à première vue, mais on se retrouve vite amusés par l’absurdité des répliques et des situations.
Je ne te dévoile pas tout pour ne pas te gâcher la surprise, mais ça vaut le coup ! Il y a la discussion entre la serveuse et le braqueur-pas-doué sur "quelle actrice représenterait le mieux le cheese-burger ?" (ils se mettent d’accord sur Drew Barrymore). Il y a les ravisseurs qui laissent au père de la gamine kidnappée un message pour demander une rançon et concluent par « et… bonne journée monsieur ». Pour moi, le comble de la poésie et du rire est atteint avec un Jean Rochefort qui évoque la sensation de pisser contre un arbre « et cette petite brise fraîche sur le gland… ».
Bref, c’est drôle. Si ! Tu vas rire, je te dis !
C’est beau
Primo, c’est en noir et blanc. Et le noir et blanc, c’est beau, que personne ne me contredise où je me fâche très fort.
Secundo, les personnages sont beaux. Pas beaux car bien sapés bien maquillés, mais beaux VRAIEMENT beaux. Le regard, la voix d’Anna Mouglalis, l’air paumé d’Edouard Baer, les rides de Jean Rochefort et de ces compères ex-braqueurs…
Tertio, le tout est divinement bien filmé. Vraiment, je ne sais pas comment il s’y prend le Benchetrit, mais même les plans montrant des câbles électriques en pleine campagne sont dubonpourlesyeux. Enfin, un gros "oui" à l’ambiance (ou non-ambiance, car le lieu est plutôt désert…) de la cafét', lieu principal du film. Ah, j’oubliais... La musique est divine aussi.
Bref (oui, tu as tout compris, j’aime les bref pour conclure), c’est beau.
En clair, J’ai toujours rêvé d’être un gangster est un film qui n’a absolument rien à voir avec ce à quoi on pouvait s’attendre en voyant l’affiche et le casting… et « c’était mieux que ce à quoi je m’attendais », dixit une voisine de rangée !