Ce titre un peu étrange est extrait du poème Eloisa to Abelard d'Alexander Pope.
How happy is the blameless vestal's lot !
The world forgetting, by the world forgot.
Eternal Sunshine of the Spotless Mind !
Each pray'r accepted, and each wish resign'd
Et en gros, ça veut dire quelque chose comme Eclat éternel d'une âme immaculée. Un titre qui s'applique bien au film, mine de rien. Un film dont, pour parler avec une image stupide, on ne sort pas indemne.
C'est l'histoire d'un couple. Un peu paumés tous les deux, ils ne savent pas où ils vont, se sont rencontrés sur une plage et s'aiment malgré tous les mauvais côtés de leur tumultueuse aventure. Joel aime Clementine et Clementine aime Joel. Mais un beau jour celle-ci décide de l'effacer de sa mémoire.
Littéralement. C'est un peu là que tout devient vertigineux. Si on pouvait réellement effacer les gens de notre mémoire ? Aller voir cette société Lacuna Inc. avec un sac poubelle rempli de bricoles, de lettres et de cadeaux, passer une nuit un casque sur la tête et au réveil avoir tout oublié de celui ou celle qui nous a fait mal ?
Joel aussi veut alors effacer Clementine de sa mémoire. Et on assiste à un joli déballage de ses souvenirs. Qu'il soit avec elle ou bien pendant son enfance, tout s'écroule autour de lui, mais il la tient toujours par la main. Il se rend finalement que supprimer tout simplement les mauvaises choses induit aussi l'oubli des bonnes. Jim Carrey est parfait dans ce rôle de maladroit sans trop en faire cependant, et Kate Winslet, un jour elle a les cheveux bleu et le lendemain vert mais ça on s'en fiche.
On pourrait retenir du film le casting prestigieux - Mark Ruffalo, Kirsten Dunst, Elijah Wood - ou bien le talent de réalisateur de Michel Gondry. On pénètre dans la tête de personnages avec lesquels on a rien à voir au premier abord. Mais petit à petit, on s'y reconnaît tant bien que mal. A tel point qu'on se retient de chouiner à la fin. Mais la machine à effacer les souvenirs est inexorable, on ne peut l'enrayer. Métaphore du temps ? Peu importe. On n'a qu'une envie, c'est que Joel parvienne à retenir Clementine, qu'ils se rendent que malgré tout ils s'aiment. Et le pire, c'est qu'on ne sait même pas s'ils y parviennent.