Hora loca, quinceañera, piñata et cætera — Carte postale du Venezuela

Au Venezuela, la fête, c'est sacré ! Entre mariages, anniversaires, quinceañeras, diplômes ou Nouvel An, tout est bon pour sortir les ballons, enfiler une robe clinquante et pousser la musique.

Hora loca, quinceañera, piñata et cætera — Carte postale du Venezuela

Au Venezuela, quand on fait la fête, c’est souvent très coloré, bruyant et avec du monde ! Et toute occasion est bonne à prendre. Les Vénézuélien-ne-s adorent marquer les instants importants de la vie ou de l’année ; chaque évènement est donc l’occasion de décorer, de se retrouver, de s’amuser, et cela donne lieu à un certain nombre de petites coutumes colorées, amusantes et/ou surprenantes pour un étranger.

Voici les évènements les plus importants, et ce qu’il y a à savoir sur les célébrations à la vénézuelienne !

Les anniversaires

Ce sont surtout ceux des enfants qui sont particulièrement fêtés : on met le paquet sur la déco, avec toutes sortes de ballons, de cotillons, d’animations, et pour les familles les plus riches (et/ou les plus motivées) tout un tas d’animations, comme des châteaux gonflables, des clowns, des stands de nourriture ou de boissons en tout genre.

Le week-end, on voit souvent les « salones de fiesta » (l’équivalent d’une salle des fêtes mais à l’échelle d’une résidence) remplies de ballons et d’adultes (que j’admire beaucoup) passant leur après-midi à gonfler, accrocher, décorer, pour préparer la chouette fête de leur bambin adoré.

Le moment particulièrement attendu de la fête, c’est la piñata ! Il s’agit d’une tradition ancienne et répandue dans toute l’Amérique du Sud, qui implique une figurine plus ou moins grande confectionnée en carton, papier mâché ou papier crépon, que l’on remplit de bonbons et de petits jouets, que l’on suspend au plafond pour qu’ensuite les enfants la frappent à coup de bâton, jusqu’à la percer et en faire tomber tous les bonbons. Oui, c’est un peu violent quand on y pense…

Quant au choix du modèle, on trouve vraiment de tout, et de toutes les tailles ! Le plus fréquemment, les filles choisiront des princesses, ou Hello Kitty, et les garçons Bob l’Éponge, des personnages de Cars, etc.

Ensuite vient le gâteau, point culminant la fête, en général bien décoré selon le thème ou les couleurs de l’anniversaire. Jetez par un exemple un oeil à la petite entreprise Glacearte spécialisée dans les gâteaux décorés pour tous types d’occasions.

Du coup il existe tout un business de la fête au Venezuela, et dans toutes les grandes villes on trouve des magasins avec absolument touuuuut ce dont on a besoin pour préparer une fête !

La quinceañera : quand une fille devient femme

Il y a un anniversaire particulièrement célébré dans la vie d’une Vénézuélienne : ses quinze ans, où l’on devient une « quinceañera », l’équivalent du « Sweet Sixteen » aux Etats-Unis.

C’est une étape sacrée dans la vie d’une femme, qui marque le passage de la vie d’enfant à celle de femme adulte. Cette tradition remonte à plus ou moins loin selon les sources ; une version affirme qu’elle puise son origine dans les rituels des peuples qui habitaient la région (aztèques et incas), et qui célébraient cette transition liée à la menstruation et donc au fait que la jeune fille, apte à procréer, devenait une femme prête à se marier et avoir des enfants.

Une autre version se réfère à la société hispanique colonisatrice, où la famille d’une jeune fille organisait une messe et une grande réception pour ses 15 ans, afin de la présenter à la société et commencer à lui trouver des prétendants pour, dans un futur plus ou moins proche, la marier.

Bon, en fin de compte, quelle que soit l’origine initiale, on arrive au même objectif : marier la femelle et la faire procréer. Et comme un certain nombre de coutumes de ce continent, les deux cultures et traditions ont sûrement fini par se mélanger.

Bref, aujourd’hui, bien des jeunes filles rêvent de cette fête où elles seront les plus belles pour aller danser. Encore une fois, l’ampleur de l’évènement dépend des moyens de chaque famille, mais dans tous les cas, cet anniversaire reste plus marqué que les autres, et l’on invite ses amis et sa famille, voire sa classe toute entière.

Pour les familles les plus aisées et les plus attachées à cette tradition, on peut atteindre des sommets d’argent dépensé et de mise en scène, en organisant l’équivalent d’un énorme mariage, avec un grand nombre d’invités !

Comme dans un mariage, la fille va se choisir une belle et grosse robe de princesse, des bijoux, une coiffure, du maquillage, un bouquet, un photographe (voir cette galerie par exemple) ; on peut organiser une messe avec tout un cortège, puis une gigantesque fête avec DJ, banquet, etc. Et comme pour les mariages, on trouve évidemment tout un tas d’agences ou de sites Web qui proposent d’organiser cet événement inoubliable de la vie d’une jeune fille, de trouver un thème, un photographe, de gérer la déco, les animations, bref : la totale.

Capture du site Tufiestade15

Il existe quelques rituels associés à cette fête, que chaque famille respecte plus ou moins selon son attachement à ces traditions ; par exemple, la jeune fille peut choisir de porter des chaussures plates (porter des Converse est à la mode, ça fait plus « cool » ; Sofia Coppola y est sûrement pour quelque chose), et après la cérémonie, son père lui fait enfiler des talons, afin de marquer son entrée dans la vie de femme.

La jeune fille ouvrira ensuite le bal en dansant avec son père, puis avec les garçons de la soirée. Et puis il n’est pas rare que la jeune fille parte ensuite en vacances, par exemple en croisière, avec d’autres quinceañeras, en guise de cadeau et aussi afin de marquer son entrée dans la vie d’adulte.

Les mariages à la vénézuelienne

Ici, pas de grosse surprise. Un mariage au Venezuela se déroule globalement comme un mariage en France ; la messe est beaucoup plus répandue cependant, le pays étant de tradition catholique plus conservatrice, et la plupart des couples, même s’ils ne sont pas forcément croyants, se marieront à l’Église par coutume.

En revanche, ce qui change, c’est la tenue des invitées : si vous comptez aller à un mariage en petite robe noire, ou même soyons folles, rouge, vous passerez totalement inaperçues. Ici, les mariages, c’est l’occasion de sortir le grand jeu : c’est robe longue obligatoire, ça brille de partout, ça froufroute, et il y a du monde au balcon ! Évidemment on passe aussi chez le coiffeur et on se fait un beau chignon bien élaboré ou un brushing parfait avec des anglaises.

Le seul moment qui diffère des mariages français, pendant la fête, c’est la hora loca (traduction littérale : « l’heure folle »), une tradition qui s’est implantée assez récemment. J’apprécie personnellement beaucoup ce moment de la fête, que l’on lance généralement à une heure assez avancée afin que les invités se soient un peu détendus avec l’alcool, et où l’on distribue à tout le monde tous un tas d’accessoires, de déguisements, du genre masques, perruques, lunettes, chapeaux farfelus, cotillons, langues de belle-mère, etc.

On choisit des musiques bien rythmées pour coller à l’ambiance, tout le monde se dandine et se prend en photo dans les poses les plus absurdes. C’est aussi le moment où on lance le « trencito », alias la chenille.

http://www.youtube.com/watch?v=62c32Ame6Og

Les mariés eux, ont droit à une vraie parure assortie, par exemple le grand chef indien et sa femme, des coiffures de carnaval brésilien de deux couleurs différentes, etc.

J’étais un perroquet, en duo avec un pirate !

Le Nouvel An : mettre toute la chance de son côté

Le Nouvel An est aussi un moment important de l’année, où l’on se retrouve en famille. On clôt autour d’un repas l’année qui vient de passer, et on accueille l’année qui arrive avec tout un tas de petites traditions, de superstitions, censées apporter le bonheur.

  • Porter des sous-vêtements jaunes, pour attirer l’argent et la prospérité.
  • Chaque convive a un petit pot rempli de douze grains de raisins, représentant les douze mois de l’année, qu’il doit manger soit à chaque coup de pendule marquant les douze coups de minuit (oui, il faut mâcher vite), ou plus souvent avant minuit une, afin d’attirer la chance pour l’année.
  • Il faut aussi avoir un billet dans la main afin d’attirer l’argent.
  • Faire le tour du pâté de maison avec une valise remplie de quelques habits, afin que l’année soit remplie de voyages.

Et puis ce soir-là, on lance aussi des feux d’artifices. C’est très convivial, toutes les familles sortent dans la rue, devant leur maison, pour regarder les fusées qui partent d’un peu tous les pâtés de maison et saluer ses voisins, discuter un moment et trinquer à la nouvelle année.

Exprimer sa fierté avec… sa voiture

Les voitures au Venezuela sont aussi un média comme un autre et donc le moyen de crier aux autres son amour ou sa fierté pour un membre de sa famille, qui s’est diplômé, fête son anniversaire, va se marier… On écrit donc ce qu’on veut sur son pare-brise arrière ou ses vitres de voiture et on peut la décorer.

Du coup on voit souvent, surtout en fin d’année, des voitures avec écrit « Ma fille est avocate ! » ou « Mon fils est né ! Paulo je t’aime plus que tout ! ». On peut faire passer n’importe quel message.

« Le Christ t’aime »

La dernière occasion en date ça a été récemment pour la fin de l’année scolaire. Pour l’équivalent des Terminales, le fait de terminer le lycée donne lieu à des explosions de joie ; toute la journée, on a vu (et entendu) passer des voitures remplies de jeunes, décorées de dizaines de ballons, avec la musique à fond, qui tournaient dans les rues !

Alors, envie d’adopter certaines coutumes pour tes prochaines fêtes ? Tu as vu d’autres coutumes surprenantes dans d’autres pays ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Loxlady
    Loxlady, Le 23 juillet 2013 à 11h26

    Cette carte postale met le sourire de bon matin !
    C'est plein de bonne humeur et d'amusements ça donne bien envie de participer aussi !

    Merci à toi pour cette carte postale (et petite veinarde d'assister à ça :langue:)

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