Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture (vol. 2)

Être féministe, ce n'est pas de tout repos, surtout quand on remarque les discriminations au sein des films, séries, livres qu'on aime. Voici comment voir le verre à moitié plein.

Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture (vol. 2)

En 2013, j’écrivais Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture. J’étais chez madmoiZelle depuis un an, je m’assumais féministe depuis un peu plus longtemps. Je découvrais encore, presque chaque jour, une nouvelle oppression, une nouvelle manifestation du sexisme.

J’étais encore très en colère.

Nous sommes en 2016, je suis toujours chez madmoiZelle, je m’assume féministe depuis 6 ans. Je suis moins en colère. Mais pas moins alerte.

Entre féminisme et pop culture, les choses avancent

Depuis 2013, un vent de fraîcheur a balayé le domaine culturel. Orange is the New Black a débarqué sur nos écrans. My Mad Fat Diary m’a fait rire et pleurer. Divines a fait frissonner.

Je pense fermement que la lutte pour l’égalité avance dans la société, et ça se ressent dans le paysage médiatique ainsi que dans les productions audiovisuelles.

Je pense fermement que la lutte pour l’égalité avance dans la société, et ça se ressent dans le paysage médiatique.

L’enthousiasme du public et la capacité, constamment prouvée, des gens à s’impliquer dans une histoire pourvu qu’elle soit bonne, permettent cette diversité.

Après tout, si les femmes ont pu si longtemps s’identifier à des héros masculins quasiment partout, les mecs peuvent bien s’identifier à la mère d’origine taïwanaise dans Fresh Off the Boat !

Féminisme et pop culture : deux pas en avant, un pas en arrière ?

Bien sûr, tout n’est pas parfait.

Il a eu par exemple un épisode de Game of Thrones comportant un viol traité comme une relation consentie. Le souci étant que les showrunners eux-mêmes ne sont pas au fait de la culture du viol et de ses ramifications.

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Le féminisme, et en général la lutte pour l’égalité, c’est un long apprentissage. Et quand on ne sait pas, parfois, on se trompe. C’est normal.

Sans compter les réalités, certes très terre-à-terre mais essentielles, de la loi du marché. Si on va plus vite que le public, alors c’est la banqueroute. Et on produit moins de films, de séries, de dessins animés.

Le féminisme VS la pop culture, de l’amour… à la haine

Les faux pas et autres discriminations dans le paysage audiovisuel ne passent plus inaperçus. Internet, immense caisse de résonance, s’emplit de cris lorsqu’une production n’est pas 100% égalitaire.

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J’ai crié, moi aussi. J’ai râlé, j’ai couru avec la meute. Et puis je me suis arrêtée.

Déjà parce que c’est fatigant, de crier, de courir, de mordre. Sans la colère pour alimenter mes muscles, j’étais épuisée.

La violence, ça n’ouvre pas les esprits de force, selon moi : ça les braque.

Et puis parce que je me suis rappelée de moi, avant. Prononçant des phrases qui font rougir celle que je suis aujourd’hui. Je ne savais pas, certes… mais si on m’avait hurlé dessus, je n’aurais jamais appris. Je me serais fermée comme une huître.

La violence, ça n’ouvre pas les esprits de force, selon moi : ça les braque, ça les enferme derrière une carapace.

Alors je préfère faire un article enthousiaste quand Idris Elba est choisi pour incarner Roland, le héros du « western » La Tour Sombre, qu’aller souhaiter un licenciement à Benioff et Weiss, les showrunners de Game of Thrones.

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Être féministe et aimer des oeuvres imparfaites

Je sais pas exactement quand, mais il y a un moment où j’ai choisi, plus ou moins consciemment, de voir le verre à moitié plein.

J’en avais marre de passer mes dimanches Netflix & chill à grincer des dents à la moindre idée reçue, discrimination, au moindre manque de diversité. Incapable de rentrer pleinement dans l’histoire, je l’analysais frénétiquement, guettant les failles, les violences larvées.

Je remarque toujours les soucis, bien sûr. Les castings très blancs, très masculins. Les histoires d’amour très hétéro. Les corps très minces et musclés.

Mais je stocke ça dans une immense banque de données mentale, sans m’appesantir dessus. Je préfère me focaliser sur le positif.

M’enthousiasmer quand Bo Burnham chante Straight white man, son titre satirique. Me passionner pour un dialogue autour de la culture du viol dans le dernier The Affair.

J’ai choisi, plus ou moins consciemment, de voir le verre à moitié plein.

Je préfère saluer les avancées que tirer sur les oeuvres à la traîne. Parce que c’est en soutenant les oeuvres qu’on aime, qui bougent avec la société, qui font changer les choses, qu’on fera, ensemble, gagner l’égalité.

Au final, n’oubliez pas : on vote aussi avec notre porte-monnaie ! Le meilleur moyen de défendre des oeuvres progressistes, c’est d’en parler, certes, mais surtout de les soutenir financièrement quand on le peut !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cecelight
    Cecelight, Le 30 novembre 2016 à 8h05

    Biscottine
    @cecelight et pourquoi pas une femme forte... coquette ? On dirait que pour être considéré comme forte, il faut être garçon manqué et surtout pas "féminine", en fait c'est toujours des qualités stéréotypées masculines qui sont mises en avant assez souvent dans tout les cas :erf:.
    Regarde Supergirl si ce n'est pas déjà fait ;D

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