Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture

Pondu par Myriam H. le 21 janvier 2013     

Être féministe, ce n’est pas toujours de tout repos. Et ça change radicalement la façon dont on appréhende la culture…

- Cet article contient quelques spoilers concernant la série Supernatural et la saga littéraire La Tour Sombre.

Depuis quelques années, je suis féministe. Je ne sais pas comment ça m’est venu, comment j’ai été sensibilisée, s’il y eut un déclic… Je pense que ça a été progressif. Au début il y avait un dégoût de la presse féminine (j’ai quand même dû attendre quatre ans pour comprendre que si je me sentais déprimée après avoir terminé un magazine féminin, c’est qu’il y avait un souci), puis des recherches sur Internet, puis des articles de madmoiZelle, et voilà. Aujourd’hui, je peux dire « Je suis féministe » et savoir ce que ça veut dire, savoir comment l’expliquer aux autres, comment répondre au « Ah t’es féministe, c’est chiant, j’aime pas les féministes » de ma petite soeur – et en même temps, j’en apprends tous les jours sur tous ces combats internes au féminisme que je connais moins : la lutte pour la reconnaissance des transgenres, l’égalité pour tou-te-s, l’écriture non genrée, le slut-shaming…

J’ai lu une fois, sur la Veille Permanente Sexisme, qu’« être féministe, c’est un job à temps plein ». Et c’est vrai ! Le machisme et le patriarcat sont omniprésents, si insidieusement présentés comme la seule voie possible que certaines femmes en deviennent misogynes, et qu’on réfléchit à changer le terme « féministe » pour un autre, moins connoté. En apprendre davantage sur les combats féministes agit comme un filtre à travers lequel je vois la réalité, que je ne peux pas enlever (et de toute façon je ne le voudrais pas). C’est un peu comme découvrir le « C » dans le logo de Carrefour (j’adore cette comparaison) : une fois qu’on l’a vu, impossible de l’ignorer. Le sexisme est partout, dans la rue, dans les transports, dans les paroles et les actions des gens, dans les médias… Et dans les livres, les films, les comics, les jeux vidéo, les émissions de télé, les dessins animé, les séries, les sites Web. Être féministe, c’est ne plus apprécier la pop-culture de la même façon.

Et si on faisait un petit point féminisme avant de se lancer ? C’est parti mon kiki. Pour moi, être féministe, ce n’est pas (MÉGASURPRISE EN APPROCHE) être contre les hommes, ou pour une suprématie féminine. Ce n’est même pas lutter uniquement pour l’égalité hommes-femmes, la disparition du plafond de verre, etc. Être féministe, c’est accepter tout le monde. J’aime pas trop le terme « tolérer » parce que ça fait un peu « Oui, je TOLÈRE ton existence dans ma grande mansuétude », alors je préfère « accepter ». Je suis féministe parce que j’ai envie que tout le monde, homme ou femme ou transgenre, hétérosexuel-le, homosexuel-le, bisexuel-le, asexuel-le, pansexuel-le (j’en oublie sûrement, je ne suis pas encore bien calée sur ce sujet), gros-se ou mince ou autre, grand-e ou petit-e, quelle que soit sa couleur de peau et toutes ses autres « caractéristiques », puisse vivre sa vie comme il/elle l’entend, avec les mêmes droits, avec les mêmes chances, avec le même pouvoir. Je suis un gros Bisounours, je n’ai pas envie qu’on me juge et je m’efforce au quotidien de ne juger personne. Je suis pour l’acceptation de l’autre, tel-le qu’il/elle est, avec ses défauts, ses qualités, ses goûts, son histoire. Je suis pour le fait que chacun-e puisse être libre de ses choix et démarre dans la vie avec les mêmes options et les mêmes opportunités, sans se retrouver limité-e par une quelconque discrimination ou la pression de la société (tout ça dans le cadre de la loi, heiiiin, je suis pas assez Bisounours pour ne pas m’en rendre compte). Je suis farouchement POUR le vivre-ensemble et je crois que plus on rencontre de personnes différentes, avec des modes de vie différents, plus on apprend, et plus on découvre. Je sais que j’ai déjà de la chance d’être une jeune femme libre en 2013, mais je pourrais être PLUS libre, et tout le monde pourrait l’être.

Maintenant qu’on est d’accord là-dessus, entrons dans le vif du sujet. Pourquoi est-ce qu’être féministe change (définitivement) mon approche de la pop-culture ? Parce que comme dit plus haut, je ne peux pas retirer ce filtre. Je peux décider de faire avec les problèmes que je reconnais, et de continuer à « consommer » un produit culturel malgré ses défauts, mais je ne peux pas ne pas les voir.

Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture media

Je crois que je suis accro à la critique féministe des médias… / Je ne profiterai plus jamais tranquillement de quelque chose. / Argh, cette chanson est si sexiste. / Oh, super, une blague sur les gros-ses. / Ce jeu vidéo est plein de stéréotypes racistes. / Cet auteur est un enfoiré misogyne. – Image par Kara Passey

Il y a quelques mois, j’ai commencé la série Supernatural, vu que j’avais plus rien à regarder et que ça semblait générer pas mal de passion sur Tumblr. Ce show a plein de bons côtés, y a des bonnes idées, de bons acteurs, et si je ne suis pas fan, je reconnais que c’est une bonne série – prenante, originale, avec de l’humour et des surprises. Les deux héros, Dean et Sam Winchester, sont deux frères chassant démons, fantômes et autres joyeusetés, tous ces trucs dont on nous dit qu’ils n’existent pas (pour une flippette comme moi, regarder un show dans lequel les légendes urbaines sont réelles, c’est pas la meilleure des idées, mais passons). Dès le milieu de la saison 1, j’ai commencé à grogner dans mon absence de barbe à cause des personnages, quasiment tous blancs et masculins ; les Noir-e-s sont tou-te-s méchant-e-s et/ou possédées et/ou dans une position de faiblesse ; dans une écrasante majorité, toutes les femmes sont également possédées ou victimes d’un être surnaturel et ne s’en sortent que grâce à l’intervention de nos majestueux héros, ou sont 100% mauvaises et méritent d’être supprimées. Une des seules femmes à garder sa « réputation » indemne est la mère des deux frères (quelle surprise…), mais elle aussi a besoin d’être secourue. Deux personnages féminins, Ellen et sa fille Jo, sont présentes pendant quelques saisons dans l’univers des « hunters » (les « chasseurs » qui, comme Sam et Dean, traquent et suppriment les agents du Mal… et sont presque tous des hommes), mais restent en périphérie : Ellen, dont le mari a péri pendant une chasse, tient un bar dans lequel elle nourrit, abreuve et soigne les chasseurs ; sa fille Jo rêve de se lancer dans le « métier », mais sa mère a trop peur pour la laisser faire… et quand elles se lancent dans le business, ça ne leur réussit pas vraiment. Chaque fois que je découvre un nouveau personnage non-blanc et/ou non-masculin, je déchante : ainsi, le seul « chasseur » Noir sur lequel la série se penche se révèle être un dangereux psychopathe, et quand deux Anges interviennent, l’un dans le rôle du « bon flic » qui veut protéger la race humaine et l’autre dans celui du « mauvais flic » qui considère notre espèce comme des parasites, devinez qui est le méchant ? Bingo. Le Noir.

Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture castielanduriel

Devinez, par extension, lequel dure le plus longtemps dans la série.

Le fait qu’une série aussi célèbre, qui, de plus est, prend la forme d’un road-trip à travers les États-Unis, ne comporte que très peu de diversité me dépasse. On a critiqué Girls pour ses héroïnes caucasiennes, mais quid de Supernatural dans lequel les héros, leurs amis, les Anges, Lucifer et une bonne partie des « méchants » sont des hommes blancs ? Bizarrement, les deux personnes sensibilisées au féminisme avec qui j’en ai parlé ne semblaient pas voir le problème… On m’a dit « Attends un peu, ça va s’arranger » mais j’en suis quand même à la saison 6, et ça commence à durer.

J’essaie d’être indulgente avec les oeuvres qui « datent » ; je sais que critiquer le machisme de Dostoïevski n’aurait aucun sens, pas plus que de traiter Jules Verne de raciste parce qu’il utilise le terme « nègre ». Mais nous sommes en 2013, et les choses avancent très lentement, trop lentement. L’autre jour, une amie m’a demandé comment je pouvais être fan de Stephen King et féministe ; je n’y avais jamais pensé, et en effet, ça craint un peu. Très peu de personnages féminins forts, très peu d’héroïnes, beaucoup de méchantEs, de tueuSEs, ou de « damoiselles en détresse »… c’est ce que je voulais dire par « faire avec les problèmes que je reconnais » : je continue à lire Stephen King, car je continue à penser que ses bouquins sont géniaux (et, s’il n’y a que peu d’héroïnes, abordent régulièrement des problématiques comme le slut-shaming, la dichotomie « la maman et la putain », ou plus souvent le racisme) mais je serai la première à applaudir des deux mains si son prochain livre présente une femme forte, aussi badass que le personnage de Susannah, dans sa saga La Tour Sombre, qui est une femme noire amputée des deux jambes et totalement guerrière, forte et indépendante.

À chaque fois que je regarde un film, un clip, une série, que je m’aventure sur 9gag, sur Tumblr ou autre, c’est comme un radar qui crépite à la vue d’un contenu sexiste, raciste, discriminant. Il y a des sujets sur lequel je ne sais pas encore quel est mon avis – quand Amy, dans le film Pitch Perfect, se présente comme Fat Amy (Grosse Amy) « pour que les filles minces ne [l']appellent pas comme ça derrière son dos », est-ce que c’est un doigt d’honneur à la minceur obligée, ou est-ce que ce n’est pas plutôt une intériorisation des discriminations ? Tout n’est pas tout blanc ou tout noir, et les zones de gris sont nombreuses. Je passe la plupart de mon temps sur madmoiZelle et sur les forums, et je réalise, à chaque fois que je m’aventure « au-dehors », que c’est un havre de paix comparé à une bonne partie de l’Internet et des réseaux sociaux français ou étrangers. L’écrasante majorité des filles du forum sont tolérantes, ne jugent pas et respectent les choix et les opinions de chacun, les débats se font généralement dans le calme, sans insultes, sans provocation – et pour ça, un énorme Big Up ! à vous, nos merveilleuses lectrices. Du coup, quand je m’aventure sur le reste du Web, je mets un gilet pare-balles mental pour me préparer à la vague de sexisme, d’homophobie, de racisme qui risque de déferler à tout instant et que j’aimerais parfois oublier – et je pense que je ne suis pas la seule.

Mais comme on dit, « connais tes ennemis ». Alors je garde, je chéris et j’enrichis mon « filtre féministe », pour pouvoir avoir un regard critique, certes, mais aussi pour me réjouir lorsque quelque chose me fait plaisir : un personnage gay dans un dessin animé (Paranorman, en anglais), choper une référence incomprise dans un Disney (Kuzco, en anglais), découvrir des actions à travers le monde, voir un personnage féminin traité comme un être humain et non comme une « fâme », et à ma petite échelle, étendre mon monde de Bisounours en parlant, en partageant, en écrivant. Parce que je me suis rendue compte qu’à partir du moment où on accepte que la vie privée, l’apparence ou les choix des autres ne nous regardent pas… c’est tellement, tellement reposant. Ça laisse du temps pour penser à soi.

féminisme

Ça vous a plu ? Faites tourner !

235 BIG UP

Tous les articles Cinéma, Culture, Humeurs & Humours, Je Veux Comprendre, Livres, Médias, Moi, moi et moi, Sur le web, Télé et aussi Vis ta vie
Les autres papiers parlant de , , , , , ,
Plus d'infos sur Myriam H. / Tous ses articles sur madmoiZelle.com

Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !
Identifie-toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !

  1. InayInay

    Le 22 janvier 2013 à 23:57

    J'ai arrêté d'avoir des règles, je trouvais ça plus pratique. Mais je trouve l'idée marrante. =D
  2. ThistleThistle

    Le 22 janvier 2013 à 23:58

    Posté par renny
    Je pense qu'il faut aussi se poser la question suivante: y a t'il autant d'auteurs femmes que d'auteurs hommes publiés?
    Les auteurEs privilégient-elles le héros homme ou femme?

    par exemple hein…

    Je vais te faire dresser les cheveux sur la tête mais quand l’œuvre vient d'une femme, je trouve souvent cela pire (niveau personnalité attribué aux femmes).

    Réellement, un œuvre écrite par une femme avec une femme en héroïne c'est vraiment très rare que j'apprécie tant j'ai eu l'impression que c'était dans cette combinaison là que je tombe le plus souvent sur des persos féminins qui me sont détestable (en même tant j'ai eu l'impression que ce schéma se trouve surtout dans la chick lit style qui n'est pas ce que je peux préférer niveau histoire).
  3. InayInay

    Le 23 janvier 2013 à 00:27

    La Ballade de Pern a été citée il y a quelques parts, et les personnages féminins y sont biens. (à mon goût.) On pourrait faire des listes de livres avec des personnages féminins intéressants.
  4. rennyrenny

    Le 23 janvier 2013 à 00:56

    Posté par thistle
    Posté par renny
    Je pense qu'il faut aussi se poser la question suivante: y a t'il autant d'auteurs femmes que d'auteurs hommes publiés?
    Les auteurEs privilégient-elles le héros homme ou femme?

    par exemple hein…


    Je vais te faire dresser les cheveux sur la tête mais quand l’œuvre vient d'une femme, je trouve souvent cela pire (niveau personnalité attribué aux femmes).

    Réellement, un œuvre écrite par une femme avec une femme en héroïne c'est vraiment très rare que j'apprécie tant j'ai eu l'impression que c'était dans cette combinaison là que je tombe le plus souvent sur des persos féminins qui me sont détestable (en même tant j'ai eu l'impression que ce schéma se trouve surtout dans la chick lit style qui n'est pas ce que je peux préférer niveau histoire).
    Je comprend que ça te choque, car on a tendance à penser qu'en choisissant son héros(-oine) il y a identification, donc qu'une auteurE choisisse une femme ça parait évident.
    Les exemples qui me viennent sont les héroines de Austen on les Brontë, mais a part ça dans les livres mondialement connus  on a les contre-exemples type Harry Potter, pourtant écrit par une nana.

    Apres, il faut aussi se poser la question des 2nds roles, de leur importance dans la trame, ça compte autant, voire plus parfois, que le simple fait d'avoir un héros ou une héroine.

    je me demande sur quoi se basent les auteurs pour choisir le sexe d'un héros. Est-ce réfléchi? j'en doute à vrai dire, l'inspiration est rarement "raisonnée".
  5. October RainOctober Rain

    Le 23 janvier 2013 à 07:51

    Posté par renny
    je me demande sur quoi se basent les auteurs pour choisir le sexe d'un héros. Est-ce réfléchi? j'en doute à vrai dire, l'inspiration est rarement "raisonnée".


    ça dépend franchement des auteurs. Que ce soit pour l'histoire, la routine d'écriture, etc. GRR Martin donnait une bonne définition (de mon point de vue). Il disait que selon lui il y avait deux types d'auteurs :
    • les architectes (qui prévoient tout à l'avance) ;
    • les jardiniers (qui cultivent l'histoire plutôt qu'ils ne la construisent pas).
    Bien sûr aucun auteur n'est tout l'un ou tout l'autre. Dans mon cas, j'aurais tendance à me placer dans la seconde catégorie. Le personnage principal de ma première nouvelle est un homme, celui de la seconde le sera probablement aussi mais quand je parle des romans que j'ai la ferme intention d'écrire, mes personnages principaux sont féminins. Je ne le choisis pas. Je ne peux pas changer le sexe d'un de mes personnages sur commande. Cela dit je n'irai pas gloser sur la technique des autres parce que tout le monde ne fonctionne pas pareil (d'où la difficulté des romans à 4 mains).
  6. HoolahopHoolahop

    Le 24 janvier 2013 à 02:13

    Ah oui, moi aussi je ressens le fait d'être féministe comme un boulot à temps plein !

    Je ne peux plus supporter les publicités, c'est atroce. Déjà à la TV ou à la radio, elles ont toujours été chiantes (voix criardes, musique/slogan pourri, répétition qui les fait rentrer dans la tête…)
    Mais en plus, maintenant je détecte TOUTES les failles, les allusions misogynes, etc…
    Alors me voilà à gueuler toute seule devant la télé : "Et l'homme moderne, il fait pas à bouffer?" "Et pourquoi c'est la meuf qui fait le ménage alors qu'elle a le bras dans le plâtre, ses colocs peuvent pas le faire?" 'Et les papas, ils ne s'occupent pas de leurs gosses?"
    C'est vraiment épuisant.

    Parfois je me surprends moi-même à dire ou penser quelque chose de fondamentalement sexiste, juste par habitude, parce que c'est comme ça que j'ai été élevée et que les choses ont toujours fonctionné ainsi.
    Je me corrige aussitôt mais j'ai honte d'avoir baissé la garde ! Comme quoi, on apprend et on s'améliore tout les jours.
  7. meclementinemeclementine

    Le 24 janvier 2013 à 11:35

    Posté par undefined
    Posté par myriam-h
    Coucouuuuu @meclementine ! Eh ben, un article ENTIER dédié à mon avis, je n'en attendais pas tant ! :noel:Si tu me le permets, je vais te répondre point par point.

    Concernant premièrement le terme « mademoiselle » : il me semble que tu n'as pas bien compris le combat pour sa suppression. Je t'invite à (re)lire l'avis de madmoiZelle.com, justement, à ce sujet, et je te rappelle les bases de ce « combat » : le but n'a jamais été la disparition totale du terme « mademoiselle » mais simplement sa suppression de tout document administratif, au motif que si on ne distingue pas un « damoiseau » d'un « monsieur » marié, on ne devrait pas exiger des femmes qu'elles indiquent leur situation maritale. Car les hommes, comme les femmes, que tu considères comme « deux êtres totalement différents », doivent être traités de façon égale, c'est là la racine du féminisme que tu « hais ». Mais cette décision concerne UNIQUEMENT l'administration et les documents officiels ; il n'a jamais été question de rayer le terme du dictionnaire, de verbaliser son utilisation, ou quoi que ce soit dans la vie courante. Si tu préfères que les gens t'appellent « mademoiselle », c'est tout à fait ton droit, et personne n'a jamais voulu changer ça. Penses-tu que l'État devrait s'enquérir de la situation maritale des femmes, et pas de celle des hommes, dans tous les documents officiels en distinguant « mademoiselle » non mariée, « madame » mariée et « monsieur » célibataire, veuf, divorcé ou marié ? Si oui, pourquoi ? :nerd:

    « Cocotte tu es une femme française (en tout cas qui vit en France) j’éspère bien que tu te sens libre dans un pays comme le notre. Mais tu sembles oublier les femmes du monde dans ton combat de petite fille persécuter par les gros méchants médias.»

    Je te serais reconnaissante d'arrêter de m'appeler "cocotte" ou "petite fille", je ne trouve pas ça très respectueux. Oui, en France, je suis plus libre que d'autres femmes, dans d'autres pays (voir notre série d'articles sur les droits des femmes dans le monde). Non, je ne suis pas totalement libre. Par exemple, les femmes, en France, touchent en moyenne 80% du salaire des hommes, à poste égal. Penses-tu que ce soit normal ? Par exemple, une femme, en France ou dans d'autres pays Occidentaux et industrialisés, victime de harcèlement, d'une agression sexuelle, d'un viol, pourra s'entendre dire qu'elle « l'a bien cherché » par une tenue aguicheuse ou par une attitude sexualisée et « provocante » (c'est ce qu'on appelle le slut-shaming, et ça vient d'arriver, il y a une heure à peine, sur les forums madmoiZelle), alors qu'un homme portant plainte pour agression n'entendra que TRÈS rarement « Oui mais bon monsieur, vous l'avez cherché quand même, voire mérité, il ne fallait pas agir ainsi, vous comporter de cette façon ». Penses-tu que ce soit normal ?

    Ce n'est pas parce qu'il y a pire ailleurs que je n'ai pas le droit de lutter contre le sexisme que je remarque dans les « gros méchants médias ». Si je passais mes hivers en tant que bénévole aux Resto du Coeur, considèrerais-tu que j'oublie les affamé-e-s du monde car je ne suis pas volontaire en Afrique ou dans d'autres régions frappées par la famine ? Un combat contre des discriminations doit se mener à tous les niveaux, et le sexisme est une réalité profondément ancrée dans l'inconscient collectif. Oui, je veux qu'on arrête d'exciser les femmes en Égypte. Et oui, je voudrais aussi arrêter de voir des personnages féminins hautement stéréotypés dans les médias de masse. :nerd:

    Tu dis qu'en France, on n'utilise notre liberté d'expression que pour en avoir « plus pour nous ». Penses-tu donc que TOUS les courants féministes présents dans l'Hexagone ne luttent QUE pour la fin du sexisme en France ? C'est avoir une vision bien floue du sujet. Je pense que tu devrais te renseigner avant d'asséner de telles affirmations.

    « Les féministes veulent effacer les différences sexuelles. Mais ça en devient contradictoire. Elles se disent pour les femmes mais veulent devenir des humains. Simples, de telle sorte à ce que mélangée aux hommes on ne voit plus la différence. Mais alors arrêtons tout de suite d’accorder nos participes passé ne mettons plus de e derrière les mots!»

    Les féministes veulent effacer le sexisme. Les filles pourront continuer à porter des jupes et les hommes des pantalons, promis. Par contre, oui, «devenir des humains» ça semble pas mal, et qu'« on ne voit plus la différence » avec les hommes aussi ; non pas dans l'apparence, puisque chacun devrait être libre de ressembler à ce qu'il veut (dans la limite de la loi), mais dans le traitement, que ce soit au niveau des lois ou au niveau de la société. Les féministes voudraient qu'avoir un vagin ou un pénis ne régisse pas les chances qu'on a de réussir, la pression sociale que l'on subit, le salaire qui tombe à la fin du mois ni les opinions des policier-e-s lorsqu'on a été victime d'une agression (ce sont quelques exemples parmi un milliard d'autres). Quand à accorder nos participes passés… As-tu lu l'article concernant l'écriture non genrée ? Penses-tu qu'il est « normal » ou « logique » que le masculin l'emporte toujours dans la langue française, qu'on dise « Ils » pour une assemblée de 1 000 personnes comptant un homme et 999 femmes ? :erf:

    « Si les femmes sont résumées aujourd’hui à cette image de faiblesse envers les hommes ou plutôt que ce n’est qu’aujourd’hui que l’on commence à être considérées comme égales à eux c’est tout simplement parce que c’est la triste vérité nous sommes plus faibles en nombre les filles! Qui ne sait pas que sur cette planète c’est la loi du plus fort qui triomphe? »

    Déjà tu parles du fait que nous sommes « plus faibles en nombre » que les hommes. Les femmes, c'est la moitié de l'humanité. Ne l'oublions pas. Ensuite, tu cites un lien concernant une différence de force physique entre hommes et femmes liée à la testostérone. Toutes les études ne sont pas d'accord sur ce sujet (voir cette page) ; de plus, admets que dans un pays comme la France, quasiment tous les métiers de pouvoir ou d'importance ne nécessitent aucune force physique particulière. Un PDG n'a pas besoin de faire des tractions pour être doué dans son boulot ; pourtant, on compte bien peu de femmes PDG. Le piège, quand on se penche sur ces fameuses « différences biologiques », c'est qu'on tente d'expliquer par la Nature ce qui est, en très grande partie, une construction sociale : la femme plus faible que l'homme, chacun sa place et les vaches seront bien gardées. Je pense qu'en 2013, il serait temps de passer à autre chose. Penses-tu que s'il y a une minorité de femmes dans les filières scientifiques, c'est à cause d'une différence biologique ?

    En tout cas je pense que tu as une idée malheureusement assez tordue et erronée du féminisme ainsi qu'un sens des priorités un peu étrange. Ce n'est pas parce qu'on se bat pour SON quotidien dans SON pays contre le sexisme dans la société qui NOUS entoure qu'on ne fait que ça et qu'on est totalement insensible aux autres discriminations. J'espère avoir un peu éclairé ta lanterne : non, les féministes n'« exagèrent » pas, pas tant que le sexisme sera aussi présent dans la vie quotidienne, comme tu peux le voir grâce au merveilleux topic Veille Permanente Sexisme par exemple. J'espère avoir pu éclairer un peu ta lanterne :v:

    D'accord j'avoue qu'il y a quelques points sur lesquels j'étais pas au point tu as raison par rapport au terme mademoiselle par exemple.
    Par contre je ne trouve pas ça très fairplay de citer d'autre articles de madmoizelle alors que ce n'est pas toi qui les as écrit.
    Ma réponse t'étais destiné à toi et à ton article et en aucun cas je ne blame le site par rapport à sa position sur le féminisme.

    Désolée pour le "cocotte" et "petite-fille" je ne pensais pas mal et je trouve pas ça bien méchant à vrai dire.

    Ensuite si tu lis mon article jusqu'à la fin tu peux lire que je partage un ou deux lien vers des sites feministe que je trouve à mon gout. Et sur lesquels j'ai pu retrouver des causes feministes interessantes.

    Et ce n'est pas parce que je ne suis pas du même avis que toi que mon sens des priorité est étrange.
    Il y a des priorités définies que les gens normaux devraient avoir ?

    Ma lanterne n'a pas tant besoin que ça d'être éclairée je ne suis pas totalement fermée j'ai simplement des opinions différentes.

    Sache que c'étais quand même un plaisir de débattre avec toi je suis contente que tu m'ai répondue, c'est la difference de points de vue qui fais avancer le monde.
  8. Myriam H.Myriam H.

    Le 24 janvier 2013 à 11:42

    Posté par meclementine
    D'accord j'avoue qu'il y a quelques points sur lesquels j'étais pas au point tu as raison par rapport au terme mademoiselle par exemple.
    Par contre je ne trouve pas ça très fairplay de citer d'autre articles de madmoizelle alors que ce n'est pas toi qui les as écrit.
    Ma réponse t'étais destiné à toi et à ton article et en aucun cas je ne blame le site par rapport à sa position sur le féminisme.

    Désolée pour le "cocotte" et "petite-fille" je ne pensais pas mal et je trouve pas ça bien méchant à vrai dire.

    Ensuite si tu lis mon article jusqu'à la fin tu peux lire que je partage un ou deux lien vers des sites feministe que je trouve à mon gout. Et sur lesquels j'ai pu retrouver des causes feministes interessantes.

    Et ce n'est pas parce que je ne suis pas du même avis que toi que mon sens des priorité est étrange.
    Il y a des priorités définies que les gens normaux devraient avoir ?

    Ma lanterne n'a pas tant besoin que ça d'être éclairée je ne suis pas totalement fermée j'ai simplement des opinions différentes.

    Sache que c'étais quand même un plaisir de débattre avec toi je suis contente que tu m'ai répondue, c'est la difference de points de vue qui fais avancer le monde.
    Bah.. tu as aussi linké des articles que tu n'as pas écrits toi-même, pour justifier ton propos :) Ce n'est pas parce que je ne suis pas auteure des papiers cités qu'ils ne sont pas pertinents dans la discussion ;)

    Je comprends et je respecte, évidemment, que tu as des opinions différentes et loin de moi l'idée de vouloir te "forcer" à être d'accord avec moi sur tous les points. On s'ennuierait fort si tout le monde était du même avis :yawn: Simplement, sur certains sujets (la suppression du terme "mademoiselle" notamment) je pense que tu n'étais pas bien informée puisque tu ne semblais pas vraiment savoir de quoi il s'agissait, je me suis donc permis de préciser certains points :)

    Merci de ta réponse en tout cas c'est toujours un plaisir de débattre de façon calme et respectueuse !
  9. ElwingrocksElwingrocks

    Le 18 mars 2013 à 23:28

    Et pourquoi ne pas aimer ce que tu aimes sans te soucier du féminisme sérieusement … Tu te prends la tete pour rien, tu aimes, tu aimes point barre, t'as pas à rendre des comptes à personne si ?
  10. LÿgaLÿga

    Le 14 avril 2013 à 12:20

    Je ne crois pas que ça a été dit, mais il y a un auteur jeunesse que j'apprécie beaucoup, Pierre Bottero (qui, malheureusement, n'est plus de ce monde) et qui met en scène dans ses romans (fantasy) des héroïnes tout ce qu'il y a de plus décidées et d'indépendantes. Il y a Ewilan dans La Quête d'Ewilan etLes Mondes d'Ewilan, Ellana (<3), dans Le Pacte des Marchombres ou encore Nawel avec Les Âmes croisées. Tous sont liés les uns aux autres, et la plupart sont de gros pavés qui se lisent d'une traite (ce sont toujours des trilogies, sauf pour Les Âmes croisées). Même s'il n'a pas eu le temps d'écrire beaucoup d'autres œuvres, je crois que c'est l'un des seuls auteurs masculins que je connaisse qui s'est autant investi pour ses héroïnes (il y en a sans doute d'autres, mais je ne dois pas les connaître).

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !
Identifie-toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !