Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture

Pondu par Mymy le 21 janvier 2013     

Être féministe, ce n’est pas toujours de tout repos. Et ça change radicalement la façon dont on appréhende la culture…

Cet article contient quelques spoilers concernant la série Supernatural et la saga littéraire La Tour Sombre.

Depuis quelques années, je suis féministe. Je ne sais pas comment ça m’est venu, comment j’ai été sensibilisée, s’il y eut un déclic… Je pense que ça a été progressif. Au début il y avait un dégoût de la presse féminine (j’ai quand même dû attendre quatre ans pour comprendre que si je me sentais déprimée après avoir terminé un magazine féminin, c’est qu’il y avait un souci), puis des recherches sur Internet, puis des articles de madmoiZelle, et voilà. Aujourd’hui, je peux dire « Je suis féministe » et savoir ce que ça veut dire, savoir comment l’expliquer aux autres, comment répondre au « Ah t’es féministe, c’est chiant, j’aime pas les féministes » de ma petite soeur – et en même temps, j’en apprends tous les jours sur tous ces combats internes au féminisme que je connais moins : la lutte pour la reconnaissance des transgenres, l’égalité pour tou-te-s, l’écriture non genrée, le slut-shaming

J’ai lu une fois, sur la Veille Permanente Sexisme, qu’« être féministe, c’est un job à temps plein ». Et c’est vrai ! Le machisme et le patriarcat sont omniprésents, si insidieusement présentés comme la seule voie possible que certaines femmes en deviennent misogynes, et qu’on réfléchit à changer le terme « féministe » pour un autre, moins connoté. En apprendre davantage sur les combats féministes agit comme un filtre à travers lequel je vois la réalité, que je ne peux pas enlever (et de toute façon je ne le voudrais pas). C’est un peu comme découvrir le « C » dans le logo de Carrefour (j’adore cette comparaison) : une fois qu’on l’a vu, impossible de l’ignorer. Le sexisme est partout, dans la rue, dans les transports, dans les paroles et les actions des gens, dans les médias… Et dans les livres, les films, les comics, les jeux vidéo, les émissions de télé, les dessins animé, les séries, les sites Web. Être féministe, c’est ne plus apprécier la pop-culture de la même façon.

Et si on faisait un petit point féminisme avant de se lancer ? C’est parti mon kiki. Pour moi, être féministe, ce n’est pas (MÉGASURPRISE EN APPROCHE) être contre les hommes, ou pour une suprématie féminine. Ce n’est même pas lutter uniquement pour l’égalité hommes-femmes, la disparition du plafond de verre, etc. Être féministe, c’est accepter tout le monde. J’aime pas trop le terme « tolérer » parce que ça fait un peu « Oui, je TOLÈRE ton existence dans ma grande mansuétude », alors je préfère « accepter ». Je suis féministe parce que j’ai envie que tout le monde, homme ou femme ou transgenre, hétérosexuel-le, homosexuel-le, bisexuel-le, asexuel-le, pansexuel-le (j’en oublie sûrement, je ne suis pas encore bien calée sur ce sujet), gros-se ou mince ou autre, grand-e ou petit-e, quelle que soit sa couleur de peau et toutes ses autres « caractéristiques », puisse vivre sa vie comme il/elle l’entend, avec les mêmes droits, avec les mêmes chances, avec le même pouvoir. Je suis un gros Bisounours, je n’ai pas envie qu’on me juge et je m’efforce au quotidien de ne juger personne. Je suis pour l’acceptation de l’autre, tel-le qu’il/elle est, avec ses défauts, ses qualités, ses goûts, son histoire. Je suis pour le fait que chacun-e puisse être libre de ses choix et démarre dans la vie avec les mêmes options et les mêmes opportunités, sans se retrouver limité-e par une quelconque discrimination ou la pression de la société (tout ça dans le cadre de la loi, heiiiin, je suis pas assez Bisounours pour ne pas m’en rendre compte). Je suis farouchement POUR le vivre-ensemble et je crois que plus on rencontre de personnes différentes, avec des modes de vie différents, plus on apprend, et plus on découvre. Je sais que j’ai déjà de la chance d’être une jeune femme libre en 2013, mais je pourrais être PLUS libre, et tout le monde pourrait l’être.

Maintenant qu’on est d’accord là-dessus, entrons dans le vif du sujet. Pourquoi est-ce qu’être féministe change (définitivement) mon approche de la pop-culture ? Parce que comme dit plus haut, je ne peux pas retirer ce filtre. Je peux décider de faire avec les problèmes que je reconnais, et de continuer à « consommer » un produit culturel malgré ses défauts, mais je ne peux pas ne pas les voir.

Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture media

Je crois que je suis accro à la critique féministe des médias… / Je ne profiterai plus jamais tranquillement de quelque chose. / Argh, cette chanson est si sexiste. / Oh, super, une blague sur les gros-ses. / Ce jeu vidéo est plein de stéréotypes racistes. / Cet auteur est un enfoiré misogyne. – Image par Kara Passey

Il y a quelques mois, j’ai commencé la série Supernatural, vu que j’avais plus rien à regarder et que ça semblait générer pas mal de passion sur Tumblr. Ce show a plein de bons côtés, y a des bonnes idées, de bons acteurs, et si je ne suis pas fan, je reconnais que c’est une bonne série – prenante, originale, avec de l’humour et des surprises. Les deux héros, Dean et Sam Winchester, sont deux frères chassant démons, fantômes et autres joyeusetés, tous ces trucs dont on nous dit qu’ils n’existent pas (pour une flippette comme moi, regarder un show dans lequel les légendes urbaines sont réelles, c’est pas la meilleure des idées, mais passons). Dès le milieu de la saison 1, j’ai commencé à grogner dans mon absence de barbe à cause des personnages, quasiment tous blancs et masculins ; les Noir-e-s sont tou-te-s méchant-e-s et/ou possédées et/ou dans une position de faiblesse ; dans une écrasante majorité, toutes les femmes sont également possédées ou victimes d’un être surnaturel et ne s’en sortent que grâce à l’intervention de nos majestueux héros, ou sont 100% mauvaises et méritent d’être supprimées. Une des seules femmes à garder sa « réputation » indemne est la mère des deux frères (quelle surprise…), mais elle aussi a besoin d’être secourue. Deux personnages féminins, Ellen et sa fille Jo, sont présentes pendant quelques saisons dans l’univers des « hunters » (les « chasseurs » qui, comme Sam et Dean, traquent et suppriment les agents du Mal… et sont presque tous des hommes), mais restent en périphérie : Ellen, dont le mari a péri pendant une chasse, tient un bar dans lequel elle nourrit, abreuve et soigne les chasseurs ; sa fille Jo rêve de se lancer dans le « métier », mais sa mère a trop peur pour la laisser faire… et quand elles se lancent dans le business, ça ne leur réussit pas vraiment. Chaque fois que je découvre un nouveau personnage non-blanc et/ou non-masculin, je déchante : ainsi, le seul « chasseur » Noir sur lequel la série se penche se révèle être un dangereux psychopathe, et quand deux Anges interviennent, l’un dans le rôle du « bon flic » qui veut protéger la race humaine et l’autre dans celui du « mauvais flic » qui considère notre espèce comme des parasites, devinez qui est le méchant ? Bingo. Le Noir.

Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture castielanduriel

Devinez, par extension, lequel dure le plus longtemps dans la série.

Le fait qu’une série aussi célèbre, qui, de plus est, prend la forme d’un road-trip à travers les États-Unis, ne comporte que très peu de diversité me dépasse. On a critiqué Girls pour ses héroïnes caucasiennes, mais quid de Supernatural dans lequel les héros, leurs amis, les Anges, Lucifer et une bonne partie des « méchants » sont des hommes blancs ? Bizarrement, les deux personnes sensibilisées au féminisme avec qui j’en ai parlé ne semblaient pas voir le problème… On m’a dit « Attends un peu, ça va s’arranger » mais j’en suis quand même à la saison 6, et ça commence à durer.

J’essaie d’être indulgente avec les oeuvres qui « datent » ; je sais que critiquer le machisme de Dostoïevski n’aurait aucun sens, pas plus que de traiter Jules Verne de raciste parce qu’il utilise le terme « nègre ». Mais nous sommes en 2013, et les choses avancent très lentement, trop lentement. L’autre jour, une amie m’a demandé comment je pouvais être fan de Stephen King et féministe ; je n’y avais jamais pensé, et en effet, ça craint un peu. Très peu de personnages féminins forts, très peu d’héroïnes, beaucoup de méchantEs, de tueuSEs, ou de « damoiselles en détresse »… c’est ce que je voulais dire par « faire avec les problèmes que je reconnais » : je continue à lire Stephen King, car je continue à penser que ses bouquins sont géniaux (et, s’il n’y a que peu d’héroïnes, abordent régulièrement des problématiques comme le slut-shaming, la dichotomie « la maman et la putain », ou plus souvent le racisme) mais je serai la première à applaudir des deux mains si son prochain livre présente une femme forte, aussi badass que le personnage de Susannah, dans sa saga La Tour Sombre, qui est une femme noire amputée des deux jambes et totalement guerrière, forte et indépendante.

À chaque fois que je regarde un film, un clip, une série, que je m’aventure sur 9gag, sur Tumblr ou autre, c’est comme un radar qui crépite à la vue d’un contenu sexiste, raciste, discriminant. Il y a des sujets sur lequel je ne sais pas encore quel est mon avis – quand Amy, dans le film Pitch Perfect, se présente comme Fat Amy (Grosse Amy) « pour que les filles minces ne [l']appellent pas comme ça derrière son dos », est-ce que c’est un doigt d’honneur à la minceur obligée, ou est-ce que ce n’est pas plutôt une intériorisation des discriminations ? Tout n’est pas tout blanc ou tout noir, et les zones de gris sont nombreuses. Je passe la plupart de mon temps sur madmoiZelle et sur les forums, et je réalise, à chaque fois que je m’aventure « au-dehors », que c’est un havre de paix comparé à une bonne partie de l’Internet et des réseaux sociaux français ou étrangers. L’écrasante majorité des filles du forum sont tolérantes, ne jugent pas et respectent les choix et les opinions de chacun, les débats se font généralement dans le calme, sans insultes, sans provocation – et pour ça, un énorme Big Up ! à vous, nos merveilleuses lectrices. Du coup, quand je m’aventure sur le reste du Web, je mets un gilet pare-balles mental pour me préparer à la vague de sexisme, d’homophobie, de racisme qui risque de déferler à tout instant et que j’aimerais parfois oublier – et je pense que je ne suis pas la seule.

Mais comme on dit, « connais tes ennemis ». Alors je garde, je chéris et j’enrichis mon « filtre féministe », pour pouvoir avoir un regard critique, certes, mais aussi pour me réjouir lorsque quelque chose me fait plaisir : un personnage gay dans un dessin animé (Paranorman, en anglais), choper une référence incomprise dans un Disney (Kuzco, en anglais), découvrir des actions à travers le monde, voir un personnage féminin traité comme un être humain et non comme une « fâme », et à ma petite échelle, étendre mon monde de Bisounours en parlant, en partageant, en écrivant. Parce que je me suis rendue compte qu’à partir du moment où on accepte que la vie privée, l’apparence ou les choix des autres ne nous regardent pas… c’est tellement, tellement reposant. Ça laisse du temps pour penser à soi.

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Mymy s'occupe en premier lieu de la correction d'articles et des témoignages envoyés par les lectrices. Dans la vie, elle aime bien sa Game Boy, son chat, la salade de patates aux noix et dormir (son hobby n°1). Mymy est féministe égalitariste, passionnée de bouquins et amoureuse du cinéma, mais elle passe un peu trop de temps à regarder des sitcoms en buvant du Coca Light. Dommage.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. laeliwolaeliwo

    Le 27 juillet 2013 à 13:03

    Posté par mercutio
    Je crois que c'est l'une des raisons pour lesquelles je ne peux plus supporter Stephen King. Trop de "ces filles de 14 ans avec leurs pulls col roulé qui laissent voir leur tétons qui pointent sont des grosses garces qui ne méritent que de se faire violer" en trop peu de temps.
    Boris Vian aussi fait des trucs comme ça. Sauf que Stephen King, en 2013, il devrait peut-être se remettre en question!


    Je comprends pas d'où ça sort. Il suffit de lire "Rose Madder", "Histoire de Lisey","Dolores Clairborne", "La petite fille qui aimait Tom Gordon", et de voir l'éventail de personnages féminins (battues, violées, handicapées, vielles etc…) pour savoir que Stephen King n'a rien de sexiste.

    Il écrit au féminin comme personne à mes yeux.
  2. Jonathan_HarkerJonathan_Harker

    Le 27 juillet 2013 à 16:44

    Posté par laeliwo
    Je comprends pas d'où ça sort. Il suffit de lire "Rose Madder", "Histoire de Lisey","Dolores Clairborne", "La petite fille qui aimait Tom Gordon", et de voir l'éventail de personnages féminins (battues, violées, handicapées, vielles etc…) pour savoir que Stephen King n'a rien de sexiste.

    Il écrit au féminin comme personne à mes yeux.


    Alors, ici, pour citer un exemple, ça sort de Salem.
    Après, je n'ai lu que trois livres de lui, et c'est l'impression que j'ai eue en les lisant. Je n'ai pas été chercher plus loin parce qu'après avoir été déçue sur trois bouquins consécutifs, j'ai pensé qu'il était inutile de m'obstiner.
  3. FlotsamFlotsam

    Le 12 août 2013 à 23:51

    Posté par eros-thanatos
    Ben ouais, le contexte post-apocalyptique se prête on ne peut mieux à une interrogation de l'organisation sociale et du rôle de chacun mais ils ont complètement loupé le coche. Pourtant, avec la nana qui se faisait battre (me souviens plus non plus de son nom) et Andrea qui prend les armes, y'avait un début de truc. Sauf que non, ils l'ont pas du tout exploité.



    J'aurais tendance à penser que dans chaque scénario de monde post-apo, les survivants tentent généralement de reconstruire une société. Et ils la reconstruisent sur des schémas semblables à celle qu'ils ont connue. De plus certaines femmes peuvent très bien aussi ne pas se sentir à l'aise dans les rôles de combattantes, c'est ça aussi le féminisme : qu'une femme puisse faire ce qu'elle veut. Je suis pas persuadée que Carol voudrait troquer sa place de cuisinière contre celle d'un homme "classique", à aller au combat tout le temps. Il n'empêche qu'elle prend les armes quand même quand c'est nécessaire. C'est d'ailleurs un personnage intéressant, qui passe d'épouse terrifiée par son mari violent (complétement effacée, planquée et qui n'ose pas dire un mot plus haut que l'autre), à membre entier du groupe. La scène où elle se libère de son mari en tuant son zombie, c'est jouissif ! J'irais même jusqu'à dire que la mort de sa fille, aussi douloureuse soit-elle, la libère complétement de son ancienne vie d'épouse et mère pour la faire évoluer vers son avenir. Après ça reste un personnage relativement doux et coopératif, mais des femmes comme ça, ça existe aussi.

    On assiste aussi à des jolis renversements : Daryl le badass dans toute sa splendeur qui est complétement gaga de la petite Judith à sa naissance. Et n'oublions pas Michonne, si c'est pas un personnage féministe je sais pas ce que c'est ! Andrea aussi est loin d'être un personnage qui passe sa vie à faire la vaisselle ! Maggie aussi, qui refuse de se laisser aller à être la petite protégée de son copain et veut se débrouiller seule.

    Le seul personnage féminin réellement problématique dans cette série c'est Lori, qui effectivement incarne la femme fouteuse de merde, volage, instable, qui vient détruire l'amitié entre son mari et son meilleur ami. Et qui reproche aux autres femmes (la fameuse scène où elle engueule Andrea parce qu'elle "se dore la pilule" au lieu d'aider aux tâches ménagères) de chercher à s'extraire de leurs carcans. Mais encore une fois, des femmes comme ça existent aussi, je crois que c'était Fab (le taulier du site) qui disait sur son blog que bien souvent les femmes sont elles-même les ennemies du féminisme, en voyant d'un mauvais œil les tentatives d'autres femmes pour agir en dehors des limites que leur dicte la société.

    Walking dead, comme beaucoup de séries, demande du temps pour suivre l'évolution des personnages, mais sans être une série absolument féministe, c'est très loin d'être une série machiste !
  4. MadoucMadouc

    Le 14 septembre 2013 à 14:54

    Posté par mercutio
    Alors, ici, pour citer un exemple, ça sort de Salem.
    Après, je n'ai lu que trois livres de lui, et c'est l'impression que j'ai eue en les lisant. Je n'ai pas été chercher plus loin parce qu'après avoir été déçue sur trois bouquins consécutifs, j'ai pensé qu'il était inutile de m'obstiner.

    Le truc avec King, c'est que c'est le genre de gars qui a vécu 125 vies. Il y a eu la période débutant misérable, la periode drogue, la période j'arrête la drogue, la période j'exprime autre chose sous un nom de plume, la période mystico-rigolote, avant-après son accident de voiture… Et tout ça se retrouve tout au long de son oeuvre. Ses productions de jeunesse n'ont parfois pas grand-chose à voir avec ses oeuvres plus récentes. Donc il a pu avoir certains discours qu'il ne pense plus aujourd'hui (ou pas), et s'il a manqué (ou pas) d'héroïnes fortes au début, ce n'est plus le cas aujourd'hui (ou pas).

    (Bon j'ai essayé d'être neutre et objective mais c'est mon dieu mon roi mon namour alors hein bon :P  )
  5. Jonathan HarkerJonathan Harker

    Le 14 septembre 2013 à 22:19



    "J’essaie d’être indulgente avec les oeuvres qui « datent » ; je sais que critiquer le machisme de Dostoïevski n’aurait aucun sens, pas plus que de traiter Jules Verne de raciste parce qu’il utilise le terme « nègre » "

    Déjà bonjour/bonsoir! et désolée de réagir si tard, je viens juste de relire l'article! ^^

    Par rapport à ce que j'ai cité: si justement ça a du sens! ponter du doigts le fait que le sexisme/le racisme… est ancré dans notre société depuis toujours ou presque, et ce même chez nos artistes  préférés, ben ça permet à certains d'ouvrir les yeux, de constater qu'on est pas encore sortis le culs des ronces question égalité et que ça prend du temps à se réformer tellement ça fait longtemps qu'on vit dans une société inégalitaire, et donc qu'il faut continuer à se battre, à critiquer etc! (oui cette phrase est construite n'importe comment et ne veut pas dire grand chose :goth:)

    J'ai eu un cous d'histoire de l'art cette année où le prof montrait que même les plus belles oeuvres étaient empreintes de sexisme, et ça a permis à certains élèves d'ouvrir les yeux (il m'a semblé) sur le féminisme ou du moins sur le genre à l'heure actuelle :)

    Sinon j'ai beaucoup aimé ton article, ça me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à "voir le mal partout" (bien entendu je ne cautionne pas cette expression ;))

    P.S.: pardon si ça a déjà été dit j'ai pas lu les commentaires!
  6. CarmelitaCarmelita

    Le 30 décembre 2013 à 01:59

    Bon sang ! D'accord, je réagis avec 11 mois de retard, puisque je viens seulement de lire cet article dans la rubrique "Best Of", mais MERCI !!!!!!!! A peu de choses près, j'aurais pu l'écrire… :fleurs: Ça fait tellement plaisir de lire ça…
  7. LysandraLysandra

    Le 30 décembre 2013 à 02:26

    Posté par lyga
    Je ne crois pas que ça a été dit, mais il y a un auteur jeunesse que j'apprécie beaucoup, Pierre Bottero (qui, malheureusement, n'est plus de ce monde) et qui met en scène dans ses romans (fantasy) des héroïnes tout ce qu'il y a de plus décidées et d'indépendantes. Il y a Ewilan dans La Quête d'Ewilan et Les Mondes d'Ewilan, Ellana (<3), dans Le Pacte des Marchombres ou encore Nawel avec Les Âmes croisées. Tous sont liés les uns aux autres, et la plupart sont de gros pavés qui se lisent d'une traite (ce sont toujours des trilogies, sauf pour Les Âmes croisées). Même s'il n'a pas eu le temps d'écrire beaucoup d'autres œuvres, je crois que c'est l'un des seuls auteurs masculins que je connaisse qui s'est autant investi pour ses héroïnes (il y en a sans doute d'autres, mais je ne dois pas les connaître).


    J'aimerais te big uper (si si ça se dit) 10 000 fois !
    Ellana est tellement fantastique. Je suis amoureuse de cette héroïne, c'est grâce à Bottero et à ses merveilleuses héroïnes que ma vision de la femme a radicalement changé .
    Depuis je veux devenir Marchombre :paillettes:
  8. VitanyVitany

    Le 19 janvier 2014 à 21:49

    dans les bouquins qui laissent bien de la place aux femmes, il y a "Les enfants de la Terre" de Jean M. Auel que j'ai découverts à l'adolescence et qui ne m'ont plus quittés depuis…

    L'héroïne est une femme et toutes les femmes ont une place prépondérante dans l'histoire (normal en même temps, ça se passe il y a plus de 10'000 à l'époque où le culte de la Mère était la croyance principale)
  9. AémilaAémila

    Le 04 février 2014 à 20:18

    Parfois aussi j'ai peur de voir du sexisme alors que par exemple il s'agit d'une critique et "il faudrait" prendre le film/le produit culturel/etc au second degré…

    Quelqu'un a vu Don Jon de Joseph Gordon Lewitt ??
    Je suis allée le voir sans regarder le trailer et j'ai été totalement choquée pendant le film ! Des clichés sur les femmes, les hommes, les nationalités… Enfin de mon point de vue. Et c'est là que je n'arrive pas à savoir, était-ce du second degré ? Et impossible de trouver un seul article sur ce film qui en parle…
    Qu'en pensez vous ?
    j'avoue que j'aurais bien aimé un article "décryptage" sur madz à propos de ce film.. :)
  10. C-phoraC-phora

    Le 06 juin 2014 à 23:18

    Posté par aemila
    Parfois aussi j'ai peur de voir du sexisme alors que par exemple il s'agit d'une critique et "il faudrait" prendre le film/le produit culturel/etc au second degré…

    Quelqu'un a vu Don Jon de Joseph Gordon Lewitt ??
    Je suis allée le voir sans regarder le trailer et j'ai été totalement choquée pendant le film ! Des clichés sur les femmes, les hommes, les nationalités… Enfin de mon point de vue. Et c'est là que je n'arrive pas à savoir, était-ce du second degré ? Et impossible de trouver un seul article sur ce film qui en parle…
    Qu'en pensez vous ?
    j'avoue que j'aurais bien aimé un article "décryptage" sur madz à propos de ce film.. :)


    Ici une itw de JGL chez Ellen sur son rapport au féminisme. https://www.youtube.com/watch?v=PyVepk8ym4w

    Perso j'ai pris ce film comme une satire de notre société qui nous montre comment les préjugés genrés qu'on nous inculque influencent nos relations et notre rapport à l'autre.

    EDIT : je réalise que tu ne parles peut-être pas anglais couramment. Je traduis ici un extrait de l'itw, ça peut peut-être en intéresser plusieurs.

    (1:20 dans la vidéo)

    ELLEN : [Votre mère]`était un modèle pour vous en grandissant, elle vous faisait remarquer des choses, c'était une féministe.

    JGL : Absolument. C'est de ça dont parle Don Jon. C'est l'histoire d'un gars qui voit le monde, et en particulier les femmes, comme des choses plutôt que des personnes, des objets pour sa consommation. C'est quelque chose que ma mère nous faisait souvent remarquer à moi et mon frère : que notre culture montre les gens, et en particulier les femmes - ça arrive aux deux genres mais surtout aux femmes, comme des objets. Par exemple, on était fans des Lakers et ma mère nous faisait toujours remarquer lorsque les pom pom girls arrivaient : regarde l'histoire que ça nous raconte. Les hommes sont des athlètes héroiques et compétents et les femmes sont jolies. Et elle ne critiquait pas les femmes qui ont fait le choix d'être des pom pom girls, juste le concept de tout ça. Elle voulait que mon frère et moi en soyons conscients parce qu'on voit cette image partout dans les films, les magazines, tout le temps, et si vous ne prenez pas un moment pour y réfléchir, ça s'infiltre dans votre cerveau et ça devient la manière dont vous voyez le monde réel. Et c'est l'histoire de Don Jon. Un gars qui a grandit en voyant ces images et pour qui c'est devenu sa vision des femmes.




    Voilà la traduc n'est pas parfaite mais je pense que ça résume l'idée ;-) j'espère que ça te donnera une autre vision du film.

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