J’ai testé pour vous… les faux ongles

Il y a quelques grands mystères dans ma vie face auxquels je n’ai aucune réponse, comme par exemple pourquoi je tombe toujours sur la caisse qui n’avance pas chez Carrefour Market ou bien pourquoi j’ai toujours un cookie en miettes dans mon paquet mais surtout : comment est-ce possible d’avoir des ongles aussi moches que […]

Il y a quelques grands mystères dans ma vie face auxquels je n’ai aucune réponse, comme par exemple pourquoi je tombe toujours sur la caisse qui n’avance pas chez Carrefour Market ou bien pourquoi j’ai toujours un cookie en miettes dans mon paquet mais surtout : comment est-ce possible d’avoir des ongles aussi moches que les miens. C’est vrai quoi, je suis une fille, une fille ça devrait être livrée avec un kit beaux ongles, autrement dit grands et bien dessinés, qui poussent rapidement, forts de kératine… Non non, moi j’ai des doigts-knackis, des ongles tout petits et pire : je les ronge comme une morte de faim. C’est pourquoi j’ai décidé de me lancer dans les faux ongles.

Alors déjà, il faut savoir que se faire des faux ongles à Paris, c’est un combat long et semé d’embuches : entre les poses à 60€-déposes à 40€, les Chinois qui te collent de la résine toxique et les arnaques en tout genre, autant avoir le courage de rechercher activement ce qu’on veut. Mon choix se porte sur une école d’onglerie, Nail Formation, qui propose une pose d’ongles capsules à gel UV pour la modique somme de 10€, parce que l’on est modèle pour les élèves. Autant dire que je suis partie avec une idée simple : ongles pas trop longs, un travail discret….

Je suis arrivée avec ça :

La cuticule pauvre, l'ongle court… c'est la lose

Et comment dire… je me suis un peu lâché… je suis repartie avec ça :

faux ongles capsules

Des paillettes, des strass, une french et du nail-art. Tu peux pas test.

Eh ouep. On fait pas les choses à moitié chez moi. C’est donc avec délectation et pouffitude inside que je suis rentrée chez moi pleine d’allégresse et de contemplation. Haha. La naiiiiive. C’était sans compter que je m’aventurais dans un monde inconnu : celui de la 4ème phalange ! Un monde semé d’embuches qui requiert quelques adaptations…

Jour 1
Je prends le métro avec une appréhension soudaine. Je suis persuadée que tout le monde regarde mes ongles et je deviens parano. Est-ce qu’on me prend pour une call-girl ? Une fille manuellement avenante ? Je doute, je me sens traquée, et pire : j’ai l’impression d’avoir récolté la moitié des immondices microbiens de Paris sous mes ongles en plastique. J’ai peur. Arrivée chez moi, après avoir frotté mes mains comme si ma vie en dépendait, je suis face à l’évidence : je dois aller aux toilettes. Avec mes phalanges atomiques. Ouvrir mon pantalon relève du défi car j’ai l’impression de manipuler le jean avec des baguettes de resto chinois, et même que je trouverais ça vachement plus pratique que mes ongles, si je pouvais. Après avoir renié tout instinct primitif pour éviter de refaire ça trop souvent dans la journée, je vais me coucher avec la désagréable impression d’avoir oublié un truc au bout de mes doigts.

Jour 2
Je découvre avec effroi que non, je ne peux plus mettre mes lentilles, sauf si l’envie me vient de me refaire un petit remake perso de Saw et de perdre un œil à la Hervé Villard. Je m’abstiens donc de toute manipulation ophtalmologique et je deviens une créature mi ringarde mi fashion avec mes lunettes à double foyer et mes phalanges à paillettes. J’essaye d’enfiler des collants mais rien à faire : c’est strictement impossible sans faire des trous dedans. Après avoir hésité à me balader en slip, free du body, je décide d’avoir froid sans collant ni pantalon et de rester mutante. Je ne suis plus à ça près.

Jour 3
Alors que j’avais d’ici là jouer la sécurité en mangeant à l’extérieur avec mes doigts, j’essaye à présent de regagner la civilisation ménagère et je tente de cuisiner. Je découvre alors une nouvelle utilité à mon corps : tout ouvrir avec les dents. Le paquet de roquefort, l’emballage du pain de mie, tout y passe. Je me sens plastivore, que dis-je, une primitive ! Koh Lanta ne me fait plus peur, j’affronte la vie armée d’une rangée de dents qui ont connu la souffrance des bagues et le dentifrice à la menthe forte ! Je suis prête à affronter le monde en grognant et je me sens habitée d’un nouveau pouvoir. C’est pas tous les jours qu’on se découvre une âme de Superwoman.

Jour 4
Moi et mes potesses les phalanges putassières, on se sent désormais d’attaque à affronter les moqueries. Je vais même voir des amis en frimant, l’air de rien et je pense être une grande de ce monde. Je maîtrise le déroulé de papier toilette comme personne, je tape à l’ordi comme une grande. Mon rêve coupe court, quand, les jambes écartées devant la gynéco, celle ci me dit tout de go « vous faites comment pour vivre avec des ongles aussi longs ? ». Je pense à cette femme, là, qui est en train de partager un lourd moment d’intimité avec moi et qui me prend pour une assistée payée par son mac. Au bout de sa cinquième question sur comment je me fais à manger avec, j’ai l’impression d’avoir non pas une, mais quatorze phalanges supplémentaires, avec inscrit « biatch » dessus. Je suis démunie face à l’adversité et lui tends ma carte bleue avec les doigts de la honte qui brillent toutes paillettes dehors.

Jour 5
Cette histoire se corse. Je me lance dans de nouvelles pratiques sociales comme le sado-masochisme. Je suis une machine à douleur : soit je griffe les autres, soit je me griffe moi. Mes amis apprécient mal ce nouveau plaisir et je suis contrainte à l’exil. Je tente en vain de contacter des adeptes sur Meetic mais hélas, seul Jean-Jacques, 46 ans, semble intéressé par mes qualités. Je me vois déjà finir seule, entourée de chats borgnes, les dents rongées par l’excès d’ouverture plastique. C’est l’heure de devoir les enlever, au nom du bien de l’humanité.

C’est ainsi que j’ai vécu ma presque semaine prothésée ongulaire, en me promettant désormais de laisser faire la nature et de rentabiliser mon achat intensif de vernis. Ce n’est que partie remise, mes petits knackis !

(Nail Formation est une école qui propose des formations de 1 à 3 semaines sur les poses d’ongles en gel, beauté des mains et des pieds. Le résultat de la pose est donc de qualité professionnelle, pour cinq fois moins cher qu’ailleurs ! On peut se faire faire ce qu’on veut, même du nail-art ou un simple vernis coloré, sachant que le plus demandé reste évidemment la french manucure. L’accueil est très bon, une formatrice reste en permanence près des élèves en cas de problèmes et contrôle le travail, pas de risques de se retrouver avec quelque chose de complètement raté, donc. Ça se passe au 105 rue des moines – métro Guy Moquet et pour prendre rendez-vous c’est le 06 26 45 15 63 ! Voilà pour le bon plan !)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Zumba38
    Zumba38, Le 10 mai 2014 à 19h11

    J'adore les faux ongles, à condition bien sûr que l'effet ne fasse pas trop "plastoc". Certes, on ne peut pas avoir de rendu vraiment naturel mais on s'en fout, du moment que c'est joli. Je n'aime que les décors discrets, ceux en 3D très peu pour moi ...

    Par contre, même si j'aime les faux ongles, j'ai renoncé à en porter parce qu'entre le fitness et le running, ils auraient vite fait de tomber ! et vu le prix de la pose, ça donne à réfléchir ! De plus, comme je porte des lentilles, je serais obligée de choisir des faux ongles courts ( je n'ai pas envie de finir borgne, vous comprenez ? ).

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