Être une fangirl, c’est instructif : la preuve !

Être fan, ça change la vie. Laissez ici vos préjugés et vos idées reçues, et venez apprendre le japonais, vous entraîner à dessiner ou travailler votre patience avec LadyDandy, fangirl de son état !

Être une fangirl, c’est instructif : la preuve !

Je l’ai déjà dit dans ma typologie des visiteurs de Japan Expo et vous avez dû le comprendre au vu des divers degrés d’hystérie exprimés dans mes articles mais globalement, pour citer ce cher Pascal : si j’existe, ma vie, c’est d’être fan ! (Bah oui, je cite Obispo… pas Blaise.)

Par fan, j’entends que quand j’aime quelque chose — livre, BD, série (et je peux être fan de Robert Louis Stevenson au même titre que de l’anime Free!) — mon amour n’est pas tiède. Je ne me distrais pas avec mes produits culturels, je ne passe pas le temps : je dévore, je relis, je revisionne, je connais par coeur, je mémorise, j’achète des goodies à la con ou des éditions vintage en VO, VF et en traduction allemande (pour m’entraîner), je marche dans la rue en me prenant pour un personnage et je me coiffe comme untel dans le 350ème épisode pendant la scène où il va acheter des bananes ! BREF, c’est la passion (à prononcer « passssione » pour plus de « caliente »).

Une fangirl apprenant que Benedict Cumberbatch apparaîtra dans Game of Thrones (non, malheureusement ce n’est pas (encore) une réalité)

Et au final, est-ce que tout ça me dessert ? Bah, peut-être un peu : j’ai bien dû rater quelques contrôles pour cause de matage fiévreux de mon dernier crush animé… Mais globalement, être fan m’a quand même permis d’acquérir quelques aptitudes en autodidacte (enfin, avec l’aide d’Internet un peu quand même). C’est parti pour une petite liste non exhaustive des avantages de la fanitude !

Être fan développe l’esprit critique

Contrairement à une idée assez répandue, je crois, la plupart des fans pur jus que je croise ne sont pas des hystériques aveugles et sourds aux défauts de ce qu’ils apprécient. Au contraire, ils sont beaucoup plus exigeants que les consommateurs lambda. Ils aiment avec passion et la moindre fausse note est (un peu) une trahison.

Sheldon apprend que Le Hobbit est adapté en trilogie alors que le livre est minuscule.

Un-e fan fait chier avec les détails, se focalise sur les fonds verts apparents, les trous dans le scénario, les personnages incohérents… Et puis, comme le/la fan a tendance à chercher des congénères pour partager sa passion, tout ce beau monde se retrouve sur des forums, le contact crée l’émulation et les théories s’enchaînent. On prévoit la fin du livre avant l’auteur qui croyait avoir si bien préparé son coup, on trouve des symboliques cachées, on râle, on se tape virtuellement dessus pour des bêtises mais souvent (plus qu’on ne le croit), on réfléchit.

C’est beaucoup plus dur de dialoguer sur Internet qu’en vrai et il y a souvent des dérapages violents, mais je pense que le Web, c’est aussi une formidable école pour affiner sa pensée. Et on peut partir très loin simplement en commentant la fin ambiguë du dernier Game of Thrones.

Être fan enseigne la patience

Quand on est fan, on est en mode « tout, tout de suite » et même si on lit des scans de manga dès leur parution au Japon grâce à de bonnes âmes, même si on a des replay très faciles d’accès pour les séries HBO, même si les derniers tomes de tel bouquin sont achetables en VO… Eh bien, il faut les attendre.

Du coup, on s’excite entre fans, on théorise, on glamourise l’instant et quand on l’a, c’est l’explosion de bonheur ! Mais bon… ça ne dure pas et il faut reprendre son mal en patience.

Une fan après le cinquantième anniversaire de Doctor Who

Un-e fan apprend également à faire la queue pendant des heures pour ses dédicaces et conférences et ça, c’est une capacité dont on a besoin tous les jours, surtout au centre commercial et à la Poste.

Être fan développe… heu… le mimétisme artistique ?

Un-e fan va parfois jusqu’à commettre des fanarts de son chef-d’oeuvre favori, et si on tombe parfois sur des choses magnifiques à force de mauvais goût, l’exercice n’est pour autant pas dénué d’intérêt. Ça peut motiver un-e artiste paresseu-x-se de croquer ses personnages fétiches, de se les approprier un peu… voire de jouer avec leurs corps… ce qui amène à des résultats plus ou moins plaisants, il est vrai.

Vers trois minutes, Martin Freeman est confronté à des fanarts Sherlock caliente

Mais bon, c’est en forgeant qu’on devient forgeron et à force de fanarts, on peut même acquérir son style et devenir un Dessinateur avec un grand D ! Beaucoup de mangaka commencent d’ailleurs en faisant de la BD fanart, appelée doujinshi, avant de se lancer dans des séries originales. Et même du côté occidental de la force, bien des dessinateurs connus ont commencé en décalquant des Mickey.

Pour ceux et celles qui ne se sentent pas une âme d’artiste, on tombe aussi sur de vrais chefs-d’oeuvres en se baladant un peu sur DeviantArt ou Tumblr. Internet est un formidable musée, et souvent une machine à kawaïeries qui remontent bien le moral.

Qui a demandé du Disney x Pokémon ? (Par Kuitsuku)

Être fan développe la créativité

Dans le même genre, d’autres activités de fan permettent d’acquérir à force de passion des capacités non négligeables : AMV (Anime Music Video), fanfiction (Fan + Fiction) et cosplay (Costume + Play) permettent respectivement d’apprendre peu à peu le montage vidéo, l’écriture et, combo pour le cosplay, la couture, un tantinet de mise en scène voire de montage audio/vidéo. Pas mal non ?

Le tout est de s’y mettre, mais un-e fan animé-e par sa passion ne recule devant aucun défi pour rendre hommage à ses oeuvres préférées en réalisant des AMV synchronisés au poil de cul, en rédigeant des centaines de pages de fanfiction qui surpassent parfois l’oeuvre originale ou en revêtant un costume spectaculaire…

Bon, ok, beaucoup des AMV, fanfictions et cosplay du Web ne valent pas le détour MAIS on a des exemples d’anciens bricoleurs d’AMV qui ont fait du montage vidéo leur métier, de cosplayeurs devenus des pros de la couture et de fanfictionneurs devenus de « vrais » auteurs.

Fifty Shades of Grey est un mauvais exemple, ok. Mais le monde de la fanfiction est quand même un foutu vivier à talents.

Je pense également qu’on dévalue assez injustement l’exercice de la fanfiction (Robin Hobb, auteure que j’apprécie beaucoup par ailleurs, m’avait beaucoup déçue sur ce point dans sa diatribe suintante de mauvaise foi ; on lui a répondu de manière très juste et c’est traduit ici). Beaucoup de classiques de la littérature SONT des fanfictions, si on regarde bien : Racine et compagnie ont repompé des auteurs antiques, et je ne vous parle même pas de Giraudoux ou Anouilh !

Sans compter qu’on trouve de très mauvaises fanfictions en librairie (Orgueils, préjugés et zombies, pardon mais… NON). La seule différence entre ces torchons et les rares mais incroyables chef-d’oeuvres en fanfictions qu’on trouve sur le Web est que les oeuvres dont sont inspirés les Sense, Sensibility and Sea Monsters et autres horreurs ne sont plus sous copyright.

C’est un concept.

Être fan enseigne les langues étrangères

Bah oui, un-e fan ne peut décemment pas attendre que son oeuvre fétiche venue d’ailleurs soit traduite et sorte en France, il faut la lire/regarder immédiatement ! Du coup, on se met au japonais ou à l’anglais, et c’est pas mal du tout. Personnellement, j’ai fait d’énormes progrès en regardant Naruto avec des sous-titres en anglais pendant mes années collège !

Enfin, la fanitude entraîne la mémoire du fan et lui permet de se lâcher un peu puisque son amour le pousse à apprendre des chansons et chorégraphies par coeur, juste pour le plaisir. De fait, pour conclure cet article, en clamant fièrement cette fanitude qui a fait de moi ce que je suis et dont, au final, je suis plutôt fière, voilà un petit medley de mon cru spécialement pour vous !

Le port de boules Quiès est quand même vivement recommandé !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • AngelTen Richard II
    AngelTen Richard II, Le 26 décembre 2013 à 23h55

    Excellent cet article, et très vrai en plus !

    Le nombre de mes fanfictions qui, à force d'être frustrées par les contraintes de l'oeuvre originale, ont donné naissance à des idées que j'ai et qui sont complètement hors-fanfic... merci Harry Potter et Doctor Who !!!

    D'ailleurs, à propos d'apprendre, je dirais même plus, être fan permet aussi de se cultiver : jamais je ne me serais autant intéressée à Shakespeare, par exemple, si je n'avais pas été fan de David Tennant !

    En bref, être fangirl c'est le bien !

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