Les trois plaies vestimentaires de l’hiver

En début de semaine, Sophie évoquait pour vous les mensonges que le cinéma propage au sujet de l'hiver. Aujourd'hui, Marina revient sur cette guirlande de fails vestimentaires qui orne nos sapins hivernaux et nous colle invariablement les boules.

Ah, l’hiver, cette longue plaie qui étale son blanc manteau de fails quotidiens sur nos vies. J’en fais trop ? Peut-être, mais avant de dire que l’hiver n’est qu’une saison comme les autres, laissez-moi vous rappeler les désagréments que nous devons traverser. En effet, à moins de vivre sous les tropiques, l’hiver est bien connu comme étant ce fléau qui chaque année nous apporte le froid, le gel, la pluie, la neige, le nez rouge et les rediffusions de Sissi l’impératrice. Hélas, notre style vestimentaire est bien souvent le premier à pâtir de ses désagréments climatiques. Revue de ces trois malédictions qui font de mon hiver un véritable parcours du combattant.

La technique de l’oignon

Circulez, fans de Flammekueche, y a rien à voir. La technique de l’oignon tire son nom d’une légende du IVème siècle. Un druide des forêts du grand Est ardennais aurait perdu le pantalon en crin de mammouth tissé par son arrière arrière grand-père ; le froid mordant de l’hiver commençant à sérieusement atteindre son fondement, il chercha quelque chose qui pourrait le tenir au chaud sous sa longue tunique. C’est alors qu’il eut l’idée de superposer à son slip une paire de collants empruntée à sa mère, par-dessus lesquels il enfila un jean*, les couches successives visant à le protéger des courants d’air sournois. Cette technique ancestrale de la superposition est encore pratiquée par les plus frileuses d’entre nous, et pas seulement dans les lointaines contrées de la Champagne Pouilleuse.

Druide testant l’efficacité de son nouveau déodorant, bas-relief du IVème siècle

Si l’efficacité de cette technique est indiscutable, elle présente néanmoins quelques menus inconvénients. Non seulement il est compliqué de se déplacer avec un collant qui rentre sous les fesses et un jean qui glisse sur les genoux, mais en plus, le fait est que même en hiver, il ne fait pas froid partout. Essayez donc de prendre le métro/bus avec cinq couches de vêtements… la promiscuité aidant, vous devriez transpirer encore plus qu’un ours polaire en bikini à Palavas-les-Flots. Eh oui : pour cette odeur de chaussettes marinées dans du munster, l’hiver, dans les transports en commun, vous pouvez blâmer les adeptes de la technique de l’oignon.

Mon conseil : investissez dans un slip en fourrure léopard, et un poncho en poil de lama. Rien de tel que les matières naturelles pour se tenir chaud lorsqu’il fait froid, et vous garder au frais lorsqu’il fait chaud. En puis, ça vous donnera une bonne raison de sentir le bouc.

Le total look Père Noël

Aussi sûrement que vous trouverez des boules sur votre sapin, vous pouvez voir fleurir de décembre à mars ces pulls à douteux motifs (flocon de neige, branches de houx et autres rennes à gros nez rouge). Ne paniquez pas, c’est l’esprit de Noël qui s’infiltre dans l’esprit des gens lorsqu’ils ont un peu trop regardé les téléfilms de Noël diffusé sur TF1. D’où l’inquiétante prolifération des pulls à motifs étranges.

Mon conseil : Prenez de l’avance sur les tendances de l’été : dégainez un pull imprimé de motifs hawaïen et et ne sortez pas sans une photo de Carlos dans votre portefeuille.

Le drame de la chaussette qui fait trempette

Si la saison hivernale nous gâche l’existence à coups de motifs douteux et de superpositions hasardeuses, j’aimerais évoquer l’élément manquant à cette trinité de l’horreur : l’enfer des chaussures imbibées. En effet, tous les ans, nous avons droit à des réjouissances nationales lorsque la pluie automnale se transforme en neige. À toutes les âmes naïves qui s’imaginent que la neige va leur épargner l’enfer de l’infiltration de la pluie dans les chaussures, je rappellerai cette insoutenable vérité : la chaleur dégagée par votre corps fait fondre la neige infiltrée dans vos souliers. À vous la joie des chaussettes humides et du « floc, floc » à chaque pas.

Mais ça, c’est dans le meilleur des cas. Car si comme moi, la nature vous a dotée de deux pieds gauches, vous ne manquerez pas de vous casser une jambe en glissant sur les trottoirs verglacés.

Mon conseil : arrêter de porter des ballerines par moins dix degrés, et se mettre au foot pour les chaussures à crampons qui empêchent de glisser. Pour les moins sportives, une bonne paire d’après-ski de Doc Martens devrait faire l’affaire.

* Pour toutes réclamations concernant mes compétences en histoire, veuillez faire parvenir un courrier à mes anciens professeurs ou envoyer « HISTOIRE » au 81212.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • MarinaBne
    MarinaBne, Le 25 janvier 2013 à 12h15

    Hello,

    @Macaron Rose : c'est juste un gros malentendu. J'ignorais complètement qu'il y avait eu une polémique sur un autre article. Comme le suggère @Euki, c'est du dixième degré de ma part, qui visait à en rajouter une couche sur l'histoire totalement absurde que j'ai inventée pour l'article. 

    Et comme le dit Fab, permettre aux lectrices d'intervenir a toujours fait partie, et fera toujours partie de la politique de Madmoizelle.
    Chaque rédactrice fait ses articles, ça plaît -ou pas d'ailleurs, chaque lectrice décide pour elle-même- mais il ne me viendrait pas à l'idée de m'ingérer dans les polémiques dûes à des articles que je n'ai pas écrit.

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