Fahrenheit 451 (Ray Bradbury)

Dans une société à venir, et peut-être pas si lointaine. La population est soumise à un véritable décervelage, garant du bonheur collectif. Le quotidien ne doit jamais faire appel à la réflexion personnelle ; les individus, au contraire, doivent être gavés de divertissements, de musique. Le silence est néfaste. Ennemi public numéro un : le […]

2005_07_17_fahrenheit451.gifDans une société à venir, et peut-être pas si lointaine. La population est soumise à un véritable décervelage, garant du bonheur collectif. Le quotidien ne doit jamais faire appel à la réflexion personnelle ; les individus, au contraire, doivent être gavés de divertissements, de musique. Le silence est néfaste. Ennemi public numéro un : le livre, un outil si dangereux, faisant appel à la réflexion, à l’émotion ou – bien pire – à l’imaginaire. L’élimination totale de la littérature est donc d’une absolue nécessité. Pour mener cette mission à bien, les pompiers, désœuvrés depuis que la totalité des bâtiments est ignifugée. Ici, ils n’ont nul besoin de lances à eau ou de canadairs : un lance-flammes suffit.

Montag, citoyen ordinaire, fait partie de ces unités spéciales, et accomplit son œuvre en toute sérénité. Jusqu’à ce qu’une femme, faisant partie de ces marginaux qui s’obstinent à conserver des bouquins, se laisse brûler avec sa bibliothèque. Jusqu’à ce qu’il rencontre une jeune fille étrange qui le pousse à se remettre en question. Jusqu’à ce qu’il bascule de l’autre côté de la barrière…

Bradbury évoque dans Fahrenheit 451 une société dans laquelle l’homme n’a plus sa place en tant qu’acteur. On occupe son esprit de façon à ce qu’il ne soit pas tenté de penser par lui-même. L’individu n’a plus de prise sur quoi que ce soit, il subit tout : les programmes débiles qu’on lui injecte en continu, les publicités abrutissantes, les informations erronées. Une guerre atomique se prépare au-dessus de sa tête, on lui assure qu’elle sera sans dégâts et ne durera qu’une poignée d’heures.

On pense évidemment à 1984, de George Orwell, autre portrait d’une société de fer où le bien collectif est prétexte à une déshumanisation totale des populations. A l’instar du roman d’Orwell, c’est pour son engagement pour la liberté, pour son rejet des modèles totalitaires et pour son actualité – cinquante ans après – que Fahrenheit 451 reste un classique de la contre-utopie.

Fahrenheit 451, de Ray Bradbury, aux éditions Denoël (Folio SF)

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