Fab Four Suture (Stereolab)

Toujours aussi prolifiques depuis leurs débuts en 1990, les anglais de Stereolab ont sorti en mars dernier une nouvelle compilation de singles et de faces B, Fab Four Suture… De quoi se plonger dans une autre dimension pendant plus de 50 minutes. Si essayer de trouver des mots pour exprimer ce qu’on ressent en écoutant […]

Toujours aussi prolifiques depuis leurs débuts en 1990, les anglais de Stereolab ont sorti en mars dernier une nouvelle compilation de singles et de faces B, Fab Four Suture… De quoi se plonger dans une autre dimension pendant plus de 50 minutes.

Si essayer de trouver des mots pour exprimer ce qu’on ressent en écoutant telle ou telle chanson n’est déjà pas une tâche aisée, ça l’est d’autant moins en ce qui concerne un album de Stereolab. Peut on seulement qualifier leurs morceaux de "chansons" ?

Oublions tout de suite les notions de couplets, de ponts et de refrains. Point de ces choses là dans l’oeuvre de ce groupe avant-gardiste. Chaque "chanson" est déjà une compilation à elle toute seule. Chaque piste est un petit univers en expansion, ouvert vers l’infini. Cette basse ronde et sautillante, ce son de farfisa délicieusement rétro, ces arpèges crystallins construits sur des tonalités improbables, ces entrelacs de voix enchantés… Ca dure trente seconde, une minute, et hop on passe à une nouvelle mélodie, un nouveau rythme, un tout autre monde.

Suivant ce modèle, Visionary Road Maps, Widow Weirdo ou Interlock, semble contenir chacune plusieurs chansons habilement agencées en une seule.

Kyberneticka Babicka Pt. 1 et Pt.2, qui ouvrent et ferment ce disque comme on ouvre et ferme un livre, ressemblent à des petits bouts de pop sixties qui tournent en boucle et semblent ne jamais vouloir finir. Tant de plaisir avec si peu de notes… La chanteuse Laetitia Sadier (oui une française !) déroule ses textes marxistes avec toujours ce même air détaché, tantôt en anglais, tantôt en français.

Get A Shot Of The Refrigerator et Plastic Mile sont deux perles pop, à la fois synthétiques par leur son et organiques par leur tendance à vouloir se reproduire, se démultiplier, évoluer jusqu’ à occuper tout l’espace.

Alors bon s’il faut trouver quelque chose à redire à Fab Four Suture, on peut évoquer le fait que le groupe n’innove pas vraiment par rapport à ses disques précédents. Le style est toujours le même, le son n’a pas changé d’un poil. OK c’est vrai, on a déjà entendu ces arrangements de cuivres sur l’album Dots & Loops (sorti en 2000)…
Oui mais voilà, tout ça est tellement original et avant-gardiste qu’on est en droit de se demander comment Stereolab pourrait aller plus loin. Même s’ils n’ont pas beaucoup évolué depuis leurs débuts il y a seize ans, leur son semble toujours avoir la même marge d’ avance sur son temps.

Ah et puis le mieux dans l’histoire c’est que ce n’est même pas leur meilleur album…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Stellou
    Stellou, Le 20 juin 2006 à 22h37

    c'est sûr que ça donne envie d'y prêter l'oreille, dis donc.

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