Ces expressions qui n’ont aucun sens #2

On dira ce qu'on voudra, certaines expressions largement utilisées n'ont absolument aucun sens. En voici une sélection, à l'occasion de la Journée Nationale du Premier Degré.

Ces expressions qui n’ont aucun sens #2

Aujourd’hui, nous sommes le 24 février 2015, qui marque la cinquième édition de la Journée Nationale du Premier Degré sur Internet. Je dis ça comme ça : cette phrase précédente n’a absolument rien à voir avec l’article qui suit. Aucun lien fils unique, je te prie de me croire.

Le jour de la troisième édition de la Journée Nationale du Premier Degré (il y a donc deux ans, si mes calculs sont bons), Alfrédette avait réalisé une première édition de sélections d’expressions qu’on utilise quotidiennement mais qui n’ont aucun sens. Un choix d’article sans lien avec le calendrier (la preuve : une fois, le jour de mon anniversaire, j’avais fait une blague sur l’herpès alors que bon, rien à voir avec ma vie).

À lire aussi : Ces expressions qui n’ont aucun sens

Voici donc, sans plus attendre, une liste d’expressions courantes qui n’ont vraiment aucun sens.

facepalm

« Jeter un oeil »

Quand on dit à quelqu’un de regarder vite fait quelque chose, on lui demande, je cite, de « jeter un oeil ». L’idée, c’est de rappeler à la personne (à laquelle, souvent, on demande service) que ça ne prendra qu’une toute petite seconde, vraiment trois fois rien. « Est-ce que tu pourrais jeter un oeil à ma dissertation pour voir si je pars pas en steak ? », « Est-ce que tu pourrais jeter un oeil à ma chemise pour voir s’il faut la repasser ? », tout ça.

On implique alors que ça ne sera pas dérangeant, que ce sera un regard très rapide qui n’endommagera personne.

Moi je veux bien, mais en fait, non : je suis contre. Jeter un oeil, ça a beau être rapide, c’est pas facile. Jeter un oeil, ça revient non seulement à…

  • se l’arracher (ce qui pique pas mal)
  • le lancer
  • le chercher partout pour pouvoir se le remettre, ce qui, tu en conviendras, n’est pas chose aisée avec un seul oeil
  • se le remettre, ce qui, tu en conviendras, n’est pas chose aisée si tu ne t’y connais pas en chirurgie de l’oeil.

Alors rangeons s’il te plaît la nonchalance et cessons de faire croire aux gens à qui on demande de jeter un oeil qu’on leur réclame trois fois rien.

« On s’arrache »

Une expression commune (quoique moins utilisé de nos jours) pour dire qu’on s’en va d’un lieu, c’est de dire « on s’arrache », souvent dans un contexte de ras-le-bol.

Exemple : « Ça sent le rouleau de printemps oublié dans un tupperware depuis quatre ans dans cette chambre d’hôtel, et en plus, je suis garée en double file. Viens, on s’arrache. »

Alors je vous arrête tout de suite : s’arracher, ça fait mal. Quitte à arracher des trucs, je vous conseille d’arracher des trucs qui ne font mal ni à vous, ni aux autres.

Genre du papier. Arrachez du papier si vous tenez vraiment à vous arracher un truc. Ne vous arrachez pas vous-mêmes.

« Je pourrais manger un cheval »

Quand certaines personnes ont faim (vraiment très faim) et que leur ventre gargouille, elles ont coutume de dire « J’ai tellement faim que je pourrais manger un cheval ».

Je ne suis pas nutritionniste, et moi-même, je mange beaucoup. Beaucoup trop par rapport à mes besoins nutritifs journaliers et à mon activité physique. Ce n’est donc en aucun cas une affaire de jugement des habitudes alimentaires d’autrui. Mais enfin, faisons preuve d’un peu de bon sens : on ne PEUT PAS manger un cheval entier, physiquement.

C’est impossible, même pour les gens qui, comme moi, arrivent largement à continuer de s’alimenter une fois qu’ils sont arrivés à satiété. C’est beaucoup trop. Déjà que reprendre trois fois de la purée de pommes de terre, parfois, c’est tendu alors un cheval !

Un mini-cheval, à la limite, et encore.

La prochaine fois que quelqu’un vous dit l’air de rien, « j’ai tellement faim que je pourrais manger un cheval », n’hésitez surtout pas à le regarder dans les yeux et à lui répondre fermement « Non. Non, tu ne peux pas ».

« Avoir le ventre qui gargouille »

gargouille-expressions-aucun-sens-premier-degreQUEL RAPPORT ?

« Il pleut comme vache qui pisse »

Quand « il pleut comme vache qui pisse », ça veut dire qu’il pleut vachement beaucoup. Je sais pas si t’as déjà vu une vache uriner, mais je peux te dire que c’est un sacré torrent. Un torrent court et bref, certes, mais un torrent quand même. C’est d’une puissance digne d’une petite cascade. À croire que les vaches, elles passent leur journée à boire plein de trucs liquides et à se retenir pendant des heures histoire d’éclabousser leurs congénères de pâturages avec leur urine. C’est tellement puissant, comme flux, que je pense que ça ferait vachement mal si tu restais en-dessous. En plus tu sentirais le pipi.

Je peux te dire que s’il pleuvait comme vache qui pisse, on ferait vachement moins les malins : ça ne serait pas quelques grosses gouttes transparentes pendant un temps plus ou moins long, mais comme un très très gros seau de liquide qu’on déverserait sur nous pendant de longues secondes.

Surtout, j’imagine qu’il y aurait beaucoup moins de films romantiques avec des gens qui se roulent des pelles sous une pluie diluvienne.

À lire aussi : Onze trucs de films que j’aimerais bien vivre dans la vraie vie

« Tomber dans les pommes »

Est-ce que tu as déjà eu l’opportunité malencontreuse d’observer quelqu’un faire un malaise ? J’ai, pour ma part, eu cette occasion, un jour que ma pote Nathalie est tombée par terre parce qu’elle avait pas petit-déjeuner alors qu’on jouait à l’élastique.

Je peux te dire qu’elle s’est pas emmerdée à chercher des pommes du regard, Natoche : elle est tombée, inconsciente, et puis c’est tout. J’ai demandé autour de moi : personne ne fait gaffe à tomber dans des pommes quand il fait un malaise. Personne. C’est un contre-sens, prononcé dans l’unique but de faire perdre la raison à des enfants qui prennent tout au premier degré et se mettent à chercher des pommes chaque fois qu’ils se sentent tomber. (Alors qu’en plus, c’est super dangereux : des pommes, ça roule).

PS : Si vous vous demandez, Nathalie s’est très vite remise de son malaise. Son papa et sa maman sont venus la chercher à la fin de la récréation et, le lendemain, elle était de retour à l’école.

« Se sentir mal »

Une autre expression (je sais pas si elle n’existe que dans mes contrées natales de type picardes) pour illustrer le malaise est le verbe « se sentir mal ». Exemple : « après avoir fait soixante-cinq tours sur sa chaise tournante alors qu’il avait repris quatre fois des pâtes à la cantoche, il s’est senti mal ». Ça n’a rien à voir avec la choucroute, permets-moi de te dire.

Pourquoi ? Parce que déjà, quand on parle correctement, on dit « mal se sentir », et que personnellement, ça m’évoque vachement plus quelqu’un qui s’y prend d’une mauvaise façon pour renifler ses aisselles.

Moi, si jamais on vient me chercher à l’aide en me disant « Hervé se sent mal ! Il a fait soixante-cinq tours sur sa chaise tournante alors qu’il avait repris quatre fois des pâtes à la cantoche ! », je ne me précipiterais pas pour lui donner un sucre et lui permettre de se sentir un peu mieux, non : je resterais stoïque et je répondrais « il a essayé de tirer un peu sur son t-shirt au niveau de l’aisselle en même temps qu’il renifle ? ».

Et toi, quelles expressions t’agacent tant elles n’ont aucun sens à tes yeux ?

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 14 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Mistropiou
    Mistropiou, Le 27 février 2015 à 18h43

    Super article :top:

    Deux ou trois expressions qui m'ont toujours laissée perplexe :

    - "Tenir la dragée haute à quelqu'un" : En gros, ça veut dire qu'on fait miroiter une récompense à quelqu'un pour l'avoir en son pouvoir. Sur le fond, je veux bien, mais sérieusement... une dragée ?! Et pourquoi pas une demi biscotte Wasa tant qu'on y est ? Ils auraient quand même pu trouver une image un peu plus émoustillante que ce truc rosâtre et insipide, qui pète les dents et finit généralement par moisir au fond d'un placard. Même mon chien refuse d'y toucher.

    A mon avis, cette expression gagnerait à être rénovée. Quitte à rester dans le domaine culinaire, "tenir la tarte au citron meringuée haute à quelqu'un", par exemple, me paraît une alternative plus crédible.

    - "Avoir la tête près du bonnet" : Se mettre facilement en colère. Hein ???

    - "Ruer dans les brancards" : J'ai mis du temps à piger cette expression, avant j'imaginais vraiment un mec qui courait dans un couloir hôpital pour se jeter dans un tas de brancards (on ne rit pas !), puis j'ai compris que ça faisait référence aux deux barres à l'avant des calèches qui servent à atteler les chevaux. Le cheval qui rue dans les brancards, bah il se rebiffe. Aaaaah ! D'accord !

    Et pour finir, a contrario il y a deux expressions que j'affectionne particulièrement et qui m'ont toujours beaucoup parlé : "Prendre des vessies pour des lanternes" (exemple : "Celui qui a cru pouvoir me refiler sa corvée d'épluchage de patates en m'appâtant avec une dragée a vraiment pris des vessies pour des lanternes !") et "pisser dans un violon" (exemple : "J'ai essayé de mettre de la distance entre ma tête et mon bonnet pour calmer mes crises de nerfs... ben autant pisser dans un violon.").

Lire l'intégralité des 14 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)