« Hollande et ses femmes » : L’Express récidive [MÀJ]

En 2012, le magazine l’Express était critiqué pour un titre et une photo de Une misogynes, sur les femmes qui entourent François Hollande. Mais ça, c’était en 2012. Mise à jour du 23 avril 2014 : la Une du magazine, édition de la semaine du 23 au 29 avril 2014. Sans commentaire Les années passent, et […]

En 2012, le magazine l’Express était critiqué pour un titre et une photo de Une misogynes, sur les femmes qui entourent François Hollande. Mais ça, c’était en 2012.

Mise à jour du 23 avril 2014 : la Une du magazine, édition de la semaine du 23 au 29 avril 2014.

Sans commentaire

Les années passent, et les marronniers reviennent. À L’Express, rien de nouveau.

Article initialement publié le 10 octobre 2012 :

Depuis hier soir, l’Internet tout entier s’insurge et crie à l’archaïsme, au sexisme, au machisme ordinaire. En cause, le magazine L’Express qui a décidé de mettre en Une les difficultés de François Hollande à gérer ses relations avec certaines femmes. L’illustration de la couverture nous montre le président de la République avec un petit air tout penaud, la bouche pincée et les sourcils froncés. Son regard mi-perdu mi-irrité nous rappelle celui de quelqu’un qui a bu trois pintes de bière avant de monter dans le train et réalise à mi-trajet que les toilettes du véhicule sont fermées.

Au-dessus du visage présidentiel dépité, on peut lire le titre « Ces femmes qui lui gâchent la vie«  accompagné des photos des 5 concernées : Valérie Trierweiler, sa compagne actuelle. Ségolène Royal, son ancienne compagne. Martine Aubry, ancienne première secrétaire du Parti Socialiste. Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, souvent considérée comme l’électron libre du gouvernement. Angela Merkel, chancelière allemande. Les poses des protagonistes sur les photos choisies, le titre, tout laisse à penser à la couverture d’un roman Harlequin. François et ses femmes : quand la passion mène à l’amour, et l’amour à la haine. L’homme de pouvoir dépassé par les femmes qui l’entourent saura-t-il prendre le dessus et faire un choix entre toutes ces créatures pleines de charme ?, suis-je persuadée de lire si je retournais le magazine.

Mais au-delà de l’aspect un poil racoleur de cette une, faut-il y voir du machisme ordinaire ?

Depuis son élection, François Hollande ne cesse de voir sa cote de popularité chuter dans les sondages (il tombait hier à 42% d’opinions favorables selon une étude d’Opinionway) et se retrouve à la tête d’un pays en difficulté sociale et économique. En titrant « Ces femmes qui lui gâchent la vie« , L’Express serait-il en train de nous expliquer que la responsabilité doit être mise sur le dos des femmes entourant le Président ? Par « un président en mal d’autorité« , faut-il comprendre « qui ne sait pas tenir les femmes de sa tribu » ? Les termes utilisés pour décrire les cinq femmes en questions sont équivoques : « rivales« , « fausses alliées« , « ennemies« . Était-on à deux doigts d’y lire « ingérables« , « chieuses » ? Faut-il comprendre « le jour où les femmes sauront rester tranquilles à faire la bouffe, on pourra commencer à bosser sérieusement » ? C’est du moins le genre de réflexions que l’on peut lire sur Twitter depuis hier.

Christophe Barbier, rédacteur en chef du magazine, a tenu à réagir via Le Parisien à ces accusations de sexisme. Pour lui, ceux qui s’insurgent n’ont pas compris le message que tentait de faire passer cette une :

« Dans le privé, les remous ne cessent, enchaîne Barbier. Avec ses alliées politiques, comme Martine Aubry, il a du mal à tenir l’adversité. Enfin, son face-à-face avec Merkel s’avère très compliqué. […]

C’est tout sauf misogyne. Dans notre dossier, nous soulignons que dans ces premiers mois du quinquennat, on cherche la femme ! Dans les nominations, les cabinets et les postes à responsabilités, la parité, l’un des axes forts de sa campagne, n’est pas respectée. »

Il rappelle également au quotidien que L’Express est un magazine qui a été fondé par la journaliste et auteure féministe Françoise Giroud. Un argument qui n’est pas sans rappeler une certaine Nadine Morano.

Ce qui est sûr, c’est que ce n’est certainement pas la première polémique du genre pour l’hebdomadaire : en juillet dernier, on pouvait y lire un article sur Le poison de la jalousie entre Ségolène Royal et Valérie Trieweiler. Une une qui, là encore, avait énormément fait parler d’elle, quelques semaines à peine après celle qui se demandait « Qui est le chef ? » entre François Hollande et Valérie Trieweiler. Volonté de faire parler du magazine, ligne éditoriale qui peoplise la politique, ou réel sexisme ? À vous d’en juger.

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